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dimanche 14 juin 2026
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Au 23 Avril 2026, le nombre de personnes enrôlés à la Couverture maladie universelle, ( Cmu) est de 24 847844. A appris le site afrikchallenges.info d’une source officielle proche de l’Institution de prévoyance sociale- Caisse nationale, (Ips-Cnam), ce jeudi 23 Avril 2026 Pour l'année 2026, au titre des défis majeurs, le ministère de l'Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, l’objectif est d'atteindre 30 millions d'enrôlés à la Couverture maladie universelle (Cmu), contre plus de 23 millions à fin 2025 et de rendre effectif et opérationnel le prélèvement des cotisations sociales à la source pour le secteur informel. B. M
La Côte d’Ivoire possède un sous-sol riche. En 2024, son taux de croissance était de 6% quand celui de la Corée du sud était de 2%. Le PIB annuel au prix du marché de la Côte d’Ivoire était, en 2024, de 80. 483 millions d’euros quand celui de la Corée du sud culminait à 1. 733.173 millions d’euros, la même année. Quant au PIB par habitant, celui de la Côte d’Ivoire était de 2582 euros alors que celui de la Corée du sud était de 33. 491 euros. En 2024, alors que la Côte d’Ivoire consacrait 2.907, 7 millions d’euros en dépense publique d’éducation, la Corée du sud dépensait 92.353,6 millions d’euros en dépense d’éducation, en 2022. En 2023, quand la Côte d’Ivoire consacrait 1031, 8 millions d’euros en dépense publique de santé, la Corée du sud déployait, en 2024, 86.606, 1 millions d’euros en frais de santé, pour sa population. L’Esperance de vie à la naissance en Côte d’Ivoire, en 2023, était de 61,94 ans quand celle de la Corée était de 83,70 ans. Au niveau du classement mondial de l’innovation, en 2024, la Côte d’Ivoire était 112e là où la Corée occupait le 6e rang. Dès lors, il en découle que dans ce siècle présent, la richesse ne vient pas du sous-sol mais bien du capital humain. Dans cette interview accordée à plusieurs quotidiens ivoirien, le professeur Prao Yao Séraphin exhorte les autorités ivoiriennes à mettre l’accent sur le capital humain, si vraiment le pays veut aller à l’émergence économique. Bonjour prof. Prao Yao Séraphin, quel est le potentiel du sous-sol ivoirien? La Côte d’Ivoire, reconnue pour son cacao et son dynamisme économique, cache sous ses terres une richesse encore largement sous-exploitée: celle de son sous-sol. Or, manganèse, nickel, lithium, coltan, pétrole, gaz naturel… autant de ressources qui font du pays un véritable carrefour stratégique en Afrique de l’Ouest. La Côte d'Ivoire dispose d’un sous-sol riche en minerais critiques et stratégiques. Les succès dans les travaux d’exploration en cours contribueront au développement de nouvelles mines, augmentant sa contribution à l’économie. L'une des dernières découvertes de manganèse en 2023 est celle de la société australienne MAKO Gold Limited au nord du pays. Pour rappel, le pays enregistre 5 mines de manganèse en exploitation : Grand-Lahou, Kaniasso, Lagnonkaha, Bondoukou et Guitry. La production est passée de 207 000 T en 2016 à 929 000 T en 2022. Concernant le lithium, des permis de recherche ont été accordés à Millenium Resources CI Sarl, African Milium resources CI Sarl, Atex Mining resources Sarl et Firering à Agboville, Tiassalé et M’Batto. Concernant le coltan, deux permis de recherche ont été octroyés en 2023 à la SODEMI (compagnie minière nationale) et à Guggenex Côte d’Ivoire à Béoumi, Botro, Daloa, Issia. La société BRI Coltan a obtenu en 2022 un prêt de 7 millions d’euros de la Banque d’investissement de la CEDEAO (BIDC) pour la construction d’une usine de transformation. Le groupe pétrolier italien Eni a annoncé une nouvelle découverte d’hydrocarbures, en février 2026, en Côte d’Ivoire. Selon un communiqué officiel publié le 16 février par le gouvernement ivoirien, les réserves du gisement sont estimées à environ 1,4 milliard de barils équivalent pétrole. Ces précédents gisements totalisent près de 6 milliards de barils équivalent pétrole, confirmant le potentiel du sous-sol ivoirien. Mais pourquoi malgré ce potentiel, la Côte d’Ivoire est loin des pays développés et même émergents? Réponse : On ne développe pas un pays avec les matières premières à faible valeur ajoutée. Le secteur des matières premières est un secteur à faible valeur ajoutée, qui crée peu d’emplois formels et qui génère trop peu de recettes fiscales. La spécialisation dans les matières premières alimente les inégalités sociales en bénéficiant à une minorité souvent liée à un pouvoir politique autoritaire. La dépendance envers les matières premières rend par ailleurs les économies en développement vulnérables envers la volatilité des prix sur les marchés mondiaux, qui complique fortement la mise en œuvre de stratégies de développement à long terme. Dans le pire des cas, cette spécialisation peut mener à une « croissance appauvrissante » lorsque la baisse des prix des matières premières ne peut être compensée par l’augmentation des volumes exportés. La spécialisation dans les matières premières a en outre tendance à condamner les pays en développement à être victimes d’un échange inégal : leurs matières premières à faible valeur ajoutée sont échangées contre des produits industriels à plus forte valeur ajoutée des pays industrialisés. Pour l’heure, malgré une légère transformation structurelle de son économie, la Côte d’Ivoire continue de compter sur les devises tirées de son agriculture de rente. En effet, le secteur primaire dominé par l’agriculture, représente 14,8% du PIB en 2024, le secteur secondaire centré sur l’industrie extractive, l’énergie, l’agroalimentaire et le BTP, 23,7 % du PIB et le secteur tertiaire majoritaire, tiré par les télécommunications, les transports, le commerce et les services financiers, représente 61,6 % du PIB. La Côte d’Ivoire est-elle le seul pays dans ce cas, en Afrique ? Non, il existe plusieurs pays dans ce cas sur le continent. Par exemple, la République démocratique du Congo (RDC), l’un des États les plus riches d’Afrique en gisements divers, couvre à lui tout seul 34 % de la production du continent en diamants. Il fournit également 13 % de la production de cuivre. Plus surprenant encore : la valeur des minéraux encore