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lundi 24 juin 2024
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Célébration du 03 Mai //Journée Mondiale de la Liberté de Presse en Côte d’Ivoire // SEM JESSICA DEVIS BA( Usa) : « Les Etats-Unis sont déterminés à vous soutenir(…) »

samedi, 04 mai 2024 10:17 Written by Admin

« Chers journalistes, L’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire et professionnels des médias. En tant que champions de la liberté de la presse, vous avez de nombreuses raisons d’être fiers de la Côte d’Ivoire. Nous sommes là aujourd’hui pour commémorer la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. Je suis honorée de partager avec vous certaines de mes observations sur vos réalisations. Les Etats-Unis s’engagent à soutenir une presse libre, indépendante et professionnelle.
Une presse forte est l’un des fondements d’une démocratie saine. Vous êtes en première ligne de la transformation numérique de l’Afrique, tout en faisant face aux opportunités et aux défis.

 

Les Etats-Unis sont déterminés à vous soutenir en ce moment critique où la presse est attaquée dans le monde entier. Nous sommes reconnaissantes que vous contribuez à faire progresser nos valeurs communes, notamment les contributions que vous faites pour attirer l’attention sur notre environnement.

Un écosystème médiatique libre, indépendante et pluraliste est fondamental pour façonner la démocratie.Une presse libre promeut la responsabilité et la transparence, offrant une plate-forme permettant aux individus d'apprendre et d'enseigner - d'exprimer leurs pensées et leurs croyances.

 

Les médias libres nous aident à discerner les faits, sur lesquels nous prenons des décisions. Notre liberté dépend de la liberté de la presse Président Thomas Jefferson, 1786
La liberté de la presse n'est pas seulement un droit humain fondamental, c'est aussi la pierre angulaire de la bonne gouvernance. Cette semaine, les États-Unis ont signé avec le Ministère des Affaires Etrangères un Protocole d'Accord visant à lutter contre la manipulation de l'information par des États étrangers.
Ce protocole sera mis en œuvre par le Ministère des Communications. Cet accord historique, le premier en Afrique, souligne la nécessité d’un partenariat bilatéral pour lutter contre la menace mondiale croissante de la désinformation. Beaucoup d’entre vous ont déjà participé à certaines de nos formations en tant que vérificateurs de faits et fournisseurs d’informations justes et crédibles. Vous avez appris à utiliser des outils de pointe de vérification de contenu visuel pour protéger l'intégrité de l'information et plus particulièrement l'écosystème de l'information en Côte d'Ivoire. Nous célébrons notre partenariat avec vous pour développer de nouvelles stratégies visant à combler l’écart entre les outils de productions de l'information dans un monde de plus en plus numérique.

 

Nous travaillons avec la société civile, les médias indépendants, le monde universitaire et les organisations multilatérales - partenaires essentiels dans nos efforts visant à promouvoir la culture numérique et à maintenir l’intégrité des discours en ligne.

Vous êtes nos partenaires pour défendre la liberté de la presse pour assurer l’accès à tout le monde. À travers votre travail, vous avez montré la nécessité d’assurer un accès équitable à la technologie de l’intelligence artificielle et le rôle de la Côte d’Ivoire au sein du forum multilatéral.
On est ensemble pour relever les défis et saisir les opportunités. Vous avez commencé l’année 2024 à couvrir la Coupe d’Afrique des Nations Deux milliards de personnes dans le monde ont regardé la CAN.

Vous avez montré la Cote d’Ivoire au monde - un peuple chaleureux et hospitalier, et vous avez célébré une équipe championne!

C'est cela le pouvoir d'une presse libre.

Au niveau gouvernemental, nous devons continuer à améliorer les cadres institutionnels et juridiques pour promouvoir un environnement médiatique sain, diversifié et sûr.
Les gouvernements doivent également renforcer leurs capacités, informer les citoyens et dénoncer les manipulations de l’information.
C’est pourquoi les États-Unis félicitent le gouvernement de Côte d’Ivoire pour sa campagne de sensibilisation « En Ligne Tous Responsables » sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux.

La menace pour l’intégrité de l’information est mondiale. En tant que journalistes, le défi qui vous attend est énorme.
Heureusement, votre pouvoir est énorme aussi. Ce moment nécessite des organisations comme vous, les journalistes représentés aujourd’hui, comme vous, les champions de la liberté.
Le peuple américain continuera à se tenir aux côtés de vous, nos partenaires, nos amis en Côte d’Ivoire au moment où, ensemble, nous défendons la liberté de la presse. On est ensemble ! Bonne Journée mondiale de la liberté de la presse.
Je vous remercie »
Discours de SE Mme Jessica Davis Ba, Ambassadeur des Etats-Unis, Abidjan le 03 Mai 2024

Afrique //Observations, exploitations minières et pétrolières dans les pays du Sahel via les satellites/ / L’autre face cachée de la lutte « contre » le terrorisme)

lundi, 29 avril 2024 09:18 Written by Admin

Par M. Mahaman Laouan Gaya Expert International en Energie et Pétrole, Conseiller pour les Questions Pétrolières et Energétiques du Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), Chef de l’Etat de la République du Niger(Contribution)

Quand l’on observe le ciel la nuit, on voit beaucoup d’étoiles, de planètes, mais aussi des satellites. Les satellites dits naturels orbitent autour d’une planète ou d’une étoile. Ainsi, dans le système solaire, ces satellites (naturels) sont la lune, d’autres planètes et des comètes. La science a, pour sa part, développé de nos jours des satellites (dits artificiels) pour la conquête spatiale aux fins de la protection et de la promotion du développement économique et social des pays utilisateurs. En ce 21ème siècle, aucun secteur (défense, télécommunications, transport, agriculture, environnement, météorologie, industries extractives,…) n’est épargné par l’utilisation de cette nouvelle technologie. Aujourd’hui, il est bien établi que certaines puissances industrielles et militaro-spatiales usent (et abusent) de ces satellites d’observation et de reconnaissance (‘’satellites espions‘’) pour d’abord identifier et se positionner dans certaines zones économiques (de certains pays africains) afin d’y mettre la main sur les abondantes ressources naturelles extractives (pétrole, mines,…) qui s’y trouvent, le plus souvent sous le couvert de la lutte contre les mouvements terroristes.
I – Types de satellites artificiels A titre de rappel historique, notons que le premier satellite artificiel a été lancé par l’Union Soviétique le 4 octobre 1957. C’est le satellite Sputnik 1 (qui veut dire ‘’compagnon de voyage‘’ en russe). C’est le succès de ce satellite qui a marqué le début de la course à la conquête de l’espace. Le premier satellite envoyé dans l’espace par les États-Unis était l’Explorer lancé le 1er février 1958, et le 3 novembre 1957, l’URSS récidivait en lançant Spoutnik 2. Depuis l'apparition de ces satellites artificiels, leurs domaines d'application tendent à se multiplier et à se banaliser en influençant en profondeur la société et en donnant naissance à un nouveau secteur commercial. Le développement des satellites reste néanmoins concentré entre les mains de quelques puissances militaro-spatiales. Il existe deux catégories de satellites artificiels, qui ont pour objectifs, la conquête du ciel (l’espace), du sol et du sous-sol de la terre : ce sont les satellites scientifiques et les satellites d'applications.

* Les satellites scientifiques sont dédiés à la recherche pure en astronomie (il s'agit en fait de télescopes en orbite avec des champs d’observation plus ou moins larges et observant l’ensemble du spectre électromagnétique), en diverses sciences de la terre (géodésie, géodynamique,...), etc. Ce sont des objets généralement uniques, rarement remplacés en cas de problème technique. * Les satellites d'applications servent pour leur part à un usage commercial dans divers domaines. Contrairement aux satellites scientifiques, leur service est permanent et durable, mais nécessite le renouvellement régulier de leurs équipements de plus en plus sophistiqués. Ils ont des applications civiles et/ou militaires. C’est dans cette catégorie qu’on trouve les satellites à usage militaire et civil, les satellites de télécommunications, les satellites de la météorologie, de l’observation de la Terre (la télédétection), de la navigation, etc... Ils génèrent des revenus directs (satellites de communications) ou induits (météorologie, observation civile et militaire de différentes zones de la planète, défense et sécurité, espionnage, navigations spatiale, aérienne et maritime, prévention et suivi des risques naturels et catastrophes climatiques, et de plus en plus les recherches et exploitations minières et pétrolières,...). Au nombre des satellites artificiels d'applications, le satellite de télédétection est celui qui effectue des observations à distance par réception d’ondes électromagnétiques à l'aide de capteurs passifs ou actifs. La mise sur orbite prochaine des satellites de troisième génération à résolutions spatiales et spectrales de très haut niveau va encore améliorer les performances de la télédétection (surtout la télédétection géologique minière et pétrolière). Ainsi, les images-satellites vont jouer un rôle croissant dans la recherche et l’exploitation de nouveaux gisements miniers et pétroliers, et bien évidemment, aurons également un regard sur leur transport vers les marchés internationaux.
II – Les satellites multifonctions Ce sont des satellites de reconnaissance (ou satellites espions) qui permettent de cartographier un territoire (ressources en eau, ressources forestières, cadastres pétroliers et miniers,…) et surtout d'identifier les installations fixes (bases militaires, déplacement des troupes, mouvements d’organisations terroristes, carrières minières,…). Ces satellites circulent généralement sur une orbite basse pour obtenir des données de très haute résolution. La résolution qui était d'une dizaine de mètres pour les premiers satellites descend aujourd’hui à quelques centimètres pour ceux de dernières générations. Ces engins sont déployés dans des zones spécifiques de la planète (zones de conflits interminables et à haut potentiel minier et pétrolier). Aujourd’hui, plus qu’hier, ces satellites (en orbite) sont braqués sur des zones stratégiquement sensibles (notamment la zone sahélienne dite des ‘’Trois frontières‘’, le lit du Lac Tchad, le Darfour, le Sud Soudan, le Golfe de Guinée, la zone des Grands Lacs (RD Congo,…), la Corne de l’Afrique,... et sont en mesure de détecter tout mouvement suspect ou pas et aussi minime que soit sa taille.
III – La cartographie des ressources naturelles et zones d’opérations militaires terrestres L'observation satellitaire de la surface et du fond de la Terre permet de comprendre et d’évaluer son potentiel, mais aussi d'améliorer l’utilisation de ses ressources. L'utilisation efficace des données satellitaires a un impact transformationnel sur bon nombre de défis parmi les plus importants que doit relever l'humanité, dont entre autres l’exploration et l’exploitation des ressources d’accès très difficiles (ressources en hydrocarbures non conventionnels) et l’observation physique d’un certain nombre d’Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. Les données satellitaires sont aujourd’hui utilisées pour mesurer treize (13) des dix-sept (17) ODD, dont entre-autres ceux consacrés à la lutte contre la faim, au développement agricole, au développement des villes et de l’espace urbain, à la lutte contre le changement climatique, à l’observation de la pollution atmosphérique, au suivi des ressources en eau, à la protection des faunes et flores aquatiques et terrestres, à l’exploitation minière artisanale et des carrières,... Les travaux menés par le ‘’Groupe sur l’Observation de la Terre‘’ ont démontré que soixante-cinq (65) des cent soixante-neuf (169) cibles des ODD bénéficiaient directement de l'utilisation des données satellitaires. L’exploitation des technologies spatiales au service des ODD et des recherches des ressources extractives (mines, pétrole,…) requiert le concours de spécialistes des sciences et de l’ingénierie spatiales, en service dans les administrations civiles et militaires (des pays développés pour l’essentiel). Pareils spécialistes des technologies dérivées du spatial peuvent, à partir des données d’observation de la Terre et d’autres données collectées dans l’espace, élaborer des indicateurs sur la défense et la sécurité, l’environnement, l’économie et la société. Les données satellites jouent ainsi un rôle important dans la mesure, l'enregistrement et la comptabilisation des ODD. Les pays du Sud manquant de moyens pour suivre l'état d'avancement des ODD ; seules les puissances industrielles peuvent évaluer, apprécier et savoir exactement les voies à suivre pour l’atteinte de ces ODD, tout comme d’ailleurs l’ont été les OMD (Objectifs du Millénium pour le Développement). Ce faisant, ne pas disposer de ces données satellites pourrait signifier que nos pays passeront toujours à côté de l'opportunité d'utiliser les meilleurs outils disponibles pour surveiller leur environnement et ainsi permettre à leurs gouvernements, leurs entreprises et leurs citoyens de prendre les meilleures décisions en matière de développement durable.


