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Interviews (69)

Docteur Adama Coulibaly( Dg du Cca) et commissaire général du Sietta 2018 « Les exportateurs sont tenus de justifier avoir vendu 15% de leur produit à des opérateurs locaux »

vendredi, 09 novembre 2018 17:34 Written by

 « C’est un honneur pour moi de prendre la parole ce jour, au nom du Comité d’Organisation, pour vous exprimer notre gratitude pour avoir répondu si nombreux et si qualitativement à l’invitation des autorités ivoiriennes pour cette troisième édition du Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde, en abrégé « Sietta 2018 ».Je voudrais tout d’abord saluer et remercier avec déférence, Son Excellence Monsieur Daniel Kablan Duncan, Vice-Président de la République qui a bien voulu accorder son Patronage à cette cérémonie. Excellence Monsieur le Vice-Président de la République, vous êtes encore là comme vous étiez là en 2014, et comme vous étiez là en 2016 pour rehausser de votre présence cette cérémonie et montrer l’intérêt tout particulier et la grande attention que vous portez aux acteurs de la filière cajou et à son développement conformément à la vision du Président de la république Sem Alassane Ouattara. Excellence Monsieur le VPR, votre présence nous inspire, nous encourage, nous motive et nous galvanise. Nous vous exprimons notre infinie gratitude pour votre grande proximité avec la filière cajou. Merci pour les enseignements que vous nous administrés tous les jours, merci pour le modèle que vous êtes pour vos jeunes collaborateurs que nous sommes.  J’exprime ma gratitude à tous les membres du Gouvernement qui ont bien voulu répondre à l’appel de leurs collègues de l’Industrie et de l’Agriculture. Mesdames et Messieurs les Ministres, votre présence est l’expression de la place qu’occupe la filière cajou dans les priorités et l’agenda du Gouvernement. Je salue particulièrement mes Ministres de tutelle, Monsieur Mamadou Sangafowa Coulibaly, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural et Monsieur Souleymane Diarrassouba, Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des Pme, je voudrais leur dire toute ma gratitude pour tout l’accompagnement et leurs implications personnelles dans l’organisation de cette manifestation. J’associe à ces remerciements tous les partenaires techniques et financiers pour leurs appuis constants au développement de la chaîne de valeur du cajou en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. Notre reconnaissance va en particulier à l’endroit de la Banque Mondiale, de Competitive African Cashew (ComCashew) et de l’Alliance du Cajou Africain (Aca) pour leurs engagement et appuis décisifs à l’organisation du Sietta 2018.
Mes remerciements vont également à l’endroit de tous nos invités nationaux et internationaux, Exposants, Conférenciers, Panelistes, Modérateurs, Participants et Visiteurs qui malgré des conflits d’agenda, ont arbitré en faveur du Sietta. Enfin, mon infinie reconnaissance à tous les membres du Comité d’organisation de cette troisième édition du Sietta qui ont travaillé de jours et de nuits pour rendre cette manifestation possible. Merci à tous et à chacun pour votre disponibilité et votre engagement durant les préparatifs de cette édition. 
Honorables Invités,Mesdames et Messieurs,Après la deuxième édition du Sietta tenue en novembre 2016 dans cette même commune de Treichville et qui a enregistré 29 équipementiers et plus de 12 000 visiteurs et participants venus d’une trentaine de pays, le gouvernement ivoirien a autorisé, au cours du Conseil des Ministres du 14 février 2018, l’organisation de la 3ème édition du Sietta du 08 au 10 novembre 2018 sur le thème « Transformation de l’anacarde, une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine ».C’est l’occasion pour moi d’exprimer notre reconnaissance et notre infinie gratitude au Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly et à tout le gouvernement pour avoir créé les conditions de la tenue de ce salon à l’intervalle de tous les 2ans. Cette 3ème édition du Sietta a la particularité d’être couplée avec la réunion du Conseil d’Administration de ComCashew (Competitive African Cashew) qui s’est tenue hier mais surtout et pour la première fois avec la Conférence annuelle de l’Alliance du Cajou Africain (Aca).Le Sietta 2018 est donc la convergence de tous les évènements majeurs qui impacte la vie de la filière cajou en Afrique. Cette convergence est une volonté de l’ensemble des structures et institutions œuvrant dans le secteur du cajou d’apporter de la valeur ajoutée au Sietta et en faire un évènement propice au business du cajou au sens vertical et horizontal.
Honorables Invités, Mesdames et Messieurs, Le Sietta, faut-il le rappeler, est une manifestation d’envergure internationale qui réunit et expose le savoir-faire technologique de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du monde dans le secteur des technologies de la transformation du cajou. La tenue de la troisième édition de ce salon se justifie encore aujourd’hui par les nombreux défis auxquels les pays africains producteurs d’anacarde en général et la Côte d’Ivoire en particulier restent confrontés dans la transformation de cette spéculation dont la production agricole est en nette progression. En effet, la Côte d’Ivoire est le premier pays producteur mondial de noix brutes de cajou avec 711 236 tonnes de noix en 2017.  Au niveau sous régional, la production de noix de cajou en Afrique de l'Ouest a atteint 1 612 000 tonnes en 2017 Selon l’Ong Rongead. Cependant, le taux de transformation est en deçà de 10% de la production. En effet, l'Afrique qui constitue plus de 90% de l'offre sur le marché mondial de noix brutes, n'en transforment que 6%, contre 120% pour l'Amérique du Sud et plus de 220% pour l'Asie. Pourtant, la transformation du cajou est économiquement très rentable et créatrice d’emplois et de richesses, notamment pour les jeunes et les femmes. Les études montrent qu’une tonne de noix transformées localement peut ajouter une valeur moyenne de 650 dollars/tonne au produit.
Honorables Invités, Mesdames et Messieurs, La faible industrialisation de la filière anacarde prive l’Afrique et la Côte d’Ivoire d’importantes valeurs ajoutées, réduisant les opportunités de création d’emplois.C’est pourquoi, le Gouvernement du Premier Ministre Amadou Gon COULIBALY sous l’inspiration du PR du VPR nous a instruit de tout mettre en œuvre pour développer la transformation locale des produits de l’anacardier, Dans cette vision, le Conseil du Coton et de l’anacarde mène plusieurs actions, notamment :•la mise en œuvre d’un mécanisme de réservation d’une partie de la production de noix brutes de cajou pour la transformation locale. Pour l’année 2018, les exportateurs sont tenus de justifier avoir vendu 15% de leur produit à des opérateurs locaux, avant d’obtenir l’autorisation d’exporter ; la mise en place d’un mécanisme de garantie, par le biais d’un déposit auprès des banques, selon le montant de l’emprunt, pour faciliter l’accès des transformateurs au financement pour l’acquisition de la matière première ;la mise en place d’un mécanisme de régulation du prix de cession de la noix brute de cajou aux unités de transformation de l’anacarde. Au-delà de 850 FCFA le Kg de noix brut, la différence est subventionnée par l’Etat par le biais du Droit Unique de Sortie (DUS) sur l’exportation de noix brut. la mise en œuvre du projet de création de quatre (4) zones industrielles destinées à la transformation à Bouaké (centre), Korhogo (nord), Bondoukou (est) et Séguéla (nord-ouest). Il s’agira de zones viabilisées, stabilisées qui seront disponibles dès 2019. 


Honorables Invités, Mesdames et Messieurs, L’organisation du SIETTA participe à l’émergence d’une industrie de l’anacarde en Côte d’Ivoire et en Afrique par la promotion et la vulgarisation des innovations en matière d’équipements et technologies de transformation.
De façon spécifique, le SIETTA vise à :• faire connaître aux investisseurs et au grand public les innovations en matières d’équipements et de technologie de transformation de l’Anacarde ;• faciliter l’acquisition des équipements et des technologies de la transformation ;• développer le secteur local de la fabrication et de la maintenance des équipements de transformation de l’anacarde ;• favoriser l’installation des équipementiers en Côte d’Ivoire ;• offrir des possibilités d’investissement aux opérateurs économiques ;• créer des liens d’affaires entre les acteurs de la chaine de valeur ;• susciter l’intérêt du grand public pour les produits de l’anacarde.C’est l’occasion pour moi de remercier tous les équipementiers qui ont fait le déplacement depuis leur pays d’origine pour venir exposer leur machine et leur savoir-faire. Je leur dis de façon péremptoire que l’avenir de la transformation de la noix de cajou est en Afrique et particulièrement en Afrique de l’Ouest. Ils ont donc raison d’être au SIETTA la plus grande tribune d’exposition des équipements. Cette présence leur ouvre les portes du futur marché des équipements.Mais l’émergence d’une industrie de la transformation doit être accompagnée d’une industrie de la production locale des équipements. C’est pourquoi le SIETTA sera un forum où les équipementiers nationaux et sous régionaux prendront de plus en plus de place pour soutenir et garantir durablement la politique de promotion de la transformation. Excellence Monsieur le VPR, la volonté de la Côte d’Ivoire d’aller résolument vers la transformation n’est pas compatible avec une politique basée uniquement sur des équipements exogènes importés. Le succès de notre politique de transformation doit être soutenue par une politique d’encouragement de l’émergence d’une industrie locale de fabrication d’équipements et de l’émergence de nouveaux corps de métiers dotés de la capacité technique d’entretien et de réparation des machines et autres outils de production. C’est pourquoi nous considérons que le SIETTA 2018 est un SIETTA de transition.
Honorables Invités, Mesdames et Messieurs, Si les deux premières éditions ont fait du SIETTA le plus grand événement de l’industrie du cajou en Afrique et dans le monde, la présente édition devra relever le défi du développement de la transformation locale de l’anacarde, en tant que facteur de création d’emplois et de l’autonomisation des jeunes. Le thème de cette troisième édition, à savoir : « Transformation de l’anacarde, une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine » s’inscrit dans cette vision. Ce thème fait appel aux énormes potentiels contenus dans l’agro-industrie et particulièrement dans la filière cajou. La filière anacarde est une filière d’avenir, capable d’offrir aux jeunes africains de réelles opportunités d’affaires, de création d’emplois et de richesses à travers notamment la transformation du cajou et la valorisation des produits qui en sont issus. Vu ces énormes potentiels, nous sommes fondés à dire à notre jeunesse que le bonheur qu’elle tente d’aller chercher ailleurs en risquant sa vie est certainement ici, dans nos campagnes, dans nos villages et dans nos villes. Ce thème vise également à sensibiliser les Etats africains, les partenaires techniques et financiers et les investisseurs sur la nécessité de renforcer les investissements dans cette filière, notamment au niveau de la transformation, pour en faire une véritable source de création d’emplois et d’autonomisation de la jeunesse africaine pour lui éviter les souffrances d’une traversée parfois sans retour du désert et de la Méditerranée. 

