Depuis le 1er septembre 2026, la campagne principale de commercialisation du cacao 2026/2027 est ouverte en Côte d’Ivoire et ne prendra fin qu’en fin février 2027. En attendant, les producteurs ivoiriens vont percevoir 1200Fcfa le Kg bord champ. Le goût est amer, mais les producteurs ont décidé d’accepter ce proverbe bien de chez nous qui dit que : « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras »
Dans les zones de production du cacao, des coopératives ou associations de producteurs donnent de la voix contre un prix bord champ qui n’est pas enchanteurs. Pour tout dire le prix n’est pas bien accueilli dans les zones de production de cacao.
Pour ne pas faire long, ils acceptent difficilement ce prix pourvu que le Kg de l’Or brun soit effectivement acheté au prix annoncé par le Conseil café cacao ; le Régulateur ivoirien.
Qui, contrairement aux campagnes précédentes, n’a pas annoncé le prix aux producteurs concomitamment voire avec un jour ou deux jours avec le Ghana Cocobod. Faut- il rappeler la Côte d’Ivoire et le Ghana portent l’Initiative cacao Côte d’Ivoire Ghana dont certaines des actions en synergie a permis d’obtenir la mise en œuvre entre du Drd sur le cacao. (Le Différentiel de revenu décent (Drd) est une prime de 400 dollars par tonne ajoutée au prix du cacao pour garantir un revenu juste aux planteurs en Côte d'Ivoire et au Ghana)
Au pays de Kwame Nkrumah, nos sources nous indiquaient juste après l’ouverture en Côte d’Ivoire, le 1e septembre dernier, le Ghana Cocobod s’activait pour ce 11Septembre 2026. C’est-à-dire pour ce vendredi. Aux dernières nouvelles, la sortie de la fumée blanche a été remise au 25 Septembre prochain. Mais pour quoi les choses coincent tant ? Une source très bien informée basée au port de San pedro nous a indiqué : « Ils ne sont pas prêts au niveau du Ghana. Car le processus est aussi complexe comme en Côte d’Ivoire. Avec des arbitrages au sommet de l’Etat. Ceci pourrait expliquer cela… »
Par ailleurs plusieurs sources nous ont indiqué au moment où nous écrivions notre article, que « le Ghana s’apprête à servir à ses producteurs un prix inférieur 1900 Fcfa le kg. Environ 1500Fcfa voire très proche des 1200Fcfa de la voisine ivoirienne. Mais la pédagogie et l’équation ne semblent pas facile à mettre en œuvre. En attendant, le Ghana qui connait un déficit de production, pourrait recevoir du cacao issu de la contrebande aux frontières ouest de la Côte d’Ivoire. Sur les stocks de la campagne 2025/2026 que des sociétés coopératives ont encore magasins au prix de 1500 voire 1600Fcfa le Kg. Ce pour faire pour éponger leurs dettes envers leurs sociétaires. Sans oublier des fèves de campagne en cours en Côte d’Ivoire(…) »
En attendant, au Ghana, c’est le prix de la campagne intermédiaire qui est servi sur le terrain : 1900Fcfa/Kg. Comme le dit si bien l’humoriste Ambassadeur Agalawal ; « le cacao ivoirien « sort comme ça sort » à destination du Ghana, via Bétié et d’autres voies de contournement.
Une aubaine pour les contrebandiers de se faire du fric avec nos frontières poreuses. Également « aux frontières Côte d’Ivoire- Guinée et Côte d’Ivoire- Liberia, la contrebande et le trafic illicite du cacao est en train de gagner en vitalité. Avec plus de 2000Fcfa/kg, dans ces deux pays, ils peuvent prendre tous les risques… », nous précisent nos sources basées dans l’ouest montagneux ivoirien.
Le dispositif Verrou 322 en marche
Fermez les frontières, fermez les frontières hèèèè. Le Conseil du café et du cacao, c’est-à-dire le régulateur ivoirien, informé de la situation, est en train de prendre les dispositions, pour corser la sécurisation des frontières ivoiriennes, pour lutter efficacement contre le trafic et le commerce transfrontalier du cacao et du café par voies terrestres, à travers une application très rigoureuse des textes en vigueur.
Depuis le 02 octobre 2024, sous la conduite du chef d’État-major des armées, Lassina Doumbia, les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire et les corps paramilitaires conduisent l’opération « Verrou 322 » pour lutter contre la fuite des produits agricoles de rente.
De l’ordonnance du 03 Mai 2018 et l’ordonnance du 16 Octobre 2024
Et pourtant, une ordonnance en date de mai 2018, prise en Conseil des ministres indique bien la tablette des sanctions dans l’ordonnance N.2018 – 437 du 03 Mai 2018. « Face à la menace extrêmement grave pour l’économie nationale, l’exportation illicite des produits agricoles et la fraude en matière de commercialisation desdits produits, cette ordonnance prévoit des sanctions particulièrement sévères en vue de juguler ces fléaux »
Très précisément, indique le communiqué du Conseil des ministres : « Quiconque se livre, sans agrément, à l’achat, à la vente, au stockage, à l’écoulement ou à la distribution hors des frontières nationales, de produits agricoles, notamment le cacao, le café, le coton, l’anacarde et l’hévéa, risque une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans et une amende pouvant atteindre 50 millions de Fcfa sans préjudice de la confiscation des produits et des moyens de transport ayant servi à commettre l’infraction »
Ayant pris la pleine mesure de l’impact du fléau sur l’économie ivoirienne, le gouvernement de Côte d’Ivoire, a en 2024, corsé les sanctions et mieux situé le rôle des comités régionaux installés dans les zones de production ; principalement dans les zones frontalières.
L’ordonnance N.2024- 886 du 16 OCTOBRE 2024
Avec l’ordonnance N.2024- 886 du 16 OCTOBRE 2024 portant répression de la commercialisation et de l’exportation illicites des produits agricoles soumises à agrément, les sanctions sont très corsées. Cette ordonnance portée par le ministère d’Etat, ( aujourd’hui ministère) de l’agriculture, du développement rural et des productions vivrières , le Garde des sceaux, ministère de la justice et droits de l’homme et de ministère du Commerce et de l’industrie précise que : « Est puni d’un emprisonnement de deux à dix ans et d’une amende de 1 à 50 millions , quiconque directement ou par personne interposée, sans être titulaire d’un agrément délivré à cet effet, par l’autorité de régulation, compétente dans les conditions prévues par décret, achète pour revendre après transformation ou non, les produits agricoles dont la commercialisation est soumise à agrément.(…) »
Le texte pertinent précise que : « Il est créé dans les régions de la Côte d’Ivoire partageant des frontières avec des pays étrangers, un comité régional de lutte contre la commercialisation et l’exportation illicites des produits agricoles soumises à agrément. Le comité régional est placé sous l’autorité du préfet de région. »
En son article 12, l’ordonnance de 2024 abroge les dispositions de l’ordonnance N.2018-437 du 03 Mai 2018.
Voilà qui est claire.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Les Chefs d'Etats de la Côte d'Ivoire et du Ghana suivent de près le dossier
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