IV - Ces abondantes ressources extractives qui font l’objet de toutes les convoitises La particularité de l’Afrique est qu’elle possède (plus que toutes les autres régions du monde) non seulement un sous-sol exceptionnellement riche en ressources extractives (diverses ressources minières, hydrocarbures, eau,…) mais encore très loin d’être exploitées et valorisées. Certaines régions d’Afrique sont d’ailleurs qualifiées de ‘’zones de scandales géologiques‘’ du fait de la forte concentration de gisements d’hydrocarbures et de minerais de tout genre. C’est le cas des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), de la RD Congo, du Golfe de Guinée,…. La virginité géologique de l’Afrique est un atout, mais aussi une force indispensable qui va certainement compter dans l’avenir pour l’économie mondiale grâce à ses abondantes ressources minières et pétrolières. L’Afrique est un continent bien connu pour ses ressources extractives et ses gisements qui regorgent de substances minérales et énergétiques que convoitent toutes les puissances industrielles. Il est évident que le continent noir possède dans son sous-sol des pierres précieuses et minerais, d’une rareté incontestable, d’une valeur assez considérable et dont la seule prise en compte des retombées économiques pourrait changer la face de nos pays si celles-ci sont bien gérées. Aujourd’hui, il est vrai que la montée en force du numérique dans l’économie et les différents secteurs d’activité est une avancée remarquable pour le monde, mais aussi, il est important de noter que toute révolution ou innovation technologique nécessite des minerais de qualité (métaux critiques, terres rares,…) et en quantité suffisante pour satisfaire aux besoins du moment. Ces minerais (lithium, coltan, titane,…) sont justement nécessaires au développement des équipements pour les énergies renouvelables, les voitures électriques et leur utilisation dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques. Certains de ces minerais et des plus prestigieux, se trouvent en Afrique (dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et à l’Est de la R D Congo particulièrement) et nulle part ailleurs dans le monde. Aussi, quant à la question de savoir où trouve-t-on par exemple le lithium nécessaire au bon fonctionnement des batteries des smartphones et des batteries solaires ? La réponse est que c’est en Afrique ! Où trouve-t-on le coltan et le cobalt indispensables au fonctionnement des i-phones, des i-pads et autres tablettes numériques ? C’est encore en Afrique ! Où trouve-t-on la bauxite (pour la fabrication de l’aluminium) et le fer nécessaires à la construction des rails, aux chantiers navals, à l’industrie automobile ? C’est toujours en Afrique ! Où trouve-t-on le tungstène et le titane utiles au blindage des nouvelles armes de guerre, des véhicules et avions militaires ? Encore en Afrique ! Où peut-on trouver en abondance l’uranium, les métaux critiques les plus recherchés ? C’est en Afrique, et précisément à l’Est et l’Ouest du continent et particulièrement dans cette ‘’Zone Sahélienne dite des Trois frontières‘’ et en RD Congo (notons que près de 2/3 de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire et l’essentiel de cet uranium vient, tout le monde le sait très bien, du Niger), les pays de l’AES sont dotés d’abondantes ressources en hydrocarbures, de l’hydrogène naturel, d’abondantes réserves en eaux du sous-sol (notons que l’eau sera l’objet des guerres au 22ème siècle ; et le Sahel en général et le Niger en particulier disposent d’une des plus grandes réserves de la planète). Autant il y aura de nouveaux besoins en équipements des NTIC (smartphones, i-phones, i-pads, ordinateurs,…), de nouvelles armes de guerre ultra modernes, véhicules et avions de guerre de dernière génération, de nouvelles centrales de fission et de fusion nucléaires, des équipements pour les énergies renouvelables, de voitures électriques,…. autant que le monde voudra d’un progrès technologique vertigineux, alors les besoins en minerais et métaux critiques et précieux ne cesseront de s’accroître et certains pays africains (dans l’œil du cyclone) seront de plus en plus convoités. Par ailleurs (et nous ne nous fatiguerons jamais de le répéter), quand vous faites un survol de la géographie et la géoéconomie pétrolières du monde, l’on se rend compte que certaines régions (Amérique du Nord, pays du Proche et Moyen-Orient, Mer du Nord,...) jadis pionnières de la production pétrolière sont aujourd’hui soit dans la phase de déplétion, soit dans celle de l’exploitation des hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste,…). Aux Etats-Unis, après près de deux siècles d’exploitation, les gisements de pétrole et le gaz conventionnels sont en voie d’épuisement et depuis quelques années, l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (pétrole et gaz de schiste) est en plein essor. Au Moyen-Orient, le pétrole a été abondamment exploité depuis bientôt un siècle ; et aujourd’hui, les estimations des réserves de pétrole de cette région sont sujettes à contestation. C’est un débat qui a cours depuis la fameuse ‘’guerre des quotas‘’ au milieu de la décennie 1980-1990. En mer du Nord, les réserves du pétrole communément appelé Brent sont physiquement épuisées. Quant au continent africain, entré tardivement dans l’ère du pétrole moderne, seuls quatre (4) pays ont commencé une modeste exploitation pétrolière dans les années 60. Aujourd’hui, près de 24 pays sont identifiés comme producteurs de pétrole et de gaz et environ une trentaine d’autres mènent des opérations de prospection et de recherche. Il faut reconnaitre que le continent est essentiellement constitué de bassins sédimentaires (les bassins sédimentaires sont de véritables réceptacles de gisements de pétrole et de gaz) ; tous les pays africains, à l’exception du Burkina Faso et du Cap-Vert, font l’objet d’intenses activités de prospection menées par des compagnies pétrolières étrangères pour la plupart. Des bassins offshore et onshore, tant au large de l’Afrique de l’Est, de la partie africaine de l’océan indien, de l’Afrique de l’Ouest, que des pays de l’hinterland sont peu explorés et pré¬sentent de très bonnes perspectives (ils sont situés pour l’essentiel dans le Golfe de Guinée, au large du Sénégal et de la Mauritanie, dans le Sahel central,…). Le continent africain peut peser entre 13 et 15% des réserves mondiales d’hydrocarbures, et presque le même ratio en termes de production (même si les statistiques occidentales tendent à sous-estimer et dévaloriser le potentiel du continent noir), et mieux, ces 15 dernières années, 1/3 des découvertes de pétrole dans le monde l’ont été en Afrique. Le Niger, dont le territoire est constitué à plus de 90% de bassins sédimentaires (un réceptacle de gisements d’hydrocarbures gazeux, liquides et solides), ‘’coincé‘’ géographiquement et géologiquement entre l’Algérie, la Libye et le Nigéria (tous gros producteurs d’hydrocarbures et qui exportent 1,7 million à 2,3 millions de barils de pétrole par jour), il est certain, que tôt ou tard, notre pays, tout comme le Mali et le Tchad connaitront inch’Allah, le même miracle pétrolier que les pays voisins sus-mentionnés. En ‘’français facile‘’, ça veut dire que le Niger qui ne produit aujourd’hui que 20.000 barils par jour, très bientôt 110.000 barils par jour, pourrait dans les années à venir (si le patriotisme et la souveraineté nationale s’y mêlent) produire et exporter un (1) million de barils par jour, voire même plus. La sous-estimation par certaines institutions et multinationales pétrolières des réserves et du potentiel en hydrocarbures de l’Afrique dénote d’une plaisanterie proprement néo coloniale ! Les informations les plus contradictoires et sciemment distillées, circulent sur le niveau du potentiel pétrolier africain. Des chiffres aussi fantaisistes qui parlent d’une Afrique ne disposant que de 4% des réserves mondiales, pendant que certaines sources évoquent 6%, d’autres 8 ou 12%, parfois 13% pour les plus ‘’généreux‘’. Pour le moins, il convient de dire que les auteurs de ces estimations ne s’accordent pas entre eux. Et pourtant, les ressources en hydrocarbures africaines sont sous exploitées, voire sous explorées et leur potentiel global est là…très abondant et il n’y a l’ombre d’aucun doute que ce potentiel peut rivaliser aujourd’hui avec celui de n’importe quelle autre région du monde (ces mêmes pays délateurs et leurs experts le savent mieux que nous). Cela m’amène d’ailleurs à affirmer que si l'Afrique devait être considérée comme un seul producteur, il est certain que notre continent défiera un jour l'Arabie Saoudite, la Russie et les États-Unis. Avec donc, la quasi-totalité des pays africains qui sont dans la phase de recherche et/ou d’exploitation d’hydrocarbures, il est certain que la politique mondiale du pétrole et du gaz, va se tourner dans les années à venir vers le continent africain. De grosses et très agréables surprises, particulièrement dans les bassins de Taoudéni, des Iullimenden, du Tamesna, du rift de Nara (Mali) et du graben de Gao (Mali), à cheval entre la partie Ouest du Niger, l’Est du Mali, le Nord du Burkina Faso et le Sud algérien ne sont pas à exclure. En effet, cette zone dite des ‘’Trois frontières‘’ (que les experts pétroliers appellent affectueusement le ‘’Koweït du Sahel‘’… au vu de son probable immense potentiel en hydrocarbures) détiendrait d’inestimables réserves pétrolière et gazière et autres ressources minières et énergétiques stratégiques (or, zinc, plomb, cobalt, coltan, uranium, lithium, hydrogène,…). En outre, comme je le mentionnais ci-haut, les ressources en eau du sous-sol de cette région du Sahel sont parmi les plus abondantes au monde. Il est donc clair, que certaines puissances néocoloniales, usant des dernières technologies d’exploration et de contrôle satellitaires, ont mis en évidence ces inestimables ressources extractives, et par conséquent ne voudraient au grand jamais quitter cette zone du Sahel de leur propre gré, de peur de perdre l’occasion de poursuivre et/ou d’envisager le pillage de ces abondantes et stratégiques ressources. Pour donc penser rester et y mettre la main, il faut créer de toutes pièces, les conflits terroristes (mouvements djihadistes, en effet, créés par les services secrets occidentaux pour les besoins de la cause) et déstabiliser les pays de la sous-région.
V – L’exploration et le contrôle satellitaires des ressources extractives africaines La géologie est la science qui étudie la Terre, et c’est justement cette Terre qui contient toutes les roches dans lesquelles se trouvent l’ensemble des métaux précieux recherchés et tous les sédiments dans lesquels se cachent les hydrocarbures. Elle a donc une part extrêmement importante dans l’économie minière mondiale parce qu’elle est la discipline source qui permet de mettre en évidence tous ces réservoirs de pétrole et toutes ces mines de cuivre, de titane, de bauxite, de colombo-tantalite, etc… connues aujourd’hui sur la planète. Traditionnellement, la mise en évidence des ressources du sous-sol est conditionnée par la phase d’exploration qui consiste à investiguer les profondeurs de la Terre par des méthodes scientifiques de sondage. C’est justement cette étape préliminaire d’exploration qui est sensée fournir des données géologiques et géophysiques dont le traitement informatique, l’analyse et l’interprétation grâce à de puissants ordinateurs et logiciels permet de localiser d’éventuels gisements de métaux stratégiques ou des hydrocarbures. Notons toutefois que la prospection géologique (minière et pétrolière) passe inévitablement par la cartographie des formations géologiques qui constituent le sol et le sous-sol. La cartographie permet de cibler les zones a priori favorables à la découverte de gisements miniers et pétroliers et donc de réduire les coûts et les délais d’exploration. De nos jours, la cartographie géologique et ses applications sont parmi les premiers secteurs utilisateurs de l’imagerie spatiale (à partir de la télédétection spatiale). L’application de la télédétection s’avère être intéressante dans les recherches des ressources du sous-sol, puisqu’elle permet d’extraire l’information pertinente en mettant en évidence les informations sur les structures géologiques, les indications structurales, les pièges de concentrations minières et pétrolières, les corps minéralisés, etc. Notons qu’en géosciences (les sciences de la Terre), l’imagerie (satellitaire) occupe une place significative, et est aujourd’hui incontournable, puisqu’elle permet aux ingénieurs, sans y être physiquement présents sur le terrain, de disposer de données très importantes et extrêmement précises sur ces ressources contenues dans les entrailles de la Terre.
L’innovation technologique et satellitaire (avec l’arrivée des produits high-techs de dernières générations) joue déjà un rôle déterminant dans la recherche des ressources du sous-sol. Afin de localiser efficacement ces ressources, les compagnies minières et pétrolières des puissances industrielles et militaro-spatiales appliquent les dernières réalisations de la science et de la technologie à l'appui de la géo-information des industries minières et pétrolières. L'une des méthodes les plus efficaces de support d'information est l'utilisation généralisée des méthodes, technologies et moyens aérospatiaux modernes (satellites, avions, drones). Ainsi, l'observation à distance de la surface de la planète et des entrailles du sous-sol avec des satellites est aujourd’hui applicable à toutes les étapes du cycle de vie des projets miniers et pétroliers. Les grandes multinationales minières et pétrolières, en font grandement usage pour l’exploration des sous-sols, la sécurisation des opérations des plateformes pétrolières, la navigation pour trouver les routes maritimes les plus optimisées pour les tankers pétroliers,…. Aujourd'hui, ces sociétés emploient des spécialistes pour analyser les données spectrales de zones spécifiques collectées par les constellations de satellites qui entourent la Terre afin de les aider à déterminer les emplacements probables pour l'exploration et l'exploitation minières et pétrolières. Les données satellitaires peuvent ainsi cartographier et identifier les structures géologiques à grande échelle liées aux gisements que les levés au sol peuvent trouver difficilement. Pour localiser des ressources extractives, les ingénieurs réalisent une véritable échographie du sous-sol afin d’en restituer des images en 2 ou 3 dimensions. La recherche des gisements comprend la télédétection de la zone étudiée sur la base des données obtenues, la création à distance d'images et leur analyse, ce qui permet d'analyser les réserves, d'établir des zones prioritaires pour le développement et de planifier les travaux préparatoires pour une mise en exploitation.

VI – Des engins dits de surveillance antiterroriste utilisés pour la détection et l’exploitation des ressources extractives L’opinion publique dans les pays du Sahel se posait souvent la question de savoir ce que cherchent (ou plutôt protègent) les forces militaires étrangères dans nos pays et particulièrement dans la zone dite "des Trois frontières". Officiellement, ces forces étrangères cherchent à "aider" nos pays à lutter (gratuitement !?) contre le terrorisme. Mais l’évidence des faits donne totalement raison au Général De Gaulle qui disait : "La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts" ; et ces propos sont toujours et fort d’actualité. Soyons clair ! la soi-disant assistance des forces militaires étrangères dans certaines régions d’Afrique est tout sauf une œuvre de bienfaisance. Elle semble guider par une redistribution des cartes géostratégiques des pays occidentaux ; lesquels n’arrivent pas non plus à s’entendre comme ce fut le cas en 1895 à la Conférence de Berlin, qui a consacré le partage de l’Afrique entre ces mêmes pays. Aujourd’hui, ce sont curieusement des pays européens qui s’en prennent à la domination économique, monétaire et la présence militaire d’autres européens en Afrique. Le Vice-Président du Conseil italien, M. Luigi di Maio, ne disait-il pas "Si la France ne décolonise pas des dizaines de pays pour lesquels, elle imprime le FCFA, alors nous continuerons à avoir une Afrique pauvre et une Europe hypocrite" et de souhaiter, que l’Union Européenne prenne "des sanctions" contre les pays qui, à commencer par la France, sont à l’origine du drame des migrants en Méditerranée en les "faisant partir" d’Afrique. "Si, aujourd’hui, il y a des jeunes qui migrent vers l’Europe, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains". Pour sa part, Mme Giorgia Meloni, la cheffe du parti ‘’Fratelli d'Italia‘’ d’accuser la France de "prendre 50% des richesses des pays ayant pour monnaie le FCFA. En effet, pour masquer leurs politiques visant à mettre la main sur les ressources naturelles de l’Afrique, certaines puissances néo-coloniales européennes ont recours à des interventions soi-disant à but "humanitaire" ou ayant pour justification "la lutte contre le terrorisme". C’est justement cette dernière forme d’intervention, dite "coopération" militaire qui explique la présence des bases militaires étrangères dans certains pays africains riches en ressources du sous-sol. Au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, c’est le spectre du terrorisme "islamique" (djihadisme) qui est officiellement évoqué pour justifier la présence des militaires occidentaux. Aussi, ce terrorisme ne procède aucunement d’une improvisation de la tactique. Il est le produit d’un travail minutieusement élaboré en laboratoire ; c’est donc une invention des services secrets occidentaux. Ces puissances étrangères, très conscientes du potentiel minier et pétrolier de nos pays et sous la bannière de la lutte contre ce terrorisme, élargissent leur zone d’influence afin d’assurer leur approvisionnement en matières premières stratégiques. Certaines zones dites de conflit, abritent plus de carrières d’exploitation minière que de bases militaires. Les officiers ou hommes de rang présents dans ces ‘’casernes‘’ sont pour l’essentiel des généraux–ingénieurs, ou autres officiers-ingénieurs spécialisés dans les industries minières et pétrolières (à l’instar des généraux, colonels-médecins ou pharmaciens que l’on trouve dans nos armées). L’on a plus à faire à des ingénieurs et techniciens (géologues, géophysiciens, géochimistes, foreurs,….) qu’à des simples militaires. Ces derniers ont bien évidemment des missions beaucoup plus géo-scientifiques et stratégiques que la défense militaire du territoire. Dans ces zones ultra sécurisées (véritables "no man’s land" où personne ; pas même les officiels du pays, n’y a accès) trônent de gros engins, véhicules et équipements d’exploitation minière. Lors d’un reportage télévisé, le journaliste Alain Foka en compagnie d’un ministre congolais en fonction ont été empêché d’accéder dans une zone minière détenue par une puissance étrangère en RD Congo. Fait plus curieux, dans cette zone minière ultra protégée, existe un aérodrome à partir duquel aucun contrôle n’est effectué par les autorités politiques du pays sur les produits embarqués ou débarqués. Les bases militaires étrangères disséminées çà et là dans certains pays africains, ne vont certainement pas déroger à cette même règle. En effet, des avions-cargos chargés de minerais, décollent nuitamment de ces bases militaires pour des destinations inconnues… souvent au vu et au su des autorités locales impuissantes. Combien de tonnes de minerais d’or, de lithium, de cobalt, de diamant,…. ont clandestinement quitté nos pays pour l’Europe et ailleurs en Asie ? Malgré les moyens technologiques sophistiqués en matière de communication et de renseignement, un arsenal de guerre impressionnant et des équipements ultra sophistiqués (satellites espions, système de surveillance et de reconnaissance intelligente (ISR), avions de reconnaissance, drones, radars ultra performants, armes robotiques, systèmes d’armes autonomes (AWS)…) dont disposent les forces étrangères, les groupes terroristes, à travers des incursions infligent de lourdes pertes à nos vaillantes forces de défense et de sécurité et à nos populations civiles. En réalité au-delà de la question sécuritaire, se jouent des enjeux géostratégiques et économiques. En fait, la stratégie du chaos serait à l’œuvre dans nombre de nos pays dans le but de faciliter la mainmise sur leurs ressources naturelles. Cela ne pourrait malheureusement être possible sans complicité des dirigeants au plus haut niveau de nos Etats aux intérêts et préoccupations aux antipodes de ceux de leurs populations et entièrement à la solde de l’impérialisme et du néo-colonialisme occidentaux.