Honorables invités,Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez, l’une des recommandations du SIETTA 2014 était la mise en place d’une plateforme des pays producteurs du cajou.
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette recommandation, l’édition 2016 du SIETTA a enregistré la première réunion des Ministres des pays producteurs du cajou qui a débouché sur la signature de la convention portant création de la plateforme dénommée Conseil International Consultatif du Cajou, en abrégé CICC. La deuxième réunion de cette plateforme qui s’est tenue au mois d’août dernier à Cotonou au Benin, a abouti à l’adoption des documents d’opérationnalisation du CICC. La prochaine réunion du CICC prévue au Burkina Faso en mars 2019 devrait aboutir à la mise en place effective du Secrétariat Exécutif de cette organisation internationale du Cajou. Je voudrais donc me réjouir des avancées notables enregistrées dans la mise en place de cette plateforme qui viendra faire face aux défis liés au développement durable de la filière anacarde en Afrique, notamment la gouvernance et la coordination à l’échelle continentale de la filière. C’est le lieu pour moi de remercier tous les experts africains qui ont contribué efficacement, de par leurs observations et propositions pertinentes, à donner forme à cette noble ambition.
Honorables invités,Mesdames et Messieurs,Le Sietta 2018 sera l’occasion de présenter les innovations en matière d’équipements et de technologies de transformation de cajou ainsi que les services connexes et de faire découvrir au grand public les bienfaits de ses produits.Il revêt également une dimension scientifique et professionnelle. Ainsi, en plus des expositions de machines et équipements, plusieurs autres activités, notamment des rencontres B to B, des ateliers et des conférences sur des thèmes en lien avec le thème général, seront organisées pour renforcer les capacités des acteurs du cajou sur les questions de financement, de commercialisation, de qualité, de transformation et de valorisation des produits dérivés du cajou.Je voudrais donc inviter tous les participants à prendre part à toutes les activités qui vont meubler ces trois jours que va durer le Sietta 20018.C’ est sur cette invitation que je voudrais terminer mon propos en formulant, au nom du Comité d’organisation, les vœux les plus sincères, que les échanges et accords qui résulteront de ces trois (03) jours du Sietta, apportent une contribution positive au développement durable de la filière Anacarde en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Je vous remercie »

Encadré : M. Diomandé Elias Moussa Farakhan, le président l’Association ivoirienne des entreprises privées (Aiep) //« Voici nos propositions pour l’annexe fiscale 2019 »

mardi, 16 octobre 2018 07:26 Written by


L’annexe fiscale à la loi de finance 2019, n’est pas encore connu, mais L’Association ivoirienne des entreprises privées,(Aiep) fait déjà des propositions. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Afin d’aborder la loi de Finances 2019 dans un climat apaisé, et bâtir un nouveau partenariat fiscal de confiance entre l’Etat et les Pme, l’Association ivoirienne des entreprises privées (Aiep), membre de la Fipme, a énuméré une première vague de dix préoccupations qui, prises en compte, contribueront à accroître le civisme fiscal et la compétitivité des Pme. Les trois premières préoccupations sont relatives à l’impôt minimum forfaitaire, à l’acompte d’impôt sur le revenu du secteur informel (Airsi), et aux contribuables appelés fournisseurs de l’Etat. Les préoccupations sectorielles concernent la reconstitution du chiffre d’affaires des écoles privées, la patente et droits sur des dépôts de pharmacie, et les stations-services, la liste des matériels agricoles exonérés de Tva, la redevance portuaire à l’importation, la redevance portuaire des avitailleurs maritimes et les conditions de leur travail sous douane.
L’impôt minimum forfaitaire (Imf) a été au centre des discussions sur l’annexe fiscale de 2018. Quelles sont les propositions de l’Aiep ?

L’Imf est un impôt qu’on acquitte sur le bénéfice industriel et commercial lorsque le résultat net est déficitaire. Cet impôt dont la base de calcul est le Cattc inclut la Tva dont le produit appartient à l’Etat. Il y a donc double paiement. Pour les Pme, l’Imf est dénué de tout fondement. Sinon d’où tirer les ressources pour payer cet impôt quand l’on a un résultat net négatif et que l’on est par ailleurs endetté ? Pour ce qui est du Bénéfice industriel et commercial (Bic), nous proposons que pour les Pme ivoiriennes, le taux soit revu à la baisse de 25 à 18%.

Quelles sont les conclusions de vos réflexions sur l’acompte d’impôt sur le revenu secteur informel (Airsi) ?

L’application de l’Airsi est très complexe pour deux raisons. Primo, l’intervention de l’Etat dans la fixation de prix homologués pour certains biens, fait de l’Airsi, un coût concurrentiel qui oblige l’opérateur à utiliser une partie de sa marge pour s’acquitter de cet impôt. Secundo, pour le législateur, la collecte de l’Airsi est basée sur les entreprises du régime réel, qui doivent le retenir à la source au secteur informel, et le reverser aux impôts. Mais en pratique, l’Airsi est répercuté sur le consommateur final, par les redevables légaux, qui ont une méconnaissance des textes. Il faut réaménager le dispositif, afin que cette catégorie de contribuables acquitte directement l’impôt à leur charge. Et cela à partir des taux par tranche de chiffre d’affaire Ttc, reliés à des coefficients, de sorte que, plus le chiffre d’affaires réalisé est élevé, plus le montant à payer diminue proportionnellement. Cela amènera ces contribuables à déclarer leur chiffre d’affaires effectif. Enfin, l’annexe fiscale 2018, en son article 23, note que l’application de l’Airsi a contribué à dégrader la situation financière déjà fragile des contribuables. Il faut envisager donc la surpression de cet impôt.
Que suggère votre organisation pour le traitement fiscal des fournisseurs de l’Etat ?
Ces fournisseurs, qu’ils soient livreurs de biens meubles corporels ou prestataires de service rencontrent de sérieuses difficultés de trésorerie, en partie, dues à des délais de règlement souvent longs des factures émises. Le chiffre d’affaires ainsi réalisé, bien que n’étant pas encore payé par l’Etat, est pris en compte dans la liquidation des impôts et taxes comme le l’Ibic, la Tse (Taxe spéciale d’équipement), la patente et la Tva. Pour juguler la fraude, nous souhaitons de ne prendre en compte que la part du chiffre d’affaires effectivement payé par l’Etat dans la détermination et la liquidation d’impôt des fournisseurs de l’Etat.
Lors de votre conclave, vous avez également traité la question de la reconstitution du chiffre d’affaire des écoles privés. Que suggérez-vous ?

L’article 3 du Code général des impôts stipule que les contribuables constitués en société sont soumis à l’Impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux (Ibic), et impose la reconstitution du chiffre d’affaires par la méthode de l’Ibic. L’article 90 pour sa part, fixe le taux de l’Ibnc (Impôts sur les bénéfices non commerciaux) à 20% pour les personnes physiques et à 25 % pour les personnes morales, avec la possibilité de reconstituer le chiffre d’affaires par la méthode de l’Ibnc. Lors des contrôles fiscaux, les articles 3 et 90 prêtent à des confusions avec des interprétations subjectives d’un agent des impôts à un autre. Les écoles privées connaissent des aléas comme, les réaffectations d’élèves en cours d’année, les abandons, les impayés au recouvrement incertain, la complexité du rattachement des années scolaires et du chiffre d’affaire à un exercice comptable. Nous proposons donc, l’adoption du principe de reconstitution et de comptabilisation du chiffre d’affaires des écoles privées, basé sur les recettes réalisées.
Quel aménagement souhaitez-vous alors pour la liste des matériels agricoles exonérés de Tva ?
L’arrêté N°360 du 30 septembre 2004 portant détermination des listes des matériels agricoles et leurs pièces détachées exonérées de la Tva, comporte des limites. Le secteur agropastoral s’est modernisé. Pendant que plusieurs équipements sont en phase d’obsolescence, de nouveaux équipements et technologies modernes émergent. Pour un pays qui aspire à une transformation structurelle de son agriculture, il faut réactualiser cette liste en l’élargissant à d’autres matériels. Cela faciliterait le processus douanier.

La redevance portuaire à l’importation (Rpi) et le cas des avitailleurs maritimes, font grincer les dents. Quel est le problème ?

La redevance portuaire à l’importation est une taxe fixe appliquée à chaque déclaration en douane à l’importation. La Rpi doit être purement et simplement supprimée, pour ne pas faire supporter aux opérateurs économiques déjà en difficulté, et qui paient déjà la prestation liée aux investissements du port ? Pour les avitailleurs maritimes qui fournissent des biens et services aux navires, ils achètent Ttc, et sont contraints de vendre hors taxe. D’où un énorme manque à gagner. Nous suggérons que soit mieux clarifiées les implications fiscales de travailler sous douane. L’autre préoccupation reste la redevance portuaire des avitailleurs, que le port d’Abidjan est le seul à appliquer. Les avitailleurs maritimes n’utilisent que de façon ponctuelle les installations portuaires, mais paient les mêmes taxes que les consignataires et les manutentionnaires qui l’utilisent en permanence. La suppression de cette redevance boostera la pour la compétitivité du secteur qui est menacé de disparition.

Pouvons-nous aborder à présent le cas des stations-services et des dépôts des pharmacies ?

Les contrats de location-gérance de stations-services avec les entreprises pétrolières ne font pas mention d’une valeur locative. Jusque-là le droit sur le chiffre d’affaires a été calculé, à tort avec les redevances facturées aux gérants. Ces redevances ne constituent pas des loyers. Par ailleurs, les difficultés d’interprétation de la notion de loyer amènent à réclamer le droit de bail aux stations. Nous suggérons que ce soit le droit sur le chiffre d’affaires qui soit pris en compte pour la patente des stations, et que ces contrats soit enregistrés au droit fixe de 18 000 Fcfa. Enfin nous souhaitons la suppression de la patente sur les dépôts de pharmacie, qui constitue une surtaxe, car étant déjà payée par la pharmacie. Ces dépôts ont un l’objectif social, celui de rapprocher les médicaments des populations.

Quelles sont vos attentes ?

Un traitement de ces préoccupations permettrait d’éviter les malentendus comme ceux liés l’annexe fiscale 2018. A l’Aiep, nous ne cesserons jamais d’appeler nos membres au civisme fiscal. L’Etat doit nous aider dans cette démarche. Sinon, avec des doubles impositions pour certains secteurs en pleine crise, c’est à leur corps défendant que certains opérateurs économiques, dans un instinct de survie, manquent à leurs obligations fiscales. Le meilleur moyen de booster le civisme fiscal et d’accroitre les recettes publiques, c’est de faire en sorte que les Pme paient le juste impôt, qui leur permette de continuer d’exister.
Bamba M.( Collaboration Sercom Association ivoirienne des entreprises privées (Aiep))
Légende photo : M. Diomandé Elias Moussa Farakhan, le président l’Association ivoirienne des entreprises privées (Aiep)

 

 

Bruno Nabagné Koné( Mclu ) / Sécurisation des actes de propriété « Nous envisageons une grande réforme(…) »

mardi, 25 septembre 2018 11:33 Written by

 Monsieur le ministre, vous venez de participer  au de lancement officiel d’un projet de promotion du financement de l’habitat abordable dans l’Uemoa  initié par la  Banque mondiale et l’Union monétaire ouest africaine.  Que retenir pour la Côte d’Ivoire ?
 
