Prix garanti bord champ (campagne 2023-2024): Cacao 1000 Fcfa/Kg;  Café  900 Fcfa/Kg

lundi 24 juin 2024
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« Affaire blocage des exportations de café ivoirien » Les exigences de l’Algérie aux exportateurs non broyeurs

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 file de remorques chargées de café vert  bloquée au port d’Abidjan)  Il  faut craindre  une crise du café à l’horizon file de remorques chargées de café vert bloquée au port d’Abidjan) Il faut craindre une crise du café à l’horizon

Les activités d’exportation de café vert connaissent un blocage depuis quelques semaines à partir des ports ivoiriens Au moment le Conseil du café et du cacao( Ccc) s’active à décanter la situation, pour relancer les embarquements vers l’Algérie, principal déboucher du café ivoirien, des exportateurs ivoiriens font face à des exigences de partenaires algériens…Dossier

 

Il ne fait pas beau sur le segment de l’exportation du café produit en Côte d’Ivoire. Ce à partir des deux ports ivoiriens. Principalement le port d’Abidjan où l’on note depuis quelques semaines de longues de camions remplis de milliers de tonnes de café et qui attendent d’être déchargés. Si officiellement les raisons du blocage des exportations sont méconnues, une source proche de syndicalistes indique que le blocage des exportations serrait dû « à une absence d’autorisation du Conseil café cacao (Ccc) » Et pourtant le prix du Kg du café pour la campagne 2017-2018 a été fixée à 750 Fcfa/Kg. Mais que dit les responsables du Conseil du café-cacao qui n’est autre que l’instance de régulation de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire qui est le 3e producteur africain de cette matière première( Café). Face au blocage le Syndicat national agricole pour le progrès de la Côte d’Ivoire (Synap-Ci), une plateforme de producteurs, annonce une grève illimitée à compter du mercredi 14 mars 2018. Pour en savoir davantage nous avons tenté en vain de joindre une personne ressource au Conseil café-cacao qui souffle le chaud et le froid sur le front du trafic illicite du cacao vers le Ghana. Sur le site du régulateur une phrase laconique qui en substance dit que le conseil a rencontré fin février 2018 les coopératives et les acheteurs de café et de cacao pour « mieux cerner les réalités et les difficultés rencontrées à mi-parcours de la campagne 2017-2018 » Soit mais quel est fondamentalement le problème qui est à l’origine du blocage de l’exportation du café ? Dans nos investigations, une personne très au fait ‘des battements de cœur ‘ du négoce du café et cacao va nous situer davantage quand il dit : « La Côte d’Ivoire a vendu le gros lot de sa production de café à l’Algérie qui d’ordinaire achète plus de 45% du café exporté par la Côte d’Ivoire. Notre pays a même encaissé ses redevances. Seulement voilà. L’Algérie qui ne veut pas se faire avoir dans cette opération, exige des exportateurs non broyeurs le paiement de taxes et de cautions conformément à la règlementation en vigueur en Algérie. C’est ce qui coince une catégorie d exportateurs concernés. Vous noterez qu’avec Nestlé , il n’ y a pas de blocage en ce qui concerne l’achat et les exportations » Avant d’ajouter que sur les 400 remorques bourrées de café et bloqués dans les ports ivoiriens , plus de la moitié ont été traitées « Si tout se passent bien, les choses devraient aller très vite dès ce lundi 12 mars 2018 » ajoute notre personne ressource. Face à la montée de la pression, M. Yves Koné Brahima, le Directeur général du Conseil du café-cacao très préoccupé à faire le ménage au niveau du staff managérial du Ccc marqué par le départ des derniers rescapés du staff de l’ex- Directeur général Touré Massandjé Listé, est enfin sortir de son silence. En réaction à une dépêche de l’Agence France presse( Afp) Koné Brahima Yves dira en ce qui concerne le nombre de camions bloqués : « Les autorités portuaires ont enregistré ce jour 54 camions ». La situation est due à « un problème technique d’exportation. Nous disposons de trois bateaux par mois », a souligné M. Koné, rappelant qu’ « il y a seulement deux semaines, 400 camions de café attendaient d’être déchargés de leur cargaison ». Pour lui, les « 100 000 tonnes produits en moyenne par an, ont été achetés et sont en train d’être acheminés vers une plate-forme en Algérie dont disposent les exportateurs »

 

L’Algérie premier marché du café de Côte d’Ivoire

 

En 2014, la Côte d’Ivoire a exporté 1,5 millions de sacs, soit 90 414 tonnes dont un tiers environ à destination de l'Algérie. En 2000, le record de 6,1 millions de sacs avait été atteint, selon l'Organisation internationale du café. Plus spécifiquement, l’Algérie achète 45% de la production exportée contre 30% par les divers. La Grèce, l’Espagne et la France achètent respectivement 7% et 6%. Pendant que la France pourtant partenaire privilégiée de la Côte d’Ivoire ne prend que 2%. La dépendance à un seul gros acheteur est en train de couler la Côte d’Ivoire ? Ou alors on n’ a pas vu les choses venir encore ? « Sur la campagne 2014/15, qui s'est achevée le 18 décembre, la Côte d'Ivoire a produit 126 000 tonnes (2,1 millions de sacs de 60 kg) de café Robusta. La filière se redresse par rapport aux 90 000 t, niveau auquel elle était tombée avant la réforme en 2012, mais on est loin des 380 000 t soit, 6,3 millions de sacs enregistrées en 2000 L'objectif pour 2015/16, campagne qui s'est ouverte le 18 décembre, a été fixé à 130 000 tonnes. Pour l'atteindre, le prix garanti au producteur a été relevé légèrement à 670 Fcfa, le kilo cette campagne qui s'ouvre contre 650 Fcfa en 2014/15. D'ici 2020, le pays espère atteindre les 400 000 t de production. » , rapporte le site www.commodafrica.com