VII – Le contrôle asymétrique d’informations sur les ressources extractives africaines Il faut reconnaître que l’histoire des recherches minières et pétrolières a toujours été engluée dans une sorte de huis clos, particulièrement dans les pays du Sud. A ce niveau, il est clair que beaucoup de nos Etats sont très loin de disposer d’un minimum d’information crédible sur leur potentiel en ressources du sous-sol. Ce sont les sociétés étrangères qui détiennent toutes les informations sur les gisements miniers et pétroliers à partir des études géologiques, géophysiques et géochimiques entreprises souvent depuis l’époque coloniale. Du point de vue des données géo-scientifiques, les informations sont totalement asymétriques. Les Etats africains détenteurs des richesses extractives n’ont pas accès à toutes les informations dont disposent les compagnies minières et pétrolières étrangères ; ces dernières étant les seules à connaître la valeur réelle de notre sous-sol. Les cartes géologiques actuelles des indices miniers et pétroliers dont disposent la plupart des ministères des pays africains (particulièrement les francophones) sont caduques, dépassées et imprécises car elles datent dans leur grande majorité de l’époque coloniale. De surcroît, à l’époque, elles ont été conçues avec des moyens géologiques et géophysiques rudimentaires qui ne sont plus d’actualité. Pour exemple, la carte géologique de la Côte d’Ivoire réalisée par le chercheur Bernard Tagini date de 1957 et pourtant, elle est utilisée jusqu’aujourd’hui par les chercheurs de la toute ‘’puissante‘’ et très francophile Côte d’Ivoire ! Sans exception (pour ne pas les citer individuellement), cette même situation se présente dans tous les pays africains ‘’sous domination géologique française‘’. Disposant seules de moyens financiers et techniques colossaux pour établir des estimations fiables, les compagnies minières et pétrolières occidentales ne s’en cachent pas pour tricher sur le traitement et l’interprétation des données géologiques et géophysiques, la sous-estimation de la qualité des différents minerais et du pétrole, des réserves, de la production et la surestimation du cost-oil (coûts d’investissement et coûts de production) pour le cas du pétrole,… Cette vaste escroquerie est très défavorable aux pays africains non seulement dans l’enlèvement frauduleux de quantités inestimables de certains minéraux et hydrocarbures (cas d’exploitation clandestine de minerais d’or, de diamant et autres pierres précieuses dans certaines zones sous occupation militaire étrangère et celui de cargaisons fantômes pour le pétrole brut), mais aussi dans le partage des rentes minière et pétrolière. Les pays hôtes restants ainsi dramatiquement sous-informés, ils constituent des proies faciles de ces compagnies prédatrices ultraspécialisées et bien informées. Ces grandes compagnies minières et pétrolières des puissances industrielles et militaro-spatiales disposent de laboratoires équipés d’énormes simulateurs ultramodernes leur permettant d’explorer virtuellement (directement via des satellites en orbite) les entrailles de la Terre. A partir des observations satellitaires et dotés de laboratoires (situés dans des lieux ultra protégés de leurs pays), leurs ingénieurs plongent dans un monde sous terrain d’ordinaire invisible, naviguant à travers des couches de grès et de calcaire jusqu’à tomber sur des formations rocheuses contenant des hydrocarbures et autres métaux stratégiques. Ils peuvent ainsi directement à partir de Houston, Paris ou Beijing ‘’dépister‘’ des formations pétrolifères et minières en Afrique, ou ailleurs dans le monde. Ce type de procédés ultra-sophistiqués leur confèrent un énorme gain de productivité, d’informations et de connaissance de notre sous-sol. C’est grâce donc à ces technologies très avancées qu’ont été révélées les énormes potentialités en ressources extractives stratégiques en Afrique et particulièrement dans la zone sahélienne dite des ‘’Trois frontières‘’ et les provinces Nord-Est de la RD Congo. Et ces informations géologiques ultra-secrètes à fort potentiel économique sont soigneusement et très jalousement gardés par ces puissances militaro-spatiales néocoloniales qui pensent (naïvement) un jour mettre la main sur ces abondantes ressources. Pour ce faire, il faut perpétuer les conflits dans nos zones économiques, grâce aux appuis logistiques militaires et renseignements fournis aux divers groupes terroristes.

 


Dates Lieux Guerres/Conflits Ressources en conflit

1975
Angola Guerre civile avec l’UNITA, et conflit au Cabinda avec le FLEC Pétrole, diamant, uranium, or, etc…
De 1982 à ce jour Sénégal Conflit en Casamance Zircon, phosphate


De 1987 à ce jour

R D Congo Conflit dans l’Ituri, le Kivu, ….Provinces du Nord-Est de la RD Congo Pétrole, or, coltan, lithium, uranium, diamant, phosphate, …divers métaux stratégiques


De 1987 à ce jour

Soudan du Sud Sécession du Soudan du Sud et guerre civile entre soudanais du Sud Pétrole, or, uranium, diamant, phosphate, etc…

De 1987 à ce jour
République Centrafricaine
Conflits armés civils Pétrole, or, uranium, diamant, phosphate, etc.
1995 Éthiopie Insurrection dans l’Ogaden Cuivre, or, zinc
1995 Éthiopie et Érythrée Seconde insurrection de l’Afar Gaz naturel, pétrole, cuivre, or, zinc
De 2003 à ce jour Soudan Guerre du Darfour Pétrole
De 2003 à ce jour Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso) Mouvements terroristes au Sahel Pétrole, or, uranium, lithium, …divers métaux stratégiques
De 2004 à ce jour Nigeria Crise dans le delta du Niger Pétrole
2009 à ce jour Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger Insurrection de Boko Haram Pétrole
2017 à ce jour Mozambique Insurrection djihadiste au Mozambique Pétrole, gaz naturel,..
2020 à ce jour Éthiopie Guerre du Tigré Pétrole

Zones conflictuelles en Afrique. Source : Calas, 2011 (mise à jour)
Selon Philippe Hugon dans ‘’Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains‘’ – de Septembre 2009 : ‘’Les relations entre guerres et ressources naturelles ont conduit à une écologie politique de la guerre analysant les guerres de ressources, environnementales, de pillage ou de sécession liées aux ressources naturelles‘’. En effet, la crise actuelle du capitalisme occidental en général, et en particulier celui français (totalement affaibli et aux abois), a exacerbé la boulimie et accentué le déferlement vers les ressources extractives stratégiques des pays africains, particulièrement ceux de la zone sahélienne des "Trois frontières". Parler des ressources extractives (mines, pétrole et gaz) dans le Sahel africain, en relation avec les réalités géopolitiques mondiales, reviendrait d’une part à examiner la place que tiennent ces richesses du sous-sol dans la géographie et l’économie de la sous-région et d’autre part à explorer les réalités géopolitiques, avant de rechercher les liens ou corrélations entre les deux. En effet, au nom d’objectifs "humanitaires" ou d’une prétendue "lutte contre le terrorisme islamiste", notre sous-région a été depuis 2003 en proie à une ruée des puissances étrangères sous diverses formes, en particulier par des interventions militaires dans les zones identifiées riches en ressources minières (métaux rares et stratégiques) et énergétiques (pétrole, gaz, uranium, hydrogène,…). Depuis lors, l’environnement extractif des Etats du Sahel est envahi, entre autres par les majors français Orano, TotalEnergy, les américaines ConocoPhilips, AngloAmerican, AngloGold Ashanti, BHP Billiton, Rio Tinto, la chinoise CNCP et d’autres juniors canadiennes, américaines, australiennes, anglaises, de très tristes réputations, et/ou engluées dans de nombreux scandales politico-financiers et du reste très peu recommandables. C’est ainsi donc qu’est apparue une rivalité inter-occidentale qui s’active dans le Sahel en prise avec toutes sortes de fléaux savamment créés et entretenus et qui servent d’alibi pour légitimer la stratégie sécuritaire et l’installation de bases militaires. Il est temps que les citoyens burkinabés, maliens et nigériens comprennent (et je pense qu’ils l’ont très bien compris) que la persistance de l’insécurité, de la violence et de la présence des forces militaires étrangères sur leurs territoires n’ont d’autres motivations que l’appétit dévorant, la sécurisation des approvisionnements en ressources énergétiques et minérales déjà en exploitation (l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina Faso, le pétrole, le gaz naturel, le lithium,…) et les tentatives de ces puissances étrangères de mettre la main sur les très stratégiques ressources non encore exploitées. Le niveau de développement de certaines technologies de pointe durant la période coloniale et post-coloniale, ne leur avait pas alors permis l’exploitation à outrance de ces ressources, mais aujourd’hui le contexte international semble pour eux l'exiger, et ces ‘’puissances‘’ font feu de tout bois pour mettre la main sur nos ressources. Le niveau de prise de conscience et la lutte de la jeunesse africaine du Sahel semblent contrecarrer les velléités de l’impérialisme occidental ; la page du pillage en règle des ressources du sous-sol des pays sahéliens par les puissances prédatrices occidentales semble désormais (inch’Allah) en voie d’être définitivement tournée.

VIII – Du caractère stratégique des ressources extractives des pays de ‘’l’Alliance des Etats du Sahel‘’ Nombre de ressources extractives et énergétiques utilisés dans la fabrication de milliers de produits dans les pays développés du Nord sont extraits du sous-sol africain. L’Afrique possède à elle seule plus de soixante (60) types de minerais différents, soit 1/3 des réserves mondiales, tous minerais confondus. Selon la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA), le continent détient 78% des réserves mondiales de diamant, 28% de celles de manganèse, et autres abondantes réserves de bauxite, de cuivre, de lithium, d’uranium, etc…. On note également qu’à l'échelle mondiale, il est estimé que le continent africain participe, dans une large proportion, aux réserves et à la production de plusieurs substances minérales, dont entre autres 90% des réserves de platinoïdes, 80% de coltan, 74% de chrome, 70% du tantale, 60% de cobalt, 40% des réserves aurifères et près de 13% des réserves de pétrole (même si les statistiques occidentales tendent à sous-estimer le potentiel en hydrocarbures du continent noir). On les retrouve entre autres le long de l’Equateur en RD Congo (où certaines substances minérales n’existent nulle part ailleurs sur terre que là), la zone nord-est de la RD Congo et l’ensemble des territoires des pays de ‘’l’Alliance des Etats du Sahel‘’. Notons que tous les gisements de minerais connus, qu’ils soient d’origines magmatique, sédimentaire et métamorphique sont présents dans le sous-sol des pays africains. Même s’il n’existe pas de classification géologique parfaitement définie des métaux, ces derniers peuvent être regroupés en quatre (4) grandes catégories (et tous, exceptionnellement abondants en Afrique) : 1 - Les métaux de base : aluminium, chrome, cuivre, étain, fer, magnésium, manganèse, plomb, nickel, titane, zinc ; 2 - Les métaux précieux : argent, iridium, or, osmium, palladium, platine, rhodium, ruthénium ; 3 - Les métaux de l’énergie nucléaire que sont les actinides : plutonium, thorium, uranium ; 4 - Les métaux de spécialité : tous les autres métaux (‘’terres rares‘’ entre autres). Outre ces groupes de métaux ci-dessus énumérés et très présents dans le sous-sol des pays du Sahel, il y a celui des minéraux dits critiques et/ou stratégiques (‘’terres rares‘’ entre autres) très recherchés et qui sont des matières premières pour lesquelles un risque pèse sur la chaîne d’approvisionnement, soit parce que celles-ci sont concentrées dans un très petit nombre de pays, soit parce que la stabilité politique des pays fournisseurs est limitée, alors qu’elles présentent un intérêt économique ou industriel fort pour les pays demandeurs. Le sous-sol de la zone du Sahel et particulièrement dans le Liptako-Gourma, regorgerait de ces ‘’terres rares‘’ (qui sont un ensemble de 17 métaux aux propriétés voisines : ce sont le scandium, l’yttrium et les 15 métaux de la famille des lanthanides (lanthane, césium, praséodyme, néodyme, prométhium, samarium, europium, gadolinium, terbium, dysprosium, holmium, erbium, thulium, ytterbium, et lutécium). Précisons que les ‘’terres rares‘’ (‘’rare earth‘’) font partie des métaux dits ‘’verts‘’ de la transition énergétique destinés à la fabrication des super-aimants des générateurs des éoliennes et des luminophores (substances qui, lorsqu’elles subissent une excitation, émettent de la lumière). En effet, les innovations technologiques développées pour accompagner la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique font appel à ces métaux nécessaires à la fabrication des véhicules électriques (les lanthanides, le lithium, le cobalt,…), des piles à combustible (platine, palladium, rhodium), des technologies de l’énergie éolienne (néodyme, dysprosium, terbium), des technologies de l’énergie solaire photovoltaïque (cadmium, indium, gallium), de l’aéronautique (titane), etc… Ces ‘’terres rares‘’ sont également indispensables dans la fabrication des puces de smartphones (iphones, ipads, ipods,….), d’écrans tactiles d’ordinateurs, d’écrans LCD (‘’Liquid Crystal Display‘’ - c’est-à-dire ‘’Affichage à cristaux liquides‘’), d’écrans SED (‘’Surface-conduction Electron-emitter Display‘’ - c’est-à-dire ‘’Affichage de l'émetteur d'électrons à conduction de surface‘’), d’écrans plasma, de tubes cathodiques des écrans, de lampes LED (‘’Light Emitting Diode‘’ - c’est-à-dire ‘’Diode Emettant de la Lumière‘’), de divers lasers, de capteurs de radars et de sonars, des systèmes d’armes et de ciblages dans le domaine militaire et sécuritaire, des horloges atomiques, des réacteurs et des batteries nucléaires, etc…. autant de produits extrêmement stratégiques et dont nous africains, détenteurs de ces abondantes matières premières, n’avons aucune idée sur leur existence dans notre sous-sol et les utilisations qui peuvent en être faites. La particularité de l’Afrique est qu’elle possède non seulement un sous-sol extrêmement riche, non encore exploité, mais sous exploré pour l’essentiel. Comme je disais tantôt, certaines régions d’Afrique sont d’ailleurs qualifiées de ‘’zones de scandales géologiques‘’ du fait de la présence dans leurs ‘’entrailles‘’ et en très forte concentration de ressources énergétiques fossiles et des minerais de tout genre et tout type. Mieux et en général, vous ne trouverez aucun pays africain sans une matière première minérale prépondérante, et certains en possèdent même plusieurs. A ce niveau, l’on peut aisément ‘’claironner‘’ qu’aucun pays africain n’est pauvre en ressources naturelles extractives ! Comme je le dis tantôt, les bassins sédimentaires de Taoudéni, des Iullimenden, du Tamesna, du rift de Nara (Mali) et du graben de Gao (Mali), à cheval sur la zone des ‘’Trois frontières‘’ regorgent d’inestimables réserves pétrolière et gazière. Notons aussi, que le Sahel est la partie d’Afrique (le continent possède 40% du potentiel solaire mondial) la plus exposée au soleil (10 à 12 heures d’ensoleillement par jour et 6 à 7 kWh/m2) ; ce qui confère aux pays de cette zone des conditions naturelles et des avantages comparatifs appropriés pour une production à très grandes échelles d’électricité solaire et d’hydrogène-énergie. Avec les potentiels non encore exploités de pétrole, de gaz, de charbon, d’hydrogène, d’uranium, etc… le Mali et le Niger pourraient constituer indiscutablement dans un futur (inch’Allah) un grand hub énergétique africain. En outre, les ressources en eau du sous-sol de notre région sont parmi les plus abondantes au monde ; et l’eau, est la ressource qui pourrait être la source, dans les années à venir, des prochains conflits planétaires. Et ce n’est nullement un hasard, que notre région, se trouve davantage convoitée par les puissances impérialistes qui pour certaines tiennent coûte que coûte à ce que nous demeurions dans leur giron (qu’Allah nous protège !). Et notre situation rappelle étrangement, un homme politique africain qui disait que ‘’l’africain est ce mendiant qui va de maison en maison pour quémander sa pitance du jour, alors qu’il tient dans ses mains un écueil en or (sans le savoir !)‘’. Une chose est au moins sûre, l’Afrique et surtout dans sa partie sahélienne du centre, est le continent du futur avec des ressources minières et énergétiques qui pourraient lui permettre de contrôler aisément (c’est très sérieux !) l’économie mondiale de demain. Les milieux diplomatiques occidentaux ne doutent pas de cette vérité, les multinationales occidentales et asiatiques le savent mieux que quiconque et les économistes américains, européens et ceux des puissances dites émergentes en sont très conscients. Il est donc clair, que certaines puissances néocoloniales, usant des dernières technologies d’exploration et de contrôle satellitaires, ont mis en évidence ces inestimables ressources extractives, et par conséquent ne voudraient au grand jamais quitter cette zone du Sahel de leur propre gré, de peur de perdre l’occasion de poursuivre le pillage de ces abondantes et stratégiques ressources. Le Sahel et ses ressources du sous-sol sont donc au cœur d’enjeux géostratégiques importants, allant même jusqu’à toucher directement à l’indépendance des pays producteurs et/ou consommateurs. Ces ressources seront des armes redoutables, qui pourraient être à l'origine de nouveaux rapports de force ; nous l’envisageons dans la perspective d’un futur et inévitable nouvel ordre politique, militaire, économique et énergétique mondial. Ces métaux sont une bombe à retardement et nous devons nous y tenir prêt. Ici au Niger, c’est l’espagnole Rio Norcea Recursos s.a qui a gagné ’’gracieusement ’’ un jackpot avec la signature en Février 2022 de conventions de recherche du fameux et très stratégique ‘’lithium et substances connexes‘’ sur trois (3) permis dans les départements de Téra et de Gothèye (région de Tillabéry). Aussi, cette société, inconnue des milieux très réputés miniers et sans expérience avérée, semble vraisemblablement faire ses premiers pas dans l’exploitation minière ici au Niger (voilà, deux ans après la signature de ces conventions, cette société ne semble pas faire signe de vie). Sans trop m’attarder sur elle, j’attire simplement l’attention qu’elles sont très nombreuses, ces juniors minières tristement célèbres dans les spéculations et autres arnaques dont sont victimes certains gouvernements africains, ….ceux à la limite trop ‘’naïfs‘’. A y voir de près, l’on est en droit de douter fort que ceux qui ont (au nom du Niger) signé cette convention, aient une quelconque idée de l’importance de ce minerai, mais aussi ce que renferme le terme ‘’substances connexes‘’ ! Notons que le terme de ‘’substances connexes‘’ associées à un minerai comme le lithium est un trompe-l’œil : lors de l’exploitation (à venir ?!) du métal, objet officiel de la convention, l’on assistera à coup sûr à l’exploitation clandestine et parallèle de ces dites ‘’substances connexes‘’ non spécifiées dans la convention et qui certainement sont d’autres métaux stratégiques dont les autorités ignorent l’existence. Ces substances qui peuvent être plus importantes que le lithium même, pourraient alors tout bonnement échapper au contrôle de l’Etat (elles sortiront très clandestinement du territoire national) et se retrouver par un mécanisme frauduleux dans le pays d’origine de la société contractante. Des cas de pistes d’atterrissage clandestines situées sur des sites miniers, eux-mêmes situés dans des bases militaires étrangères, sont signalés dans certains pays : cf reportage Alain Foka sur l’exploitation des ressources minières stratégiques en RD Congo. Alors, tout contrat de recherche d’une ressource minérale accompagnée de ‘’substances connexes‘’, est sous un autre angle suspect !