Le logement fait partie d’avec l’alimentation et le transport,   des  principales préoccupations des ivoiriens. Le logement coûte cher et il est rare.  Il y a beaucoup de problèmes sur le foncier. Tout cela  est ressorti ici à l’occasion  de cette cérémonie. Notre mission sera de faire en sorte que le logement soit rendu plus  accessible. Aussi bien  au niveau des taux du crédit et  qu’au niveau de la durée du remboursement  pour les acquéreurs.  Il s’agira également de faciliter tout  ce qui a trait au foncier.  Il y a beaucoup de difficultés  sur le  foncier  et l’accès au logement. Notre mission sera  de tout mettre en œuvre  l’accès au logement mais également  au niveau de l’allocation. Nous y travaillons. Nous sommes très heureux que ce projet se lance maintenant. C’est un projet qui est totalement pertinent et au centre  de nos priorités en ce moment. Donc rechercher  des solutions pour amoindrir le coût du logement et pour faciliter l’accès au logement et réduire la fiscalité. Des propositions ont été faites ici et donc nous parlerons avec les ministres en charge du budget et des finances. Nous  parlerons également avec les banques qui sont au cœur  de toute cette problématique, pour que  les taux dont nous avons parlé  ici puissent  être  appliqués au grand public.
 Ce qui suppose qu’il devrait avoir des accords ?
Evidemment cela suppose qu’il y a des accord qui sont pris en amont  avec les organismes qui ont été cités ici, notamment avec la Caisse régionale  du refinancement hypothécaire de l’Uemoa( Crrh-Uemoa). Il faudra également que la Banque Ouest africaine de développement( Boad), nous accompagne tout comme la Banque mondiale( Bm). Nous avons noté leurs prédispositions à accompagner le logement dans nos pays et nous sommes très heureux que  ce projet se lance ici à Abidjan.
 Les acteurs   du secteur  disent qu’il y a un blocage dans la signature de certains actes notamment  l’Arrêté  de concession définitive( Acd). Quelle sera votre recette pour relancer le processus ?
 Nous l’avons indiqué toute à l’heure. Il est évident que l’accès au logement est freiné par la difficulté de l’accès au foncier. L’une des difficultés à trait justement à tous les risques qu’il y a  autour des documents  qui donnent la propriété, notamment l’ Acd. Notre mission sera de  faciliter cela.  Nous pensons que ce sont ces risques qui ont amené les gestionnaires précédents à lever le pied sur les signatures des Acd.  Nous comptons faire une grande réforme. Dans quelques  semaines, nous  en parlerons avec  vous.   Il s’agira d’une grande réforme pour sécuriser les acquisitions de l’Acd.
 Et les logements sociaux ?
  Ils sont une grosse préoccupation pour nous.  A l’occasion, nous  parlerons non seulement des logements sociaux mais d’urbanisme, de la sécurisation des actes et de l’accès au logement bien évidemment.
 Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 Légende photo : Bruno  Nabagné Koné(  ministre de la construction du logement et de l’urbanisme) : «  Nous envisageons une grande réforme… »

Interview/ Lolo Diby Cléophas( Vice- président Fipme) Visa et e- liasse: « Plus de 50 mille Pme sont ciblées au départ…»

mardi, 04 septembre 2018 12:56 Written by

De la situation des Petites et moyennes entreprises( Pme) en passant par les effets de croissance économique sur les ménages, à la mise en œuvre du Visa et e-liasse, M. Lolo Diby Cléophas, vice- président de la fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises ( Fipme) , fait le point.

 

Comment se porte le secteur du tourisme et de l’hôtellerie ?

Avant de répondre à votre question, voudrais vous présenter la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises ( Fipme). Qui est la deuxième grande faitière des Pme après la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire,( Cegci). La Fipme comprend une trentaine d’associations et de fédérations sectorielles. Pour occuper ce poste de vice – président de la Fmi Pme, je suis avant tout, le président de la fédération nationale de l’industrie hôtelière de Côte d’Ivoire ; l’une des deux faitières du secteur du tourisme et de l’hôtellerie. Pour revenir à votre question, disons que le secteur du tourisme et de l’hôtellerie est l’un des secteurs qui a eu une très forte croissance ces dernières années. Nous sommes passés de 0,6% de contribution au Produit intérieur brut( Bip) en 2011, à environ 7% à ce jour. Nous avons peur que cela stagne. Il faut donc redynamiser, innover et passer à une autre phase du développement de notre secteur.(… ) Dès l’instant où dans un pays, il y a la paix et que les conditions de certains grands facteurs sont réunis, la première option qui se développe dans ce secteur, c’est le tourisme d’affaires. De grands hôtels sont construits et les gens viennent pour les affaires. Par la suite, le tourisme d’affaires doit s’accompagner des autres formes de tourisme. Citons celui du loisir, l’écotourisme et l’agro-tourisme. Pour que ça marche bien, on n’ira pas à l’intérieur du pays, construire des hôtels genre Sofitel ivoire, mais aider au développement des Pme du secteur. Ce pour capitaliser le flux de touristes qui arrive dans le pays. Quand quelqu’un arrive en Côte d’Ivoire pour un séminaire, après par exemple trois jours, il faut chercher à le maintenir, en l’incitant à se rendre à l’intérieur du pays, pour visiter le site des potières à Katiola, à la Basilique notre Dame de la paix de Yamoussoukro et dormir dans nos hôtels. C’est cette phase qui est un peu à la traine. Le tourisme des affaires continue mais si nous voulons que la croissance continue, il faut développer les Pme du secteur.

 

Dans l’ensemble et d’une manière générale comment se portent les Pme en Côte d’Ivoire ?

Dans l’ensemble, les Petites et moyennes entreprises( Pme) se portent mal. Parce que ce secteur est dominé par l’informel qui n’est pas gage de réussite dans un pays. Pour comprendre ça, entre 2012 à 2017, la Côte d’Ivoire a eu un fort taux de croissance. Quasiment près de 9% en moyenne, selon les chiffres consolidés du gouvernement ivoirien et des bailleurs de fonds. Mais les ivoiriens ne ressentent pas cette croissance économique dans leur pouvoir d’achat. Pour la simple raison que les grosses entreprises créent la richesse et les mouvements de flux financiers. Mais pour capitaliser une croissance aux profits des populations, c’est à travers les Pme qu’on peut le faire. Car, ce sont les Pme qui créent plus d’emplois et qui absorbent une partie de l’argent qui arrive. L'argent peut rentrer dans un pays et ressortir si les Pme ne capitalisent pas. Pour exemple, la Côte d’Ivoire va construire un métro à plus de 900 milliards de Fcfa. Mais si des Pme n’ont pas de marchés dans ce projet ou ne sont pas outillées pour avoir des marchés, cette manne qui va entrer dans le pays quasiment tout va ressortir. Donc si les ivoiriens ne sentent pas qu’il y a beaucoup d’emplois, que leur panier et pouvoir d’achat ne s’améliorent, c’est parce que les Pme n’ont pas capitalisé. Si elles n’ont pas encore capitalisé ce flux d’argent qui entre dans le pays, c’est parce que les Pme se portent globalement mal.

 

L’environnement fiscal dans tout ça ?

En général quand ça ne va pas on dit qu’il n’y a pas de volonté politique. C’est la première fois au niveau des Pme, que nous sentons que la volonté politique est présente depuis les premiers responsables. La Fipme a été associée depuis la redynamisation du comité de concertation. Les faitières sont associées aux grandes décisions de l’Etat. Au niveau transversal, l’Etat a créé quatre ministères pour les Pme. Vous pouvez prendre le secteur des transports qui a ses Pme. Mais les ministères qui travaillent de manière transversale pour les Pme, nous avons le ministère du Commerce, de l’industrie en charge des Pme. En plus de cela, les premiers responsables ont jugé de l’opportunité de créer un secrétariat d’Etat lié au ministère indiqué plus haut, pour mieux gérer les Pme. Aussi, quand vous prenez l’artisanat, à quelques rares exceptions, tous les artisans sont des Pme. Quand dans un pays, l’environnement est là que les indicateurs sont bons, les structures viennent faire des études et après , elles pensent à venir investir et elles n’ont pas besoin d’une incitation particulière( …) Nous avons beaucoup travaillé sur le code des investissements avec M. Essis Esmel qui est désormais le Secrétaire d’Etat chargé des investissements. Des consignes ont été données également à la Direction générale des Impôts ( Dgi) et depuis des mois, nous avons un groupe de travail. Au point de vue fiscal, nous estimons que dès lors que vous vous asseyez pour échanger, vous trouver forcement des solutions.

 

Une Pme est une entreprise formelle qui paye des impôts et taxes à l’Etat. On parle de visa et e- liasse. Qu’est- ce que vous en savez ?

 

Avant de répondre à votre question je voudrais faire une petite précision. Les gens ont l’habitude de dire que les impôts les Pme. Nous ne partageons pas cette assertion à 100%. Ce ne sont pas les impôts qui tuent les Pme mais la parafiscalité. Parce que nous avons les impôts qui vont directement dans les caisses de l’Etat et puis il y a le pouvoir que l’Etat donne directement ou indirectement à d’autres structures de prélever d’autres types de taxes qui ne vont pas forcement dans les caisses de l’Etat. En notre connaissance, il n’y a pas un taux de parafiscalité en Côte d’Ivoire. C’est à ce niveau qu’il y a beaucoup de problèmes. Pour revenir sur le volet relatif au Visa et au e- liasse, nous allons procéder par des analogies et des équivalences. Pour vous permettre de mieux comprendre

 

Allez-y donc…

 

Pour lutter contre l’analphabétisme, on peut avoir des programmes d’alphabétisation. L’équivalence de cela au niveau des entreprises, c’est comme si pour développer l’entreprenariat et l’économie, il faut formaliser les entreprises. Quelqu’un qui ne sait pas lire, n’arrive pas à tirer profit de sa vie. Donc il faut alphabétiser. Pour qu’une entreprise se développe, il faut formaliser les entreprises. Ce qui sert à garantir sa survie à travers des outils de gestion. La formalisation permet à la Pme de durer parce que la Pme A travers la formalisation, va avoir des outils de gestion. Si vous voulez avoir des bons et pertinents outils de gestion, cela passe par un visa financier. Qui est un gage de crédibilité des indicateurs de gestion. Le visa financier, c’est un certificat qu’on vous donne. Quand on a accepté de vous donner ça, c’est que les chiffres que vous donnés sont crédibles et tout ce qui est dedans est bon. On peut en sortir des indicateurs de gestion qui aident les entreprises. Si vous voulez avoir rapidement ces indicateurs de gestion, il faut avoir une comptabilité. En principe, toute entreprise formelle doit avoir à la base, une comptabilité fiable. C’est la comptabilité qui permet de ressortir les points forts et les points faibles dans la gestion d’une entreprise, pour pouvoir prendre les bonnes décisions. Pour que l’entreprise puisse durer (…) Le Visa c’est aux profits des entreprises. Avec la crédibilité des comptes et un accès facile aux crédits et la commande publique. Sans oublier la sous-traitance des grandes entreprises. Avec une bonne comptabilité, vous aurez aussi accès à tous les avantages fiscaux. Les opérateurs économiques qui sont septiques peuvent poser leur problème au niveau sectoriel ( …)

 

Il y eu certainement eu problème dans sa mise en œuvre au départ ?