inexploités est estimée à plus de 24 milliards de dollars. Le sous-sol congolais contient également du cobalt, utilisé dans nos téléphones et ordinateurs portables. Mais son PIB par habitant était de 686 dollars US en 2024 et 68% des congolais vivent sous le seuil de pauvreté. Pendant ce temps, l'indice de développement humain (IDH) de la République démocratique du Congo est passé seulement de 0,38 en 1990 à 0,48 en 2022, demeurant toujours faible. On peut citer également la Zambie, qui est le plus gros producteur de cuivre africain, un pays qui assure plus de 65 % de la production totale du continent. Avec un PIB de 26,3 milliards USD en 2024, la Zambie est la quatrième économie d’Afrique australe après l'Afrique du Sud, l'Angola et le Zimbabwe. Mais l’économie reste très dépendante du secteur minier (qui représente près de 17,4% du PIB et environ 67% des recettes d’exportation), en particulier du cuivre dont la Zambie est le second producteur du continent. Avec un PIB par habitant de 1 246 USD en 2024, la Zambie fait partie des pays à « revenu intermédiaire de la tranche inférieure ». Toutefois, ses indicateurs socio-économiques sont dégradés : le pays, l’un des plus inégalitaires au monde (indice de Gini de 57,1), est frappé par un taux de pauvreté élevé (64,3% au seuil international de 2,15 USD par jour). Il se situe dans le dernier tiers du classement mondial en termes d’IDH – 153ème rang sur 191 pays en 2023. Citons aussi la Guinée, un pays qui couvre à lui seul, près de 95 % de la production africaine en bauxite, qui sert principalement à fabriquer l’aluminium, après une première transformation en alumine. La Guinée présente de très nombreux atouts naturels : une façade maritime, un important potentiel hydrologique et agricole, des frontières partagées avec 6 pays et un sous-sol très riche en minerais (bauxite : 1ère réserve mondiale avec 25% du stock et 2ème producteur mondial), 4 Mds T de réserves de fer, 700 T d’or et 30 à 40 M T de carats de réserves prouvées de diamants. Toutefois, son économie demeure relativement peu diversifiée et structurellement vulnérable aux chocs exogènes, notamment sur les matières premières. Avec une population de 15,4 millions d’habitants et un PIB de 25,6 milliards USD en 2024 selon le FMI, la Guinée se situe au bas du classement IDH, occupant le 179ème rang sur 193 pays en 2023. Selon l’Institut national de la statistique, un peu moins de la moitié des Guinéens (43,7 %) vivent en dessous du seuil national de pauvreté qui est estimé à 13 717 GNF/personne/jour (1,4 EUR) en 2019. Enfin, prenons le cas du Niger, le pays fournit à lui seul, 44 % de l’uranium africain, avec une production estimée à 4 millions de tonnes. Son sous-sol est aussi riche en calcaire, argent, étain et gypse. Avec tout ce potentiel, le Niger, dont près de 47 % de la population a moins de 15 ans, est un pays enclavé avec un PIB/habitant estimé à 707,5 USD en 2024 (FMI). Le capital humain y est particulièrement faible et la plupart des indicateurs sociaux sont faibles ou se dégradent. L’espérance de vie à la naissance est estimée à 61,2 ans (ONU, 2023). Le taux d’alphabétisation est estimé à 38 % en 2022 selon la Banque mondiale, tandis que les taux d’accès à l’eau et à l’électricité se situent à 49 % et 19,5 % respectivement. Le pays figure à la 188e place sur 193 du classement IDH (PNUD, 2025). Pourtant des pays sans ressources naturelles sont arrivés à s’en sortir pour s’engager sur le chemin du développementt ? Prenons d’abord le cas de la Malaisie. Dans ce pays, l'industrie manufacturière est le moteur de la croissance, avec des secteurs comme l'électronique et l'automobile bien développés. Le secteur manufacturier jouant un rôle crucial dans cette croissance, ce secteur est devenu l'un des principaux contributeurs au produit intérieur brut (PIB) du pays, stimulant ainsi la stabilité et la croissance économiques. La Malaisie est réputée pour la solidité de ses industries de l'électronique, de l'automobile, de la chimie et des machines. Ces secteurs attirent d'importants investissements nationaux et internationaux, consolidant ainsi la position de la Malaisie comme pôle manufacturier de premier plan en Asie du Sud-Est. L'orientation stratégique du gouvernement vers le développement industriel a propulsé la Malaisie à l'avant-garde de l'excellence manufacturière. Avec un portefeuille de produits de plus en plus diversifié, le pays offre d'importantes opportunités de croissance aux entreprises souhaitant investir dans le secteur manufacturier. L’un des secrets de la Malaisie, est que le pays met en avant le capital humain. En effet, l’indice de développement humain (IDH) qui est utilisé par les Nations Unies pour mesurer les progrès d'un pays, était de 0,807 point en 2022, ce qui le place à la 63e place du tableau de l'IDH publié sur 193 pays. Le résultat est que la Malaisie est dotée d’une économie de marché diversifiée : services (59,3% du PIB), industries manufacturières (23,2%), agriculture (6,3%), hydrocarbures et mines (6,0%), et construction (4,0%). Le PIB par habitant en Malaisie devrait atteindre 11.921,00 USD fin 2025, selon les modèles macroéconomiques mondiaux de Trading Economics. Ensuite, prenons également le cas de l’île Maurice. Avec une population à Maurice estimée à 1,27 million en 2025, la grande partie de la superficie de l'île est dédiée principalement à la culture de la canne à sucre qui dessine les vallons et les plaines. Mais le pays bute sur des ressources naturelles limitées et menacées par les dérèglements climatiques. Cependant Maurice dispose d'une solide base de capital humain développée grâce à un investissement cohérent et équitable dans le développement humain. Cela a permis à Maurice d'exploiter les avantages, d'apprendre des expertises apportées par l'IDE et de maintenir la compétitivité sur un marché international en pleine évolution. Les services d'éducation et de santé sont gratuits et ont été élargis ces dernières années, afin de créer de nouvelles possibilités d'emploi et d'assurer une croissance inclusive. La main-d'œuvre instruite et adaptable était un élément essentiel de la croissance orientée vers l'exportation des années 1980. Environ 90 % des entrepreneurs de la zone franche industrielle (EPZ) et du secteur manufacturier