IX – De la course aux richesses extractives des pays de ‘’l’Alliance des Etats du Sahel‘’ C’est connu de tous que notre sous-région a été en proie (la menace n’est pas encore totalement écartée) à une ruée des puissances étrangères sous diverses formes, en particulier par des interventions militaires dans les zones identifiées riches en ressources minières (métaux rares et stratégiques) et énergétiques (pétrole, gaz, uranium, hydrogène,…), au nom d’une prétendue ‘’lutte contre‘’ le terrorisme islamiste. Cette doctrine satanique a été élaborée par l’impérialisme occidental et tragiquement mise en œuvre en Libye (meurtre de Kadhafi et déchirement du pays) en 2011 par la France sarkozienne sous couvert de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le but exact de l’intervention des avions militaires français n’était nullement la protection de la population libyenne (de toute façon, la France n’affiche que mépris et dédain vis-à-vis du peuple libyen) ou d’une quelconque restauration de la démocratie, mais plutôt un moyen d’assurer la mainmise des entreprises occidentales sur les ressources naturelles extractives et énergétiques du pays et au-delà des pays du Sahel, voire ceux de la côte occidentale africaine. Depuis, la zone ouest-africaine n’a connu aucun moment de stabilité : Coups d’Etat au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, au Niger, persistance de l’insécurité et tentatives malheureuses d’ethnicisation des conflits au Burkina Faso et au Mali, etc… Les poches de conflits se multiplient dans la région et s’étendirent même vers les pays côtiers pourtant affidés de l’impérialisme français (Bénin, Côte d’Ivoire, Nigéria,…). Ces conflits en Afrique de l’Ouest couplés à la guerre russo-ukrainienne (qui a paralysé l’Europe de l’Ouest dans son approvisionnement en hydrocarbures à partir de la Russie) a créé un besoin accru en ressources énergétiques et minières stratégiques notamment les ‘’métaux rares‘’ dans les pays développés. L’enjeu était donc de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et cela doit passer par l’identification et la sécurisation des gisements se trouvant dans les pays ‘’sous-tutelle‘’. En Afrique de l’Ouest en général et dans la zone sahélienne dite des ‘’Trois frontières‘’ en particulier, connues pour être l’une des régions les plus pauvres au monde, les richesses du sous-sol, ne manquent pas, et les ressources énergétiques (pétrole, gaz, uranium, hydrogène,…) et ressources minières (minerais stratégiques et critiques,…) présentes sont autant de bonnes raisons qui font de la région ‘’un espace de convoitises‘’ qui ‘’attise les appétits des grands groupes internationaux‘’, comme l’a anticipé le journal ‘’l’Humanité ‘’ du 10 janvier 2011. Hier, comme aujourd’hui, l’environnement extractif ouest-africain est envahi, entre autres par les majors minier et pétrolier français, américains, chinois et d’autres juniors canadiennes, américaines, australiennes, anglaises, de tristes réputations, et/ou engluées dans de nombreux scandales politico-financiers et du reste très peu recommandables (au nombre desquelles, Savannah Energy PLC (pétrole et énergie solaire), Petro-Tim (pétrole), les minières Goviex, Geovic Mining Corp, Randgold Resources, Resolute Mining, Semafo, Etruscan, l’espagnole Rio Norcea Recursos,…). Ces juniors minières qui vendent du bluff aux gouvernements africains peu regardants sont pour l’essentiel des ‘’one penny stock‘’ des pays développés (les ‘’one penny stock‘’ sont des actions ordinaires de petites entreprises minières (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) peu crédibles qui se négocient à moins d'un dollar par action à la Toronto Stock Exchange. Il faut noter que les bourses de valeurs mobilières de Toronto, Vancouver et Calgary au Canada sont trop complaisantes pour la cotation des petites compagnies minières débutantes et qui font généralement leurs premières expériences dans l’exploration minière en Afrique subsaharienne. Ces juniors minières sans moyens conséquents, parfois sans personnel, ni bureaux, appartenant à des actionnaires anonymes, immatriculées dans des paradis fiscaux, parviennent, avec forces promesses et mises en scène, à convaincre des gouvernements africains de leur confier des concessions minières très stratégiques. Une fois le contrat (attribué en Conseil des ministres) en poche, ces sociétés se précipitent sur les bourses de valeurs susmentionnées, pour valoriser leurs titres africains et en échappant, de plus, à toute obligation fiscale, juridique, environnementale, sociale ou sanitaire et empocher des plus-values confortables avant même qu’un seul coup de pioche ne soit (peut-être ne le sera jamais) donné dans le pays ainsi arnaqué. Aussi, aucun penny (pour ne pas dire FCFA) ne sera investi dans le pays d’accueil, en dehors peut-être de quelques 1 ou 2 millions de dollars de ‘’dessous de table‘’, nécessaires pour l’accélération du processus de signature d’octroi de permis. Les places canadiennes (avec les bourses de valeurs de Toronto et de Vancouver) sont pour l’industrie extractive mondiale, exactement ce que représentent Genève et Zurich (Suisse) pour l’industrie bancaire et les finances en matière d’évasions fiscales, de blanchiment de capitaux et de secrets bancaires. Au cours de ces trente (30) dernières années, le Canada s’est progressivement révélé un redoutable paradis réglementaire, juridique et fiscal de l’industrie minière mondiale. Nombreuses sont ces sociétés qui écument le continent africain. Nous avons encore en mémoire plus de 150 permis de recherches minières (toutes substances confondues) distribués à la va-vite dans les zones du Liptako-Gourma, Sud Maradi, Air, Djado et dans le bassin de Tim Mersoi, à 42 sociétés (fictives pour certaines) originaires de 12 pays dans les années 1995-96 et qui finalement se sont avérés comme un feu de paille. Que sont devenus les 154 permis de recherches minières gracieusement attribués par le gouvernement du Niger d’alors et où sont passé les sociétés bénéficiaires de ces permis ? C’est le lieu de souligner le cas d’une de ces juniors qui a encore pignon sur rue en Afrique : c’est la sulfureuse Savannah Energy PLC qui était, il y a moins d’un an, au centre d’une mafia pétrolière qui a mis à mal les relations diplomatiques entre le Cameroun et le Tchad. En effet, dans un communiqué en date du 23 Avril 2023, la présidence de la République du Tchad s’est indignée du différent qui s’est créé entre le Cameroun et le Tchad, autour de la question d’une prétendue acquisition des actifs de l’ex-ESSO-Tchad par la nébuleuse Savannah Energy PLC ; et N’Djamena d’accuser Yaoundé de soutenir une prise de contrôle illégale de ses actifs pétroliers sur son territoire. Depuis une dizaine d’années, le nombre de compagnies minières nord-américaines et ouest-européennes (majors et juniors) qui opèrent en Afrique est en très forte hausse. Au plus grand jour de cette situation, est apparue la rivalité franco-américaine qui s’active dans le Sahel en prise avec toutes sortes de fléaux savamment créés et entretenus (trafic de drogue, terrorisme, …) et qui servent d’alibi pour légitimer la stratégie sécuritaire et l’installation de bases militaires. Les citoyens burkinabés, maliens et nigériens doivent toujours se mettre en tête que la persistance de l’insécurité, de la violence, de la présence des forces militaires étrangères sur leurs territoires, des sanctions économiques et financières et des menaces d’invasion militaire proférées par la CEDEAO (un monstre aux pieds d’argile) n’ont d’autres explications que l’appétit dévorant, la sécurisation des approvisionnements en ressources énergétiques et minérales déjà en exploitation (l’uranium du Niger, l’or du Mali et du Burkina Faso,…) et les tentatives des puissances étrangères de mettre la main sur les très stratégiques ressources non encore exploitées (des accords léonins de recherches minières signés çà et là dans certains pays). Le niveau de prise de conscience et la lutte de la jeunesse africaine semblent contrecarrer les velléités de l’impérialisme occidental. Comme le dit ironiquement un dicton bien de chez nous ’’yaw, idon bakawyé sun budé’’ ou encore ’’hunkuna, kawyé izé moo féri’’, (autrement : ’’à présent, le nègre tout a compris ! ; et rien ne sera plus jamais comme avant) ; la page du pillage en règle des ressources du sous-sol des pays de ‘’l’Alliance des Etats du Sahel‘’ par les puissances prédatrices occidentales semble désormais en voie d’être définitivement fermée, inch’Allah !

X – Vers la fin de la domination occidentale en Afrique et la débâcle de l’impérialisme français au Sahel La période coloniale française en Afrique a laissé des cicatrices profondes et indélébiles dans nos sociétés, avec diverses stratégies mises en œuvre pour asseoir et perpétuer le pouvoir néo-colonial. De tous les pouvoirs coloniaux européens, seul la France n’a pas voulu quitter l’Afrique de plein gré, s’estimant toujours en territoires conquis, perpétuant ainsi sa présence à travers un système usant de toutes les tactiques (les accords néo-coloniaux qui garantissent entre autres la servitude monétaire, le pillage de ressources extractives stratégiques, la domination culturelle,…). Précisons que ce sont les relations avilissantes entre la France et les pays de l’Afrique Noire francophone qui obéissent à cette logique ‘’françafricaine‘’ ; celles avec les pays du Maghreb (et de façon générale 1'Afrique du Nord) s'inscrivent plutôt dans une perspective bilatérale avec chacun des États de la région et sont empreintes d'un certain ‘’respect‘’ plus ou moins réciproque entre les gouvernements et autres acteurs économiques. En ‘’français facile‘’, la Françafrique concerne uniquement les relations entre la France et les pays d'Afrique Noire dite francophone. C’est ce système abject qui permet à la France d'instrumentaliser ses anciennes colonies d’Afrique au profit de son indépendance et de sa puissance dans le monde. Pour y parvenir, la France, a lié son sort à celui des classes dirigeantes africaines (qu’elle a minutieusement choisies et entretenues) et qui n'hésitent pas à spolier la souveraineté nationale de leur propre pays, entretenir les groupes armés terroristes contre leur propre pays, et laisser piller les ressources financières et du sous-sol de leur pays par des puissances étrangères. Le pouvoir français pensait pourtant avoir une condescendance sur ses valets locaux de Chefs d’Etat ; nous avons encore en mémoire, Emmanuel Macron qui invite le 13 Janvier 2019 à Pau en France, ses cinq (5) affidés du G5 Sahel pour leur ‘’remonter les bretelles‘’ face à la montée en puissance d’un sentiment anti-français dans leurs pays. Il faut noter que cette soumission de ces Chefs d’Etat (devenus très impopulaires dans leurs pays respectifs) avalisés par la France, s'organisait autour de leur obsession à se pérenniser au pouvoir, de leur intérêt d'enrichissement personnel, et du fait qu'ils se sont laissés pour la plupart complètement circonvenir. Ces pauvres pantins de dirigeants ont bien compris que lorsqu'on est ami du système françafricain, l’Elysée et le Quai d’Orsay couvrent les simulacres d’élections et leur permet de se prévaloir d'une légitimité ‘’démocratique‘’. Cette garantie accordée par la junte française n’a pourtant pas empêché une jeunesse panafricaniste de battre le pavé pour revendiquer leur souveraineté nationale. Aujourd’hui, le néocolonialisme français (du fait de l’entêtement des dirigeants français à faire des pays francophones d’Afrique leur chasse gardée) est désormais confronté à son irréversible remise en cause totale. Depuis 2015, des manifestations populaires contre la présence des troupes françaises et celle contre le FCFA se multiplient dans tous les pays dits ‘’francophones‘’ de l’Afrique de l’Ouest. La France est décriée comme un Etat prédateur économique et profiteur éhonté des ressources naturelles et financières africaines et comme un pays porteur de valeurs morales honnies et vomies (déchéance contraire à la nature humaine ; le cas de toute une bande d’adolescents pédés à la tête du pays) par toutes nos populations et particulièrement les milieux religieux (chrétien et musulman). Ces derniers ne sont pas nécessairement des djihadistes (au sens occidental du terme), mais ils rejettent le modèle occidental qui a perdu son âme et qui veut se nourrir des faiblesses, des faillites économiques des pays africains et de la compromission de certains valets de chefs d’Etat. Les attaques terroristes organisées par les puissances occidentales en complicité avec les dirigeants locaux contre les paisibles citoyens de nos pays, ont été la ‘’goutte d’eau qui a fait déborder le vase‘’. C’est ainsi que des militaires patriotes décidèrent de mettre fin à ces descentes en enfer de leurs braves populations, au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger. Les bouleversements majeurs intervenus dans les trois (3) pays du Sahel Central, ont plongé la région dans un nouveau chapitre de son histoire. L’on assiste depuis lors à une débâcle des forces militaires occidentales ; après le Mali et le Burkina Faso, les forces françaises ont honteusement quitté le Niger en décembre 2023, qui seront suivies par d’autres troupes militaires étrangères …. toutes illégalement installées sur notre territoire national depuis plusieurs années. D’ores et déjà, la création de l'Alliance des États du Sahel (AES) représente un nouveau chapitre dans la lutte contre le terrorisme, de la recherche de la souveraineté nationale et une voie très crédible et sincère d’une intégration politique et économique régionale. En tout état de cause, c’est avec ce nouvel ordre (AES) que nous pourrons rompre définitivement avec le système françafricain et nous engager dans un cadre de coopération internationale multiforme et au bénéfice de nos populations. Nous saluons l’avènement d’une nouvelle ère pour nos frères du Sénégal et prions pour que ce pays emboîte le pas pour la reconquête de son indépendance et sa souveraineté nationale dans un cadre panafricain débarrassé de toutes dominations extérieures. Mais, ne nous y méprenons pas, l’impérialisme international ne s’estimerait pas vaincu de sitôt ….là où la condescendance des occidentaux à notre égard frise le racisme, le dégoût, le mépris, la morgue, la déconsidération, le manque d’un minimum d’estime,… L’idée d’esclave dans son sens propre n’a pas disparu de la mémoire d’une certaine élite occidentale. Un esclave (n’ayant pas de pas de personnalité juridique) appartient toutefois - par la loi ou par la coutume - à un autre, le propriétaire ou le ‘’maître‘’ et ce temporairement ou définitivement. Alors, ces gens s’imaginent ‘’comment un ‘’esclave‘’ (le Niger) peut-il se permettre un tel comportement à l’égard de son ‘’maître‘’ (la France)‘’ ? …autrement, en vertu de quoi vous ‘’nègres‘’ nigériens osez-vous imaginer une quelconque souveraineté nationale ? En fait, ce n’est ni plus, ni moins cela ! Rappelons qu’au lendemain des indépendances de 1960, le Général De Gaulle déclarait : ‘’Les africains ne pourrons suivre que la voie que je leur ai tracée – l’indépendance dans la coopération -, ils savent qu’ils ne peuvent rien faire sans le pays qui les a colonisés sauf à revenir à la barbarie, et qu’ils ont besoin de son aide pour se développer, leur technique, leur culture, leur population…‘’. La présence des occidentaux dans nos pays ne tient que pour des raisons diplomatiques (vote et soutien dans les instances internationales), d’intérêts économiques, stratégiques et géo-stratégiques. Sinon, ils n’ont aucune considération pour nous et cela, il faut que les nigériens, maliens, burkinabés et demain les sénégalais le sachent et l’intègrent dans leur mémoire. N’oublions pas que dans toutes les guerres de l’humanité, c’est avec la complicité des traîtres locaux que l’ennemi arrive à s’imposer. C’est justement grâce aux dirigeants africains traitres, que les occidentaux avaient d’abord réussi à nous réduire en esclaves, avant de nous coloniser, ensuite nous néo-coloniser et aujourd’hui encore nous néo-coloniser en mode ‘’démocratique‘’. Toutefois et de façon irréversible, la Françafrique, semble avoir définitivement atteint son apogée, et l'impérialisme français en Afrique Noire de battre de l’aile. Les Occidentaux sont aujourd’hui, très conscients que l’ère de leur domination unilatérale touche à sa fin, et telle que les choses se dessinent, le monde qui émergerait du conflit ‘’russo-ukrainien‘’ ou plutôt ‘’russo-occidental‘’ sera bouleversé de fond en comble, avec un nouvel ordre politique, économique, énergétique et militaire complètement différent de celui (unipolaire) issu de la chute du Mur de Berlin.