La mise en œuvre du Visa provient d’une directive de l’Uemoa en date de 2009 et qui n’était pas appliquée. Simplement parce que nous n’étions pas associés. Les taux de validation de ce Visa, nous les avons jugés trop élevés pour les Pme. Nous sommes entrés en négociation et nous sommes tombés d’accord. Aujourd’hui, nous estimons que c’est bonne chose pour les Pme. Il ne faudrait pas avoir peur du Visa ou du e- liasse. De tout temps, on estime que le secteur bancaire ne finance pas les Pme. C’est en fonction des critères qu’on doit remplir. Si vous êtes les seuls à savoir votre chiffre d’affaires et que vous n’avez pas quelque chose de pertinent pour convaincre le banquier, Il ne va pas vous croire comme ça. Le Visa de l’état financier est signé par l’expert-comptable. Une fois que l’expert- comptable a signé ce visa vous n’avez aucun problème devant le banquier. Cela est un point fort pour tout responsable de Pme ou toute autre entreprise pour obtenir un accompagnement financier.

 

Ça certainement un coût ?

Nous avons négocié et obtenu pour les Pme qui vont jusqu’à 10 millions de Fcfa de chiffre d’affaires par an, de 250 mille nous sommes tombés à 60 mille Fcfa. C’est dejà pas mal. Dans la tranche de dix à 20 millions de Fcfa, nous a fixé 100 mille Fcfa (…) Dans cette phase expérimentale, environ cinquante mille entreprises sont ciblées. Mais, il faut noter que le visa ne sera pas payant pour tout le monde. Dès l’instant où vous avez une comptabilité suivie par un centre de gestion agrée adossé à un expert-comptable ou bien vous avez votre comptabilité qui est déjà élaboré par un cabinet d’experts-comptables, automatiquement en fin d’exercice, on vous délivre un Visa. Par contre vous pouvez avoir un comptable ou comptable qui vous suit et si vous établissez votre état financier et que comme à la différence des grands groupes, vous n’avez pas de commissaire aux comptes pour vérifier et attester de ça, en ce moment- là, on prend cet état financier qu’on présente à un expert-comptable qui va analyser soigneusement et si c’est conforme, il vous donne le certificat. C’est cette frange d’entreprises qui aura à payer pour le visa financier.

 

Quelle est la différence entre le visa et le e- liasse ?

différence entre le visa et le e- liasse ?Le Visa c’est un certificat. J’ai mon visa et mon état financier Je me rends aux impôts étant donné que nous sommes dans un système déclaratif. Il se trouve que vous pouvez aller pour déclarer vos impôts. Vous y trouverez des agents qui vont vérifier l’ensemble des documents qui font l’objet de la déclaration. Très souvent, vous faites des allez et retour et l’agent des impôts peut estimer que tel ou document n’est pas présenté comme l’exige la norme en vigueur. Le e- liasse c’est tout simplement un système de déclaration en ligne via les technologies de l’information et de la communication. Même le paiement des impôts peut se faire en ligne sur la plate-forme du e- Liasse. Cela évite des déperditions pour l’Etat d’une part, et ça fait un gain de temps énorme pour les opérateurs économiques d’autre part. Avec assistance ou pas désormais depuis vos bureaux ou votre domicile, vous pouvez transmettre vos états financiers en ligne. Nous avons dans les fichiers environ 50 mille Pme connues dans le fichier. Rien que dans le district d’Abidjan, plusieurs études attestent qu’il n’existe pas moins de 600 mille Pme. Pour l’Etat, il faut que nous passions de 50 mille Pme à ce jour et à 100 mille voire 120 mille Pme. Nous estimons au niveau de la Fipme allez au de-là si nous formalisons le maximum d’entreprises. L’enjeu, ce n’est pas forcement l’élargissement de l’assiette fiscale mais le développement économique et l’encadrement des Pme qui représentent environ 80% des entreprises ivoiriennes.

 

En tant que responsables de faitières n’ avez –vous pas vu venir les problèmes que rencontrent en ce moment les Pme agricoles notamment dans la filière hévéa ?

Nous avons en son temps alerté des Pme agricoles. En tant qu’ingénieur en économie rurale. A un moment donné, au niveau international, nous étions à 5 fois le prix actuel d’achat aux producteurs d’hévéa. En ce moment-là, certains parmi ont averti les gestionnaires, en les invitant à faire des provisions et à maitriser les coûts de production(…) Pourquoi nous sommes les seuls à nous plaindre pendant qu’en Malaisie, on ne se plaint pas des prix de vente de l’hévéa ? Si c’était mauvais partout, il n’y aurait plus de vente de caoutchouc. Cela voudrait dire que c’est chez nous que le problème se pose au niveau du coût de production

 

Soyez plus explicites ?

Nous pensons qu’avec une comptabilité et un visa financier, les Petites et moyens entreprises( Pme) de la filière hévéa auraient vu qu’il y a de la mauvaise gestion. Comme les cours étaient bons, on n’a pas senti mais qu’ils sont bas, la réalité est là.

 

La situation qui prévaut depuis quelques mois dans la filière hévéa pourrait-il prévaloir dans d’autres filières agricoles notamment la filière anacarde ?

Nous sommes les premiers producteurs d’anacarde au monde, mais nous ne valorisons pas. Nous sommes presque partis du néant et tendons vers une production de 700 mille tonnes. A un moment donné, les prix vont commencer à chuter. Parce qu’entre temps, nous ne veillons pas à nos structures de coûts. Au moment où ça se vend bien, on produit beaucoup pour faire des réserves et essayer de transformer plus(…) Dans tous les secteurs agricoles, nous avons ce problème-là. (…) La situation a prévalu hier dans la filière coton, aujourd’hui demain ça risque d’être l’anacarde si nous n’ anticipons pas( …)

 

Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dr Kgossi Letlape (Pdt ordre des médecins et dentiste Af.sud) / Accès à la santé et à l’éducation... « 24 ans après la fin de l’Apartheid, il n’y a vraiment pas de progrès »

mercredi, 29 août 2018 10:30 Written by

Près de 25 ans après la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, ce pays affiche certes sa place de puissance économique en Afrique, mais les disparités entre noirs et blancs persistent. Le Docteur Kgossi Letlape, président de l’ordre des médecins et dentistes d’Afrique du Sud que nous avons rencontré à Johannesburg fait des révélations….

 

L’Afrique du Sud est une puissance économique en Afrique. Près de 25 ans après la fin de l’Apartheid. Quel point peut-on faire dans le domaine de la Santé ?

Ce que nous pouvons dire, précisément sur le plan de la santé, le système en place est celui issue de la période d’Apartheid. Avant, nous avions un système d’accès aux soins pour les noirs et un autre pour les blancs. Après l’indépendance, ça évolué en système de santé pour les riches et un autre pour les pauvres. Malheureusement, l’essentiel des riches ce sont les blancs pendant que le gros lot des noirs sont les pauvres. La plupart des noirs qui sont dans la classe privilégiée, ce sont les politiciens, des professionnels, des fonctionnaires et nous assistons à une certaine assimilation de l’élite noire. Conséquence, visiblement, nous sommes face un échec dans la mise en place d’une Afrique du sud pour tous. Notamment en termes de santé et d’éducation. C’est bien d’avoir le droit de vote, mais la division entre noir et blanc persiste toujours. Dans le secteur de la santé, il y a une division entre le secteur privé et le publique. C’est ça nouvelle Afrique du Sud.

Voulez-vous dire aussi que le nouveau régime en place, ne fait rien pour améliorer la situation ?

L’Apartheid n’a pas disparu, elle reste présente dans les mentalités. Aussi, nous ne voulons pas donner l’impression que le gouvernement n’a pas essayé de faire quelque chose dans les domaines de la santé et de l’éducation. La nouvelle administration a mis en place, une loi au niveau de la santé qui a pour objectif de promouvoir et assurer la santé pour tous. Bref pour tous les citoyens sud-africains. Mais disons – le net, les blancs sont toujours en avance sur les noirs. Après 24ans de changement de régime, il n’y a pas vraiment de progrès en termes d’accès à l’éducation et à la santé. Toutefois, il y a une prise de conscience et une volonté politique, pour faire changer les choses et on pense bien pouvoir faire changer les choses et trouver des solutions. Avec la nouvelle administration, nous avons beaucoup espoir que les choses vont changer.

Justement parlons du nouveau Président. Quand est arrivé, il a promis faire la promotion des Pme/Pmi, pour créer beaucoup et une nouvelle race d’employeurs. Où en sommes –nous ?

C’est un peu tôt de voir les résultats de ce que fait le Président Cyril Ramaphoza. Il a encore une période de grâce. Il a fait des promesses réalistes. Notamment son engagement à lever 100 milliards de dollars soit plus de 50 mille milliards de Fcfa pour les investissements. Il a également le soutien du Royaume unie et de l’Arabie Saoudite. Vous le savez autant que moi, sans argent, on ne peut rien faire. Le nouveau Président semble déterminé à aller jusqu’au bout. En Afrique du sud, nous avons la persistance de la haine de soi. Les africains ne s’aiment. Ce constat est aussi propre non seulement pour l’Afrique du Sud que pour les autres pays africains. Quel est le type d’africain que nous voulons. Nous n’ avons pas encore trouvé une réponse à cette question. L’élite africaine pense que la liberté, c’est être blanc ou faire comme les blancs. On ne cherche pas à être de meilleurs africains mais on cherche à copier sur les blancs simplement. En Afrique du sud, les blancs ne sont pas partis. Nous sommes dans un environnement spécial où l’élite noire quand elle monte elle a été dans les quartiers des blancs. Ce qui fait les meilleurs ont été dans les quartiers des blancs donc, les quartiers des noirs ne peuvent pas se développer. Les enfants des élites vont dans les écoles des blancs et même en termes d’apparence, quand le noir réussi, il épouse une blanche, pour dire qu’il a percé. Nous avons une élite qui utilise les pauvres comme la chair à canon dans leurs combats.

En claire selon vous en Afrique du Sud, il y a toujours deux systèmes ?