étaient des Mauriciens, les hommes d'affaires disposant du capital humain, de l'éducation et des connaissances nécessaires pour exploiter les débouchés. Selon le gouvernement de Dubaï, les perspectives générales pour le secteur manufacturier sont positives, car le pays offre de nombreuses opportunités aux entrepreneurs dans les différentes chaînes de valeur, grâce à une main-d'œuvre qualifiée. Le résultat est éloquent : le PIB par habitant à Maurice devrait atteindre 12 520 USD fin 2025. Avec un IDH de 0,804, l'île Maurice est le second pays africain le plus développé et est classée au 76e rang mondial. Pendant longtemps, l’économie mauricienne s’est reposée essentiellement sur le secteur agricole. Mais, en 2025, le secteur agricole est relativement modeste, représentant 3,6 % du PIB et environ 5 % de l'emploi total (Banque mondiale, dernières données disponibles). Environ 40 % du territoire national est consacré à l'agriculture, la canne à sucre dominant près de 90 % des terres cultivées et constituant la principale source de recettes d'exportation. Le secteur industriel a gagné en importance, contribuant aujourd'hui à 18,2 % du PIB et à 21 % de l'emploi. Le secteur manufacturier mauricien - dont la Banque mondiale estime qu'il représente 12 % du PIB - est traditionnellement dominé par le textile et la production de sucre. Le premier est passé d'une production de base à un sous-secteur verticalement intégré, faisant de Maurice le centre d'excellence du textile en Afrique australe et orientale. La manufacture pèse 85 % de l’activité industrielle. Le secteur tertiaire, lui, représente, 78,2 % du PIB. Enfin, le cas de la Corée du sud. Avec une superficie de 98,480 km² et une population estimée à plus de 51 millions d’habitants, le pays ne possède que quelques gisements de houille d’argent, de zinc, de tungstène, de fer et de kaolin dont le poids économique est négligeable. En effet, en 1948, la division de la Corée a opéré un partage inégal des ressources au profit de la Corée du nord. Mais la faiblesse du capital physique de la Corée du sud contraste avec la vitalité de son capital humain. Le pays a fait le choix d’optimiser son capital humain. Pour tous les dirigeants successifs, le développement du système éducatif doit précéder le développement économique. Cette politique d’éducation d’excellence a joué un rôle clé dans l’amélioration de la qualité des ressources humaines et largement contribué au développement économique. La démocratisation de l’éducation et l’accès pour tous à l’enseignement supérieur ont permis à la Corée du Sud, de former ses propres cadres dirigeants qui sont aujourd’hui à la tête des principales multinationales du pays. La Corée du sud a une activité de R&D particulièrement dynamique, prise en charge en grande partie par les grands groupes industriels, appelés conglomérats. En termes de dépenses de R&D, rapportées au PIB national, la Corée était en 2017, en première position (4,6% du PIB) parmi les pays membres de l’OCDE. Aujourd’hui, la Corée tient sa force économique de son industrie, qui représentait en 2023, 31,6 % du PIB selon la Banque mondiale, soit l’une des parts les plus importantes parmi les pays développés (la moyenne OCDE est de 22 %, avec notamment 18 % en France, 26,9 % au Japon, ou encore 28,1 % en Allemagne). Ce dynamisme est soutenu par un effort de R&D très important, qui fait de la Corée le deuxième pays le plus dépensier au monde en proportion du PIB en 2022 (5,2 %). Le secteur privé représente 77 % du total des dépenses de R&D de la Corée (2e ratio le plus élevé de l’OCDE après le Japon) dont près de la moitié est assurée par les 10 premiers chaebols. L’omniprésence des chaebols dans la R&D coréenne s’explique notamment par leur modèle exportateur, qui les a poussés à monter en gamme pour se maintenir dans la concurrence internationale et à investir progressivement dans des secteurs de plus en plus technologiques, pour figurer aujourd’hui parmi les leaders dans les semi-conducteurs, les smartphones, les batteries, l’automobile, etc. Les chaebols s’appuient en outre sur leur structure en conglomérat, qui permet de financer la R&D par la rentabilité d’activités lucratives. Les résultats également présents : le PIB par habitant en Corée du Sud devrait atteindre 37072,00 USD d'ici la fin de 2026, selon les modèles macroéconomiques mondiaux de Trading Economics, avec une population d'environ 51,75 millions d'habitants. L'indice de développement humain (IDH) de la Corée du Sud a évolué, passant de 0,73 en 1990 à 0,93 en 2022. Pendant ce temps, le capital humain de la Côte d’Ivoire est très faible et le pays transforme très peu ses matières premières. Que pensez-vous? Réponse : Effectivement, vous avez entierèment raison. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié son rapport annuel sur l’indice de développement humain (IDH) pour l’année 2025. Dans le rapport intitulé « Une question de choix : les individus et les possibilités à l’ère de l’IA », datant du 6 mai 2025, la Côte d’Ivoire enregistre un Indice de Développement Humain (IDH) s’élevant à 0,582. La Côte d’Ivoire gagne dix précieuses places et occupe le 157e rang parmi 193 nations évaluées. La Côte d'Ivoire enregistre un PIB de 78,9 milliards USD courants (FMI, 2023) avec un PIB/habitant de 2537 dollars (FMI, 2023). La Côte d'Ivoire s’impose comme la première puissance économique de l’UEMOA, contribuant à 40 % du PIB de l’Union. Le pays contribue à 42% des exportations de la zone et abrite la base industrielle la plus développée. Leader mondial sur les marchés du cacao (39 % de part de marché en 2024) et de l’anacarde (40 % de la production mondiale en 2023), la Côte d'Ivoire n’exporte pas de produits transformés mais bruts. Par exemple, le cacao constitue un pilier essentiel de l’économie ivoirienne, générant 40% des recettes d’exportation et contribuant entre 10 et 15% au PIB national, et le premier pourvoyeur de devises du pays, selon la Banque mondiale. Mais le pays ne représente actuellement qu’une petite partie de la chaîne de valeur mondiale de ce secteur, d’une valeur de 145 milliards de dollars par an. Selon les estimations, si Abidjan parvenait à capter seulement 10 % de toute cette chaîne de valeur, cela représenterait environ 15 milliards de dollars par