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dimanche 3 mars 2024
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Interview//Koffi N’Guessan, Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage //: « L’École de la Deuxième Chance, une voie de sortie pour près de 4 à 6 millions de jeunes diplômés sans emploi ».

mardi, 26 décembre 2023 13:39 Written by

L’École de la deuxième chance (E2C) est l’un des deux programmes phares déployés par le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Koffi N’Guessan, afin de revaloriser son secteur. Grâce à l’E2C qui est une voie de sortie pour près de 4 à 6 millions de jeunes diplômés sans emploi, déscolarisés, non scolarisés ou mal insérés en emploi, 165 jeunes ont bénéficié de formations dans le Bâtiment et Travaux publics (BTP) en France depuis octobre 2022 et 15 000 apprentis sont déjà en formation dans les ateliers de mécanique, de couture, de soudure, etc., pour être insérés par l’État. Dans une interview accordée au Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), à son cabinet sis à Abidjan-Plateau, cet avocat des jeunes sortis trop tôt de l’école définit le concept E2C et présente les premiers acquis de la phase pilote.
Monsieur le Ministre, qu'est-ce c'est que l'École de la Deuxième Chance (E2C) ?

Près de 95% des enfants sont dans le système d’enseignement de type général. Cependant, il y a plusieurs goulots d’étranglement du CM2 à la Sixième, de la Troisième à la Seconde et de la Terminale à l’Université. Au regard des résultats du CEPE, du BEPC et du Baccalauréat, de nombreux jeunes sont sortis du système. Sur une population de près de 30 millions d’habitants, nous avons 4 à 6 millions de jeunes qui sont diplômés sans emploi, déscolarisés, non scolarisés ou mal insérés en emploi. Que faisons-nous pour ces jeunes qui sont sortis très tôt du système et qui veulent apprendre un métier ? C’est pour ce stock de jeunes que nous avons créé l'École de la Deuxième Chance pour leur donner cet espoir. Ce programme est destiné à requalifier, reconvertir ces jeunes aux métiers sur une courte durée et à garantir leur insertion professionnelle, avec l'appui, bien sûr, de nos partenaires du secteur productif et du gouvernement. Et cette École doit fonctionner en grande synergie avec tous les autres départements ministériels. Celui qui a eu la maîtrise peut être reconverti en informaticien. Un jeune qui n’a pas eu le BEPC, mais qui est à la maison, peut être reconverti en un grand conducteur d’engin. Un autre qui a eu le baccalauréat, mais qui n’a pas eu la chance d’aller à l’université, peut être reconverti en un spécialiste de la grande distribution. À partir de cette reconversion, il peut refaire son parcours et revenir encore à l’école pour s’inscrire. C’est ce type de passerelle que nous essayons de créer pour donner l’espoir à tous ces jeunes. L’apprenant peut commencer étant titulaire d’un CAP pour finir titulaire d’une maîtrise ou d’une licence professionnelle dans un domaine précis. C'est cela le projet de formation de 165 jeunes ivoiriens au BTP dans le Centre de Formation continue des Travaux publics (CFCTP) de Egletons, le Centre de Formation professionnelle initiale de Lyon et le Centre de Formation des Apprentis (CFA) de Bordeaux, en France. C’est cela le projet avec la grande distribution et c'est aussi cela les projets que nous allons avoir dans les autres secteurs au niveau de l'agriculture. L’idée de l’E2C, c’est qu’il ne s'agit pas de donner une formation ou une compétence à un jeune qui va encore retourner à la maison. Mais, c'est de donner l'occasion à un jeune d'avoir la compétence dans un domaine bien précis et d’aller travailler. C'est ce qui différencie l'E2C de tous les autres programmes.
Quels sont les acquis majeurs, à mi-parcours, de la mise en œuvre de l’E2C, surtout en cette année 2023 dédiée à la jeunesse, à travers le Programme Jeunesse du Gouvernement (PJ Gouv 2023-2025) ?

2023, année de la jeunesse avec le PJ Gouv 2023-2025, a été le lancement d'un processus, donc une année de départ. De façon globale, pour 2023 uniquement, ce sont près de 130 jeunes qu'on devait former en France et insérer en activité dans le milieu du BTP, notamment dans divers métiers : la topographie, la mécanique d'engins (pelles hydrauliques, tracteurs, niveleuses, compacteurs, etc.), la conduite d’engins, les métiers du bâtiment (maçonnerie, coffrage, menuiserie), les métiers de climatisation et froid effectués à Bordeau et les métiers audiovisuels (cameramen, photographes, etc.) avec d'autres partenaires qui sont allés à Lyon. Quant au taux d'insertion, il est de 100% d'autant plus que le secteur productif professionnel est à la base même de la sélection.
Au niveau du BTP, ce sont 165 jeunes formés en France entre trois à huit semaines, selon le métier. La phase expérimentale a commencé en 2022 avec près de 35 jeunes dont neuf filles, et la seconde phase en 2023, avec 130 jeunes dont 21 filles. La première cohorte a commencé en octobre 2022 pour finir avant la fin de l’année. La seconde cohorte a débuté en juin 2023 et la dernière vague de cette seconde cohorte à Egletons a fini le 9 décembre. Ȧ leur retour, ces jeunes font, dans l'entreprise qui les ont coptés au départ, une formation d'un stage d'à peu près trois mois où les méthodologues et les inspecteurs du ministère vont les suivre pour s'assurer qu’ils appliquent effectivement en Côte d'Ivoire les connaissances acquises en France. Ils sont ensuite évalués et c'est en ce moment qu'on leur délivre le Certificat de Qualification professionnelle (CQP) qui est le diplôme ivoirien sanctionnant ces formations. Les apprenants perçoivent également une prime mensuelle de stage pour faciliter leur transport.
Dans le secteur de la grande distribution (boucherie, boulangerie-pâtisserie, fruits et légumes, poissonnerie, charcuterie et fromage), en partenariat avec le consortium de la grande distribution en Côte d’Ivoire, nous avons déjà formé près de 500 jeunes de 18 à 35 ans ayant le niveau 3ème, pour un taux d'insertion d’environ 80%. Nous sommes en train de recruter actuellement sur la grande distribution une troisième cohorte de 650 jeunes dont on a fait les entretiens en octobre dernier.
En collaboration avec les ministères en charge des Sports et la Promotion de la Jeunesse, nous avons recruté et formé à peu près 5 000 jeunes aux métiers du sport, en prélude à la CAN prévue en Côte d’Ivoire. L'expérience d’autres pays dans la gestion des infrastructures post-CAN nous montre qu'après la compétition, ces infrastructures sont abandonnées. Ces jeunes sont formés à l'animation sportive, la maintenance des infrastructures sportives que sont le gazon, l'électricité, la climatisation, le bâtiment, voire dans la fabrication du matériel sportif que sont les ballons, les poteaux, les filets, etc.
Concernant le dispositif d'apprentissage qui fait partie de la composante essentielle de l'E2C, plusieurs projets ont été lancés. Le premier projet est celui de la formation qualifiante par apprentissage avec l'appui du C2D qui est appelé à former 6 000 apprentis de 2022 à 2023. Ces 6 000 apprentis ont fini leur formation au mois de septembre dernier. Nous sommes dans le processus d'insertion. Nous avons aussi des projets sectoriels, notamment le projet d'apprentissage d'éboulement qui est aussi en cours avec des entreprises agro-industrielles sur plusieurs mines qui concerne 75 apprentis. Il existe un projet d'apprentissage dans le Grand Nord dans le cadre de la gestion de la zone frontière post-crise et ce sont 1 500 apprentis qui y ont été formés. Nous avons aussi un volet apprentissage avec le Bureau international du Travail (BIT) qui a permis de former 80 jeunes sortis des plantations dans le cas de la lutte contre l’exploitation et la traite dans la cacaoculture. D’ailleurs, nous avons dans nos unités mobiles de formation près de 220 jeunes qui sont en cours de formation sur ce segment. Nous avons également le projet de formation-insertion avec les entreprises Kaydan avec 220 jeunes qui ont été recrutés dans les métiers du bâtiment qui sont en formation dans le cas des chantiers-écoles. Il y a encore près de 1 000 jeunes qui ont été recrutés par Palmci et Utexi.
Comment ont été sélectionnés ces jeunes au niveau du BTP ?

