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dimanche 11 octobre 2026
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Côte d’Ivoire/ 1er mai 2026- Les travailleurs ivoiriens face au destin de la Grande Côte d’Ivoire

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Côte d’Ivoire/ 1er mai 2026- Les travailleurs ivoiriens face au destin de la Grande Côte d’Ivoire
Ombres, lumières et perspectives d’une Nation au travail, 66 ans après l’indépendance Le 1er mai 2026 ne sera pas une fête du travail ordinaire. Il s’inscrira dans une année symbolique : celle des 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire. Soixante-six ans après l’aube du 7 août 1960, le pays se trouve devant une interrogation majeure : que vaut l’indépendance si elle ne se traduit pas, pour chaque travailleur, par la dignité, la justice sociale, la reconnaissance de l’effort et la possibilité réelle de construire sa vie ? La Grande Côte d’Ivoire ne se bâtira pas seulement par les routes, les ponts, les ports, les zones industrielles ou les réformes numériques. Elle se bâtira d’abord par les femmes et les hommes qui se lèvent tôt, qui travaillent dans les bureaux, les champs, les usines, les écoles, les hôpitaux, les administrations, les marchés, les ateliers, les chantiers et les services. Une Nation n’est grande que lorsque le travail cesse d’être une souffrance subie pour devenir une dignité reconnue. L’indépendance politique a donné au pays son drapeau, son hymne, ses institutions et sa souveraineté. Mais l’indépendance économique et sociale reste un chantier permanent. Elle se mesure à la capacité d’un pays à créer des emplois décents, à protéger ses travailleurs, à récompenser le mérite, à lutter contre la précarité et à faire de la jeunesse non une attente, mais une énergie productive. Les lumières sont réelles. La Côte d’Ivoire avance. Elle construit, modernise, attire, investit. Les infrastructures se multiplient, l’économie se diversifie, l’administration se digitalise, les ambitions industrielles se renforcent. Le pays porte une dynamique visible. Mais derrière cette marche, les ombres demeurent : chômage des jeunes, informalité massive, faiblesse de certains revenus, pénibilité silencieuse, inégalités territoriales, précarité de nombreux travailleurs, dévalorisation de l’effort dans une société parfois séduite par le gain facile. C’est ici que le 1er mai prend tout son sens. Il ne doit pas seulement être une journée de discours et de revendications. Il doit devenir un miroir national. Que dit le travailleur ivoirien à la République ? Il dit : “Reconnais mon effort.” Il dit : “Protège ma dignité.” Il dit : “Donne du sens à ma sueur.” Il dit surtout : “Ne construis pas la Grande Côte d’Ivoire sans ceux qui la portent chaque jour.” La question du travail est donc une question de justice. Un pays peut afficher de bons indicateurs, mais si le travailleur reste inquiet, si le jeune diplômé doute, si l’ouvrier se sent oublié, si le paysan ne vit pas dignement de sa production, alors le développement reste incomplet. La croissance n’a de valeur que lorsqu’elle descend dans les foyers, sécurise les familles, élève les enfants et apaise les inquiétudes du quotidien. Il faut aussi réhabiliter la valeur morale du travail. Le travail n’est pas seulement un salaire. Il est une école de discipline, de patience, de mérite et de responsabilité. Une société qui méprise l’effort prépare sa fragilité. Une jeunesse qui ne croit plus au travail cherche des raccourcis. Une Nation qui ne protège pas les travailleurs affaiblit ses propres fondations. Les perspectives sont claires. La Côte d’Ivoire doit faire du travail le cœur de son projet national. Cela suppose une formation mieux adaptée aux besoins économiques, une valorisation des métiers techniques, une protection accrue des travailleurs du secteur informel, une meilleure insertion des jeunes et des femmes, une modernisation du dialogue social, une promotion de l’entrepreneuriat productif et une politique plus forte de transformation locale des richesses nationales. La Grande Côte d’Ivoire ne sera pas seulement celle des grands ouvrages. Elle sera celle du travailleur respecté, du jeune formé, de l’enseignant valorisé, du médecin soutenu, du fonctionnaire responsabilisé, de l’agriculteur mieux rémunéré, de l’artisan accompagné, de l’entrepreneur encouragé, de l’ouvrier protégé. À 66 ans d’indépendance, le véritable défi n’est plus seulement de célébrer la Nation. Il est de l’approfondir. De faire passer l’indépendance du symbole à la substance, du drapeau au quotidien, de l’hymne au pouvoir d’achat, du discours à la dignité. Le 1er mai 2026 doit donc être un appel. Un appel à gouverner par le travail. Un appel à produire davantage, mais aussi à partager plus justement. Un appel à réconcilier performance économique et justice sociale. Un appel à rappeler que le travailleur n’est pas une variable d’ajustement : il est la colonne vertébrale de la République. Car une Nation ne devient grande que lorsqu’elle comprend ceci : le travail est la première forme de patriotisme. Et le respect du travailleur, la première preuve de reconnaissance nationale. La Grande Côte d’Ivoire ne se décrète pas. Elle se travaille. Elle se mérite. Elle se construit, chaque jour, par les mains, les intelligences et les sacrifices de ses enfants. Par Norbert KOBENAN

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