 

La production ivoirienne en baisse

 

Selon les chiffres officiels du Conseil café-cacao transmis aux Fonds monétaire international( Fmi) « le revenu cumulé brut perçu par les producteurs de café ressort à 20,99 milliards de Fcfa en 2017, contre 69,62 milliards de Fcfa en 2016, soit une baisse de 70% en lien avec la baisse du volume de produit. Le cumul des achats de café déclarés du 1er janvier au 30 juin 2017 se chiffre à 27 987 tonnes contre 103 909 tonnes en 2016, soit une baisse de 73% » Sur la même période, « les exportations de café s’élèvent à 29 105 tonnes en 2017 contre 47 443 tonnes en 2016 soit une baisse de 39%. Pour 2018, les prévisions de récoltes annoncent 114 mille tonnes et 102 mille tonnes en 2019. Pendant que les exportations qui étaient de 29105 tonnes en 2017 pourraient grimper à 84 mille tonnes en 2018 et 98 mille tonnes en 2019 » Des données de la direction générale adjoint du Conseil ivoirien du café-cacao soulignent qu’ « il est question pour la Côte d’Ivoire, de remettre sur les rails la production du café dont la Côte d’Ivoire est l’un des gros producteurs mondiaux. « Des actions d’envergure sont prévues pour booster la production de café », avait fait noter une source qui était en poste à la Direction générale. Tout en évoquant notamment la réhabilitation de plus de 75 000 hectares de vergers, et l’appui au renforcement des capacités de plus de 100 000 producteurs. « Le café ivoirien a perdu de son lustre au fil des décennies, la production annuelle oscillant entre 110 000 et 150 000 tonnes » avait-il ajouté. Ainsi en 2011, cette production était de seulement 80.000 tonnes reléguant le pays au rang de 8ème africain et 12ème mondial. Selon des experts, le programme de relance café prévoit par ailleurs une sélection de terroirs pour développer ses cafés d’origines, notamment celles cultivées dans les régions montagneuses de l’ouest du pays. Si l’accent avait été mis sur la transformation locale du café les producteurs la Côte d’Ivoire n’allait pas être aussi exposées aux humeurs de certains exportateurs et leurs partenaires. En attendant, d’atteindre ce cap, l’Agence Reuters une affaire des difficultés de certains exportateurs de fèves de cacao qui ont du mal à honorer des contrats vis-à-vis de l’extérieur ( Voir encadré)

 

Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Encadré : Cacao : Quand la sur estimation met à mal des exportateurs

 

Le Conseil ivoirien du café-cacao aurait sur-estimé la campagne, mettant à mal des exportateurs En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao (Ccc) aurait vendu par anticipation 170 000 tonnes de contrats d'export de plus que ce que la Côte d'Ivoire devrait effectivement produire, ont indiqué à Reuters deux responsables du Ccc. Cette erreur de calcul laisserait certains exportateurs dans l'incapacité de remplir leurs obligations contractuelles et le Ccc était en discussion en cette fin de semaine avec ces opérateurs pour évoquer des solutions. Rappelons que le Ccc conformément le nouveau mécanisme en vigueur, « vend par enchères électroniques et par anticipation, 70 à 80% de la campagne à venir afin de déterminer le niveau de prix qui pourra être garanti au planteur sur cette dite campagne. Les exportateurs, quant à eux, achètent le reste sur la base de ventes spot » Or, pour l'actuelle campagne principale, qui court d'octobre à mars, le Ccc aurait vendu par anticipation l'équivalent de 1,53 million de tonnes de permis à exporter. Le Ccc estime maintenant que la production principale n'atteindrait que 1,36 à 1,38 million de tonnes. Une baisse liée aux mauvaises conditions météorologiques et aux sorties frauduleuses de fèves du pays, vers le Ghana notamment. La quantité de cacao ivoirien qui entrent frauduleusement au Ghana est évaluée plus de 60 mille tonnes par an sans aussi oublier qu’une partie de la production ivoirienne se retrouve au Liberia et en Guinée à travers des circuits frauduleux qui irradient l’ouest ivoirien. « Nous sommes face à une situation inédite où le Conseil est en défaut vis-à-vis de certains exportateurs qui détiennent des contrats mais qui n'ont pas les fèves », explique à Reuters un directeur d'entreprises d'exportation. Dans un tel contexte, tous les regards sont tournés vers l’instance de régulation qui va proposer aux exportateurs de reporter leurs contrats sur la prochaine campagne, en octobre prochain. Il pourrait aussi purement et simplement annuler le contrat et verser aux exportateurs une pénalité. Ceci dit, la hausse des cours du cacao sur les marchés à terme de Londres et de New York depuis la fin du mois de janvier fait monter la pression sur les exportateurs. « C'est au Conseil de faire des propositions, mais certains de nos clients en Europe veulent leur cacao maintenant que le prix est élevé, ce qui complique tout » a précisé un autre exportateur à Reuters.

 

Bamba M.

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