Bien avant, je voudrais relever que le secteur du BTP est devenu un secteur très florissant où la recherche de main d'œuvre qualifiée est forte. La sélection des bénéficiaires du projet BTP a été faite en deux cohortes. L'appel à candidature a été lancé au mois d’août 2022, via les médias et les communiqués sur le site du Ministère. Nous avons reçu près de 3 500 dossiers. Ȧ l’issue des entretiens avec le milieu professionnel, nous avons recruté à peu près 500 jeunes globalement qui étaient dans un noyau. Et après, nous avons pris les premiers 35 jeunes. Et lorsque les premiers 35 jeunes ont été formés, nous avons pris en 2023 ceux qui sont entre les 35 premiers et les 500, notamment 130. Ces différents jeunes ont été recrutés objectivement sur une cohorte de près 1 400. Ȧ la fin des entretiens avec les mises en situation dans les entreprises, ou par rapport aux différentes interrogations, ils ont été sélectionnés même préalablement par le secteur professionnel avant de commencer leurs stages. C'est une formation-insertion pour laquelle le ministère n'a fait que donner un cadre formel.
Qui s’est occupé de la prise en charge de ces bénéficiaires des projets BTP en France ?
Le ministère prend tout en charge via le Fonds de Développement et de la Formation professionnelle (FDFP), avec l'appui du gouvernement. Les billets d'avion, les frais de passeport, les frais médicaux, les frais de formation, les frais de transports et un forfait durant le séjour pour leurs petites dépenses sont pris en charge entièrement par l'État de Côte d'Ivoire. Le FDFP met également à la disposition de tous les jeunes les kits nécessaires pour l'apprentissage. Au passage, je tiens à remercier sincèrement S.E.M. l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Christophe Belliard. C'est grâce à lui que nous avons signé les premiers accords avec les entreprises du club Abidjan ville durable. Ce sont ces premières entreprises qui ont recruté nos premiers compatriotes formés dans le cadre du BTP à Egletons. L'ambassade de France nous a également appuyés en acceptant de délivrer les visas à nos compatriotes.
Ȧ ce stade, pourrait-on dire que l'E2C est un produit vendable ?

L’E2C est un concept nouveau en Côte d'Ivoire et certains n’y croyaient même pas. L'idée, c'est qu’il n'y a pas de sots métiers. Il faudra repenser le système et attirer les jeunes. Parmi les jeunes qui sont partis en Europe, certains ne croyaient pas à cette chance qu’on leur donnait. D’autres ne croyaient pas pouvoir avoir un métier et s'insérer si facilement en activité. Ils sont nombreux tous ces jeunes pour lesquels on doit fournir des efforts de formations nécessaires pour leur insertion. Autant on a décidé d’aller former certains en Europe, autant en interne des projets en apprentissage sont en œuvre sur toute l'étendue du territoire national pour d’autres. L’E2C est un point de départ. De plus en plus, le concept commence à être compris. Il appartient à toutes les structures de tous les ministères de pouvoir l’amplifier et d'informer les jeunes, parce que les possibilités existent. Que ce soit au niveau du sport, de l'agriculture, de l’industrie, du commerce, les offres sont là. Mais il y a un besoin de qualification. Aujourd’hui, on a besoin de bons plombiers, de bons menuisiers, de bons électriciens bâtiments, et autres. Le succès de ces projets pilotes est la preuve que l’E2C fonctionne bien et nous allons travailler justement avec les autres secteurs professionnels, avec les autres ministères pour aller à échelle. L’ambition du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, c’est de ne laisser personne en dehors du circuit. Avec l’E2C, la valorisation des métiers par la formation est possible.
Réalisée par le Cicg

 

 

 

Interview// Dr Adama Coulibaly (Dg Cca) : « Le Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl »

mercredi, 06 décembre 2023 17:28 Written by

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, s’est hissé cette année à la place de deuxième exportateur mondial d’amande de cajou. Or qui dit transformation, dit valeur ajoutée mais aussi coques. Aujourd’hui, la coque est valorisée. Entretien avec Adama Coulibaly, directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde, à l’occasion du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA 2023- du 29 septembre au 8 octobre à Abidjan).

On a assisté à une montée en puissance de la transformation de la noix de cajou jusqu’au point où la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième exportateur mondial ? D’autres pistes sont exploitées pour la transformation de la noix de cajou ?

Oui. Nous sommes dans la dynamique de la transformation du cajou et vous savez que cela génère beaucoup de coques. Elles pourraient être nuisibles à l’environnement si le volume n’est pas maîtrisé. Si bien que la plupart des douze unités qui se sont installées n’avait pas prévu la transformation de la coque. Cela a commencé à poser des problèmes à certaines unités.

Nous sommes, au nom de l’État de Côte d’Ivoire, chargés de travailler sur un environnement favorable à la transformation. L’environnement de la transformation doit être un environnement sain, propre et rassurant. C’est dans cet esprit, que Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl (Cashew Nut Shell Liquid) mais aussi en bien d’autres sous-produits comme les briquettes, comme source d’énergie dans la cuisine.

Où va se situer cette usine, quel est son coût ?

L’usine se situera à Yamoussoukro avec une capacité de 75 000 tonnes. L’investissement est de l’ordre de $12 millions. En 2024, les premiers tests de fonctionnement seront faits.

Pour nous c’est très important et nous avons également prévu sur les zones industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou un centre de valorisation des coques pour que les industriels qui vont s’installer sur ces zones ne soient pas gênés par les coques.

Je rappelle que nous sommes en train d’aménager 4 zones agro-industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou. La première, celle de Korhogo (7 unités industrielles vont s’installer), a été inaugurée samedi dernier (ndlr 29 septembre 2023). Puis celle de Bondoukou (4 unités) sera opérationnelle début 2024 et celle de Ségala (4 unités) au 1er trimestre 2024. Une sera aussi installée à Bouaké.
Sur chaque site nous avons prévu un centre de valorisation des coques. Le ratio est un kilo d’amande pour 4 kilos de coques pour 5 kilos de noix. Si on transforme 50 000 à 60 000 tonnes de cajou sur un site cela veut dire que l’on est au-delà de 40 000 à 50 000 tonnes de coques. Nous allons extraire du Cnsl, avoir des briquettes et tout cela dans un contexte de crise énergétique.

Outre le Cnsl comme biocombustible et ou pour l’industrie, d’autres développements sont prévus pour accroître la valeur ajoutée de la noix de cajou ?

Plus valoriser les amandes, utiliser les coques mais aussi les pommes avec au moins 4 millions de tonnes, en jus, en liqueur, en vinaigre, aliment de bétail et même en bioplastique.

La production va-t-elle suivre ?

Nous sommes à plus de 1 million de tonnes de noix de cajou brute et nous consommons tout au plus 250 000 tonnes. Nous avons de la marge. Et puis nous avons de petites plantations qui se créent. Surtout l’entretien des anciens vergers aujourd’hui avec la mise aux normes, les greffages, les sur greffages, etc. sont des techniques de plus en plus maîtrisées sur le terrain.

Le coton fait un peu pâle figure par rapport à l’anacarde ?

Nous sommes dans la dynamique de relancer l’industrie textile. Nous avons des candidats à l’investissement. C’est vrai que nous avons moins de visibilité que l’anacarde. Les perspectives commencent à se dessiner positivement. L’électricité est disponible et pas plus chère que dans beaucoup de pays.

Je milite à titre personnel pour l’intégration. Je ne pense pas qu’il faille avoir de la filature, du tissage, de la confection partout. Nous étions dans cette logique avec les investisseurs que nous avons rencontrés en 2019 pour que chacun profite de ses avantages comparatifs.

Le coton se cultivant aussi dans le Nord du pays comme l’anacarde, la compétition entre les deux cultures ne s’était-elle pas ravivée un peu plus ? Les cotonculteurs sont toujours motivés ?

Le prix varie. Après deux bonnes campagnes en 2021,2022, le prix de l’anacarde a chuté cette année avec une baisse du prix bord champs. Le coton est une culture annuelle, les cotonculteurs peuvent plus facilement passer sur une autre spéculation comme cela a été le cas sur le maïs, le maraîchage … Il faut continuer à les soutenir.
(Source : www.commodafrica.com)

 

Littérature//Eugene Zadi, auteur de, « L’âme cassée »// « J’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses »

mercredi, 22 novembre 2023 20:10 Written by

Le journaliste et directeur d’entreprise, Eugene Zadi, vient de publier aux éditions l’Harmattan, « L’âme cassée » recueil de 39 poèmes qui a été présenté officiellement le 22 novembre à la librairie Carrefour Siloé d’Abidjan.


”L’âme cassée” est le titre de votre recueil de poèmes. Avec quel autre titre a-t-il été en compétition avant de l’emporter ?


EZ: Il y a quelques titres auxquels j’avais pensé mais dès lors que j’ai trouvé « l’âme cassé », j’ai su
Aussitôt que c’était le bon titre.