an et augmenterait le PIB de 25 % grâce à la spéculation sur le cacao. Sur ce business, les pays producteurs ne perçoivent que 6 % des centaines de milliards de dollars engrangés. Ceux qui profitent sont les négociants, les grands transformateurs, les détaillants et les marques. Que proposez-vous prof. Prao Yao Séraphin? Vous savez que le principal talon d’Achille des économies en développement est leur dépendance envers les matières premières. La part des matières premières dans les exportations totales atteint en moyenne 76% dans les pays à faible revenu et 61% dans les autres pays en développement. Près de neuf pays africains sur dix sont dépendants des matières premières, c’est-à-dire qu’elles représentent plus de 60% des exportations de marchandises. La dépendance aux matières premières est liée au faible développement humain : 29 des 32 pays classés parmi les pays ayant un niveau faible de développement humain sont dépendants des matières premières. Or, cette dépendance aux matières premières est liée au faible développement humain, et principalement à la faiblesse du capital humain. Ce qu’on appelle « malédiction des ressources naturelles » n’est pas une fatalité, à condition de soutenir le développement de secteurs stratégiques créateurs d’emplois de qualité. Pour ce faire, un pays comme la Côte d’Ivoire doit revoir son « logiciel » et accentuer ses efforts sur le capital humain. En Côte d'Ivoire, les exportations de produits de moyenne et haute technologie (en % des exportations de produits manufacturés), se situent à 22% alors qu’elles représentent 72 % en Corée du sud. La Côte d’Ivoire gagnerait à placer le capital humain au cœur de sa stratégie de développement car l’indice du capital humain est faible en Côte d’Ivoire. Le capital humain est le niveau potentiel de performance qu’un système de formation est capable d’offrir aux citoyens d’un pays. En Côte d’Ivoire, ce chiffre est de 38% selon la Banque Mondiale, un niveau qui décrit l’affaissement du système éducatif ivoirien. Le système de formation, de santé, d’institutions qu’on a aujourd’hui, donnera des citoyens qui vont fonctionner à 38% de leur potentiel alors que la moyenne est de 40% en Afrique contre la moyenne des pays développés qui est de 71 à 75% du potentiel des citoyens. B.Mafoumgbé avec Sercom Prof Prao
Une importante délégation gouvernementale ivoirienne a participé récemment à la 34e conférence régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), à Nouakchott en Mauritanie. Celle -ci était conduite par Bruno Koné Nabagne et Maitre Adama Kamara, respectivement ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières et de l’Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle. A l’occasion, la délégation ivoirienne a annoncé l’extension de la Couverture maladie universelle (Cmu) aux planteurs. C’était le 16 avril 2026. La protection sociale des agriculteurs s’impose progressivement comme un enjeu stratégique en Afrique. Confrontés à de multiples risques, notamment climatiques et économiques, les acteurs du monde rural restent particulièrement vulnérables. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape en intégrant davantage les producteurs agricoles dans son système de couverture sanitaire. Une mesure qui vise à renforcer leur résilience tout en consolidant les bases d’un développement agricole durable. Le ministre Adama Kamara, ministre de l’Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, lors d’une intervention consacrée au financement de la protection sociale des agriculteurs. Selon lui, le gouvernement a procédé, dans un premier temps, à l’extension de la Cmu aux planteurs de café-cacao, de coton-anacarde ainsi que d’hévéa et de palmier à huile. Cette décision concerne donc des filières clés de l’économie ivoirienne, fortement contributrices aux exportations et aux revenus des populations rurales. Une particularité majeure de cette réforme réside dans son mécanisme de financement. En effet, les cotisations des planteurs seront prises en charge par les Caisses de stabilisation propres à chaque filière. Ce dispositif vise à lever l’un des principaux obstacles à l’adhésion des agriculteurs aux systèmes de protection sociale : le coût. Au-delà de cette première étape, les autorités ivoiriennes affichent une ambition plus large. Pour Adama Kamara, la performance des systèmes agroalimentaires dépend directement du bien-être des producteurs. « Un système agroalimentaire ne peut être performant que si les femmes et les hommes qui le font fonctionner sont eux-mêmes sécurisés », a-t-il affirmé. Dans cette perspective, la protection sociale est envisagée comme un levier essentiel de transformation du secteur agricole. Elle permet non seulement de réduire la vulnérabilité des producteurs face aux chocs, mais aussi d’améliorer leur productivité et leur capacité d’investissement. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, pour sa part, s’inscrit dans cette même logique de synergie entre politiques agricoles et sociales, visant à bâtir un modèle de développement plus inclusif. En réponse, le Directeur général de la Fao, Qu Dongyu, a salué les initiatives portées par la Côte d’Ivoire et exprimé sa disponibilité à renforcer l’appui de l’institution, en particulier dans le domaine agricole. Il a également marqué un intérêt soutenu pour le projet de protection sociale des producteurs, qu’il considère comme une réponse pertinente aux enjeux de vulnérabilité dans le monde rurale Des acquis à consolider dans les filières café -cacao et Coton anacarde karité En ce qui concerne la filière café-cacao d’une part, et d’autre part, celle du Coton anacarde karité, les choses avancent bien. Dans la filière café-cacao, à travers une convention de partenariat signée en 2025, entre le Conseil Café-cacao et l’Ips-Cnam, plus de 700 mille producteurs détenteurs de la carte du producteur et enregistrés dans la base de données de l’Ips-Cnam, les bénéficiaires sont gratuitement couverts par les prestations de la Cmu. Lors de la cérémonie de lancement de la campagne intermédiaire qui a eu lieu le mercredi 02 Avril 2025, à Abidjan, le Conseil du café- cacao a remis un chèque d’un montant de 952 millions de Fcfa à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) La remise symbolique d’un