Tout à fait : Nous avons le privé et le public. Contrairement aux autres, pays où après l’indépendance, on a démantelé le système colonial. Chez nous quand nous avons un problème de santé, l’élite va soit en Europe, en Inde ou en Malaisie en tourisme médical. Si rien n’est fait, dans notre pays, nous allons connaitre le même cas de figure que dans les autres pays africains. Au niveau de la Santé, la population demande beaucoup à notre système sanitaire(…)

Parlons un peu de la lutte contre le Sida dans votre pays ?

Heureusement, la politique sanitaire de notre pays fait de gros effort dans ce sens. Il y a des efforts pour faciliter l’accès au traitement ainsi que la prévention. Nous avons des efforts à faire dans ce sens en Afrique du Sud. Nous pensons qu’il faut maintenir le cap dans l’ensemble(…)

Toute à l’heure dans votre communication, vous avez dit que les africains ne prenaient pas assez d’initiatives et que c’est l’Organisation mondiale de la Santé qui dictent tout. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Les solutions aux problèmes des africains doivent venir d’eux-mêmes. En ce qui concerne le tabac, tout se passe. Nous avons la convention cadre pour la lutte contre le tabac dont tous les pays sont membres. Chaque pays à la possibilité de ratifier ou non. De transposer ou non cette convention ou non dans ses propres lois. C’est comme ça que les Usa qui est pays puissant n’ a pas signé. Mais les Usa ont une agence nationale qui est la Fda( Food and drug administration). Ils ont leur propre loi qui n’a rien avoir avec ce que fait l’Oms. Eux, ils tiennent compte de leur propre contexte socio- économique, contexte des affaires. Il en est de même dans l’Union européenne( Ue). Où les pays membre décident entre eux, ce qu’ils peuvent intégrer entre eux, les résolutions de la convention. Aussi il y a une partie des recommandations de la Convention indiquée plus haut dont ils disent qu’ils veulent intégrer à leur guise à leur texte national. Par exemple si nous prenons l’exemple de la Nicotine, la convention dit qu’il faut telle concentration( …) Dans l’Union africaine,( Ua) on en parle pas et on adapte pas ce que dit au niveau de la convention. Prenons par exemple le cas du Malawi qui est un grand producteur africain de tabac. Ce pays devrait à son niveau voir comment protéger son marché. Non, c’est le chacun pour soi. Les occidentaux nous donnent de l’aide et après, ils nous donnent des instructions. Ce n’est pas une aide au développement ça. Mais simplement de l’aide. Il n’y a pas de discussions et on n’intègre pas ce qui vient d’ailleurs. Par exemple, il y a des pays où on dit que l’Oms a dit que l’Oms a dit de bruler les cigarettes électroniques et pourtant, l’Oms n’ a pas dit ça. En Afrique, nous ne sommes pas organisés. Dans les écoles américains lorsqu’un petit américain à un problème, on l’aide. Pareil dans les écoles indiennes. Ils vont l’appuyer voire mettre en place un réseau pour l’aider.

Voulez –vous aussi dire que ce n’est pas le cas au pays de Mandela ?

Ce n’est pas le cas en Afrique du Sud. Si le noir a un problème et qu’il essai d’appeler un autre pour l’aider, on dira que non c’est du racisme ou de la discrimination alors que les autres communautés, échangent entre elles et s’entraident. Ce sens de la communauté-là n’existe pas chez les noirs. Il faut commencer par soi –même. Si nous nous ne sommes solidaires, ça n’ira pas pour nous. En Afrique du Sud, les noirs resteront aux affaires, tant que nous nous continuions de nous aimer les uns et les autres comme par le passé(…) Ce qui n’est pas encore tout à fait le cas. Nous avons encore du chemin à parcourir. Nous sommes fiers des héros comme Nelson Mandela et autres grands combattants de la liberté. Il en est de même pour ces grands médecins de renommée mondiale qui sont d’origine sud-africaine. Ce n’est pas en nous comportant en victimes que nous allons gagner(…) Mandela disait que le changement commence d’abord au niveau individuel. Si toi tu opte pour le changement tout comme moi, c’est que cela est possible au niveau de notre continent( Afrique)( voir encadré)

Vous aussi parlez du paquet neutre de cigarettes. Y a problème me semble-t-il ?

On devrait pouvoir en discuter. Parce que dans nos pays ça favorise le trafic, la contrefaçon et la contrebande sur les cigarettes. On devrait pouvoir organiser un forum pour en débattre. Avec ça on ne peut plus avoir de contrôle et tracer la production locale. Si tous les produits illégaux fleurissent, ça va être difficile pour l’industrie locale dont tous les actifs vont péricliter.

Interview réalisée à Johannesburg, par Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Encadré : L’Afrique du Sud de l’après Zuma et en attend 2019…

La Nation arc-en- ciel secouée par des convulsions internes

Plus de 24 ans après la fin de l’Apartheid, ce n’est vraiment pas encore le paradis en Afrique du Sud. Cet autre géant africain. Qui malgré le droit de vote acquis de haute lutte par les noirs, on a du mal à faire disparaitre pour de bon l’apartheid dans les mentalités. Dans bien de secteurs d’activités, les blancs sont ‘les chefs et les noirs les subalternes’ notamment dans l’industrie et les services. (Hôtellerie). Comme le dit le Dr Kgossi Letlape, activiste de la santé et président de l’Ordre des médecins et dentistes de l’Afrique du Sud, « C’est bien d’avoir le droit de vote mais la division entre noir et blanc persiste toujours. Dans le secteur de la santé, il y a une division entre le secteur privé et le publique. C’est ça nouvelle Afrique du Sud. » Dans un tel contexte et à un an des élections , prévues pour 2019, la Nation arc- en –ciel semble traversée par des courants et convulsions à fort parfum de « racisme revendiqué » Selon ‘le Point Afrique’, « Parler de nationalisme serait d'ailleurs minimiser les propos tenus, tout récemment, contre la communauté indienne d'Afrique du Sud, par les président et vice-président du second parti d'opposition du pays , l'Economic Freedom Fighters,( Eff) (Combattants pour la liberté économique), Julius Malema et Floyd Shivambu » Aussi ce magazine qui a enquêté sur la situation, ajoute que : « Très souvent est pointé du doigt le racisme des Blancs, dont celui des Afrikaners nostalgiques de l'apartheid, envers les Africains. Or la tendance à discriminer propre aux africains est au même moment minimisé, voire ‘caché sous le tapis’, au nom de la souffrance du ‘peuple noir’. Il n'est naturellement aucunement question de remettre en cause l'histoire de l'esclavage, de la colonisation et de la discrimination, qui mine encore aujourd'hui le continent africain en général et l'Afrique du Sud en particulier, mais la question doit être scrutée dans le cadre d'une vision large dont la caractéristique est de condamner toute forme de discrimination qui bafouerait la dignité des hommes et des femmes, de quelque origine qu'ils (elles) soient » Dans le cas sud-africain, avec la montée du nationalisme africain qui est très éloigné de celui des Pères fondateurs de l'Anc des années 1910, voire du Mouvement de la Conscience noire (Black Consciousness Movement ,(Bcm) de Steve Biko, des années 1970 , le parti de Julius Malema, en victimisant à outrance les africains et de manière contre-productive tend à vouloir beaucoup plus diviser qu'à unir, dans une stratégie purement électorale. L'Eff s'attaque tour à tour à la communauté blanche à travers une rhétorique populiste, violente de la redistribution des terres et à la communauté indienne. À l'instar de l'Alliance démocratique ,(Democratic Alliance) (Da) , premier parti d'opposition, l'Eff semble « déboussolé » depuis le départ de Jacob Zuma de la présidence en février 2018. Le plus grand scandale de corruption qu'a connu l'Afrique du Sud, dans lequel est impliqué l'ex-chef d'État, et notamment son entourage proche (son fils Duduzile et les frères Gupta), a été très longtemps le « carburant politique » de l'Eff se présentant comme le porte-voix des plus vulnérables de la société sud-africaine. Zuma est parti et devra continuer de répondre au feu roulant des questions de la justice sud-africaine sur les faits de corruption dont il est accusé. Quel vise et quelle Anc lors des élections de 2019 pour l’homme d’affaire Ciryl Ramaphoza aux affaires depuis année 2018 ? Le Docteur Kgossi Letlape parfois très critique lors des causeries hors micro avoue : « C’est un peu tôt de voir les résultats de ce que fait le Président Cyril Ramaphoza. Il a encore une période de grâce. Il a fait des promesses réalistes. Notamment son engagement à lever 100 milliards de dollars soit plus de 50 mille milliards de Fcfa pour les investissements. Il a également le soutien du Royaume unie et de l’Arabie Saoudite. Vous le savez autant que moi, sans argent, on ne peut rien faire. Le nouveau Président semble déterminé à aller jusqu’au bout » Ramaphoza arrivera-t-il redonner une autre image de l'Anc et du gouvernement dans la lutte contre la corruption ? Arrivera-t-il à mettre en œuvre la réforme agraire dont la mise en œuvre fait fait des vagues ? Attendons de voir.

 

Bamba M.

Protection et exploitation durable des mers et des océans: Abou Bamba « Il faut porter un regard critique sur la surpêche… »

vendredi, 27 juillet 2018 23:04 Written by

Abidjan vient d’abriter une importante rencontre sur la protection de la faune sauvage et aquatique, marquée par la mise en place de la convention d’Abidjan. Son secrétaire exécutif, Abou Bamba , nous parle des enjeux et de la lutte contre la surpêche..

 

Vous avez dit toute à l’heure, que les espèces aquatiques sont menacés. Pouvez-vous nous en dire plus?

Avant de répondre à votre préoccupation, permettez-moi de parler de l’A-etp. Qui veut dire : Aquatic Endangered, Threatened or Protected (A-etp) species ou espèces aquatiques en danger, menacées ou protégées. Qui renvoie à une bien triste réalité. Les espèces aquatiques en danger, menacées ou protégées (viande de brousse aquatique), regroupent les produits dérivés de mammifères et les oiseaux aquatiques ainsi que les reptiles. Dans certaines contrées, ces produits sont utilisés pour l'alimentation de subsistance et les usages traditionnels, notamment la viande, les coquilles, les os et les organes, on les utilise aussi comme appâts pour la pêche. La viande sauvage aquatique est obtenue par des chasses non réglementées, et parfois illégales des espèces aquatiques en danger, menaces ou protégées, Cette faune aquatique, y compris les espèces de dauphins, de baleines, de lamantins, de crocodiles et de tortues, est utilisée comme source de nutrition et de subsistance pour les communautés côtières des régions tropicales, tempérées, subarctiques et arctiques. Il faut suivre tout ça de près.

Parlez-nous un peu des conséquences de la surpêche ?