Ce texte dans son atmosphère n’est pas loin des « quatrains du dégoût » de Zadi Zaourou, il
exhale la déception de l’homme. Est-ce volontaire ou atavique


EZ : Une chose est certaine, l’influence du poète Zadi Zaourou est manifeste dans ma poésie. Mais, comme je l’ai dit ailleurs, j’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses sans relâche durant ces dernières années. Lorsque les ennuis arrivent, ils volent en escadrille disait en substance Jacques Chirac mais aujourd’hui, je me sens mieux. J’ai une réelle paix intérieure même si les
cicatrices des épreuves sont encore légion en mon âme et sur mon corps.

S’agissant du caractère atavique que vous évoquez, il ne peut être que le tribut de deux valeurs -
misent à mal de nos jours qui caractérisent ma famille. Il s’agit de l’empathie et de la générosité.
L’empathie, c’est cette capacité à se mettre à la place d’autrui et à ressentir réellement sa souffrance et sa peine.

Autant mes parents que mes ainés, Marcel, Bernard, Louis etc. ils ont toujours secouru et
donné à autrui qui souffre, celui qui est tout simplement dans le besoin et cela sans compter sans
compter et sans discriminer. Ce sont deux valeurs qui produisent malheureusement ingratitude et trahison. Il faut pourtant vivre et croire en l’homme puisque de nombreux et nombreuses anonymes sont des femmes et des hommes de bien.

Faites-vous confiance en l’Homme en général, à la femme politique ?

EZ : Faire confiance en l’Homme en général ? Qu’est-ce qui est possible s’il est impossible de se faire confiance entre collègues, camarades ou amis et parfois même entre frères et sœurs ? La vie serait impossible du fait du règne de la méfiance, de la suspicion voir de la paranoïa. En réalité, la vraie problématique, c’est celle de la prudence. Il faut rentrer et vivre en relation avec l’autre en étant prudent, je dirai même très prudent. D’ailleurs St Mathieu le conseille vivement dans la bible lorsqu’il écrit : « je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des
serpents » … Il faut donc faire confiance sans se livrer, faire confiance en étant réfléchi, faire
confiance tout en prenant des précautions. A cela, j’ajoute qu’il faut apprendre et apprendre vite de ses erreurs, de ses fautes et se doter d’une véritable capacité à se remettre en cause.

 

Si vous vous parez de cette armure qui prend sa source dans la sagesse et l’humilité, vous devriez pouvoir faire confiance sans grand risque. L’ennui est que l’on apprend tout cela dans les épreuves.
Quant à savoir si une femme politique est digne de confiance par à l’homme politique, je dirais que l’homme et la femme ont une différence de perception et d’approche des situations du fait de la différence de sensibilité.

Je suis tenté de penser que c’est à peu près tout ce qui pourrait rassurer dans le commerce avec la femme politique sur le terrain politique. Oublier que la femme politique reste et demeure un Homme politique est dangereux car l’instinct politique domine le genre à mon avis, mais je peux me tromper. Je reste cependant persuadé que quiconque fait une confusion à ce niveau prend des risques.

En revanche, les choses sont totalement différentes en matière de gestion où les femmes sont
beaucoup plus rigoureuses et moins dépensières que les hommes. Dans le couple, il me semble nécessaire voire primordiale que la confiance règne. Dans le cas contraire, je ne sais pas ce que le couple pourrait construire de solide et de durable. Evidemment, et je reste toujours prudent, c’est l’exception qui confirme la règle.

Pourquoi cette couverture avec une fenêtre entrouverte ?

EZ : Lorsque j’ai mis le point final à mon recueil, j’ai demandé à ma fille, Nahikey Zadi qui a fait des
études de publicité à Bordeaux de lire le recueil afin qu’elle me propose une couverture. A la deuxième tentative, j’ai été pleinement satisfait. C’est elle qui peut donc donner l’explication mais pour moi, c’est un vent de liberté après des années de confinement moral et de rudes épreuves qui se caractérisent par la vitre brisée. Cela dit, il appartient au lecteur de faire son interprétation en toute liberté selon son ressenti.


A quoi faites-vous allusion dans le poème « le tabouret » ?


EZ : C’est un mot qui était en vogue en Côte d’Ivoire et qui balise encore aujourd’hui la morale politique. Il m’a juste inspiré

Interview réalisée par BRIGITTE GUIRATHE
In FRATMAT N° 17668 du 20-11-2023

 

Affaires// Dr Moussa Elias Farakhan Diomandé, président de la CPUPME.CI // « Les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités »

mardi, 08 août 2023 09:16 Written by

De retour d'une mission en Turquie, le président de la Confédération patronale unique des Pme, Moussa Élias Diomandé, livre les acquis d'un échange d'expériences enrichissant.
La Confédération patronale unique des Petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire était en mission en Turquie, en juillet. A quoi obéissait un tel voyage ?

A la Confédération patronale unique des Pme de Côte d’Ivoire, nous sommes partis du constat que les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités sur plusieurs plans : managérial certes, mais aussi organisationnel, touchant à la connaissance, au savoir technologique, à la transformation et à l’industrialisation. Nous sommes donc partis prospecter pour voir comment nos homologues turcs sont organisés et travaillent.

Quels sont les supports, les ressorts qu’ils ont et qui leur permettent d’être présents partout dans le monde ?

D’où la visite des zones industrielles dédiées aux Pme telle Imes. Nous avons rendu visite au Kosgeb, une organisation patronale non seulement chargée d’accompagner les Pme, mais qui également finance l’économie locale. Nous avons rencontré nos homologues du Musiad qui est la plus puissante organisation patronale en Turquie pour les Pme. Les objectifs de ces organisations ne sont pas les mêmes. Cependant, la maîtrise de l’économie locale est l’affaire des Pme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont très bien organisées. Dans le même élan, nous avons voulu savoir comment on peut s’installer en Turquie.

Quels sont les critères pour le faire ? Quelles en sont les exigences ? De quoi les Turcs peuvent-ils avoir besoin venant de nous ?

Ce que je puis souligner, c’est que les Turcs contrôlent leur économie.

Et si l’on vous disait de faire le portrait des entrepreneurs et Pme turcs, comment les décrieriez-vous ?

Les Pme turques sont généralement familiales. On a ainsi une première, une deuxième génération d’entrepreneurs et la transmission se fait généralement de père en fils. C’est ce que j’ai remarqué dans un premier temps. Et cette organisation a du sens dans la stratification administrative et fiscale des entreprises. Chez nous, nous avions, à l’époque, demandé au gouvernement de ne pas se focaliser sur la nomenclature quantitative et fiscale des entreprises (Sa, Sarl), mais de mettre l’accent sur la nomenclature familiale, sociale, qualitative ; parce que dans l’entreprise familiale, les capitaux ne sont pas instables. Ils viennent de la contribution familiale et les risques de marché ne sont pas les mêmes. Cela explique, en partie, le fait que ses entreprises durent davantage. Elles ont une meilleure gouvernance. Elles ne sont pas sujettes à des crises systémiques dues à des chocs ou à une instabilité de la gouvernance, du management. La deuxième observation, c’est que les Turcs sont positionnés sur le plan industriel parce qu’ils font tout eux-mêmes. Ils ont la connaissance et le savoir-faire. Je prends un exemple : si nous devons fabriquer une voiture, nous devons avoir l’ingénierie, les ateliers de montage, avoir des Pme capables de fabriquer les différentes pièces et autres composantes (joints, cardans, réservoirs, pneus etc.). La Turquie dispose de cela. Troisième observation : ils sont organisés de manière complémentaire. Les organisations comme la nôtre y orchestrent tout. Il y a une synergie également avec le monde de la connaissance ; d’où leur regroupement dans des zones industrielles dédiées exclusivement aux Pme. Enfin, ils disposent d’un réseau business mondial redoutable. Nous allons nous inspirer de ce modèle pour demander au gouvernement de mettre en place des zones industrielles dédiées aux Pme.

En termes d’acquis, êtes-vous satisfaits ? Pouvez-vous en énumérer quelques-uns ?

Le monde des affaires ne fonctionne pas comme une partie de chasse. Dans le milieu des affaires, il faut créer le contact, puis la confiance. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on peut convenir de construire quelque chose ensemble. C’est ce que nous avons réussi à faire. Nous nous sommes montrés, nous avons parlé avec nos hôtes et nous allons construire quelque chose ensemble. C’est ce qui est important. Il y a des Mou (Memorandum of understanding) qui vont être mis en place. Il y a même une délégation turque qui va bientôt venir à Abidjan.