XI – Le réveil de l’Afrique et sa probable place dans le nouvel ordre économique, militaire et énergétique mondial à venir Avec cette débâcle du système occidental et les conséquences de la guerre russo-ukrainienne, ou plutôt russo-occidentale, la géopolitique mondiale est en train de rabattre ses cartes, avec en toile de fonds un nouvel ordre militaro-économique et énergétique mondial. Cette situation multidimensionnelle a déjà des conséquences en Afrique avec la chute des régimes impopulaires, incompétents, corrompus, prédateurs et pro-français au Mali, au Burkina-Faso et au Niger, la rupture de certains accords de ‘’coopération‘’ néocoloniaux avec la France, la création de l’AES, le retrait de ces trois (3) pays de la très pro-française CEDEAO, …avec pour risque la contamination à d’autres pays francophones inféodés à l’impérialisme français. Dans cette situation de bouleversements géopolitiques mondiaux, les dirigeants africains (ceux encore soucieux de la souveraineté de leurs Etats) ne doivent pas rester dans une logique de subordination les obligeant à choisir un camp plutôt qu’un autre. Il ne s’agira plus pour nous africains de quitter un ‘’maître‘’, et se retrouver sous la tutelle d’un autre, ni de se libérer d’un conquérant pour un autre dominant. Nous n’avons plus besoin d’être des sous fifres de qui que ce soit et c’est à nous même (à l’instar des pays de l’AES) qu’il revient de tracer notre propre voie, de réfléchir sur notre propre destin. Nous devons faire émerger une véritable et courageuse politique étrangère, responsable, souveraine, débarrassée de tout diktat de quelques puissances étrangères qu’elles soient. Sur le plan diplomatique, nous devons adopter une position de non-alignement, et en matière de sécurité et de défense, nous devrons compter sur nos propres forces (nationales, régionales ou africaines) parce que dans un monde qui sera totalement déréglé, sous-traiter sa sécurité à des groupes ou puissances étrangères serait une erreur stratégique fatale ; ce que n’ont pas encore compris les dirigeants de la très moribonde CEDEAO. Les préoccupations de nous autres africains, sont totalement à l’antipode de celles des occidentaux et dans la situation qui prévaut dans le monde et particulièrement sur le théâtre russo-ukrainien, nous ne partageons absolument rien en commun. Alors, j’estime que c’est le moment ou jamais de nous affirmer courageusement sur les plans énergétique, économique, etc… dans le cadre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), de l’Union Africaine orientée vers son Agenda 2063 (un agenda qui doit être transformé en souverainiste), la Vision Minière Africaine (VMA) et la construction du continent pour les africains et par les africains à travers la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf), entièrement souveraine. La ZLECAf dans sa philosophie actuelle, n’est pas ‘’compétente‘’ pour répondre aux préoccupations des africains ; elle a bien besoin d’être rediscutée et retoilettée sans passion, et ni calculs politiciens. La réorientation vers les activités minières, pétrolières et énergétiques au profit de la résurgence de la ZLECAf, est plus que jamais un enjeu de taille et de souveraineté économique du continent ….et c’est justement cela qui a malheureusement échappé aux concepteurs de la ZLECAf, parce que entièrement inféodée aux diktats des puissances néocoloniales occidentales. La ZLECAf, dans sa formule et avec ses dirigeants actuels restera indiscutablement dans l’escarcelle de l’Union Européenne et du capital financier international et penser la promouvoir ressemble plus à un prêche dans le désert ; on aura perdu inutilement de l’énergie, de l’argent et du temps. Une zone de libre-échange sans les hydrocarbures (qui constituent plus de 33% du commerce mondial) est une erreur politique et technique des plus monstrueuses. Le principe fondamental de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine consiste à transformer l’Afrique en une puissance pour l’avenir, en axant tous nos efforts sur la réalisation de la croissance économique et du développement inclusifs et durables dans tous les pays africains. Cependant, la crise russo-ukrainienne (crise pour les autres, mais aubaine pour l’Afrique ; si les dirigeants en saisissent l’opportunité) avec son risque d’enlisement, peut constituer une excellente opportunité pour les pays africains producteurs de matières premières extractives et agricoles de développer des stratégies minière, pétrolière et gazière communes, robustes et rentables, permettant de répondre aux besoins économiques et énergétiques du continent et de tout autre partenaire intéressé par nos ressources énergétiques et extractives (dans un partenariat où nous n’accepterons plus jamais d’être lésés). Face aux risques de rupture d'approvisionnement en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel), les pays européens cherchent, dans l'urgence et la panique, à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Russie et se mettent désespérément en quête de nouveaux fournisseurs. En ce mois de Mars 2024, l’on ne craint que l'Europe ne s’achemine vers un "scénario catastrophe". En effet, l’accord pour l’approvisionnement de l’Europe de l’ouest en gaz russe via l’Ukraine sera à terme, et l'Union Européenne perdra donc environ 5% de ses importations totales de gaz, principalement vers l'Europe centrale et du sud-est en décembre 2024. Et justement, par rapport à la stratégie à adopter face à cette situation de pénurie d’hydrocarbures en Europe, il y a lieu de rappeler l’accord pour la construction d’un gazoduc trans-saharien (TSGP ou NIGAL) d’une longueur de 4128 km, d’une capacité annuelle de 30 milliards m3 et devant relier les gisements de gaz naturel de Warri au Nigeria pour aboutir à Hassi R’Mel en Algérie, en passant par le Niger sur une distance de 841 km. Ce gazoduc permettra aussi l'alimentation sur son passage des régions du Nord, du Nord-est et du Centre du Nigeria ainsi que le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Les retombées pour le Niger sont inestimables : ce gazoduc devrait stimuler l'exploration du gaz naturel au Niger, créer des emplois, développer une industrie énergétique (centrale électrique, gaz domestique,…), développer une industrie pétrochimique, une usine de production d’engrais,… Les droits de péages seront également très importants. En comparaison du droit de passage du gazoduc Russie-Allemagne (North-Stream 1 - 50 milliards m3), l’Ukraine perçoit chaque année deux (2) milliards Dollars US, environ 1100 milliards FCFA ; je mentionne cela, pour se faire une idée sur ce que notre pays pourrait gagner (le Niger peut s’en sortir avec près de 660 milliards FCFA par an de droits de passage). Avec des réserves de gaz naturel récupérables estimées à 24 milliards m3 (pour l’instant) et des probables découvertes, ce gazoduc pourrait aussi permettre au Niger d’évacuer l’excédent de sa production future vers les marchés européens. Afin d’éviter de tomber à nouveau dans le piège européen, outre la diversification de nos économies (développement du secteur primaire en particulier), nous devons cheminer vers la promotion de mix énergétique en mettant un accent sur la transition et l’efficacité énergétiques et le développement des énergies renouvelables. Comme je le disais ailleurs, l’africain ne participe que très faiblement à la consommation énergétique mondiale, et toute activité économique moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui, ne peut s’imaginer sans ressources énergétiques relativement abondantes et bon marché. L’Union Africaine et la Banque Africaine de Développement ont des rôles stratégiques complémentaires à jouer pour faire de l’avenir énergétique et du développement socio-économique de l’Afrique une réussite. Avec cette Afrique que nous voulons et qui peut être, si elle est unie et munie d’une volonté politique courageuse de ses dirigeants, être au premier peloton des producteurs de pétrole de la planète et pourquoi pas jouer un rôle de premier plan dans l’hypothèse d’un ‘’nouvel ordre énergétique mondial‘’.
Par M. Mahaman Laouan Gaya Expert International en Energie et Pétrole, Conseiller pour les Questions Pétrolières et Energétiques du Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), Chef de l’Etat de la République du Niger

Interview//Koffi N’Guessan, Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage //: « L’École de la Deuxième Chance, une voie de sortie pour près de 4 à 6 millions de jeunes diplômés sans emploi ».

mardi, 26 décembre 2023 13:39 Written by Admin

L’École de la deuxième chance (E2C) est l’un des deux programmes phares déployés par le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Koffi N’Guessan, afin de revaloriser son secteur. Grâce à l’E2C qui est une voie de sortie pour près de 4 à 6 millions de jeunes diplômés sans emploi, déscolarisés, non scolarisés ou mal insérés en emploi, 165 jeunes ont bénéficié de formations dans le Bâtiment et Travaux publics (BTP) en France depuis octobre 2022 et 15 000 apprentis sont déjà en formation dans les ateliers de mécanique, de couture, de soudure, etc., pour être insérés par l’État. Dans une interview accordée au Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), à son cabinet sis à Abidjan-Plateau, cet avocat des jeunes sortis trop tôt de l’école définit le concept E2C et présente les premiers acquis de la phase pilote.
Monsieur le Ministre, qu'est-ce c'est que l'École de la Deuxième Chance (E2C) ?

Près de 95% des enfants sont dans le système d’enseignement de type général. Cependant, il y a plusieurs goulots d’étranglement du CM2 à la Sixième, de la Troisième à la Seconde et de la Terminale à l’Université. Au regard des résultats du CEPE, du BEPC et du Baccalauréat, de nombreux jeunes sont sortis du système. Sur une population de près de 30 millions d’habitants, nous avons 4 à 6 millions de jeunes qui sont diplômés sans emploi, déscolarisés, non scolarisés ou mal insérés en emploi. Que faisons-nous pour ces jeunes qui sont sortis très tôt du système et qui veulent apprendre un métier ? C’est pour ce stock de jeunes que nous avons créé l'École de la Deuxième Chance pour leur donner cet espoir. Ce programme est destiné à requalifier, reconvertir ces jeunes aux métiers sur une courte durée et à garantir leur insertion professionnelle, avec l'appui, bien sûr, de nos partenaires du secteur productif et du gouvernement. Et cette École doit fonctionner en grande synergie avec tous les autres départements ministériels. Celui qui a eu la maîtrise peut être reconverti en informaticien. Un jeune qui n’a pas eu le BEPC, mais qui est à la maison, peut être reconverti en un grand conducteur d’engin. Un autre qui a eu le baccalauréat, mais qui n’a pas eu la chance d’aller à l’université, peut être reconverti en un spécialiste de la grande distribution. À partir de cette reconversion, il peut refaire son parcours et revenir encore à l’école pour s’inscrire. C’est ce type de passerelle que nous essayons de créer pour donner l’espoir à tous ces jeunes. L’apprenant peut commencer étant titulaire d’un CAP pour finir titulaire d’une maîtrise ou d’une licence professionnelle dans un domaine précis. C'est cela le projet de formation de 165 jeunes ivoiriens au BTP dans le Centre de Formation continue des Travaux publics (CFCTP) de Egletons, le Centre de Formation professionnelle initiale de Lyon et le Centre de Formation des Apprentis (CFA) de Bordeaux, en France. C’est cela le projet avec la grande distribution et c'est aussi cela les projets que nous allons avoir dans les autres secteurs au niveau de l'agriculture. L’idée de l’E2C, c’est qu’il ne s'agit pas de donner une formation ou une compétence à un jeune qui va encore retourner à la maison. Mais, c'est de donner l'occasion à un jeune d'avoir la compétence dans un domaine bien précis et d’aller travailler. C'est ce qui différencie l'E2C de tous les autres programmes.
Quels sont les acquis majeurs, à mi-parcours, de la mise en œuvre de l’E2C, surtout en cette année 2023 dédiée à la jeunesse, à travers le Programme Jeunesse du Gouvernement (PJ Gouv 2023-2025) ?

2023, année de la jeunesse avec le PJ Gouv 2023-2025, a été le lancement d'un processus, donc une année de départ. De façon globale, pour 2023 uniquement, ce sont près de 130 jeunes qu'on devait former en France et insérer en activité dans le milieu du BTP, notamment dans divers métiers : la topographie, la mécanique d'engins (pelles hydrauliques, tracteurs, niveleuses, compacteurs, etc.), la conduite d’engins, les métiers du bâtiment (maçonnerie, coffrage, menuiserie), les métiers de climatisation et froid effectués à Bordeau et les métiers audiovisuels (cameramen, photographes, etc.) avec d'autres partenaires qui sont allés à Lyon. Quant au taux d'insertion, il est de 100% d'autant plus que le secteur productif professionnel est à la base même de la sélection.
Au niveau du BTP, ce sont 165 jeunes formés en France entre trois à huit semaines, selon le métier. La phase expérimentale a commencé en 2022 avec près de 35 jeunes dont neuf filles, et la seconde phase en 2023, avec 130 jeunes dont 21 filles. La première cohorte a commencé en octobre 2022 pour finir avant la fin de l’année. La seconde cohorte a débuté en juin 2023 et la dernière vague de cette seconde cohorte à Egletons a fini le 9 décembre. Ȧ leur retour, ces jeunes font, dans l'entreprise qui les ont coptés au départ, une formation d'un stage d'à peu près trois mois où les méthodologues et les inspecteurs du ministère vont les suivre pour s'assurer qu’ils appliquent effectivement en Côte d'Ivoire les connaissances acquises en France. Ils sont ensuite évalués et c'est en ce moment qu'on leur délivre le Certificat de Qualification professionnelle (CQP) qui est le diplôme ivoirien sanctionnant ces formations. Les apprenants perçoivent également une prime mensuelle de stage pour faciliter leur transport.
Dans le secteur de la grande distribution (boucherie, boulangerie-pâtisserie, fruits et légumes, poissonnerie, charcuterie et fromage), en partenariat avec le consortium de la grande distribution en Côte d’Ivoire, nous avons déjà formé près de 500 jeunes de 18 à 35 ans ayant le niveau 3ème, pour un taux d'insertion d’environ 80%. Nous sommes en train de recruter actuellement sur la grande distribution une troisième cohorte de 650 jeunes dont on a fait les entretiens en octobre dernier.
En collaboration avec les ministères en charge des Sports et la Promotion de la Jeunesse, nous avons recruté et formé à peu près 5 000 jeunes aux métiers du sport, en prélude à la CAN prévue en Côte d’Ivoire. L'expérience d’autres pays dans la gestion des infrastructures post-CAN nous montre qu'après la compétition, ces infrastructures sont abandonnées. Ces jeunes sont formés à l'animation sportive, la maintenance des infrastructures sportives que sont le gazon, l'électricité, la climatisation, le bâtiment, voire dans la fabrication du matériel sportif que sont les ballons, les poteaux, les filets, etc.
Concernant le dispositif d'apprentissage qui fait partie de la composante essentielle de l'E2C, plusieurs projets ont été lancés. Le premier projet est celui de la formation qualifiante par apprentissage avec l'appui du C2D qui est appelé à former 6 000 apprentis de 2022 à 2023. Ces 6 000 apprentis ont fini leur formation au mois de septembre dernier. Nous sommes dans le processus d'insertion. Nous avons aussi des projets sectoriels, notamment le projet d'apprentissage d'éboulement qui est aussi en cours avec des entreprises agro-industrielles sur plusieurs mines qui concerne 75 apprentis. Il existe un projet d'apprentissage dans le Grand Nord dans le cadre de la gestion de la zone frontière post-crise et ce sont 1 500 apprentis qui y ont été formés. Nous avons aussi un volet apprentissage avec le Bureau international du Travail (BIT) qui a permis de former 80 jeunes sortis des plantations dans le cas de la lutte contre l’exploitation et la traite dans la cacaoculture. D’ailleurs, nous avons dans nos unités mobiles de formation près de 220 jeunes qui sont en cours de formation sur ce segment. Nous avons également le projet de formation-insertion avec les entreprises Kaydan avec 220 jeunes qui ont été recrutés dans les métiers du bâtiment qui sont en formation dans le cas des chantiers-écoles. Il y a encore près de 1 000 jeunes qui ont été recrutés par Palmci et Utexi.
Comment ont été sélectionnés ces jeunes au niveau du BTP ?