Pour les pays côtiers Africains, la diminution des stocks de poissons suite à la surpêche et aux activités des navires industrielles venues des pays pratiquant la pêche hauturière (Pphh) a eu pour effet d’accroitre le recours aux espèces aquatiques en danger, menaces ou protégées. Nous ne pouvons donc pas efficacement prendre en charge la question du trafic illégal des espèces aquatiques en danger, menacés ou protégées sans porter un regard critique sur la surpêche. La diminution des prises de poisson a plongé dans le plus grand désarroi le secteur de la pêche, notamment la pêche artisanale dans les pays africains côtiers. Au point que les pêcheurs artisanaux confrontés à l’impossibilité de vivre de leur activité sont dans l’obligation de changer d’activité ou d’abandonner leurs foyers pour aller chercher un mieux-être dans un ailleurs lointain, à travers l’émigration clandestine en Europe notamment.

D’autres ont aussi recours à des alternatives peu viables

En effet ! Ceux qui résistent à l’appel du large à travers l’émigration ont recours à des alternatives peu viables pour se nourrir et s’assurer un minimum de revenus. Parmi ces alternatives, nous pouvons citer la chasse et la consommation d'un nombre croissant d'animaux marins tels que les dauphins, les baleines, les lamantins et les tortues de mer, c’est-à-dire ce qu'on appelle aujourd’hui les espèces aquatiques en danger, menacés ou protégées Cette situation est un obstacle majeur à l’atteinte des Odds, notamment l’Odd 14 sur la gestion durable des ressources marines et un frein au développement durable des communautés côtières, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, le développement du tourisme et la sécurité alimentaire. C’est dire donc que la culture, l’environnement, l’économie et les activités touristiques des pays africains côtiers sont en péril majeur.

Les assises d’Abidjan ont coïncidé avec le 25 juillet, journée africaines des mers et des océans. Une belle occasion pour lancer un appel aux gouvernants ?

Effectivement, le 25 juillet est la Journée africaine des mers et des océans. Sa célébration, faut –il le rappeler est l'une des recommandations de la Stratégie maritime intégrée africaine (Aims) de 2050 qui fournit un cadre général pour la protection et l'exploitation durable des mers et des océans d'Afrique. La tenue de cet atelier ce jour-là a été l'occasion pour les États membres d'approuver le programme Aawp. Pour notre part, nous demeurons convaincus qu’avec les expertises, les expériences et les ressources dont nous disposons, doublées de la volonté et la détermination qui nous animent, le partenariat d’Abidjan sera la cheville ouvrière en matière de lutte contre le trafic illégal des espèces aquatiques en danger, menaces ou protégées en Afrique de l’Ouest, du Centre et du Sud. Permettez-moi avant de finir, d’adresser mes sincères remerciements à tous nos partenaires notamment Ocean Care et WaBicc, ainsi qu’à tous ceux qui n’ont ménagé aucun effort pour que le partenariat d’Abidjan voit le jour et que se tienne cette importante réunion

Par B. Mafoumgbé

Blet Richard, président de la Démocratie pour la Liberté et la Cohésion (DLC): je fais la politique du développement

lundi, 09 juillet 2018 05:41 Written by

Bonjour Monsieur président de la Démocratie pour la Liberté et la Cohésion (DLC).

 

Vous rentrez d'une tournée qui vous a conduit dans plusieurs endroits de notre continent. Quels ont été les points saillants de ce voyage?

D’abord, ce voyage s’inscrit dans une logique. Un homme politique doit aussi se frotter aux autres. Lorsqu’on a à cœur d’apporter quelque chose de nouveau à sa nation, il faut bien aller ailleurs s’inspirer de ces expériences pour l’offrir à la nation. Parce que quand je critique, je propose pour permettre à la nation d’avancer. Je ne fais pas la politique politicienne. Mais je fais la politique du développement.

 

Vous n’êtes pas nouveau sur la scène. Est-ce que vous venez maintenant sur de bons pieds cette fois-ci ?

Oui ! Parce qu’en son temps ; nous tissions certaines relations. La politique, il ne faut pas courir à l’intérieur. Il faut savoir d’où on vient et on va. Il faut murir.

                                         

Quels sont les atouts que vous avez aujourd’hui pour tenir bon ?

C’est nos propos. Il n’y a pas meilleure manière de tenir bon que les propos que nous avons. Et c’est ces propos, ce sont des propos de cohésion, de solidarité, de paix. Aujourd’hui, nous sommes en train de mettre en avant le peuple. Depuis que nous avons commencé la politique, c’est seulement le peuple. C’est pourquoi nous disons qu’il faut replacer le peuple au centre de nos intérêts. Pendant longtemps, le peuple est resté en marge de la politique ivoirienne. De sorte que quand le gouvernement implémente des projets, le peuple ne se sent pas à l’aise.

Vous vous souvenez que lorsqu’on votait la nouvelle constitution, il est vrai qu’il y a eu des chiffres, mais pour nous qui sommes rentrés au sein du peuple, nous avons vu que les gens ne s’intéressaient pas à ça pour la simple raison qu’ils ne savaient pas ce qui est à l’intérieur de cette constitution. Premièrement, il faut qu’on arrive à replacer le peuple ivoirien au centre de nos intérêts. Et deuxièmement, nous sommes en train de promouvoir véritablement l’identité du monde paysan. La Côte d’Ivoire aujourd’hui est à 95% paysan.

Si nous parvenons à mettre en place des projets concernant le monde paysan, par exemple l’augmentation des produits comme le cacao, le café, comme la banane, l’anacarde; si nous facilitons certaines choses pour que ce monde se sente à l’aise, vous allez voir que les agglomérations vont décongestionner. Et les gens vont repartir d’où ils sont venus. Parce qu’ils ont le strict minimum. C’est en cela que nous faisons la politique (droit à l’eau potable, à l’électricité, à la santé, à l’éducation…)

 

Avez-vous maintenu le contact avec les populations depuis que vous aviez fait le tour du pays durant les années qui ont suivi ?

Nous, nous sommes foncièrement ‘‘rural’’. C’est dans le monde rural que nous allons. Vous n’allez jamais entendre que Blet Richard a fait un meeting à Abidjan. Car la politique à Abidjan, c’est la politique. Non! Il faut aller au village, vous frottez aux populations. Elles ont envie de parler mais ne trouvent pas d’interlocuteurs. Et nous, nous sommes les interlocuteurs du bas peuple. Il ne faut pas rester à Abidjan pour parler. Il faut aller rencontrer le peuple pour que le peuple dise ce qu’il pense.

Commercialisation de l'anacarde 2018: Dr Adama Coulibaly Dg du Cca « Parlons de ralentissement et non de blocage(…) »

mercredi, 30 mai 2018 01:23 Written by

Monsieur le Directeur général y a-t-il vraiment blocage dans la campagne de commercialisation de l’anacarde ?

Il n’y a pas de blocage au niveau de la commercialisation de la noix de cajou. Mais plutôt un ralentissement dans les activités d’exportations Chaque année, le mois de mai coïncide avec l’arrivée groupée de toutes les productions agricoles d’exportation au Port d’Abidjan. Citons le cacao, le coton, la mangue et la noix de cajou. Pour ne citer que ceux-là. A un moment donné, nous enregistrons un pic à ce niveau et le port est engorgé. Car, si les exportateurs n’arrivent pas à écouler ce qu’ils ont acheté, ils ralentissent les achats sur le terrain. Nous avons donc un ralentissement des achats sur le terrain. Nous insistons pour dire qu’il n’y a pas de blocage sur le terrain. Ce qui évidemment entraine depuis deux semaines, un ralentissement des achats sur le terrain. Jusqu’au 20 mai 2018, nous étions à 605120 tonnes ramassées et achetées déjà avec les producteurs. A la même date en 2017, nous étions à 578609 tonnes. Soit un gap positif en faveur de la campagne de commercialisation 2018 de 26511 tonnes. Si nous remontons deux ans en arrière( 2016), nous étions à 543 mille tonnes. Si vous comparez 543 mille tonnes à 605 mille tonnes, nous avons un peu plus de 60 mille tonnes de noix brutes de plus. Voilà la réalité des chiffres.

On parle aussi d’un différend entre exportateurs ivoiriens et partenaires Vietnamiens. Qu’en est –il exactement ?

Effectivement, il y a des contrats entre exportateurs vietnamiens qui ne sont pas tout à fait honorés comme cela se faisait les campagnes précédentes. Donc les Vietnamiens trainent les pieds pour payer les quantités de produits qui sont livrées. Nous avons eu le mercredi 23 mai 2018, une séance de travail avec l’ensemble de la communauté portuaire. Ce pour adresser toutes les difficultés qui nous avaient été signalées. Nous nous sommes rendus comme qu’il y avait des incompréhensions entre partenaires commerciaux. Mais il n’y avait pas de difficultés réelles quant à l’évacuation de la noix de cajou. Les problèmes spécifiques dans le cas d’espèce, les problèmes spécifiques ont été réglés de façon spécifique avec les acteurs cibles concernés. A partir de cette semaine ( 28 mai 2018) le problème va se résorber. Rappelons que des exportateurs avaient accumulé de gros stocks qui attendent d’être exportés. Donnons-nous deux à trois semaines et nous allons arriver à la normalité. Nous voulons profiter de votre plume pour dire aux acteurs que le prix de 500Fcfa par Kg est lié à la qualité du produit. Qui doit être bien séché, trié et donc ne comportant aucun corps étranger. Si vous envoyez une quantité de produits qui ne répond pas à ces critères, vous vous mettez dans une situation où vous êtes obligés de négocier. Ce qui n’est pas recommandé or les cinq cent francs ne sont pas négociables.

Il nous revient qu’il y a près de trois cent camions chargés d’anacarde qui bloqués au port. Que répondez- vous ?

Nous avons fait le point des véhicules en question. Un point fait avec les membres de la communauté portuaire nous donne 223 camions qui sont concernés non seulement dans la zone portuaire. En réalité, nous sommes allés au-delà de la zone portuaire avec les exportateurs et la pluparts des camions qui sont là ce sont des camions avec des chargements refoulés qu’on devrait aller sécher. Quand vous avez un chargement avec un taux d’humidité supérieur à 10%, vous ne pouvez pas déchargé conformément à nos principes et nos critères. Nos contrôleurs veillent à cela. Au lieu de refaire mouvement vers un espace où ils peuvent aller sécher, des personnes concernées attendent. Espérant qu’elles peuvent décharger. Ce qui n’est pas possible.

Malgré l’ordonnance du 03 mai 2018 prise par le gouvernement ivoirien en vue de lutter contre le trafic illicite hors frontières des produits agricoles notamment l’anacarde, il nous revient que la fuite du cajou ivoirien vers le Ghana… Où la parafiscalité est moins lourde se poursuit ?