Comment envisagez-vous la suite de cette mission ?

Cela passe par la mise en place d’un accord cadre. Toute chose qui pourra nous permettre, par exemple, en cas d’appel d’offres, de faire appel à nos homologues turcs. S’agissant de la fabrication de produits que nous ne faisons pas, nous pourrions, par exemple, nous associer en joint-venture. Nous avons eu la promesse que la société Dearsan souhaite s’installer en Côte d’Ivoire. Cela requiert des procédures. Les structures et spécialistes de la Cpupme.CI, en accord avec le gouvernement, doivent y travailler. Le gouvernement a son rôle à jouer et c’est en cela que l’accord entre la Côte d’Ivoire et la Turquie, signé par les présidents des deux États, est essentiel. Nous nous y engouffrons. Je pourrais donc dire que cette mission de la Cpupme.CI était une première en Côte d’Ivoire. Inédit de voir une structure patronale se déplacer, aller dans un pays, prendre des rendez-vous et parler avec les acteurs de l’économie de ce pays. C’est très enrichissant.

Quelles leçons tirer de cette expérience pour la Cpupme.CI et pour les Pme Ivoiriennes dans l’ensemble ?

Ce que l’on peut retenir de tout cela, c’est que l’initiative de la Confédération patronale des Pme doit se poursuivre. Nous sommes partis pour voir comment ils travaillent certes, mais nous allons nous aussi voir dans quelle mesure nous installer en Turquie. Nous avons des Pme, des structures qui veulent s’installer dans ce pays. Nous allons en discuter pour en apprécier la faisabilité et les Turcs se montrent disposés. Il nous faut être simplement plus ambitieux et pragmatiques. Autre élément à retenir : l’approche du gouvernement doit être une approche « Botton top ». Je veux dire par là qu’elle doit être dynamique et exploratoire. Ce que nous venons de faire, nous le faisons pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire. Il faut mettre un budget en place pour nous accompagner dans ce que nous faisons. Il faut donc une répartition équitable des fruits de la taxe spéciale d’équipement pour nous permettre nous aussi de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de se projeter dans certains pays, forte de son savoir-faire et parce qu’elle est organisée en filières. Mais peut-on réaliser cela si tous les fonds, surtout les financements du secteur privé, sont captés par un groupe prétendant parler au nom du secteur privé ivoirien ? Qui leur a donné cette légitimité ? En Turquie, je n’ai pas vu cela. J’ai vu chacun faire son travail pour l’intérêt de l’économie turque. Il ne s’agit pas de dire que l’on veut faire un investissement pour les Pme. Il faut, au contraire, leur donner les moyens de faire leur investissement parce qu’elles savent ce qu’elles veulent. Leur mission, elles la connaissent : c’est l’économie locale, la sous-traitance, l’amélioration de la qualité de vie des Ivoiriens et des Ivoiriennes, la mise à disposition des populations de services et produits simples et pas chers.
Source : Fratmat.info et sercom

Affaires// Dr Moussa Elias Farakhan Diomandé, président de la CPUPME.CI // « Les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités »

mardi, 08 août 2023 09:16 Written by

De retour d'une mission en Turquie, le président de la Confédération patronale unique des Pme, Moussa Élias Diomandé, livre les acquis d'un échange d'expériences enrichissant.
La Confédération patronale unique des Petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire était en mission en Turquie, en juillet. A quoi obéissait un tel voyage ?

A la Confédération patronale unique des Pme de Côte d’Ivoire, nous sommes partis du constat que les Pme ivoiriennes ont besoin de renforcement de capacités sur plusieurs plans : managérial certes, mais aussi organisationnel, touchant à la connaissance, au savoir technologique, à la transformation et à l’industrialisation. Nous sommes donc partis prospecter pour voir comment nos homologues turcs sont organisés et travaillent.

Quels sont les supports, les ressorts qu’ils ont et qui leur permettent d’être présents partout dans le monde ?

D’où la visite des zones industrielles dédiées aux Pme telle Imes. Nous avons rendu visite au Kosgeb, une organisation patronale non seulement chargée d’accompagner les Pme, mais qui également finance l’économie locale. Nous avons rencontré nos homologues du Musiad qui est la plus puissante organisation patronale en Turquie pour les Pme. Les objectifs de ces organisations ne sont pas les mêmes. Cependant, la maîtrise de l’économie locale est l’affaire des Pme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont très bien organisées. Dans le même élan, nous avons voulu savoir comment on peut s’installer en Turquie.

Quels sont les critères pour le faire ? Quelles en sont les exigences ? De quoi les Turcs peuvent-ils avoir besoin venant de nous ?

Ce que je puis souligner, c’est que les Turcs contrôlent leur économie.

Et si l’on vous disait de faire le portrait des entrepreneurs et Pme turcs, comment les décrieriez-vous ?

Les Pme turques sont généralement familiales. On a ainsi une première, une deuxième génération d’entrepreneurs et la transmission se fait généralement de père en fils. C’est ce que j’ai remarqué dans un premier temps. Et cette organisation a du sens dans la stratification administrative et fiscale des entreprises. Chez nous, nous avions, à l’époque, demandé au gouvernement de ne pas se focaliser sur la nomenclature quantitative et fiscale des entreprises (Sa, Sarl), mais de mettre l’accent sur la nomenclature familiale, sociale, qualitative ; parce que dans l’entreprise familiale, les capitaux ne sont pas instables. Ils viennent de la contribution familiale et les risques de marché ne sont pas les mêmes. Cela explique, en partie, le fait que ses entreprises durent davantage. Elles ont une meilleure gouvernance. Elles ne sont pas sujettes à des crises systémiques dues à des chocs ou à une instabilité de la gouvernance, du management. La deuxième observation, c’est que les Turcs sont positionnés sur le plan industriel parce qu’ils font tout eux-mêmes. Ils ont la connaissance et le savoir-faire. Je prends un exemple : si nous devons fabriquer une voiture, nous devons avoir l’ingénierie, les ateliers de montage, avoir des Pme capables de fabriquer les différentes pièces et autres composantes (joints, cardans, réservoirs, pneus etc.). La Turquie dispose de cela. Troisième observation : ils sont organisés de manière complémentaire. Les organisations comme la nôtre y orchestrent tout. Il y a une synergie également avec le monde de la connaissance ; d’où leur regroupement dans des zones industrielles dédiées exclusivement aux Pme. Enfin, ils disposent d’un réseau business mondial redoutable. Nous allons nous inspirer de ce modèle pour demander au gouvernement de mettre en place des zones industrielles dédiées aux Pme.

En termes d’acquis, êtes-vous satisfaits ? Pouvez-vous en énumérer quelques-uns ?

Le monde des affaires ne fonctionne pas comme une partie de chasse. Dans le milieu des affaires, il faut créer le contact, puis la confiance. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on peut convenir de construire quelque chose ensemble. C’est ce que nous avons réussi à faire. Nous nous sommes montrés, nous avons parlé avec nos hôtes et nous allons construire quelque chose ensemble. C’est ce qui est important. Il y a des Mou (Memorandum of understanding) qui vont être mis en place. Il y a même une délégation turque qui va bientôt venir à Abidjan.

Comment envisagez-vous la suite de cette mission ?

Cela passe par la mise en place d’un accord cadre. Toute chose qui pourra nous permettre, par exemple, en cas d’appel d’offres, de faire appel à nos homologues turcs. S’agissant de la fabrication de produits que nous ne faisons pas, nous pourrions, par exemple, nous associer en joint-venture. Nous avons eu la promesse que la société Dearsan souhaite s’installer en Côte d’Ivoire. Cela requiert des procédures. Les structures et spécialistes de la Cpupme.CI, en accord avec le gouvernement, doivent y travailler. Le gouvernement a son rôle à jouer et c’est en cela que l’accord entre la Côte d’Ivoire et la Turquie, signé par les présidents des deux États, est essentiel. Nous nous y engouffrons. Je pourrais donc dire que cette mission de la Cpupme.CI était une première en Côte d’Ivoire. Inédit de voir une structure patronale se déplacer, aller dans un pays, prendre des rendez-vous et parler avec les acteurs de l’économie de ce pays. C’est très enrichissant.

Quelles leçons tirer de cette expérience pour la Cpupme.CI et pour les Pme Ivoiriennes dans l’ensemble ?