Bien avant, je voudrais relever que le secteur du BTP est devenu un secteur très florissant où la recherche de main d'œuvre qualifiée est forte. La sélection des bénéficiaires du projet BTP a été faite en deux cohortes. L'appel à candidature a été lancé au mois d’août 2022, via les médias et les communiqués sur le site du Ministère. Nous avons reçu près de 3 500 dossiers. Ȧ l’issue des entretiens avec le milieu professionnel, nous avons recruté à peu près 500 jeunes globalement qui étaient dans un noyau. Et après, nous avons pris les premiers 35 jeunes. Et lorsque les premiers 35 jeunes ont été formés, nous avons pris en 2023 ceux qui sont entre les 35 premiers et les 500, notamment 130. Ces différents jeunes ont été recrutés objectivement sur une cohorte de près 1 400. Ȧ la fin des entretiens avec les mises en situation dans les entreprises, ou par rapport aux différentes interrogations, ils ont été sélectionnés même préalablement par le secteur professionnel avant de commencer leurs stages. C'est une formation-insertion pour laquelle le ministère n'a fait que donner un cadre formel.
Qui s’est occupé de la prise en charge de ces bénéficiaires des projets BTP en France ?
Le ministère prend tout en charge via le Fonds de Développement et de la Formation professionnelle (FDFP), avec l'appui du gouvernement. Les billets d'avion, les frais de passeport, les frais médicaux, les frais de formation, les frais de transports et un forfait durant le séjour pour leurs petites dépenses sont pris en charge entièrement par l'État de Côte d'Ivoire. Le FDFP met également à la disposition de tous les jeunes les kits nécessaires pour l'apprentissage. Au passage, je tiens à remercier sincèrement S.E.M. l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Christophe Belliard. C'est grâce à lui que nous avons signé les premiers accords avec les entreprises du club Abidjan ville durable. Ce sont ces premières entreprises qui ont recruté nos premiers compatriotes formés dans le cadre du BTP à Egletons. L'ambassade de France nous a également appuyés en acceptant de délivrer les visas à nos compatriotes.
Ȧ ce stade, pourrait-on dire que l'E2C est un produit vendable ?

L’E2C est un concept nouveau en Côte d'Ivoire et certains n’y croyaient même pas. L'idée, c'est qu’il n'y a pas de sots métiers. Il faudra repenser le système et attirer les jeunes. Parmi les jeunes qui sont partis en Europe, certains ne croyaient pas à cette chance qu’on leur donnait. D’autres ne croyaient pas pouvoir avoir un métier et s'insérer si facilement en activité. Ils sont nombreux tous ces jeunes pour lesquels on doit fournir des efforts de formations nécessaires pour leur insertion. Autant on a décidé d’aller former certains en Europe, autant en interne des projets en apprentissage sont en œuvre sur toute l'étendue du territoire national pour d’autres. L’E2C est un point de départ. De plus en plus, le concept commence à être compris. Il appartient à toutes les structures de tous les ministères de pouvoir l’amplifier et d'informer les jeunes, parce que les possibilités existent. Que ce soit au niveau du sport, de l'agriculture, de l’industrie, du commerce, les offres sont là. Mais il y a un besoin de qualification. Aujourd’hui, on a besoin de bons plombiers, de bons menuisiers, de bons électriciens bâtiments, et autres. Le succès de ces projets pilotes est la preuve que l’E2C fonctionne bien et nous allons travailler justement avec les autres secteurs professionnels, avec les autres ministères pour aller à échelle. L’ambition du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, c’est de ne laisser personne en dehors du circuit. Avec l’E2C, la valorisation des métiers par la formation est possible.
Réalisée par le Cicg

 

 

 

Interview// Dr Adama Coulibaly (Dg Cca) : « Le Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl »

mercredi, 06 décembre 2023 17:28 Written by Admin

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, s’est hissé cette année à la place de deuxième exportateur mondial d’amande de cajou. Or qui dit transformation, dit valeur ajoutée mais aussi coques. Aujourd’hui, la coque est valorisée. Entretien avec Adama Coulibaly, directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde, à l’occasion du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA 2023- du 29 septembre au 8 octobre à Abidjan).

On a assisté à une montée en puissance de la transformation de la noix de cajou jusqu’au point où la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième exportateur mondial ? D’autres pistes sont exploitées pour la transformation de la noix de cajou ?

Oui. Nous sommes dans la dynamique de la transformation du cajou et vous savez que cela génère beaucoup de coques. Elles pourraient être nuisibles à l’environnement si le volume n’est pas maîtrisé. Si bien que la plupart des douze unités qui se sont installées n’avait pas prévu la transformation de la coque. Cela a commencé à poser des problèmes à certaines unités.

Nous sommes, au nom de l’État de Côte d’Ivoire, chargés de travailler sur un environnement favorable à la transformation. L’environnement de la transformation doit être un environnement sain, propre et rassurant. C’est dans cet esprit, que Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl (Cashew Nut Shell Liquid) mais aussi en bien d’autres sous-produits comme les briquettes, comme source d’énergie dans la cuisine.

Où va se situer cette usine, quel est son coût ?

L’usine se situera à Yamoussoukro avec une capacité de 75 000 tonnes. L’investissement est de l’ordre de $12 millions. En 2024, les premiers tests de fonctionnement seront faits.

Pour nous c’est très important et nous avons également prévu sur les zones industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou un centre de valorisation des coques pour que les industriels qui vont s’installer sur ces zones ne soient pas gênés par les coques.

Je rappelle que nous sommes en train d’aménager 4 zones agro-industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou. La première, celle de Korhogo (7 unités industrielles vont s’installer), a été inaugurée samedi dernier (ndlr 29 septembre 2023). Puis celle de Bondoukou (4 unités) sera opérationnelle début 2024 et celle de Ségala (4 unités) au 1er trimestre 2024. Une sera aussi installée à Bouaké.
Sur chaque site nous avons prévu un centre de valorisation des coques. Le ratio est un kilo d’amande pour 4 kilos de coques pour 5 kilos de noix. Si on transforme 50 000 à 60 000 tonnes de cajou sur un site cela veut dire que l’on est au-delà de 40 000 à 50 000 tonnes de coques. Nous allons extraire du Cnsl, avoir des briquettes et tout cela dans un contexte de crise énergétique.

Outre le Cnsl comme biocombustible et ou pour l’industrie, d’autres développements sont prévus pour accroître la valeur ajoutée de la noix de cajou ?

Plus valoriser les amandes, utiliser les coques mais aussi les pommes avec au moins 4 millions de tonnes, en jus, en liqueur, en vinaigre, aliment de bétail et même en bioplastique.

La production va-t-elle suivre ?

Nous sommes à plus de 1 million de tonnes de noix de cajou brute et nous consommons tout au plus 250 000 tonnes. Nous avons de la marge. Et puis nous avons de petites plantations qui se créent. Surtout l’entretien des anciens vergers aujourd’hui avec la mise aux normes, les greffages, les sur greffages, etc. sont des techniques de plus en plus maîtrisées sur le terrain.

Le coton fait un peu pâle figure par rapport à l’anacarde ?

Nous sommes dans la dynamique de relancer l’industrie textile. Nous avons des candidats à l’investissement. C’est vrai que nous avons moins de visibilité que l’anacarde. Les perspectives commencent à se dessiner positivement. L’électricité est disponible et pas plus chère que dans beaucoup de pays.

Je milite à titre personnel pour l’intégration. Je ne pense pas qu’il faille avoir de la filature, du tissage, de la confection partout. Nous étions dans cette logique avec les investisseurs que nous avons rencontrés en 2019 pour que chacun profite de ses avantages comparatifs.

Le coton se cultivant aussi dans le Nord du pays comme l’anacarde, la compétition entre les deux cultures ne s’était-elle pas ravivée un peu plus ? Les cotonculteurs sont toujours motivés ?

Le prix varie. Après deux bonnes campagnes en 2021,2022, le prix de l’anacarde a chuté cette année avec une baisse du prix bord champs. Le coton est une culture annuelle, les cotonculteurs peuvent plus facilement passer sur une autre spéculation comme cela a été le cas sur le maïs, le maraîchage … Il faut continuer à les soutenir.
(Source : www.commodafrica.com)

 

Littérature//Eugene Zadi, auteur de, « L’âme cassée »// « J’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses »

mercredi, 22 novembre 2023 20:10 Written by Admin

Le journaliste et directeur d’entreprise, Eugene Zadi, vient de publier aux éditions l’Harmattan, « L’âme cassée » recueil de 39 poèmes qui a été présenté officiellement le 22 novembre à la librairie Carrefour Siloé d’Abidjan.


”L’âme cassée” est le titre de votre recueil de poèmes. Avec quel autre titre a-t-il été en compétition avant de l’emporter ?


EZ: Il y a quelques titres auxquels j’avais pensé mais dès lors que j’ai trouvé « l’âme cassé », j’ai su
Aussitôt que c’était le bon titre.

Ce texte dans son atmosphère n’est pas loin des « quatrains du dégoût » de Zadi Zaourou, il
exhale la déception de l’homme. Est-ce volontaire ou atavique


EZ : Une chose est certaine, l’influence du poète Zadi Zaourou est manifeste dans ma poésie. Mais, comme je l’ai dit ailleurs, j’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses sans relâche durant ces dernières années. Lorsque les ennuis arrivent, ils volent en escadrille disait en substance Jacques Chirac mais aujourd’hui, je me sens mieux. J’ai une réelle paix intérieure même si les
cicatrices des épreuves sont encore légion en mon âme et sur mon corps.

S’agissant du caractère atavique que vous évoquez, il ne peut être que le tribut de deux valeurs -
misent à mal de nos jours qui caractérisent ma famille. Il s’agit de l’empathie et de la générosité.
L’empathie, c’est cette capacité à se mettre à la place d’autrui et à ressentir réellement sa souffrance et sa peine.

Autant mes parents que mes ainés, Marcel, Bernard, Louis etc. ils ont toujours secouru et
donné à autrui qui souffre, celui qui est tout simplement dans le besoin et cela sans compter sans
compter et sans discriminer. Ce sont deux valeurs qui produisent malheureusement ingratitude et trahison. Il faut pourtant vivre et croire en l’homme puisque de nombreux et nombreuses anonymes sont des femmes et des hommes de bien.

Faites-vous confiance en l’Homme en général, à la femme politique ?

EZ : Faire confiance en l’Homme en général ? Qu’est-ce qui est possible s’il est impossible de se faire confiance entre collègues, camarades ou amis et parfois même entre frères et sœurs ? La vie serait impossible du fait du règne de la méfiance, de la suspicion voir de la paranoïa. En réalité, la vraie problématique, c’est celle de la prudence. Il faut rentrer et vivre en relation avec l’autre en étant prudent, je dirai même très prudent. D’ailleurs St Mathieu le conseille vivement dans la bible lorsqu’il écrit : « je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des
serpents » … Il faut donc faire confiance sans se livrer, faire confiance en étant réfléchi, faire
confiance tout en prenant des précautions. A cela, j’ajoute qu’il faut apprendre et apprendre vite de ses erreurs, de ses fautes et se doter d’une véritable capacité à se remettre en cause.

 

Si vous vous parez de cette armure qui prend sa source dans la sagesse et l’humilité, vous devriez pouvoir faire confiance sans grand risque. L’ennui est que l’on apprend tout cela dans les épreuves.
Quant à savoir si une femme politique est digne de confiance par à l’homme politique, je dirais que l’homme et la femme ont une différence de perception et d’approche des situations du fait de la différence de sensibilité.

Je suis tenté de penser que c’est à peu près tout ce qui pourrait rassurer dans le commerce avec la femme politique sur le terrain politique. Oublier que la femme politique reste et demeure un Homme politique est dangereux car l’instinct politique domine le genre à mon avis, mais je peux me tromper. Je reste cependant persuadé que quiconque fait une confusion à ce niveau prend des risques.

En revanche, les choses sont totalement différentes en matière de gestion où les femmes sont
beaucoup plus rigoureuses et moins dépensières que les hommes. Dans le couple, il me semble nécessaire voire primordiale que la confiance règne. Dans le cas contraire, je ne sais pas ce que le couple pourrait construire de solide et de durable. Evidemment, et je reste toujours prudent, c’est l’exception qui confirme la règle.

Pourquoi cette couverture avec une fenêtre entrouverte ?

EZ : Lorsque j’ai mis le point final à mon recueil, j’ai demandé à ma fille, Nahikey Zadi qui a fait des
études de publicité à Bordeaux de lire le recueil afin qu’elle me propose une couverture. A la deuxième tentative, j’ai été pleinement satisfait. C’est elle qui peut donc donner l’explication mais pour moi, c’est un vent de liberté après des années de confinement moral et de rudes épreuves qui se caractérisent par la vitre brisée. Cela dit, il appartient au lecteur de faire son interprétation en toute liberté selon son ressenti.


A quoi faites-vous allusion dans le poème « le tabouret » ?


EZ : C’est un mot qui était en vogue en Côte d’Ivoire et qui balise encore aujourd’hui la morale politique. Il m’a juste inspiré

Interview réalisée par BRIGITTE GUIRATHE
In FRATMAT N° 17668 du 20-11-2023

 

Affaires// Dr Moussa Elias Farakhan Diomandé, président de la CPUPME.CI // « Les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités »

mardi, 08 août 2023 09:16 Written by Admin

De retour d'une mission en Turquie, le président de la Confédération patronale unique des Pme, Moussa Élias Diomandé, livre les acquis d'un échange d'expériences enrichissant.
La Confédération patronale unique des Petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire était en mission en Turquie, en juillet. A quoi obéissait un tel voyage ?

A la Confédération patronale unique des Pme de Côte d’Ivoire, nous sommes partis du constat que les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités sur plusieurs plans : managérial certes, mais aussi organisationnel, touchant à la connaissance, au savoir technologique, à la transformation et à l’industrialisation. Nous sommes donc partis prospecter pour voir comment nos homologues turcs sont organisés et travaillent.

Quels sont les supports, les ressorts qu’ils ont et qui leur permettent d’être présents partout dans le monde ?

D’où la visite des zones industrielles dédiées aux Pme telle Imes. Nous avons rendu visite au Kosgeb, une organisation patronale non seulement chargée d’accompagner les Pme, mais qui également finance l’économie locale. Nous avons rencontré nos homologues du Musiad qui est la plus puissante organisation patronale en Turquie pour les Pme. Les objectifs de ces organisations ne sont pas les mêmes. Cependant, la maîtrise de l’économie locale est l’affaire des Pme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont très bien organisées. Dans le même élan, nous avons voulu savoir comment on peut s’installer en Turquie.

Quels sont les critères pour le faire ? Quelles en sont les exigences ? De quoi les Turcs peuvent-ils avoir besoin venant de nous ?

Ce que je puis souligner, c’est que les Turcs contrôlent leur économie.

Et si l’on vous disait de faire le portrait des entrepreneurs et Pme turcs, comment les décrieriez-vous ?