Aucun ivoirien ne devrait soutenir ce genre de propos. Qui sont des propos inciviques. Cela traduit leur manque de patriotisme et leur très mauvaise appréciation de la notion de Nation. Je dis et j’affirme que la Côte d’Ivoire a basé son développement sur l’agriculture. Ce sont les prélèvements qui sont faits dans nos ports qui sont les principales sorties de nos produits d’exportation qui sont réinjectés dans notre économie. Pour construire des routes, des centres de santé. Lorsqu’on croit gagner 100Fcfa par kilogramme en faisant partir frauduleusement une partie de la production ivoirienne à l’extérieur, quand vous avez fini de gagner ces cent franc et que vous tombez malade et qu’il n’y a pas de centre de santé dans les environs, vous faites quoi ?(…) Ce sont des propos qui m’attristent. Parce que ce n’est qu’ en Côte d’Ivoire qu’on voit ça. Si le gouvernement ghanéen dit que l’exportation des noix de cajou par voie terrestre est interdite, il n’est pas passible qu’un ivoirien entre avec son véhicule au Ghana, parcourir des villages et charger et revenir en Côte d’Ivoire. Mais pourquoi les ghanéen le font en Côte d’Ivoire ? Quand ils viennent en Côte d’Ivoire, ce sont les ivoiriens qui font les chargements. Je trouve cela inadmissible.

Des sources régionales évaluent à plus de cent mille tonnes, la quantité de produits qui a déjà traversée la frontière est. Vrai ?

Les chiffres ont toujours été surévalués. Ils ne répondent à aucune réalité. Parceque, je ne peux pas avoir 1300acheteurs agrées en Côte d’Ivoire et 140 exportateurs et 1/6 du produit va sortir. Cent mille tonnes ? Cela veut ce sont plus de2000 camions qui traversent la frontière pour aller de l’autre côté. Le phénomène existe mais laissez-moi vous dire que les contrebandiers sont tellement traqués par le dispositif sur le terrain, qu’ils utilisent des tricycles et des motos. Ils sont devenus très astucieux avec des moyens de locomotion de petites capacités, il va falloir faire beaucoup de voyages. A chaque fois qu’il y a un kilogramme qui part hors des frontières, cela nous écœure. Nous amplifions nous même le phénomène mais en réalité, en termes de tonnage, ça n’atteint pas cinquante mille. Pour mieux lutter contre trafic, il faut mettre véritablement le cap sur la transformation locale. C’est humiliant pour nous de faire partir nos produits hors de notre pays. La transformation locale nous permettra de créer des emplois sur place et d’accroitre les ressources de l’Etat. D’ici trois à cinq ans, vous verrez l’impact de la transformation locale sur les prix aux producteurs.

Par Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Bineswaree Bolaky( Cnuced): Investissements privés en Afrique

jeudi, 17 mai 2018 23:19 Written by

« Attention, à de nouveaux endettements… »

Du partenariat public privé( Ppp), en passant par la question de l’endettement des Etats africains, au rôle de la Femme dans le développement économique de l’Afrique, Bineswaree Bolaky, chargée d’affaires économiques à la Division de l’Afrique, des Pma et des programmes spéciaux à la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement(Cnuced) , en exclusivité s’ouvre à Lginfos

Comment le Partenariat public –privé( Ppp) peut-il contribuer à la mise en œuvre des Objectifs de développement( Od) en Afrique ?

Le partenariat public- privé, est une très bonne chose. Parce que l’Afrique a beaucoup d’objectifs de développement qui doivent être accomplis. Dans un tel contexte, la question du financement est une préoccupation majeure. Comment financer le développement ? L’endettement est inévitable en Afrique et Il faut diversifier les sources de financement sur le continent, pour mener à bien tous les projets. Dans ce sens, le Partenariat public –privé peut-être un nouveau modèle de financement. Cependant, il faut s’assurer que les Etats africains ne récoltent une dette supplémentaire. Parce que si les projets du secteur privé n’aboutissent pas, il y a un risque que les gouvernements qui se portent garants des investissements en question, peuvent s’endetter. Il faut donc être vigilant par rapport aux passifs éventuels qui peuvent contribuer à l’endettement des pays africains

Pouvez-vous revenir sur les investissements dans les Pays moins avancés( Pma) dans le secteur énergétique ?

En 2017, la Cnuced a publié un rapport Pma sur le thème : l’accès à l’énergie comme vecteur de transformation structurelle. Il est impératif que les pays africains développent leurs économies et les transforment. Aussi, ils doivent développer les secteurs à plus fortes productivités. Mais cela passe par un accès aux services énergétiques de qualité aux entreprises africaines. L’accès à l’énergie est primordial pour pouvoir développer les capacités productives en Afrique, développer les secteurs économiques et renforcer la compétitivité des Pme africaines.

Vous avez aussi parlé de transformation structurelle de l’économie. Quel rôle devrait y jouer la Femme africaine ?

La femme africaine est un atout pour l’économie de ce continent. Malheureusement, nous constatons que dans pas mal de pays, pas seulement en Afrique mais dans beaucoup de pays en développement, les femmes sont parfois confrontées à des difficultés particulières. Certains facteurs entravent leur pleine participation au processus de transformation structurelle. Par exemple, dans le milieu rural, il y a parfois des pratiques traditionnelles qui font que les femmes n’ont pas accès à la terre, aux ressources productives, aux crédits et aux intrants. Tout cela contribue à diminuer la productivité de la Femme en tant qu’acteur économique. Donc, il est impératif que les politiques impliquent davantage la Femme et donc le genre dans les politiques de développement.

Pendant combien de temps, les africains devraient continuer à agir en pourvoyeurs de Matières premières brutes ?

Je suis africaine de l’Ile Maurice et peut-être que ça été un bienfait de ne pas avoir de ressources naturelles. Mais ce pays s’en sort bien. A la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement(Cnuced), ça fait des années et des années que nous tirons la sonnette d’alarme, sur le fait que l’Afrique ne devrait pas rester dépendante des exportations des Matières premières brutes. Il faut non seulement tisser des liens entre le secteur extractif mais aussi avec le secteur économique. Le Botswana est un très bon exemple en Afrique. C’est un pays qui a su bien gérer le secteur d’exploitation de diamant et qui a évolué dans la chaine des valeurs. En passant de l’exportation du diamant brut au développement de l’industrie local du diamant en un secteur de bijouterie sur place. Cela est un très bon exemple. Avec les ressources naturelles comme intrants, les pays africains peuvent progresser dans la mise en place des chaines de valeurs

La Côte d’Ivoire produit non seulement du cacao mais aussi du café, de la noix de cajou. Avec des faibles taux de transformation au plan local. Quels conseils pouvez-vous donner à un tel pays, pour accroitre ses taux de transformation ?

C’est d’utiliser ses ressources naturelles pour développer le secteur manufacturier. Par exemple avec le cacao, il faut passer à la fabrication du chocolat comme c’est le cas au Ghana, où l’accent est mis sur la production de chocolat local. En ce qui concerne, le coton, il faut passer à la fabrication de produits textiles (exemple du coton organique). Il y a beaucoup de secteurs où l’accent doit être mis sur la valorisation des ressources naturelles et du secteur extractif

Quel a été l’impact du terrorisme sur le développement du commerce au niveau de pays de l’Afrique de l’Ouest ( Mali, Burkina Faso) ces dernières années ?

Le développement du commerce ne peut se faire sans la sécurité. Ça été démontré dans des études. Pour développer par exemple le secteur touristique, il faut avoir un environnement sécuritaire stable. Pour attirer les Investissements directs étrangers( Ide), il faut avoir aussi un minimum de paix et de sécurité. L’Union Africaine doit sensibiliser les pays africains sur ce sujet. Mais aussi et surtout promouvoir la coopération régionale et le dialogue entre pays africains afin de maintenir la paix et la stabilité sur le continent africain.

Quel est le regard de la Cnuced sur les réformes en cours au niveau de l’Ua , notamment la zone économique de libre échange, la monnaie unique ?

L’intégration régionale est un moteur clé pour développer le continent africain. Nous pensons à la Cnudec que l’intégration régionale peut vraiment catalyser le processus de développement intégral en Afrique. Nous avons noté que le commerce intra-africain peut servir de tremplin pour le développement du secteur manufacturier local. A travers l’intégration régionale on peut mettre en place des projets régionaux pour améliorer les infrastructures. Bref, l’intégration régionale doit être une priorité. Elle doit bénéficier avant tout aux africains, aux entreprises africaines et non entreprises étrangères. Il faut certes signer des accords mais les mettre en œuvre d’une part, et d’autre part tout mettre en œuvre pour assurer des financements régionaux adéquats. Il faut aussi libérer le potentiel du secteur privé en Afrique

Pensez-vous qu’on pourra arriver à cette intégration régionale à brève échéance ?

Le grand défis, c’est la mise en œuvre. Aussi, il faut une véritable volonté politique à tous les niveaux, pour mettre en œuvre les accords et nous pensons que l’idée c’est d’avoir une Union Africaine qui pilote des grands projets de coopération régionale en Afrique. Nous pensons que ce modèle de coopération régionale peut se faire. Mais cela demandera beaucoup de volonté politique. Le secteur privé africain y a un grand rôle.

Vous avez parlé toute à l’heure dans votre exposé de tourisme médical ; en quoi ça consiste ?

Il consiste à attirer des étrangers à venir se faire soigner sur place. L’Ile Maurice et la Tunisie sont deux pays africains qui ont eu un certain degré de succès dans le développement du tourisme médical. Bien évidemment pour y réussir, il faut avoir de très bonnes infrastructures médicales, un personnel médical de haut niveau et qualifié. Dans le cas de la Tunisie, le gouvernement a fait de ce créneau, une priorité en mettant en œuvre une politique pour développer les infrastructures médicales. En ce qui concerne l’Ile Maurice, il y a eu certaine coopération avec l’Inde. Des hôpitaux indiens sont venus s’implanter dans ce pays. Ce afin d’aider ce dernier à se positionner comme un hub en termes de tourisme médical.

Avez-vous des exemples de pays africains qui ont émergé dans le domaine du Tourisme médical ?

Oui, moi – même je suis de l’Ile Maurice qui est un exemple parfait. Nous avons également les Seychelles, nous avons également le Rwanda qui est un exemple d’un pays qui veut développer le tourisme comme un produit d’exportation. C’est important de tirer les bonnes leçons des expériences des autres. Le tourisme est un secteur qui peut favoriser le développement de liens intersectoriels ; c’est-à-dire qu’à travers le tourisme, on peut aussi développer le secteur agricole, développer les infrastructures et le secteur des services. Bref, c’est un créneau à exploiter. Mais, il faut viser un développement du tourisme qui soit diversifié en essayant d’offrir un produit touristique sophistiqué et surtout éviter un tourisme de masse.

Interview réalisée à Génève(Suisse),par Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Interview Maurice Sawadogo( Exploitant agricole)/Fuite des produits agricoles «Il y a des gens qui ne vivent que de ça(…) »

mardi, 03 avril 2018 23:04 Written by

Face à une tension perceptible autour de l’exportation du café ivoirien, des exploitants agricoles ont décidé de donner de la voix. De faire des propositions en vue d’une véritable redynamisation de la filière café-cacao et d’une professionnalisation des producteurs ivoiriens. Dans cette interview, Maurice Sawadogo, exploitant agricole dans la région d’Abengourou donne sa recette.