Ce que l’on peut retenir de tout cela, c’est que l’initiative de la Confédération patronale des Pme doit se poursuivre. Nous sommes partis pour voir comment ils travaillent certes, mais nous allons nous aussi voir dans quelle mesure nous installer en Turquie. Nous avons des Pme, des structures qui veulent s’installer dans ce pays. Nous allons en discuter pour en apprécier la faisabilité et les Turcs se montrent disposés. Il nous faut être simplement plus ambitieux et pragmatiques. Autre élément à retenir : l’approche du gouvernement doit être une approche « Botton top ». Je veux dire par là qu’elle doit être dynamique et exploratoire. Ce que nous venons de faire, nous le faisons pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire. Il faut mettre un budget en place pour nous accompagner dans ce que nous faisons. Il faut donc une répartition équitable des fruits de la taxe spéciale d’équipement pour nous permettre nous aussi de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de faire des investissements. La Cpupme.CI envisage de se projeter dans certains pays, forte de son savoir-faire et parce qu’elle est organisée en filières. Mais peut-on réaliser cela si tous les fonds, surtout les financements du secteur privé, sont captés par un groupe prétendant parler au nom du secteur privé ivoirien ? Qui leur a donné cette légitimité ? En Turquie, je n’ai pas vu cela. J’ai vu chacun faire son travail pour l’intérêt de l’économie turque. Il ne s’agit pas de dire que l’on veut faire un investissement pour les Pme. Il faut, au contraire, leur donner les moyens de faire leur investissement parce qu’elles savent ce qu’elles veulent. Leur mission, elles la connaissent : c’est l’économie locale, la sous-traitance, l’amélioration de la qualité de vie des Ivoiriens et des Ivoiriennes, la mise à disposition des populations de services et produits simples et pas chers.
Source : Fratmat.info et sercom

Interview//Gestion des déchets Covid-19 en Côte d’Ivoire//Professeur Kouadio Kouamé(Institut Pasteur) « L’objectif est de couvrir tout le territoire national. »

mercredi, 19 juillet 2023 07:33 Written by

La Covid-19 est certes maitrisée en Côte d’Ivoire, mais que sont devenus les  déchets Covid ? Le professeur Kouadio Kouamé, responsable de la gestion des déchets médicaux au département environnement et santé de l’Institut Pasteur Côte d’Ivoire) /chargé du traitement des déchets Covid-19 fait le point….
Qui êtes- vous ?
Je suis le Professeur KOUADIO Kouamé, Maître de Recherche en santé publique et médecine préventive. Je suis médecin de formation et titulaire d’un PhD en médecine préventive et environnementale obtenu au Japon. Je suis aussi titulaire d’un diplôme de Vaccinologie obtenue en 2008 à l’Institut Pasteur de Paris(France) et d’un Diplôme en épidémiologie et statistique obtenu à l’Université Libre de Bruxelles en Belgique. Je suis le chef de l’Unité éco épidémiologie, responsable de la gestion des déchets médicaux au département environnement et santé de Institut Pasteur Côte d’Ivoire)/chargé du traitement des déchets Covid-19
Pouvez-vous nous faire un point sur le traitement des déchets Covid-19 ?
Votre interview vient à point nommé. En effet, elle nous permet de dresser le bilan du traitement des déchets Covid -19. Il faut rappeler qu’à la faveur de la visite de feu le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly en Mai 2020, Paix à son âme, nous lui indiquions que 8 tonnes de déchets avaient déjà été incinérées par notre unité. Depuis cette date jusqu’ à ce jour, l’Institut Pasteur a détruit 198 tonnes de déchets Covid-19. Récemment, à la faveur d’une réunion organisée par l’Unité de coordination des projets-santé (Ucp Santé) Banque mondiale qui finance tout ce qui est gestion des déchets Covid pour la Côte d’Ivoire, il nous a été communiqué que plus de 400 tonnes de déchets ont été incinérés dans le cadre de la prise en charge des déchets sanitaires et ceux issus des centres de vaccination.
Quand la pandémie est apparue en mars 2020, chaque structure gérait comme elle le pouvait ses déchets. Le ministère de Santé et de la couverture maladie universelle représenté par le Direction de l’hygiène et de la santé publique Environnement (Dhpse) a demandé à l’Ucp Santé Banque mondiale, de prendre en charge la gestion des déchets Covid issus des tests de diagnostic afin de soutenir les efforts de la Côte d’Ivoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le virus ne circule plus avec la même ampleur, mais il faut souligner qu’il est bien présent. Il faut noter que l’Ucp santé s’occupe également des déchets issus des centres de vaccination. En 2021, les activités de gestion des déchets étaient concentrées seulement à Abidjan. Mais depuis l’année 2022, les structures en charge du transport de ces déchets, ont été étendues à des villes de l’intérieur du pays ; citons : Bouaké, Korhogo, Agboville et Aboisso pour ne citer que celles-là. Dans cette activité, tous les déchets médicaux récupérés sont acheminés vers des sites d’incinération. L’objectif de l’Etat de Côte d’Ivoire étant de couvrir tout le territoire national.

A combien de tonnes peut-on évaluer à ces déchets produits à traiter ?
Comme je l’ai souligné plutôt, nous au niveau de l’Institut Pasteur nous avons incinéré 198 tonnes de déchets Covid de 2020 à ce mois de juillet 2023. Au niveau d’Abidjan, nous sommes le deuxième site qui abrite un incinérateur. Celui de l’Institut national d’hygiène Publique (Inhp),d’Abobo étant plus volumineux que le nôtre, et donc a incinéré plus de déchets que nous. En ce qui concerne Abidjan, nous avons aussi l’incinérateur du Chu d’Angré
Professeur, est-ce que l’Institut Pasteur et les autres structures ont les moyens de traiter tous les déchets Covid ?

L’Etat fait ce qu’il peut. Comme je vous le disais plus haut, Quand la Covid est apparue, c’est la Banque Mondiale qui a soutenu l’Etat de Côte d’Ivoire pour pouvoir incinérer les déchets. Nous pensons que l’Etat de Côte d’Ivoire a beaucoup fait et dans ce sens. Il a appuyé et continue d’ailleurs de le faire pour les différentes structures afin de les approvisionner en gaz butane. Des perdîmes ont été octroyés pour intéresser le personnel qui s’occupe des activités d’incinération. Par ailleurs, d’autres bonnes volontés seraient les bienvenues dans la gestion des déchets. Etant donné qu’au ministère de la Santé et de la couverture maladie universelle, ce ne sera pas seulement es déchets Covid mais tous les autres déchets découlant des activités de soins
Pouvez -vous nous donner des précisions sur les catégories de déchets ?
Nous avons trois grandes catégories de déchets. La première catégorie, ce sont déchets ménagers et assimilés. La deuxième, ce sont les déchets d’activités de soins à risque infectieux et la troisième ce sont les déchets médicaux non infectieux. Ce sont les deux dernières catégories qui sont surtout pris en charges par notre unité. Comme dans le cadre de la pandémie, il ya aujourd’hui des réactifs périmés et des masques non utilisés périmés, il va falloir les détruire pour ne pas qu’ils se retrouvent dans l’environnement immédiats des ivoiriens.

Pour revenir aux masques usagés et abandonnés dans la nature, peuvent-ils être sources de contamination de certaines maladies ?

Evidement que les masques sont sources d’infection s’ils sont contaminés. L’Etat a fait beaucoup d’efforts dans ce sens. Les populations ne sont peut-être pas habituées à l’utilisation des masques. Ceux qui sont utilisés en milieu hospitalier restent à l’hôpital et beaucoup d’efforts sont faits dans ce sens. A ce niveau, le problème ne se pose pas, vu que nous avons l’habitude d’utiliser des masques. Au tout début de la crise sanitaire, les frontières étant fermées, chaque pays a demandé aux différentes structures l’utilisation des produits locaux ; notamment en tissu qu’on pouvait désinfecter et laver. Ces masques sont réutilisables et non périssables. Toutefois, la Côte d’Ivoire a fait de gros efforts pour arriver à une maitrise de la pandémie à travers la distribution gratuite de masques.

Quelle pourrait être la durée de vie de ces masques bleu très prisés au début de la pandémie s’ils sont abandonnés dans la nature ?
Ces masques ne sont pas du coton. Ils sont du polypropylène qui s’apparente à du plastique et peuvent rester des centaines d’année dans la nature. Normalement, Il ne faut pas les abandonner dans la nature. Nous les africains et précisément les Ivoiriens, nous avons cette habitude de jeter tout ce que nous utilisons n’importe où. Comme je le disais plus haut, beaucoup de masques ont été pris en charge par l’Etat de Côte d’Ivoire via le ministère de la Santé et de la couverture maladie universelle. Les déchets ont été convoyés dans les trois centres d’incinération des déchets Covid-19. Je voudrais parler des masques utilisés en milieux hospitaliers. Ceux qui ont été utilisés en dehors ont été jetés à la poubelle. Ces poubelles, ce sont les entreprises Ecoti. S.A et Eco eburnie qui s’occupent du transport vers le centre d’enfouissement technique de Kossihouen sur la route de Yamoussoukro. Ces masques sont en plastique, ils peuvent passer des centaines d’années dans la nature avant de se décomposer.