Les Pme turques sont généralement familiales. On a ainsi une première, une deuxième génération d’entrepreneurs et la transmission se fait généralement de père en fils. C’est ce que j’ai remarqué dans un premier temps. Et cette organisation a du sens dans la stratification administrative et fiscale des entreprises. Chez nous, nous avions, à l’époque, demandé au gouvernement de ne pas se focaliser sur la nomenclature quantitative et fiscale des entreprises (Sa, Sarl), mais de mettre l’accent sur la nomenclature familiale, sociale, qualitative ; parce que dans l’entreprise familiale, les capitaux ne sont pas instables. Ils viennent de la contribution familiale et les risques de marché ne sont pas les mêmes. Cela explique, en partie, le fait que ses entreprises durent davantage. Elles ont une meilleure gouvernance. Elles ne sont pas sujettes à des crises systémiques dues à des chocs ou à une instabilité de la gouvernance, du management. La deuxième observation, c’est que les Turcs sont positionnés sur le plan industriel parce qu’ils font tout eux-mêmes. Ils ont la connaissance et le savoir-faire. Je prends un exemple : si nous devons fabriquer une voiture, nous devons avoir l’ingénierie, les ateliers de montage, avoir des Pme capables de fabriquer les différentes pièces et autres composantes (joints, cardans, réservoirs, pneus etc.). La Turquie dispose de cela. Troisième observation : ils sont organisés de manière complémentaire. Les organisations comme la nôtre y orchestrent tout. Il y a une synergie également avec le monde de la connaissance ; d’où leur regroupement dans des zones industrielles dédiées exclusivement aux Pme. Enfin, ils disposent d’un réseau business mondial redoutable. Nous allons nous inspirer de ce modèle pour demander au gouvernement de mettre en place des zones industrielles dédiées aux Pme.

En termes d’acquis, êtes-vous satisfaits ? Pouvez-vous en énumérer quelques-uns ?

Le monde des affaires ne fonctionne pas comme une partie de chasse. Dans le milieu des affaires, il faut créer le contact, puis la confiance. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on peut convenir de construire quelque chose ensemble. C’est ce que nous avons réussi à faire. Nous nous sommes montrés, nous avons parlé avec nos hôtes et nous allons construire quelque chose ensemble. C’est ce qui est important. Il y a des Mou (Memorandum of understanding) qui vont être mis en place. Il y a même une délégation turque qui va bientôt venir à Abidjan.

Comment envisagez-vous la suite de cette mission ?

Cela passe par la mise en place d’un accord cadre. Toute chose qui pourra nous permettre, par exemple, en cas d’appel d’offres, de faire appel à nos homologues turcs. S’agissant de la fabrication de produits que nous ne faisons pas, nous pourrions, par exemple, nous associer en joint-venture. Nous avons eu la promesse que la société Dearsan souhaite s’installer en Côte d’Ivoire. Cela requiert des procédures. Les structures et spécialistes de la Cpupme.CI, en accord avec le gouvernement, doivent y travailler. Le gouvernement a son rôle à jouer et c’est en cela que l’accord entre la Côte d’Ivoire et la Turquie, signé par les présidents des deux États, est essentiel. Nous nous y engouffrons. Je pourrais donc dire que cette mission de la Cpupme.CI était une première en Côte d’Ivoire. Inédit de voir une structure patronale se déplacer, aller dans un pays, prendre des rendez-vous et parler avec les acteurs de l’économie de ce pays. C’est très enrichissant.

Quelles leçons tirer de cette expérience pour la Cpupme.CI et pour les Pme Ivoiriennes dans l’ensemble ?

Ce que l’on peut retenir de tout cela, c’est que l’initiative de la Confédération patronale des Pme doit se poursuivre. Nous sommes partis pour voir comment ils travaillent certes, mais nous allons nous aussi voir dans quelle mesure nous installer en Turquie. Nous avons des Pme, des structures qui veulent s’installer dans ce pays. Nous allons en discuter pour en apprécier la faisabilité et les Turcs se montrent disposés. Il nous faut être simplement plus ambitieux et pragmatiques. Autre élément à retenir : l’approche du gouvernement doit être une approche « Botton top ». Je veux dire par là qu’elle doit être dynamique et exploratoire. Ce que nous venons de faire, nous le faisons pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire. Il faut mettre un budget en place pour nous accompagner dans ce que nous faisons. Il faut donc une répartition équitable des fruits de la taxe spéciale d’équipement pour nous permettre nous aussi de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de se projeter dans certains pays, forte de son savoir-faire et parce qu’elle est organisée en filières. Mais peut-on réaliser cela si tous les fonds, surtout les financements du secteur privé, sont captés par un groupe prétendant parler au nom du secteur privé ivoirien ? Qui leur a donné cette légitimité ? En Turquie, je n’ai pas vu cela. J’ai vu chacun faire son travail pour l’intérêt de l’économie turque. Il ne s’agit pas de dire que l’on veut faire un investissement pour les Pme. Il faut, au contraire, leur donner les moyens de faire leur investissement parce qu’elles savent ce qu’elles veulent. Leur mission, elles la connaissent : c’est l’économie locale, la sous-traitance, l’amélioration de la qualité de vie des Ivoiriens et des Ivoiriennes, la mise à disposition des populations de services et produits simples et pas chers.
Source : Fratmat.info et sercom

Affaires// Dr Moussa Elias Farakhan Diomandé, président de la CPUPME.CI // « Les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités »

mardi, 08 août 2023 09:16 Written by Admin

De retour d'une mission en Turquie, le président de la Confédération patronale unique des Pme, Moussa Élias Diomandé, livre les acquis d'un échange d'expériences enrichissant.
La Confédération patronale unique des Petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire était en mission en Turquie, en juillet. A quoi obéissait un tel voyage ?

A la Confédération patronale unique des Pme de Côte d’Ivoire, nous sommes partis du constat que les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités sur plusieurs plans : managérial certes, mais aussi organisationnel, touchant à la connaissance, au savoir technologique, à la transformation et à l’industrialisation. Nous sommes donc partis prospecter pour voir comment nos homologues turcs sont organisés et travaillent.

Quels sont les supports, les ressorts qu’ils ont et qui leur permettent d’être présents partout dans le monde ?

D’où la visite des zones industrielles dédiées aux Pme telle Imes. Nous avons rendu visite au Kosgeb, une organisation patronale non seulement chargée d’accompagner les Pme, mais qui également finance l’économie locale. Nous avons rencontré nos homologues du Musiad qui est la plus puissante organisation patronale en Turquie pour les Pme. Les objectifs de ces organisations ne sont pas les mêmes. Cependant, la maîtrise de l’économie locale est l’affaire des Pme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont très bien organisées. Dans le même élan, nous avons voulu savoir comment on peut s’installer en Turquie.

Quels sont les critères pour le faire ? Quelles en sont les exigences ? De quoi les Turcs peuvent-ils avoir besoin venant de nous ?

Ce que je puis souligner, c’est que les Turcs contrôlent leur économie.

Et si l’on vous disait de faire le portrait des entrepreneurs et Pme turcs, comment les décrieriez-vous ?

Les Pme turques sont généralement familiales. On a ainsi une première, une deuxième génération d’entrepreneurs et la transmission se fait généralement de père en fils. C’est ce que j’ai remarqué dans un premier temps. Et cette organisation a du sens dans la stratification administrative et fiscale des entreprises. Chez nous, nous avions, à l’époque, demandé au gouvernement de ne pas se focaliser sur la nomenclature quantitative et fiscale des entreprises (Sa, Sarl), mais de mettre l’accent sur la nomenclature familiale, sociale, qualitative ; parce que dans l’entreprise familiale, les capitaux ne sont pas instables. Ils viennent de la contribution familiale et les risques de marché ne sont pas les mêmes. Cela explique, en partie, le fait que ses entreprises durent davantage. Elles ont une meilleure gouvernance. Elles ne sont pas sujettes à des crises systémiques dues à des chocs ou à une instabilité de la gouvernance, du management. La deuxième observation, c’est que les Turcs sont positionnés sur le plan industriel parce qu’ils font tout eux-mêmes. Ils ont la connaissance et le savoir-faire. Je prends un exemple : si nous devons fabriquer une voiture, nous devons avoir l’ingénierie, les ateliers de montage, avoir des Pme capables de fabriquer les différentes pièces et autres composantes (joints, cardans, réservoirs, pneus etc.). La Turquie dispose de cela. Troisième observation : ils sont organisés de manière complémentaire. Les organisations comme la nôtre y orchestrent tout. Il y a une synergie également avec le monde de la connaissance ; d’où leur regroupement dans des zones industrielles dédiées exclusivement aux Pme. Enfin, ils disposent d’un réseau business mondial redoutable. Nous allons nous inspirer de ce modèle pour demander au gouvernement de mettre en place des zones industrielles dédiées aux Pme.

En termes d’acquis, êtes-vous satisfaits ? Pouvez-vous en énumérer quelques-uns ?

Le monde des affaires ne fonctionne pas comme une partie de chasse. Dans le milieu des affaires, il faut créer le contact, puis la confiance. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on peut convenir de construire quelque chose ensemble. C’est ce que nous avons réussi à faire. Nous nous sommes montrés, nous avons parlé avec nos hôtes et nous allons construire quelque chose ensemble. C’est ce qui est important. Il y a des Mou (Memorandum of understanding) qui vont être mis en place. Il y a même une délégation turque qui va bientôt venir à Abidjan.

Comment envisagez-vous la suite de cette mission ?

Cela passe par la mise en place d’un accord cadre. Toute chose qui pourra nous permettre, par exemple, en cas d’appel d’offres, de faire appel à nos homologues turcs. S’agissant de la fabrication de produits que nous ne faisons pas, nous pourrions, par exemple, nous associer en joint-venture. Nous avons eu la promesse que la société Dearsan souhaite s’installer en Côte d’Ivoire. Cela requiert des procédures. Les structures et spécialistes de la Cpupme.CI, en accord avec le gouvernement, doivent y travailler. Le gouvernement a son rôle à jouer et c’est en cela que l’accord entre la Côte d’Ivoire et la Turquie, signé par les présidents des deux États, est essentiel. Nous nous y engouffrons. Je pourrais donc dire que cette mission de la Cpupme.CI était une première en Côte d’Ivoire. Inédit de voir une structure patronale se déplacer, aller dans un pays, prendre des rendez-vous et parler avec les acteurs de l’économie de ce pays. C’est très enrichissant.

Quelles leçons tirer de cette expérience pour la Cpupme.CI et pour les Pme Ivoiriennes dans l’ensemble ?

Ce que l’on peut retenir de tout cela, c’est que l’initiative de la Confédération patronale des Pme doit se poursuivre. Nous sommes partis pour voir comment ils travaillent certes, mais nous allons nous aussi voir dans quelle mesure nous installer en Turquie. Nous avons des Pme, des structures qui veulent s’installer dans ce pays. Nous allons en discuter pour en apprécier la faisabilité et les Turcs se montrent disposés. Il nous faut être simplement plus ambitieux et pragmatiques. Autre élément à retenir : l’approche du gouvernement doit être une approche « Botton top ». Je veux dire par là qu’elle doit être dynamique et exploratoire. Ce que nous venons de faire, nous le faisons pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire. Il faut mettre un budget en place pour nous accompagner dans ce que nous faisons. Il faut donc une répartition équitable des fruits de la taxe spéciale d’équipement pour nous permettre nous aussi de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de se projeter dans certains pays, forte de son savoir-faire et parce qu’elle est organisée en filières. Mais peut-on réaliser cela si tous les fonds, surtout les financements du secteur privé, sont captés par un groupe prétendant parler au nom du secteur privé ivoirien ? Qui leur a donné cette légitimité ? En Turquie, je n’ai pas vu cela. J’ai vu chacun faire son travail pour l’intérêt de l’économie turque. Il ne s’agit pas de dire que l’on veut faire un investissement pour les Pme. Il faut, au contraire, leur donner les moyens de faire leur investissement parce qu’elles savent ce qu’elles veulent. Leur mission, elles la connaissent : c’est l’économie locale, la sous-traitance, l’amélioration de la qualité de vie des Ivoiriens et des Ivoiriennes, la mise à disposition des populations de services et produits simples et pas chers.
Source : Fratmat.info et sercom

Interview//Gestion des déchets Covid-19 en Côte d’Ivoire//Professeur Kouadio Kouamé(Institut Pasteur) « L’objectif est de couvrir tout le territoire national. »

mercredi, 19 juillet 2023 07:33 Written by Admin

La Covid-19 est certes maitrisée en Côte d’Ivoire, mais que sont devenus les  déchets Covid ? Le professeur Kouadio Kouamé, responsable de la gestion des déchets médicaux au département environnement et santé de l’Institut Pasteur Côte d’Ivoire) /chargé du traitement des déchets Covid-19 fait le point….
Qui êtes- vous ?
Je suis le Professeur KOUADIO Kouamé, Maître de Recherche en santé publique et médecine préventive. Je suis médecin de formation et titulaire d’un PhD en médecine préventive et environnementale obtenu au Japon. Je suis aussi titulaire d’un diplôme de Vaccinologie obtenue en 2008 à l’Institut Pasteur de Paris(France) et d’un Diplôme en épidémiologie et statistique obtenu à l’Université Libre de Bruxelles en Belgique. Je suis le chef de l’Unité éco épidémiologie, responsable de la gestion des déchets médicaux au département environnement et santé de Institut Pasteur Côte d’Ivoire)/chargé du traitement des déchets Covid-19
Pouvez-vous nous faire un point sur le traitement des déchets Covid-19 ?
Votre interview vient à point nommé. En effet, elle nous permet de dresser le bilan du traitement des déchets Covid -19. Il faut rappeler qu’à la faveur de la visite de feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly en Mai 2020, Paix à son âme, nous lui indiquions que 8 tonnes de déchets avaient déjà été incinérées par notre unité. Depuis cette date jusqu’ à ce jour, l’Institut Pasteur a détruit 198 tonnes de déchets Covid-19. Récemment, à la faveur d’une réunion organisée par l’Unité de coordination des projets-santé (Ucp Santé) Banque mondiale qui finance tout ce qui est gestion des déchets Covid pour la Côte d’Ivoire, il nous a été communiqué que plus de 400 tonnes de déchets ont été incinérés dans le cadre de la prise en charge des déchets sanitaires et ceux issus des centres de vaccination.
Quand la pandémie est apparue en mars 2020, chaque structure gérait comme elle le pouvait ses déchets. Le ministère de Santé et de la couverture maladie universelle représenté par le Direction de l’hygiène et de la santé publique Environnement (Dhpse) a demandé à l’Ucp Santé Banque mondiale, de prendre en charge la gestion des déchets Covid issus des tests de diagnostic afin de soutenir les efforts de la Côte d’Ivoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le virus ne circule plus avec la même ampleur, mais il faut souligner qu’il est bien présent. Il faut noter que l’Ucp santé s’occupe également des déchets issus des centres de vaccination. En 2021, les activités de gestion des déchets étaient concentrées seulement à Abidjan. Mais depuis l’année 2022, les structures en charge du transport de ces déchets, ont été étendues à des villes de l’intérieur du pays ; citons : Bouaké, Korhogo, Agboville et Aboisso pour ne citer que celles-là. Dans cette activité, tous les déchets médicaux récupérés sont acheminés vers des sites d’incinération. L’objectif de l’Etat de Côte d’Ivoire étant de couvrir tout le territoire national.

A combien de tonnes peut-on évaluer à ces déchets produits à traiter ?
Comme je l’ai souligné plutôt, nous au niveau de l’Institut Pasteur nous avons incinéré 198 tonnes de déchets Covid de 2020 à ce mois de juillet 2023. Au niveau d’Abidjan, nous sommes le deuxième site qui abrite un incinérateur. Celui de l’Institut national d’hygiène Publique (Inhp),d’Abobo étant plus volumineux que le nôtre, et donc a incinéré plus de déchets que nous. En ce qui concerne Abidjan, nous avons aussi l’incinérateur du Chu d’Angré
Professeur, est-ce que l’Institut Pasteur et les autres structures ont les moyens de traiter tous les déchets Covid ?