Bonjour M. Maurice Sawadogo, vous êtes exploitant agricole à Abengourou, quel commentaire faites- vous, plus de deux semaines après la déclaration de Daloa sur la crise dans la commercialisation du Café ?

Je pense qu’à ce niveau, il faut faire une nuance. A Daloa, nous y sommes allés dans le cadre d’une sensibilisation. Nous n’étions pas allés pour faire une déclaration. Des syndicalistes avaient appelé à la grève. Comme nous ne voulions pas que notre maison commune brule, nous sommes allés à la limite des zones de production qu’est par excellence Daloa, pour appeler les producteurs au calme et la sérénité. La Côte d’Ivoire étant un pays de dialogue, tout peut se régler dans ce cadre. J’ai plus de 50ans et je n’ai jamais vu un cimetière de café. Le stock de café en souffrance sera payé. Casser les délégations du Conseil café-cacao ou faire autre chose ne serait pas la solution. Concernant spécifiquement le blocage dans la commercialisation du café contrairement à ce qui se dit, le café se paye. C’est l’exportation du café qui pose problème. C’est pourquoi, il y a eu des remorques bloquées dans nos ports notamment au port d’Abidjan. Justement parlant de ce blocage, il est bon de savoir que nous-mêmes coopératives de producteurs ou acheteurs nous ne voulons pas aller à la professionnalisation de nos activités. Aujourd’hui, pour convoyer le café au port d’Abidjan ou au port de San pedro, il faut avoir un acheteur. Dans le cas contraire, si tu n’as pas d’acheteur et que même si tu as une remorque que tu vas immobiliser au port, cela va faire le lit des spéculateurs. Le temps de trouver un preneur à ton produit. Il nous faut donc sortir de ce piège là et mettre le cap véritablement sur la professionnalisation de nos activités

Vous dites qu’il n’y a pas de blocage alors qu’il n’y a un blocage au niveau de l’Algérie ?

L’Algérie dispose d’une plate-forme par laquelle transit le café d’origine Côte d’Ivoire. Ce n’est pas l’Etat algérien qui paye le café. Au niveau de ce pays, il a été exigé des documents. Le café est un produit alimentaire et donc, il faut au moins payer une caution. Ce que des exportateurs ont trouvé beaucoup plus élevée. Face à la situation, le Directeur général du Conseil du café et du cacao a décidé de monter au créneau avec ses collaborateurs. Pour trouver une solution, étant donné que le Ccc joue le rôle d’intermédiaire entre l’Etat et les acteurs. Cette structure ne paye pas le produit mais fait la régulation, le développement et la stabilisation. Ce sont des choses à savoir et il faut aller à une grande professionnalisation. C’est pour cela que le ministère de l’Agriculture et du développement rural, nous a invités à plusieurs reprises, à mettre en place notre interprofession. Mieux, à devenir de véritables exploitants agricoles ( voire encadré) Malheureusement, des querelles entre nous font que nous n’arrivons jamais à nous mettre d’accord sur l’essentiel : la mise en place de notre interprofession. Pour que nous ayons notre mot à dire sur ce genre de situation qui s’impose en ce moment à nous. Aujourd’hui, certains d’entre nous font de la politique alimentaire. Il nous faut d’abord discuter en interne avant d’aller sur la place publique.

Il se dit que l’entrepôt de Sifca-coop aurait été cédé à des exportateurs proches de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire ?

Ce sont des rumeurs. Moi j’ai vendu mon cacao à Sifca coop qui est dirigée par M. Silué Boloba. Pensez-vous qu’on peut nommer un directeur à la tête de Sifca-coop et vendre ce site le lendemain ? Le Dg qui vient d’arriver ne peut vendre cet actif. (…) tous les Présidents ivoiriens se soucient des producteurs mais est-ce que les producteurs se soucient d’eux-mêmes ? Laissons- les travailler et jugeons – les au bilan.

Selon vous à quoi est due la fuite du café et cacao ?

C’est un phénomène qui a toujours existé dans un sens comme dans l’autre. Il y a des gens qui ne vivent que de ça. Dès qu’il y a des remous dans la filière, ils en profitent. Ce sont des hommes d’affaires qui ont de l’argent. Un producteur ne va jamais prendre un sac pour traverser la frontière. Il est dans son champ. Si tu viens et que tu lui fais une bonne proposition, il va t’envoyer son produit. Au lieu d’interroger les syndicalistes, les chaines étrangères gagneraient à venir constater les choses sur le terrain. Ce n’est pas seulement le café et le cacao qui sont touchés par ce phénomène. Il y aussi la noix de cajou. Quand nous nous faisons accompagner de nos enfants dans nos champs, ils parlent d’exploitation des enfants dans la cacaoculture. Mais jamais la communauté internationale ne s’alarme sur le trafic transfrontalier de nos produits agricoles. Tout le monde sait ce qui se passe.

Voulez-vous dire que c’est un phénomène qui est connu de tous ?

Tout à fait ! Des convois de remorques de cacao passent devant tout le monde et entrent au Ghana. Ils disent que c’est un problème de prix. Mais en vérité, ceux qui le font sont tellement rackettés qu’ils laissent sur la route. Dieu seul sait le montant des fonds que les ghanéens ont laissé dans nos zones de production en Côte d’Ivoire.

Ne pensez-vous pas qu’une transformation à grande échelle de notre café et cacao aiderait à stabiliser les prix aux producteurs ?

On ne peut pas être premier producteur mondiale et ne pas pouvoir consommer sur place 2% de cette production. Pour qu’on puisse consommer le cacao sur place, il faut le transformer. Nous devons pouvoir donner l’envie aux populations ivoiriennes et partant celles de la sous- région de le consommer. Est-ce qu’il existe une politique dans ce sens-là ? Il faut aller dans ce cadre à la coopération sud-sud qui permettra d’envoyer du café moulu au Burkina Faso, au Mali et autres. Cela nous permettra d’échapper aux effets néfastes des spéculateurs d’outre –mer.

Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Légende photo : Maurice Sawadogo,( Explotant agricole à Abengourou) :

« Pour qu’on puisse consommer le cacao sur place, il faut le transformer »

 

Encadré : Plus de 1 millions de cacaoculteurs peinent à aller à l’interprofession

A quand la mise en place de l’interprofession dans la filière café-cacao ? bien malin celui qui pourra répondre à cette question. En effet depuis plus d’une dizaine d’années et malgré tous les conseils des experts, les producteurs de café et de cacao n’arrivent jusque-là pas à s’entendre pour y arriver. Ils préfèrent travailler dans le désordre ou en groupuscule pour donner de la voix. Conséquences, quand survient une crise dans la filière café-cacao, des syndicalistes et présidents de sociétés coopératives sortent pour donner de la voix aux noms des producteurs de café et cacao. Mais combien sont t-ils officiellement ses producteurs de café et cacao grands créateurs de richesse en Côte d’Ivoire ? 700 mille ou plus de 800 mille planteurs de café-cacao ? Des sources officielles avancent le chiffre de 1 million de planteurs. Fait important, chaque producteur de cacao entretient en moyenne 6 personnes. Une masse critique dont la position devrait compter tout comme la position de la Côte d’Ivoire dans la fixation des prix aux producteurs. Ce qui visiblement n’est pas le cas. Même si les initiatives ne manquent pas, il faut véritablement mettre le cap sur la professionnalisation des acteurs. Des ateliers et séminaires ont régulièrement lieu dans ce sens. Un atelier de validation du projet de recensement des producteurs de café-cacao et de leurs vergers a eu lieu, il y a quelques années à Abidjan, a l’initiative du Conseil du café-cacao (Ccc). Cet atelier avait réuni des représentants des ministères et de l’administration agricole, des préfets de région des zones productrices, des partenaires techniques et financiers, du Comité national de télédétection et d’information géographique (Cntig) et bien d’autres. Au terme de quoi, l’opération de recensement qui devrait démarrer, devrait déboucher sur l’octroi de cartes professionnelles aux producteurs. « Ce recensement doit permettre de mieux cibler nos appuis aux producteurs, d’améliorer la traçabilité du produit et de sécuriser les transactions bord champ. Il permettra aussi la mise en place d’une interprofession forte, assise sur des organisations des producteurs crédibles » avait indiqué en temps les responsables du Conseil du Café et du cacao. Mais où en sommes avec l’octroi de cartes professionnelles ? Combien de planteurs de café et de cacao, le troisième recensement des exploitants et des exploitants agricoles( Reea) a-t-il touché ? Nous ne savons pas grand-chose. En attendant de trouver une réponse à cette violente question, il est bon de retenir que les résultats du 3e recensement des exploitants et des exploitations agricoles (Reea) qui ont été communiqué dans la mouvance du Sara 2017 par le ministère de l’agriculture et des ressources animales révèlent que la côte d’Ivoire compte plus d’un million d’exploitants agricoles. Le Coordonnateur national du Reea, Coulibaly Nouhoun qui a présenté les résultats a dit que ce sont 1 742 838 exploitants agricoles dont 379 658 femmes qui ont été recensés à la fin de cette opération. « Outre les exploitants agricoles, ce sont 1 407 451 ménages agricoles dont la taille moyenne est de 7,1 % qui ont enregistrées. A cela s’ajoutent le nombre total d’exploitants d’élevage (666 479), d’aquaculteurs (2 905), de sylviculteurs (12 580) et d’exploitants pratiquant la pêche (33 099). On dénombre également 296 exploitations modernes en Côte d’Ivoire, selon les chiffres livrés » a dit le Docteur Coulibaly Nouhoun. Se félicitant du travail effectué par ses services, le ministre de l’agriculture et du développement rural, Coulibaly Sangafowa, a rappelé à cette occasion l’importance du Reea, qui selon lui « permet d’actualiser les statistiques agricoles après le recensement national de l’Agriculture de 2001.Cette opération qui vise à doter le pays de données fiables, précises et actualisées sur les exploitants et exploitations agricoles en vue de disposer d’une cartographie vraie, a été lancée en 2015 Ce recensement cofinancé par l’Etat de Côte d’Ivoire et l’Union Européen avec l’appui technique de la Fao . Le Reea 2015 a coûté 7,5 milliards Fcfa dont 54% (3,9 milliards Ffcfa). La contribution de l’Union européenne est de cinq millions d’Euros (3,3 milliards Fcfa), soit 44% du budget, et 2% sont apportés par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) qui assure par ailleurs 80% de l’assistance technique. Aussi, en Côte d’Ivoire, on ne parle plus de planteurs de cacao et cacao mais d’exploitants agricoles. Un exploitant agricole, c’est celui qui fait un peut tout. Il a l’avantage de diversifier ses sources de revenus. En faisant de l’aquaculture, l’élevage, l’agriculture vivrière. En plus de faire les cultures de rente comme le coton, le café et le cacao en fonction des zones de productions.

 

Bamba M..

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