Faut-il prévoir un projet de recyclage de ces déchets covid à autre chose ?
Dans les pays développés, ces genres de déchets incinérés sont utilisés dans la fabrication des pavés, en vue de revêtement de certaines voies. Ça c’est une première solution. Pour terminer je voudrais remercier l’Etat de Côte d’Ivoire qui, à travers le ministère de la santé et de la couverture maladie universelle, n’a ménagé aucun effort, pour appuyer les structures comme l’Institut Pasteur qui dépend du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, pour nous équiper en intrants, masques, sacs poubelles, intrants de laboratoires et gaz qui nous ont permis de lutter efficacement contre la pandémie. Les résultats sont là. Au début de la pandémie à Corona virus, les occidentaux disaient que les africains allaient mourir en masses parce que les structures sanitaires n’étaient pas prêtes. Dieu merci, ça n’a pas été le cas. Ce sont plus tôt les européens qui en sont morts en grand nombre. Au niveau de notre pays, les résultats sont aussi l’aboutissement de processus qui avaient été mis en place par la Côte d’Ivoire dans le cadre de l’épidémie d’Ebola. Cela a permis la prise en charge rapide et efficace de la Covid-19 et de réduire les effets de la pandémie comme on le constate aujourd’hui.
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Professeur Kouadio Kouamé(Institut Pasteur) : « Les résultats sont aussi l’aboutissement de processus qui avaient été mis en place par la Côte d’Ivoire dans le cadre de l’épidémie d’Ebola. »

 

Interview //’Salma la Cavalière élégante’ //Liberté de la femme en Arabie Saoudite : « Les femmes sont très protégées par le gouvernement saoudien »

jeudi, 22 juin 2023 16:15 Written by

Absence de liberté, fermeture au monde extérieur et oisiveté. Voici autant de stéréotypes véhiculés sur le compte de femme arabe voilée, notamment les saoudiennes. Le témoignage de ‘Salma la cavalière élégante’, une designer vivant en Arabie Saoudite, rencontrée à Rabat, au Maroc, lors du Festival Afrifata2023…
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Salma, française d’origine marocaine. Je vis en Arabie Saoudite. Où je travaille en tant qu’ingénieur et je suis professeur d’équitation. J’élève et je vends des Pur- sang arabe.
Dans ce pays, il se dit que les femmes ne travaillent pas, vrai ?
Pas du tout. Les choses ont énormément évolué. Les femmes conduisent leurs voitures et investissent. Ce n’est pas du tout comme avant, les femmes sont beaucoup plus ouvertes et beaucoup plus entreprenantes de nos jours. Contrairement à ce que les gens disent, les femmes sont très protégées par le gouvernement saoudien et elles ont énormément de droits. Malheureusement, c’est la propagande médiatique, qui propage beaucoup de préjugés. Il faut voyager, connaitre la culture et la religion des autres pour pouvoir comprendre la diversité.

A vous entendre, si vous utilisez « Salma » tout cours, cela voudrait dire que la liberté d’expression n’est pas totale en Arabie Saoudite ?

La définition de la liberté change. Votre liberté n’est pas forcement ma définition à moi. Par exemple, chez vous les femmes ne se couvrent pas. Cela ne voudrait pas dire que celles qui ne se couvrent pas sont forcément libres. Il faut accepter que les gens soient différents et les cultures aussi. Le jour qu’on aura accepté qu’on est tous différents et que le monde est beau lorsqu’on est différents. Nous ne sommes pas des robots qui se ressemblent tous.
Comment peut-on définir votre art ?
A la base, je suis cavalière et j’ai commencé à monter à cheval avec ce qu’on appelle les Abaya. C’est -à dire les robes noires que les saoudiennes portent. C’est pour casser les stéréotypes qu’on a en Europe, qu’on sur la femme musulmane qui s’habillent en noir, qui ne peut rien faire que de rester à la maison et qui n’a pas de passion. Bref, c’est pour casser ces préjugés là que j’ai commencé par-là, pour passer un message à ces femmes-là. Pour dire que même si l’on s’habille de cette façon, l’on peut bien faire ce qu’on souhaite. Pratiquer des sports intenses comme l’équitation. Par la suite, j’ai commencé à designer des Abaya pour moi-même. J’ai commencé à comprendre que j’avais ma propre identité et qu’on aimait bien ça. C’est grâce à mes followers sur instagramme, que j’ai commencé à construire ma propre collection de cette créativité que j’ai commencée par l’équitation.
D’où vous ai venu cet amour pour le cheval ?
J’ai remarqué que l’équitation est un monde très fermé. Aussi, j’ai remarqué que dans chaque magasin, on trouvait presque la même chose. J’ai voulu être une cavalière à part, plus élégante et qui porte des ténues plus élégantes. Le cheval est un animal puissant et élégant. Donc je voudrais être une cavalière qui est belle et à la hauteur de cet animal.
Des saoudiens sont allés à l’école occidentale comme vous et sont revenus au pays. Quel est le regard de celles qui sont restées au pays sur vous ?
Honnêtement, 99% des femmes, sont très heureuses de voir une femme très ouverte. Ces femmes que vous dites orthodoxes, viennent très souvent me voir, pour prendre des cours et faire exactement la même chose que moi. Moi je pratique ma religion. Je suis de la religion musulmane et très ouverte sur ceux qui ne se voilent pas. Je vous apprends que j’ai vécu et grandi en France, j’ai une double culture et très ouverte à celles qui ne se couvrent pas. Autant j’accepte les autres, j’aimerais bien qu’on m’accepte ma voie et ma liberté.

En Arabie Saoudite, y a-t-il des femmes démocrates et engagées ?
Oui, je fais partie d’un groupe de 30 femmes entrepreneuses et nous nous voyons régulièrement, pour échanger et voir comment faire avancer nos activités. Je voudrais vous préciser que l’Arabie Saoudite d’avant était aussi très bien. Seulement, on ne savait pas comment les femmes vivaient. Les femmes avaient par exemple, leur chauffeur privé et il n’y avait pas assez de contraintes. C’est ce qu’elles m’ont dit. Aujourd’hui, elles conduisent leurs voitures et peuvent aller n’importe où et elles ont plus de liberté. Moi la femme voilée, quand je vais en France, je trouve zéro activité, je ne peux faire de gymnastique, par exemple. Par contre en Arabie Saoudite et avec toutes les infrastructures qui sont faites pour les femmes, je trouve que j’y ai beaucoup plus de liberté qu’en France.
Interview réalisée à Rabat, au Maroc, par Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Salma La cavalière élégante : « Moi la femme voilée, quand je vais en France, je trouve zéro activité… »

Interview// Guido Brusco, (COO- Ressources naturelles de Eni Spa) // « Le gaz produit par Baleine sera entièrement dédié à l'approvisionnement du marché intérieur »

mercredi, 14 juin 2023 17:01 Written by

Pouvons-nous en savoir un peu plus sur la coopération entre Eni et la Côte d'Ivoire qui a conduit à la découverte d'hydrocarbures géants dans le champ de Baleine en 2021 ?

En Côte d'Ivoire, nous avons reconnu l'existence d'un cadre législatif, réglementaire et contractuel attrayant qui crée un environnement commercial favorable, attirant les investissements d'entreprises internationales telles qu'Eni. Permettez-moi d'évoquer notre exemple concret. Un exemple qui me rend particulièrement fier, ainsi que toute l'équipe d'Eni.

Je parle de la coopération solide et fiable entre Eni et la Côte d'Ivoire qui a conduit à la découverte d'hydrocarbures géants dans le champ de Baleine en 2021.
Eni est revenu en Côte d'Ivoire en 2015, après avoir été actif dans le pays dans les années 60 et 80. Nous sommes revenus parce que nous partagions une vision stratégique commune et un dialogue constructif et concret avec les institutions et les partenaires ivoiriens. Depuis la découverte de Baleine, en septembre 2021, Eni et toutes les parties impliquées travaillent à la mise en production du champ à la mi-2023. C'est un temps record, moins de deux ans après la découverte, et nous sommes vraiment proches de la ligne d'arrivée.

Que représente le gisement Baleine pour Eni ?