chèque de 952.000.000 de Francs Cfa à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnam), vise à offrir la couverture maladie universelle à 700.000 producteurs de café-cacao, qui sont à ce jour inscrits dans la base de données de la Cnam. Autrement dit, les producteurs détenteurs de leurs cartes Cmu. Dans les détails, il s’agit de la prise en charge totale des cotisations sociales et du ticket modérateur de l’assurance maladie pour tous les producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire. La population cible visée par cette opération est estimée à 1.101.500 personnes, correspondant au nombre de producteurs de café-cacao effectivement recensés à ce jour par le Conseil du café-cacao. Le montant des cotisations sociales étant fixé à 1 380 Francs par mois, pour chaque bénéficiaire de la Cmu, c’est une enveloppe globale de 1.498.040.000 Francs cfa qui sera dégagée mensuellement, pour prendre en charge les frais de santé de l’ensemble des producteurs. Par an, le coût des prestations s’élève à 17.976.480.000 Fcfa. La montée en puissance de la Cmu dans la filière coton anacarde karité Dans la filière Coton anacarde karité, l’aiguille va dans le bon sens. A la faveur de la dernière édition des Journées nationales des producteurs de coton, anacarde et karité qui ont eu lieu à Yamoussoukro, à la Fondation Félix Houphouet Boigny, M. Bamba Karim, Dg de l’Ips-Cnam et Berté Mamadou, Dg du Conseil coton anacarde karité, ont formalisé un partenariat, dans ce sens et en présence du Premier ministre, Docteur Robert Beugré Mambé. Le vendredi 6 février 2026 en effet, le Conseil Coton Anacarde Karité a scellé son engagement pour l'avenir à travers la signature de huit conventions stratégiques dont une portant sur la « Santé pour tous » : Un accord-cadre avec l'Ips-Cnam définit les modalités de prise en charge des cotisations pour garantir un accès effectif à la Couverture maladie universelle (Cmu) aux producteurs de coton, de l'anacarde et du karité. Très spécifiquement, le Directeur général, Berté Mamadou a décidé d’affiner sa stratégie après une phase test qui a porté sur 22mille producteurs dans la région du Tchologo. « Pour relever ces défis, le Conseil Coton Anacarde Karité s’engage, avec l’appui constant du gouvernement, à garantir aux producteurs des revenus décents et durables, à renforcer la structuration et la professionnalisation des acteurs, et à consolider la gouvernance de nos trois filières. Nous avons engagé le projet d’identification des exploitants et des exploitations d’anacarde, dont la phase pilote menée avec succès dans la région du Tchologo s’est achevée. Elle a permis d’identifier près de 22 000 producteurs, lesquels recevront (ont reçu) leurs cartes professionnelles de producteurs d’anacarde et inscrits à la Couverture maladie universelle. L’année 2026 verra l’extension du projet aux autres régions de production. Cette initiative vise à constituer une base de données fiable, essentielle pour optimiser l’allocation des ressources, renforcer le Système national de traçabilité, améliorer les services en faveurs des producteurs et favoriser leur inclusion financière », avait précisé le Dg Berté Mamadou. La filière coton anacarde karité, est animée par plus de 500 000 producteurs d’anacarde et de plus de 100 000 producteurs de coton, ainsi que de plusieurs milliers de collectrices de karité qui contribuent, qui contribuent jour après jour, à l’essor de notre économie nationale. Dans les deux filières, ( Café-cacao et Coton anacarde) karité) l’Ips-Cnam et les deux régulateurs ont de la marge, pour accroitre le nombre de personnes enrôlées à la Cmu. Pour l'année 2026, au titre des défis majeurs, le ministre de l'Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, Adama Kamara, s'est donné pour objectif d'atteindre 30 millions d'enrôlés à la Couverture maladie universelle (Cmu), contre plus de 23 millions à fin 2025 et de rendre effectif et opérationnel le prélèvement des cotisations sociales à la source pour le secteur informel. Ce jeudi 23 Avril 2026, une source officielle de l'Ips-Cnam indique que le nombre de personnes enrôlées à la Cmu est de 24 847844 à ce jour Des dispositifs complémentaires pour élargir la couverture Pour les agriculteurs des autres filières ainsi que pour les acteurs du secteur informel, « le gouvernement a lancé, en décembre 2025, le Programme d’investissement en protection sociale (PIPS), doté d’un budget de 187,4 milliards Fcfa. Ce programme vise à étendre progressivement la protection sociale à une population plus large, souvent exclue des dispositifs classiques. Il s’inscrit dans une dynamique globale de réforme du système social ivoirien, amorcée sous l’impulsion du président Alassane Ouattara. Parmi les réformes structurantes figurent également la mise en place de la Cmu et la création du Régime social des travailleurs indépendants (RSTI), destinés à couvrir les travailleurs non-salariés », a souligné le ministre Adama Kamara. Bamba Mafoumgbé
Dans le cadre d’une initiative « Cashew Partnership Ghana – Côte d’Ivoire », une délégation du TCDA (Tree Crops Development Authority) du Ghana a effectué une visite de travail en Côte d’Ivoire du 20 au 26 avril 2026 auprès du Conseil Coton Anacarde Karité et des structures de la filière anacarde. Cette structure publique ghanéenne est chargée du développement et de la régulation de six cultures pérennes stratégiques, à savoir l’Anacarde, la Mangue, le Coco, le Palmier à huile, l’Hévéa et le Karité. La délégation, conduite par son Directeur exécutif, Dr Andy Osei Okrah, est venue s’imprégner de l’expérience ivoirienne en matière d’organisation et de gouvernance de la filière anacarde. Accueillie par le Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité, M. Mamadou BERTÉ, la délégation a pris part à une séance de travail empreinte de convivialité et de franchise. Les échanges ont porté sur les enjeux de production, de commercialisation et de régulation des produits agricoles, notamment de l’anacarde, dans un contexte marqué par d’importants flux transfrontaliers. À cette occasion, M. Mamadou BERTÉ a souligné l’importance de cette coopération, tout en évoquant une préoccupation commune aux deux pays : la circulation non maîtrisée des produits et les fluctuations des prix internationaux, avec