L’Etat fait ce qu’il peut. Comme je vous le disais plus haut, Quand la Covid est apparue, c’est la Banque Mondiale qui a soutenu l’Etat de Côte d’Ivoire pour pouvoir incinérer les déchets. Nous pensons que l’Etat de Côte d’Ivoire a beaucoup fait et dans ce sens. Il a appuyé et continue d’ailleurs de le faire pour les différentes structures afin de les approvisionner en gaz butane. Des perdîmes ont été octroyés pour intéresser le personnel qui s’occupe des activités d’incinération. Par ailleurs, d’autres bonnes volontés seraient les bienvenues dans la gestion des déchets. Etant donné qu’au ministère de la Santé et de la couverture maladie universelle, ce ne sera pas seulement es déchets Covid mais tous les autres déchets découlant des activités de soins
Pouvez -vous nous donner des précisions sur les catégories de déchets ?
Nous avons trois grandes catégories de déchets. La première catégorie, ce sont déchets ménagers et assimilés. La deuxième, ce sont les déchets d’activités de soins à risque infectieux et la troisième ce sont les déchets médicaux non infectieux. Ce sont les deux dernières catégories qui sont surtout pris en charges par notre unité. Comme dans le cadre de la pandémie, il ya aujourd’hui des réactifs périmés et des masques non utilisés périmés, il va falloir les détruire pour ne pas qu’ils se retrouvent dans l’environnement immédiats des ivoiriens.

Pour revenir aux masques usagés et abandonnés dans la nature, peuvent-ils être sources de contamination de certaines maladies ?

Evidement que les masques sont sources d’infection s’ils sont contaminés. L’Etat a fait beaucoup d’efforts dans ce sens. Les populations ne sont peut-être pas habituées à l’utilisation des masques. Ceux qui sont utilisés en milieu hospitalier restent à l’hôpital et beaucoup d’efforts sont faits dans ce sens. A ce niveau, le problème ne se pose pas, vu que nous avons l’habitude d’utiliser des masques. Au tout début de la crise sanitaire, les frontières étant fermées, chaque pays a demandé aux différentes structures l’utilisation des produits locaux ; notamment en tissu qu’on pouvait désinfecter et laver. Ces masques sont réutilisables et non périssables. Toutefois, la Côte d’Ivoire a fait de gros efforts pour arriver à une maitrise de la pandémie à travers la distribution gratuite de masques.

Quelle pourrait être la durée de vie de ces masques bleu très prisés au début de la pandémie s’ils sont abandonnés dans la nature ?
Ces masques ne sont pas du coton. Ils sont du polypropylène qui s’apparente à du plastique et peuvent rester des centaines d’année dans la nature. Normalement, Il ne faut pas les abandonner dans la nature. Nous les africains et précisément les Ivoiriens, nous avons cette habitude de jeter tout ce que nous utilisons n’importe où. Comme je le disais plus haut, beaucoup de masques ont été pris en charge par l’Etat de Côte d’Ivoire via le ministère de la Santé et de la couverture maladie universelle. Les déchets ont été convoyés dans les trois centres d’incinération des déchets Covid-19. Je voudrais parler des masques utilisés en milieux hospitaliers. Ceux qui ont été utilisés en dehors ont été jetés à la poubelle. Ces poubelles, ce sont les entreprises Ecoti. S.A et Eco eburnie qui s’occupent du transport vers le centre d’enfouissement technique de Kossihouen sur la route de Yamoussoukro. Ces masques sont en plastique, ils peuvent passer des centaines d’années dans la nature avant de se décomposer.

Faut-il prévoir un projet de recyclage de ces déchets covid à autre chose ?
Dans les pays développés, ces genres de déchets incinérés sont utilisés dans la fabrication des pavés, en vue de revêtement de certaines voies. Ça c’est une première solution. Pour terminer je voudrais remercier l’Etat de Côte d’Ivoire qui, à travers le ministère de la santé et de la couverture maladie universelle, n’a ménagé aucun effort, pour appuyer les structures comme l’Institut Pasteur qui dépend du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, pour nous équiper en intrants, masques, sacs poubelles, intrants de laboratoires et gaz qui nous ont permis de lutter efficacement contre la pandémie. Les résultats sont là. Au début de la pandémie à Corona virus, les occidentaux disaient que les africains allaient mourir en masses parce que les structures sanitaires n’étaient pas prêtes. Dieu merci, ça n’a pas été le cas. Ce sont plus tôt les européens qui en sont morts en grand nombre. Au niveau de notre pays, les résultats sont aussi l’aboutissement de processus qui avaient été mis en place par la Côte d’Ivoire dans le cadre de l’épidémie d’Ebola. Cela a permis la prise en charge rapide et efficace de la Covid-19 et de réduire les effets de la pandémie comme on le constate aujourd’hui.
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Professeur Kouadio Kouamé(Institut Pasteur) : « Les résultats sont aussi l’aboutissement de processus qui avaient été mis en place par la Côte d’Ivoire dans le cadre de l’épidémie d’Ebola. »

 

Interview //’Salma la Cavalière élégante’ //Liberté de la femme en Arabie Saoudite : « Les femmes sont très protégées par le gouvernement saoudien »

jeudi, 22 juin 2023 16:15 Written by Admin

Absence de liberté, fermeture au monde extérieur et oisiveté. Voici autant de stéréotypes véhiculés sur le compte de femme arabe voilée, notamment les saoudiennes. Le témoignage de ‘Salma la cavalière élégante’, une designer vivant en Arabie Saoudite, rencontrée à Rabat, au Maroc, lors du Festival Afrifata2023…
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Salma, française d’origine marocaine. Je vis en Arabie Saoudite. Où je travaille en tant qu’ingénieur et je suis professeur d’équitation. J’élève et je vends des Pur- sang arabe.
Dans ce pays, il se dit que les femmes ne travaillent pas, vrai ?
Pas du tout. Les choses ont énormément évolué. Les femmes conduisent leurs voitures et investissent. Ce n’est pas du tout comme avant, les femmes sont beaucoup plus ouvertes et beaucoup plus entreprenantes de nos jours. Contrairement à ce que les gens disent, les femmes sont très protégées par le gouvernement saoudien et elles ont énormément de droits. Malheureusement, c’est la propagande médiatique, qui propage beaucoup de préjugés. Il faut voyager, connaitre la culture et la religion des autres pour pouvoir comprendre la diversité.

A vous entendre, si vous utilisez « Salma » tout cours, cela voudrait dire que la liberté d’expression n’est pas totale en Arabie Saoudite ?

La définition de la liberté change. Votre liberté n’est pas forcement ma définition à moi. Par exemple, chez vous les femmes ne se couvrent pas. Cela ne voudrait pas dire que celles qui ne se couvrent pas sont forcément libres. Il faut accepter que les gens soient différents et les cultures aussi. Le jour qu’on aura accepté qu’on est tous différents et que le monde est beau lorsqu’on est différents. Nous ne sommes pas des robots qui se ressemblent tous.
Comment peut-on définir votre art ?
A la base, je suis cavalière et j’ai commencé à monter à cheval avec ce qu’on appelle les Abaya. C’est -à dire les robes noires que les saoudiennes portent. C’est pour casser les stéréotypes qu’on a en Europe, qu’on sur la femme musulmane qui s’habillent en noir, qui ne peut rien faire que de rester à la maison et qui n’a pas de passion. Bref, c’est pour casser ces préjugés là que j’ai commencé par-là, pour passer un message à ces femmes-là. Pour dire que même si l’on s’habille de cette façon, l’on peut bien faire ce qu’on souhaite. Pratiquer des sports intenses comme l’équitation. Par la suite, j’ai commencé à designer des Abaya pour moi-même. J’ai commencé à comprendre que j’avais ma propre identité et qu’on aimait bien ça. C’est grâce à mes followers sur instagramme, que j’ai commencé à construire ma propre collection de cette créativité que j’ai commencée par l’équitation.
D’où vous ai venu cet amour pour le cheval ?
J’ai remarqué que l’équitation est un monde très fermé. Aussi, j’ai remarqué que dans chaque magasin, on trouvait presque la même chose. J’ai voulu être une cavalière à part, plus élégante et qui porte des ténues plus élégantes. Le cheval est un animal puissant et élégant. Donc je voudrais être une cavalière qui est belle et à la hauteur de cet animal.
Des saoudiens sont allés à l’école occidentale comme vous et sont revenus au pays. Quel est le regard de celles qui sont restées au pays sur vous ?
Honnêtement, 99% des femmes, sont très heureuses de voir une femme très ouverte. Ces femmes que vous dites orthodoxes, viennent très souvent me voir, pour prendre des cours et faire exactement la même chose que moi. Moi je pratique ma religion. Je suis de la religion musulmane et très ouverte sur ceux qui ne se voilent pas. Je vous apprends que j’ai vécu et grandi en France, j’ai une double culture et très ouverte à celles qui ne se couvrent pas. Autant j’accepte les autres, j’aimerais bien qu’on m’accepte ma voie et ma liberté.

En Arabie Saoudite, y a-t-il des femmes démocrates et engagées ?
Oui, je fais partie d’un groupe de 30 femmes entrepreneuses et nous nous voyons régulièrement, pour échanger et voir comment faire avancer nos activités. Je voudrais vous préciser que l’Arabie Saoudite d’avant était aussi très bien. Seulement, on ne savait pas comment les femmes vivaient. Les femmes avaient par exemple, leur chauffeur privé et il n’y avait pas assez de contraintes. C’est ce qu’elles m’ont dit. Aujourd’hui, elles conduisent leurs voitures et peuvent aller n’importe où et elles ont plus de liberté. Moi la femme voilée, quand je vais en France, je trouve zéro activité, je ne peux faire de gymnastique, par exemple. Par contre en Arabie Saoudite et avec toutes les infrastructures qui sont faites pour les femmes, je trouve que j’y ai beaucoup plus de liberté qu’en France.
Interview réalisée à Rabat, au Maroc, par Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Salma La cavalière élégante : « Moi la femme voilée, quand je vais en France, je trouve zéro activité… »

Interview// Guido Brusco, (COO- Ressources naturelles de Eni Spa) // « Le gaz produit par Baleine sera entièrement dédié à l'approvisionnement du marché intérieur »

mercredi, 14 juin 2023 17:01 Written by Admin

Pouvons-nous en savoir un peu plus sur la coopération entre Eni et la Côte d'Ivoire qui a conduit à la découverte d'hydrocarbures géants dans le champ de Baleine en 2021 ?

En Côte d'Ivoire, nous avons reconnu l'existence d'un cadre législatif, réglementaire et contractuel attrayant qui crée un environnement commercial favorable, attirant les investissements d'entreprises internationales telles qu'Eni. Permettez-moi d'évoquer notre exemple concret. Un exemple qui me rend particulièrement fier, ainsi que toute l'équipe d'Eni.

Je parle de la coopération solide et fiable entre Eni et la Côte d'Ivoire qui a conduit à la découverte d'hydrocarbures géants dans le champ de Baleine en 2021.
Eni est revenu en Côte d'Ivoire en 2015, après avoir été actif dans le pays dans les années 60 et 80. Nous sommes revenus parce que nous partagions une vision stratégique commune et un dialogue constructif et concret avec les institutions et les partenaires ivoiriens. Depuis la découverte de Baleine, en septembre 2021, Eni et toutes les parties impliquées travaillent à la mise en production du champ à la mi-2023. C'est un temps record, moins de deux ans après la découverte, et nous sommes vraiment proches de la ligne d'arrivée.

Que représente le gisement Baleine pour Eni ?

Baleine est une récompense énorme pour Eni et la Côte d'Ivoire. Il s'agit de la première découverte commerciale après plus de 20 ans, ce qui donne une nouvelle perspective à l'exploration pétrolière et gazière dans le pays.
Baleine contribuera au développement industriel de la Côte d'Ivoire, en soutenant sa croissance économique pour les années à venir et en favorisant le développement socio-économique. Le gaz associé à Baleine alimentera la demande intérieure, assurant l'accès à l'énergie à des millions de personnes et permettant à la Côte d'Ivoire de devenir un centre énergétique régional. En fait, le gaz produit par Baleine sera entièrement dédié à l'approvisionnement du marché intérieur. Cela représentera une augmentation d'environ +50% de la production actuelle de gaz du pays.

Dans un monde en pleine transition énergétique, que faites-vous pour atteindre la neutralité carbone ?

Le développement de Baleine s'inscrit dans la trajectoire de transition énergétique d'Eni. Il est parfaitement conforme à notre idée d'une transition juste, qui réconcilie le droit au développement avec la nécessité globale de réduire les émissions.
La décarbonisation est en effet au cœur du développement de Baleine depuis le tout début. Baleine sera le premier développement net zéro en Afrique pour les émissions de type 1 et 2, c'est-à-dire les émissions directement attribuables à la production d'hydrocarbures.

Trois mois seulement après la découverte de Baleine [décembre 2021], nous avons signé un protocole d'accord avec le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie pour atteindre la neutralité carbone.

Pouvez- vous,  nous parler  un peu du cadre à la fois pour les initiatives visant à compenser les émissions de gaz à effet de serre... ?

En 3 mois seulement, nous avons pu fournir un cadre à la fois pour les initiatives visant à compenser les émissions de gaz à effet de serre et pour les projets de développement local. En conséquence, nous allons compenser les émissions de Baleine par un vaste programme de distribution de fourneaux améliorés. Ce programme a un double objectif : améliorer l'accès à l'énergie et réduire la déforestation et les émissions. De plus, les fourneaux sont fabriqués dans le pays, ce qui a un impact économique local direct. La distribution a commencé en juin 2022, avec un objectif de 300 000 foyers améliorés sur 7 ans, atteignant plus d'un million de bénéficiaires [à ce jour, 32 000 foyers améliorés ont été distribués En outre, Eni et le ministère des Eaux et Forêts ont convenu, le 20 septembre 2022, d'évaluer des projets REDD+ et d'autres solutions naturelles pour le climat sur une superficie de 380 000 hectares, afin de restaurer et de gérer les forêts et les savanes. Nous procédons rapidement : nous prévoyons de commencer la mise en œuvre du projet au quatrième trimestre 2023La combinaison et l'extension de ces initiatives permettront de compenser l'ensemble des émissions de CO2 de Baleine pendant toute sa durée de vie. Nous voyons la possibilité d'une coopération plus large sur les initiatives de transition énergétique, en particulier dans la chaîne de valeur de la mobilité durable. Nous évaluons la récupération des déchets oléagineux des chaînes de valeur agroalimentaires existantes, pour les presser en huile végétale qui sera ensuite transformée en biocarburant dans le système de bioraffinage d'Eni. Notre stratégie de développement prévoit une production précoce (phase 1) en 2023 avec une usine d'extraction existante.

Quels sont vos projets en faveur des populations ?

Dans le cadre des programmes de développement local et conformément à l'objectif d'une transition juste, Eni contribue à améliorer l'accès à une éducation de qualité. Nous requalifions 20 écoles primaires à Abidjan et dans le Sud Comoé, touchant ainsi plus de 8 000 élèves.
En outre, Eni investit dans le renforcement des capacités et la promotion du contenu local. En décembre 2021, l'université d'entreprise d'Eni et l'Institut national polytechnique Houphouët-Boigny ont convenu de coopérer sur des initiatives de renforcement des capacités, y compris des masters et des formations pour des techniciens qualifiés, ciblant 300 personnes au cours des 3 prochaines années.
Les initiatives d'Eni en Côte d'Ivoire amélioreront l'accès à l'énergie, soutiendront l'éducation et la santé, créeront de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises, le tout dans le but de réduire les émissions et l'impact sur l'environnement. C'est ce que nous appelons une transition juste.
Les nouveaux projets pétroliers et gaziers, s'ils sont développés dans des délais courts, peuvent soutenir la croissance économique à court et moyen terme, ouvrant ainsi la voie aux énergies renouvelables et à d'autres sources d'énergie décarbonées.

Un mot  pour conclure ?

Permettez-moi de conclure en disant que toutes ces activités sur lesquelles nous travaillons en Côte d'Ivoire témoignent du fait qu'Eni, les autorités ivoiriennes et leurs partenaires regardent dans la même direction et avec une vision stratégique commune. Une vision qui va bien au-delà du développement d'un grand projet pétrolier et gazier autonome, mais qui établit un point de départ pour une création de valeur durable en Côte d'Ivoire, sur la voie de la transition énergétique.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Légende photo : Guido Brusco, (COO- Ressources naturelles de Eni Spa) : « Les initiatives d'Eni en Côte d'Ivoire amélioreront l'accès à l'énergie »

 

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