Baleine est une récompense énorme pour Eni et la Côte d'Ivoire. Il s'agit de la première découverte commerciale après plus de 20 ans, ce qui donne une nouvelle perspective à l'exploration pétrolière et gazière dans le pays.
Baleine contribuera au développement industriel de la Côte d'Ivoire, en soutenant sa croissance économique pour les années à venir et en favorisant le développement socio-économique. Le gaz associé à Baleine alimentera la demande intérieure, assurant l'accès à l'énergie à des millions de personnes et permettant à la Côte d'Ivoire de devenir un centre énergétique régional. En fait, le gaz produit par Baleine sera entièrement dédié à l'approvisionnement du marché intérieur. Cela représentera une augmentation d'environ +50% de la production actuelle de gaz du pays.

Dans un monde en pleine transition énergétique, que faites-vous pour atteindre la neutralité carbone ?

Le développement de Baleine s'inscrit dans la trajectoire de transition énergétique d'Eni. Il est parfaitement conforme à notre idée d'une transition juste, qui réconcilie le droit au développement avec la nécessité globale de réduire les émissions.
La décarbonisation est en effet au cœur du développement de Baleine depuis le tout début. Baleine sera le premier développement net zéro en Afrique pour les émissions de type 1 et 2, c'est-à-dire les émissions directement attribuables à la production d'hydrocarbures.

Trois mois seulement après la découverte de Baleine [décembre 2021], nous avons signé un protocole d'accord avec le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie pour atteindre la neutralité carbone.

Pouvez- vous,  nous parler  un peu du cadre à la fois pour les initiatives visant à compenser les émissions de gaz à effet de serre... ?

En 3 mois seulement, nous avons pu fournir un cadre à la fois pour les initiatives visant à compenser les émissions de gaz à effet de serre et pour les projets de développement local. En conséquence, nous allons compenser les émissions de Baleine par un vaste programme de distribution de fourneaux améliorés. Ce programme a un double objectif : améliorer l'accès à l'énergie et réduire la déforestation et les émissions. De plus, les fourneaux sont fabriqués dans le pays, ce qui a un impact économique local direct. La distribution a commencé en juin 2022, avec un objectif de 300 000 foyers améliorés sur 7 ans, atteignant plus d'un million de bénéficiaires [à ce jour, 32 000 foyers améliorés ont été distribués En outre, Eni et le ministère des Eaux et Forêts ont convenu, le 20 septembre 2022, d'évaluer des projets REDD+ et d'autres solutions naturelles pour le climat sur une superficie de 380 000 hectares, afin de restaurer et de gérer les forêts et les savanes. Nous procédons rapidement : nous prévoyons de commencer la mise en œuvre du projet au quatrième trimestre 2023La combinaison et l'extension de ces initiatives permettront de compenser l'ensemble des émissions de CO2 de Baleine pendant toute sa durée de vie. Nous voyons la possibilité d'une coopération plus large sur les initiatives de transition énergétique, en particulier dans la chaîne de valeur de la mobilité durable. Nous évaluons la récupération des déchets oléagineux des chaînes de valeur agroalimentaires existantes, pour les presser en huile végétale qui sera ensuite transformée en biocarburant dans le système de bioraffinage d'Eni. Notre stratégie de développement prévoit une production précoce (phase 1) en 2023 avec une usine d'extraction existante.

Quels sont vos projets en faveur des populations ?

Dans le cadre des programmes de développement local et conformément à l'objectif d'une transition juste, Eni contribue à améliorer l'accès à une éducation de qualité. Nous requalifions 20 écoles primaires à Abidjan et dans le Sud Comoé, touchant ainsi plus de 8 000 élèves.
En outre, Eni investit dans le renforcement des capacités et la promotion du contenu local. En décembre 2021, l'université d'entreprise d'Eni et l'Institut national polytechnique Houphouët-Boigny ont convenu de coopérer sur des initiatives de renforcement des capacités, y compris des masters et des formations pour des techniciens qualifiés, ciblant 300 personnes au cours des 3 prochaines années.
Les initiatives d'Eni en Côte d'Ivoire amélioreront l'accès à l'énergie, soutiendront l'éducation et la santé, créeront de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises, le tout dans le but de réduire les émissions et l'impact sur l'environnement. C'est ce que nous appelons une transition juste.
Les nouveaux projets pétroliers et gaziers, s'ils sont développés dans des délais courts, peuvent soutenir la croissance économique à court et moyen terme, ouvrant ainsi la voie aux énergies renouvelables et à d'autres sources d'énergie décarbonées.

Un mot  pour conclure ?

Permettez-moi de conclure en disant que toutes ces activités sur lesquelles nous travaillons en Côte d'Ivoire témoignent du fait qu'Eni, les autorités ivoiriennes et leurs partenaires regardent dans la même direction et avec une vision stratégique commune. Une vision qui va bien au-delà du développement d'un grand projet pétrolier et gazier autonome, mais qui établit un point de départ pour une création de valeur durable en Côte d'Ivoire, sur la voie de la transition énergétique.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Légende photo : Guido Brusco, (COO- Ressources naturelles de Eni Spa) : « Les initiatives d'Eni en Côte d'Ivoire amélioreront l'accès à l'énergie »

 

Interview//Essoh Yanny Milie Blanche,épouse Abanet, présidente de la Commission de la Concurrence// «Nous sommes le gendarme de l’économie nationale.»

lundi, 12 juin 2023 16:01 Written by

Jusque-là discrète mais efficace dans l’ombre, la Commission de la concurrence, a décidé de monter en puissance…
Présentez- nous la Commission de la Concurrence ?
La Commission de la concurrence est instituée par l’art.7 de l’Ordonnance n°2013-662 du 20 septembre2013 relative à la concurrence. Elle est une Autorité administrative et indépendante(AII). Aux termes de l’article 1 du décret n°2017-411 portant attributions, organisation et fonctionnement, la Commission de la Concurrence est dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière.

En quoi ses missions diffèrent-elles de celles d’une autorité administrative indépendante comme l’Anrmp ?
L’Ordonnance n°2023-662 du 20 septembre 2013 relative à la concurrence est le texte de base qui détermine le champ d’application des activités de la Commission de la concurrence. Elle est le régulateur de toutes les activités économiques dans notre pays avec une compétence générale. Par contre, l’Anrmp est une autorité de régulation sectorielle portant sur les marchés publics. L’article 8 de l’Ordonnance citée supra définit la principale mission de la Commission : « la Commission de la Concurrence effectue une mission générale de surveillance du marché afin d’y déceler les dysfonctionnements liés aux pratiques anticoncurrentielles telles que prévues par le droit communautaire de la concurrence ». Elle est a aussi une mission consultative (art.3)
Pouvez- vous nous faire un point de vos actions sur le terrain ?
En termes de point des actions sur le terrain, la Commission de la concurrence fait des contrôles ou des enquêtes. Elle est le gendarme de l’économie nationale. Ces activités sont orientées sur des comportements des en/ses pour déceler des dysfonctionnements liés aux pratiques anticoncurrentielles (ententes illicites ou cartels, abus de position dominantes). Ensuite elle est compétente pour connaître des cas de pratiques de concurrence déloyale. Toutes ces actions et résultats sont compilés dans le tableau ci-après. (Voir encadré)
Bamba Mafoumgbé
Encadré : Plusieurs affaires ont été traitées par la Commission de la Concurrence, dans le cadre d’investigations dont les rapports ont été transmis et les dossiers avancent bien.
. Augmentation concertée des prix des journaux ivoiriens le 2 avril 2014. Les investigations ont eu lieu sur la période d’Avril-mai 2014.Le rapport transmis à l’Uemoa et elle est en attente de la décision finale.
. Enquête sur la concurrence dans le secteur de la brasserie et des boissons gazeuses sucrées. L’enquête a eu lieu du 19 septembre au 1er octobre2016. Le rapport a été transmis à l’Uemoa. Le rapport est en instruction devant la Commission de l’Uemoa. Le dossier est au stade de la décision finale
.Enquête relative à la mise en concession du 2eme Terminal à container du Port Autonome d’Abidjan. Les investigations ont eu lieu du 25 juillet 06 août 2016.Le Rapport transmis à l’Uemoa.
La Décision n°10/2019/COM/UEMOA du 05 novembre 2019 aux contrevenants en vue du paiement de l’amende pécuniaire. Recours des entreprises sanctionnées devant la Cour de Justice de l’Uemoa. Décision n°01/2019/COM/UEMOA du 11 février 2021 portant retrait de la décision du 05 novembre 2019.
(Source : Commission de la Concurrence)
B.M

Interview //Coût de la durabilité du cacao…// M. Alex ASSANVO, Secrétaire exécutif de l’Iccig : « Il ne doit pas se faire sur le dos de nos producteurs »

dimanche, 11 juin 2023 10:51 Written by

Trois ans après la mise en place de l’Initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana(Iccig),son Secrétaire Exécutif, Alex Assanvo, fait le point des acquis et fixe le cap sur les prochaines batailles. Interview…

Comment évolue la bataille du cacao portée par la Côte d’Ivoire et le Ghana sur marché international ?