un impact sur les producteurs. Il a indiqué que la « fuite des produits vers les pays voisins » constitue un défi majeur, appelant à une meilleure coordination des politiques et à la définition de mécanismes concertés de régulation. « Il est important que nous travaillions ensemble pour encadrer ces flux et trouver des solutions communes. Cela permettra non seulement de sécuriser la production, mais aussi de mieux organiser la transformation locale dans nos deux pays », a-t-il confié. Poursuivant, le Directeur général du Conseil Coton Anacarde Karité a insisté sur la nécessité de bâtir un cadre de collaboration durable : « Cette démarche de dialogue ouvre la voie à une meilleure coordination de nos politiques et à une gestion plus efficace des défis communs. Elle constitue une étape importante vers des solutions concertées, capables de renforcer la stabilité de nos filières et leur contribution au développement économique de nos deux pays. » ; Aussi selon lui, avec des productions estimées entre 260 000 et 300 000 tonnes pour le Ghana et plus de 1,5 million de tonnes pour la Côte d’Ivoire, la mise en place d’une stratégie commune de commercialisation pourrait influencer positivement le marché mondial. De son côté, le Directeur général de la Tree Crops Development Authority a salué la qualité du modèle ivoirien et exprimé la volonté du Ghana de renforcer cette coopération pour une meilleure valorisation de la filière à l’échelle sous-régionale. Il s’est dit particulièrement heureux des échanges tenus au cours de cette rencontre. Ainsi, le modèle ivoirien suscite un intérêt marqué et ouvre des perspectives de coopération renforcée. Cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement des relations entre les deux institutions de la Côte d’Ivoire et du Ghana, avec une ambition commune de bâtir une filière anacarde plus structurée, compétitive et durable. Au cours de son séjour, la délégation aura d’autres séances de travail avec le FIRCA, l’OIA-Anacarde et l’ANADER, puis effectuera des visites de terrain au Centre d’Innovations et des Technologies de l’Anacarde (CITA), dans la zone industrielle et dans des unités de transformation du cajou à Yamoussoukro. Bamba Mafoumgbé
En marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (Siam), le ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, a signé, le 21 avril 2026 à Meknès, un protocole d’accord avec OCP Africa, filiale du groupe marocain OCP, spécialisée dans les solutions agricoles intégrées. Cet accord s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes de renforcer la sécurité alimentaire, d’améliorer la productivité agricole et de structurer durablement les filières. Il vise à établir un cadre de collaboration autour de projets innovants, combinant expertise technique, digitalisation et accompagnement des producteurs. Selon Hajar Alafifi, CEO de OCP Africa, Trois axes majeurs structurent ce partenariat. « Le premier porte sur l’utilisation des systèmes d’information géographique (SIG) pour cartographier les exploitations, améliorer la planification agricole et renforcer la traçabilité des intrants. Le second concerne la cartographie numérique des sols, avec l’ambition de développer des recommandations de fertilisation adaptées aux réalités agroécologiques locales et d’optimiser les rendements. Enfin, le troisième axe met l’accent sur l’Agri-Tech, notamment à travers le transfert de compétences et le développement de solutions innovantes, en lien avec des initiatives de formation comme la Digital Farming School en cours de création à Yamoussoukro », a t-elle déclaré. Pour le ministre Bruno Koné ce partenariat stratégique « contribuera à accélérer la transformation du secteur agricole ivoirien, en misant sur l’innovation, la donnée et la valorisation des chaînes de valeur ». Le protocole prévoit également la mise en place d’un comité de pilotage chargé de superviser la mise en œuvre des projets et d’en assurer le suivi. Notons toutefois, qu’il s’agit d’un cadre non contraignant, destiné à préparer la conclusion d’accords opérationnels futurs, notamment autour de projets pilotes. B. M
Le coordonnateur général du Programme social du gouvernement (PSGouv), Non Karna Coulibaly, a présenté, le lundi 20 avril 2026 à Abidjan-Cocody, le bilan d’étape des activités de la Coordination générale du Projet d’appui au PSGouv (PA-PSGouv). Selon le Cicg, la présentation s’est tenue au cours d’une réunion réunissant les équipes de la Coordination générale, une délégation de la Banque africaine de développement (Bad) conduite par le chef de projet du PA-PSGouv, François Wongué, ainsi que la directrice du Centre d’Information et de Communication gouvernementale (Cicg), Awa Dosso. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mission de supervision de la Bad, prévue du 20 au 29 avril 2026, visant à évaluer les réalisations du Projet à fin mars 2026 et à apprécier son niveau d’exécution. La mission se déroule en deux phases : une revue de bureau, consacrée à l’analyse de l’exécution physique et financière du projet ainsi qu’à l’identification de solutions susceptibles d’améliorer leurs performances, et une mission de terrain. Cette dernière, conduite par le coordonnateur général, permettra d’apprécier les réalisations dans plusieurs localités, notamment Akoupé-Zeudji, Kossou, Blanfla et Bouaflé. S’exprimant à cette occasion, Non Karna Coulibaly a salué l’engagement de la Bad pour son accompagnement technique et financier. Sur le plan des performances, le PA-PSGouv affiche des résultats encourageants, avec un taux d’engagement de 81 % et un taux d’exécution de 38,37 %. En outre, la Coordination générale du PSGouv et du PA-PSGouv se distingue par une organisation structurée autour de trois entités clés : le service assistance, qui joue un rôle d’intervention et de secours ; le service Suivi, comprenant le suivi sur pièces et le suivi sur place ; et le service Communication, véritable levier de valorisation des actions de la Coordination générale du PSGouv et du PA-PSGouv. Ce dernier a bénéficié d’un renforcement en ressources humaines et en moyens logistiques. Dans le cadre de la stratégie de communication, plusieurs initiatives ont été engagées, dont une campagne d’affichage prévue du 15 avril au 15 mai 2026, Bamba M.
Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales et de pression démographique accrue sur les marchés du travail africains, la Côte d’Ivoire affine son positionnement économique. À Washington, en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a porté une lecture structurée des leviers d’industrialisation du continent, lors d’un panel de haut niveau consacré à l’industrialisation et la création d’emplois en Afrique ce 17 avril2026. Cette intervention s’inscrit dans la continuité d’une première session dédiée à l’exploitation minière artisanale, mais marque surtout un élargissement du discours ivoirien vers une problématique centrale : comment transformer la croissance en emplois durables dans des économies encore dominées par les secteurs primaires . Un diagnostic partagé : l’industrialisation, clé de l’emploi mais freinée par des contraintes structurelles Aux côtés de Mariama Ciré Sylla, la ministre guinéenne de l’Economie et des finances, le ministre ivoirien a participé à un diagnostic largement partagé : dans un contexte de forte croissance démographique, l’industrialisation reste le principal levier de création d’emplois massifs et qualifiés en Afrique, mais sa mise en œuvre continue de buter sur des contraintes structurelles profondes. Parmi celles-ci, l’accès à une énergie fiable et compétitive demeure le verrou central. À cela s’ajoutent des cadres réglementaires encore instables, peu lisibles pour les investisseurs, ainsi qu’un déficit d’intégration régionale qui limite l’émergence de véritables chaînes de valeur africaines. Dès lors, les échanges ont insisté sur un impératif d’exécution : au-delà des stratégies, les États sont appelés à accélérer la mise en œuvre de politiques industrielles ciblées, à améliorer concrètement l’environnement des affaires et à structurer des écosystèmes productifs capables d’absorber une main-d’œuvre en forte croissance. La réponse ivoirienne : une approche méthodique Dans ce cadre, Mamadou Sangafowa Coulibaly a défendu une approche méthodique de l’industrialisation, fondée sur la construction progressive d’un environnement propice à l’investissement. « L’industrialisation requiert d’abord un écosystème global », a-t-il rappelé, soulignant que la compétition internationale se joue désormais sur la qualité des infrastructures et le coût des facteurs de production. La stratégie ivoirienne repose ainsi sur un enchaînement de priorités : stabilisation politique et macroéconomique pour restaurer la confiance, investissements massifs dans les infrastructures économiques (routes, ports, énergie, …), puis réformes réglementaires destinées à renforcer la prévisibilité et l’attractivité du cadre d’affaires. L’exemple du secteur électrique illustre cette logique. « Nous avons triplé notre capacité installée de production électrique en moins de 15 ans, et nous comptons à nouveau tripler la capacité actuelle dans les 15 années à venir », a souligné le ministre ivoirien. Cependant, dans un contexte africain d’urgence face à la problématique de l’emploi, Mamadou Sangafowa Coulibaly s’est voulu plus pragmatique, invitant à explorer une alternative à impact relativement plus immédiat : l’industrie minière. En effet, au-delà des postes directs, souvent qualifiés, l’activité minière génère un tissu dense d’emplois indirects à travers les services connexes et les exigences de contenu local, sur l’ensemble de la durée de vie des projets. Un potentiel qui concerne aussi bien l’exploitation artisanale et à petite échelle que les opérations industrielles, et qui positionne le secteur extractif comme un relais stratégique dans la phase transitoire de l’industrialisation. Miser sur le capital humain et l’intégration régionale Si les infrastructures et l’énergie constituent des prérequis, Mamadou Sangafowa Coulibaly a également mis en avant un second pilier souvent sous-estimé : le capital humain. Dans un contexte de transformation technologique accélérée, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée devient un facteur différenciant dans l’attraction des investissements industriels. Par ailleurs, la question de l’intégration régionale est un autre enjeu central. L’absence de chaînes de valeur intégrées limite en effet les économies d’échelle et réduit l’attractivité des marchés nationaux pris isolément. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est donc aussi de s’inscrire dans une dynamique régionale, en capitalisant sur sa position de hub économique en Afrique de l’Ouest. Au total, l’intervention de Mamadou Sangafowa Coulibaly a mis en lumière une évolution dans les stratégies africaines : passer d’une approche déclarative de l’industrialisation à une logique d’exécution, centrée sur des leviers concrets, énergie, infrastructures, cadre réglementaire et capital humain. Bamba Mafoumgbé avec Sercom Légende photo : Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie lors du panel