L’Initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana, est née d’une vision de la Côte d’Ivoire et le Ghana à travers nos deux Chefs d’Etat : Le Président de la République Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et le Président Nana Akufo Addo du Ghana. Avec l’ambition de pouvoir influencer le marché international du cacao et peser sur le poids des deux pays qui sont les deux gros pays producteurs de fèves de cacao au monde.
Trois ans après la mise en place de cette initiative, beaucoup de choses se sont passées. Vous parlez de bataille, moi je dirais que c’est de bonne guerre. Nous sommes des pays producteurs et nous voulons le meilleur pour nos producteurs. Beaucoup de faits majeurs ces derniers temps. Modestement, nous avons pesé de notre poids pour dicter certaines choses sur le marché. Sur même le comportement des industriels. Cela montre que la Côte d’Ivoire et le Ghana ensemble certaines choses sur le marché et même sur le comportement des industriels.

Pouvez-vous être plus précis…. ?

Je vous donne deux exemples qui sont concluants : En Novembre 2022, nous avons décidé de ne plus participer à toute évènement de l’industrie jusqu’à nouvel ordre. Cela a porté ses fruits et ça ramener tout le monde autour de la table. La deuxième chose, lorsque la prime de qualité avait été utilisée pour neutraliser le Drd, nous avons décidé de le publier et cela à ramener la stabilité et de la sérénité dans le marché. Je peux dire que nous avons gagné la première bataille, ce n’est pas la dernière. Nous avons réussi à améliorer le prix du cacao. Donc la Côte d’Ivoire et le Ghana ensemble, nous pouvons faire de bonnes choses. Cela a joué un rôle très fort dans ce qui se passe aujourd’hui dans le marché qui est spéculatif.
C’est quoi votre stratégie ?
Nous ne sommes pas de grands consommateurs de chocolat donc nous ne pouvons pas parler de guerre. Il faut que ça soit un dialogue au niveau de l’industrie chocolatière in fine. Le consommateur veut un cacao durable. En Côte d’Ivoire et le Ghana bien avant que des régulations arrivent en Europe, nous avions déjà établi des processus pour recenser les producteurs et pour définir des programmes nationaux de traçabilité. De telle sorte qu’aujourd’hui, tous les planteurs auront leur carte professionnelle de producteurs aussi bien au Ghana qu’en Côte d’Ivoire. Pour donner de la valeur au cacao conformément à la vision de nos chefs d’Etat. La régulation est là et nous avons des outils qui nous permettent d’avancer et cela nous permet d’arriver au deuxième point.
Lequel ?
Nous avons réussi à faire comprendre à tout le monde que la durabilité a un coût qui ne peut pas être fait sur le dos de nos planteurs. Lors que nous parlions de meilleur prix aux producteurs, personne ne voulait nous croire. Aujourd’hui, les gouvernements européens sont d’accord pour dire qu’il ne peut avoir de durabilité sans un meilleur prix aux producteurs. Que ce soit au niveau des gouvernements européens que des autres acteurs, lors des conférences internationales, tout le monde admet l’amélioration du prix aux planteurs comme une condition de la durabilité. La Côte d’Ivoire et le Ghana ensemble, ça apporte du fruit. Mieux, nous sommes en discussion avec d’autres pays producteurs. Il a été officiellement mentionné à l’issue de la dernière rencontre du Comité de pilotage d’Accra, que le Nigeria et le Cameroun, devraient nous rejoindre dans l’Initiative. D’Abidjan, je vais me rendre au Cameroun, pour discuter avec leurs autorités. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, bientôt, vous verrez d’autres pays hors du continent africain qui commencent à réfléchir, s’ils ne feraient pas partie de cette alliance. Ce sont des actions à consolider avec l’appui du Conseil café et cacao et le Ghana Cocoabord.
Sur la question de durabilité, lors des discussions autour de la table, tout le monde semble d’accord mais, dans la faisabilité, on a l’impression que certains ne jouent pas franc jeu ?

C’est normal comme impression. Nous sommes dans une phase transitoire. Il y avait des comportements très déloyaux envers nos pays. Aujourd’hui les gens doivent changer de comportement. L’industrie doit démontrer aujourd’hui à leurs régulateurs d’où vient le cacao. Où est-ce qu’ils l’on acheté et comment il arrive sur le marché. Avant que le cacao n’arrive sur le marché, ils achetaient, stockaient sur deux ou trois ans et pouvaient faire même de la spéculation. Désormais, ils seront obligés de démontrer. Ça nous donne un peu plus de force. Parce qu’aujourd’hui, la spéculation nous ne la contrôlons pas. Nous allons reconnecter le produit physique au cacao spéculatif. Je pense que c’est un grand succès d’arriver à cette étape où l’on parle d’un cacao physique qui vient d’un planteur. Le planteur doit être rétribué à la hauteur de son travail. Ainsi, cela va amener un plus d’efforts tant au niveau des gouvernements que des importateurs.
C’est à croire que c’est maintenant les européens avec des normes alors qu’avant quelque chose était fait en interne dans les pays producteurs.
Les européens ont le droit de demander ce qu’ils veulent sur leurs territoires et nous avons le droit de définir ce qui sort de chez nous. Ce qui se passe aujourd’hui, ce n’est pas seulement hier. Nous devons nous préparer et c’est en cela que l’Initiative cacao Côte d’Ivoire - Ghana est très importante. Le marché d’aujourd’hui ne sera pas le même que celui de demain avec de nouvelles normes. La durabilité devient une nouvelle norme. Mais en même temps, nous sommes dans un marché multidirectionnel. Nos deux pays peuvent vendre leur cacao partout dans le monde. L’Europe est certes un grand acteur, mais nous avons aussi d’autres acteurs. Nous avons un rôle de diversification et nous devons anticiper tous les éléments du marché. Nous devons aller plus loin, dans la réflexion dans le cadre de la transformation locale de notre production.

Pouvez-vous nous en parler ?

Je ne parle pas de manger du chocolat seulement mais de tous les produits annexes du cacao. On parle de l’Energie et d’engrais à partir de la cabosse de cacao entre autres. Il y a des valeurs nutritives du cacao que nous devons promouvoir. La diversification devrait nous y aider.

Vous parlez de transformation locale. Est-ce que cela peut se faire sans de grandes capacités de stockage ?

La question n’est pas seulement au niveau du stockage. L’industrie peut aussi stocker à New-York par exemple. Le combat n’est pas seulement au niveau du stockage. En Côte d’Ivoire de grands projets sont en cours dans ce sens. Tout comme au Ghana. Comment s’assurer que nous sortons de la dépendance spéculative ? Nous pouvons certes augmenter les capacités de stockage, mais il faut transformer plus une partie et promouvoir la consommation locale. Pour in fine avoir le moins de cacao spéculatif.

C’est quoi le pacte économique mis en place par les deux pays ?

C’est une vision liée à la valeur du cacao auquel nous voulons que le planteur soit rétribué. C’est un cadre que nous avons mis en place, non pas pour parler entre nous ivoiriens et ghanéens de durabilité, mais entre nous et les autres acteurs du marché, pour réfléchir sur les responsabilités des différents acteurs notamment, les industriels entre autres. Nous avons signé avec une vingtaine d’entre eux pour parler de ces questions et tout cela se fait de façon multilatérale autour de la table avec des experts…

Comment se comporte aujourd’hui le marché et l’application du e différentiel de revenu décent, (Drd) ?

Comme nous l’indiquions plus haut, les actions qui nous avons posées, ont permis de ramener la stabilité sur le marché et les cours se portent bien. Nos deux pays vendent par anticipation. Je laisse la latitude aux régulateurs ivoirien et ghanéen, de mettre en place les mécanismes pour fixer le prix bord champs. Nous avons de belles possibilités devant nous. En ce qui concerne le Différentiel de revenu décent (Drd), nous avons réussir à sortir de toutes les actions qui avaient été misent en place pour le neutraliser. Le Drd est un élément intégré dans le marché du cacao, tous les acteurs s’y adaptent et il est intégralement répercuté.
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : M. Alex ASSANVO, Secrétaire exécutif de l’Iccig : « Le Drd est un élément intégré dans le marché du cacao… »

 

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