Dans le cadre du panel ministériel de haut niveau organisé le mardi 21 avril 2026 à Meknès, en marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), consacré à « la production animale et à la transformation des systèmes alimentaires », le ministre ivoirien de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, M. Bruno Nabagné Koné, a exposé les priorités stratégiques de la Côte d’Ivoire face aux défis croissants des systèmes alimentaires mondiaux. Portant la voix de son collègue, M. Sidy Tiémoko Touré, Bruno Koné a, d’entrée de jeu, posé un diagnostic des filières animales et halieutiques, tant à l’échelle africaine qu’au niveau national. « La hausse continue de la demande en protéines animales, combinée à la volatilité des marchés et aux contraintes environnementales, fragilise les équilibres agricoles, notamment en Afrique. Pour la Côte d’Ivoire, le diagnostic est clair : le pays reste structurellement dépendant des importations, ne couvrant que 49 % de ses besoins en viande, 13 % en produits laitiers et 12 % en ressources halieutiques », a-t-il déclaré. Un déficit qui, a-t-il ajouté, « pèse sur la balance commerciale et limite la création de valeur locale, alors même que le secteur mobilise une part importante de la population rurale et constitue un gisement significatif d’emplois ». Pour faire face à ces défis, les autorités ivoiriennes misent sur une transformation en profondeur du secteur. La nouvelle Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA II 2026-2030) vise à porter le taux de couverture des besoins nationaux à 75 % d’ici 2030. « Au-delà de l’objectif de souveraineté alimentaire, il s’agit de renforcer la compétitivité des filières, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes », a souligné le ministre. Dans cette dynamique, la coopération internationale apparaît comme un levier déterminant. La Côte d’Ivoire plaide pour un renforcement des partenariats Sud-Sud et triangulaires, tout en appelant à une mobilisation accrue des financements en faveur de l’adaptation agricole. À ce propos, le ministre Bruno Koné a salué la collaboration entre la Côte d’Ivoire et le Royaume du Maroc, notamment dans le domaine de l’amélioration génétique, présentée comme un modèle de coopération à fort potentiel pour le continent. Le chef de la délégation ivoirienne a indiqué que l’ensemble de ces actions vise à faire de l’agriculture ivoirienne un moteur de croissance inclusive, capable de réduire les importations, d’améliorer la balance commerciale et de soutenir le développement local. Ce panel ministériel a réuni les ministres ivoirien, marocain, portugais et français, en charge des secteurs agricole, animal et halieutique de leurs pays respectifs. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire participe à la 18ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc, qui se tient du 20 au 28 avril 2026 autour du thème « Durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire ». La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid. À l’issue de sa visite des différents pôles du salon, le ministre s’est dit satisfait : « Le Maroc dispose d’une richesse agricole importante, avec une production diversifiée. Nous avons observé un développement que l’on peut qualifier d’équilibré, chaque région étant représentée à travers ses spécificités agricoles. » Et d’ajouter : « Nous en tirons des enseignements qui nous permettront d’améliorer notre agriculture et d’accroître les revenus de nos producteurs, car c’est là, in fine, l’une des missions qui nous est assignée. » Ayoko Mensah Avec Sercom
Ce mardi 21 avril 2026, le Général DA Pierre Alphonse, Directeur général des Douanes, a présidé la cérémonie d’inauguration des bureaux du Groupe de surveillance financière, sis à l’immeuble Concordia (Plateau, avenue Noguès). La cérémonie a enregistré la présence de Madame Chiara RAFFAELE, Cheffe de l’Equipe gouvernance de l’Union européenne, du Général TOURE Idrissa, président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), de M. OUATTARA Bourahiman, Directeur général adjoint de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (Agrac), des représentants du ministère de l'Economie, des finances et du budget, du Pôle pénal économique et financier ainsi que de plusieurs membres du Comité de direction des Douanes ivoiriennes. Elle marque une étape importante dans l'opérationnalisation du Groupe de surveillance financière. Plusieurs allocutions ont été prononcées, notamment celle du Général DA Pierre Alphonse qui a salué la création du Groupe de surveillance financière, y voyant le point de départ de perspectives prometteuses pour l’administration. Ensuite, il a été procédé à la coupure symbolique du ruban, suivie d’une visite guidée des locaux conduite par le Colonel DEZAI Ferdinand, commandant du Groupe de surveillance financière. A préciser que Groupe de surveillance financière a été créé en 2023 avec pour mission de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elysée KOffi
La Première Dame, Madame Dominique Ouattara, a reçu en audience, ce jeudi 21 avril 2026 à Cocody, le Général Abdoulaye Coulibaly, Président du conseil d’administration d’Air Côte d’Ivoire. Le Général Coulibaly était accompagné par M. Laurent Loukou, Directeur général de la compagnie. Cette visite officielle avait pour objectif de réitérer les remerciements de la compagnie nationale à l’endroit de l'épouse du Chef de l'État pour son soutien constant. « Je suis venu aujourd'hui pour exprimer toute ma reconnaissance et mes remerciements à la Première Dame. En octobre 2025, elle nous a fait l’honneur d’être la marraine du vol inaugural d’Air Côte d’Ivoire », a déclaré le Général Coulibaly au sortir de l'audience. Il a souligné l'importance de ce geste symbolique qui a marqué une étape clé dans le développement de la compagnie. Au-delà de la gratitude, la rencontre a permis d'évoquer les futurs projets sociaux de la Première Dame. En effet, le Général Abdoulaye Coulibaly a formellement proposé l'appui d'Air Côte d'Ivoire pour l'organisation du prochain Dîner de gala de la Fondation Children Of Africa, un événement de prestige. « C’est une manière pour nous de "renvoyer l’ascenseur", car elle nous a énormément aidés par le passé. Je lui ai signifié que nous sommes prêts à l'accompagner et à la soutenir pleinement pour la réussite de cet événement », a-t-il précisé. Bamba Mafoumgbé

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