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vendredi 17 avril 2026
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Gagnoa- Reportage/Utilisation du gaz butane comme carburant dans le transport en commun - Aux yeux de tous, on met la vie des usagers en danger

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Gagnoa- Reportage/Utilisation du gaz butane comme carburant dans le transport en commun - Aux yeux de tous, on met la vie des usagers en danger

En dépit des différentes campagnes de sensibilisations et l’existence de textes pertinents, pour lutter contre l’utilisation du gaz- butane comme carburant dans les véhicules terrestres à moteut, la pratique a la peau dure dans plusieurs grandes villes de l’intérieur du pays. Reportage sur le fléau à Gagnoa, chef-lieu de la région du Goh.

Gagnoa, chef -lieu de la région du Goh anciennement appelée région du Fromager. Il est 17 heures ce samedi 19 Juillet 2025. Nous sommes au quartier Garahio, un quartier populeux de la ville. Ici, devant, la célèbre clinique « Le Fromager », notre car bien climatisé de la compagnie Sbta, en provenance d’Abidjan, marque un arrêt à notre demande.
Nous en sortons et prenons par la suite, un taxi de couleur jaune ; la couleur de la ville. Destination, l’hôtel Familia, situé au quartier Zapata. A bords du véhicule que nous avons pris en course, nous sommes envahis par une odeur suffocante de Mercatan(gaz contenant du Souffre et qui permet de détecter les fuites sur les bouteilles de gaz butane). Il nous est venu à l’idée, cette affaire d’utilisation du gaz butane comme carburant dans le transport urbain dans certaines agglomérations ivoiriennes de l’intérieur du pays. (Yamoussoukro, Bouaké…) voire de la périphérie du grand Abidjan.
Nous sentons une envie de vomir. Nous passons une main sous l’aisselle gauche et inspirons le parfum et le malaise se tasse. Nous improvisons alors une amicale conversation avec le conducteur. Qui nous confirme que l’utilisation du gaz butane dans le transport en commun, est une pratique qui est connue de tous à Gagnoa. Elle leur permet de faire un peu de bonne recette étant donné que le prix du litre du gas-oil ne leur permet pas de non seulement rentabiliser leur véhicule mais aussi faire face aux coûts d’exploitation de plus en plus onéreux.
Koné K., la quarantaine révolue, croquant une tranchette de colas, au fil des échanges et mis en confiance, nous apprend : « Les rechargements des bouteilles de gaz qu’on place dans le coffre à bagages, se font 10 mille Fcfa et nous arrivons à faire une recette journalière de 13 à15 mille Fcfa. Soit un bénéfice de 3000 à 5000Fcfa par jour. Ce qui est impossible avec le gas-oil. ».
Après avoir pris nos quartiers, nous mettons le cap sur le quartier Dioulabougou, pour participer à une cérémonie familiale. Nous empruntons encore un autre taxi, alors qu’il est 19heures 30mn. Nous faisons aussi le même constat, de la présence de cette odeur suffocante de Mercatan qui enveloppe le véhicule. Très curieux, nous relançons le même débat. Une voisine qui ne réside pas certainement pas à Gagnoa, fait le même constat que nous. La jeune dame à la peau couleur de beurre frais, les yeux barrés de lunettes de plage, ne s’empêchera dire : « Donc ici, ils roulent au gaz comme à Grand – Bassam. Sans blague ! Les usagers sont en danger »
Les taxis roulent quasiment au gaz butane à Gagnoa
Le conducteur, très concentré sur sa direction, évite de prendre part à la causerie. Au niveau du commissariat de Police de Dialoubougou, la jeune dame que nous prenons soin de contempler les rondeurs, va descendre. Et nous nous continuons notre chemin. Le taximan soulagé de la grogne et roucoulement en sourdine de cette passagère dira dans un français approximatif : « C’est comme ça ici depuis des années. Si nous n’utilisons pas le gaz, nous ne pouvons pas nous en sortir. Les charges d’exploitation y compris l’assurance automobile et le carburant entre autres nous reviennent chères »
Pourtant, l’usage du gaz domestique comme carburant est interdit par les textes pertinents en vigueur en Côte d’Ivoire. Selon des confrères basés à Gozo, avec qui nous avons échangé sur place, « sur la centaine de taxis en service en ce moment, il n’y a qu’une dizaine qui ne roule pas au gaz butane. La pratique est tellement fréquente que des points de transvasement illégaux ont vu le jour. »
Des correspondants locaux, nous ont  rappelé qu’en Juillet 2023, que la catastrophe a été évitée de justesse, grâce à la promptitude du détachement des soldats du feu de l’Office national de la protection civile de Gagnoa. « Le feu a  détruit 3 magasins de bouteilles de gaz et fait une victime de 22 ans, brûlée.
« Le mardi 10 juillet 2023, une explosion de bouteilles de gaz B6 a secoué le quartier Barrage Delbo2 de Gagnoa. L’incident a provoqué un incendie et fait une victime de 22 ans, brûlée. Les pompiers civils du Gôh dépêchés sur les lieux, ont pris en charge la victime et maîtrisé l’incendie au moyen de 3 lances à eau. Selon les témoignages, l’explosion aurait été causée par une manipulation inadéquate des bouteilles de gaz dans une boutique. Les soldats du feu ont également procédé au refroidissement des bouteilles restantes, au déblai puis à la surveillance afin d’éviter toute reprise de feu, en présence de la Police nationale et des agents du Ministère du commerce et de l’industrie. Au bilan, 3 magasins de bouteilles de gaz détruits avec plusieurs bouteilles et 2 machines de transvasement calcinées. La victime a été transportée au Centre Hospitalier Régional de Gagnoa où elle a été admise aux soins intensifs en raison de ses brûlures », rapporte le confrère Afrikpress.
30 milliards Fcfa de subvention annuelle de l’Etat accordés aux ménages détournés en partie de ses objectifs
Selon la loi N°92-470 du 30 juillet 1992, « toute commercialisation ou livraison de produits pétroliers destinés à la consommation du public ou des entreprises particulières en dehors des installations pétrolières, spécialement agréées à ces fins », constitue une infraction, selon l’article 3 alinéa 4. Cette loi, en son article 4 fixe des sanctions aux contrevenants à ces dispositions, notamment une peine d’emprisonnement de 15 jours à un an, et une amende de 100 000 à 500 000 FCFA. Au niveau du ministère des Mines, du pétrole et de l’énergie, le ministre Sangafowa Mamadou- Coulibaly appelle les populations et les usagers à plus de civisme quand il disait le 26 juillet 2022 : « C’est en moyenne 30 milliards Fcfa de subvention annuelle que l’Etat accorde aux ménages (…) Cette subvention ne doit pas être détournée de son objectif et mes services y veilleront » C’était à Abidjan-Vridi, sur le boulevard du canal, l’occasion à la mise en service du butanier dénommé GPL MT SAPET GAS. Malgré cette mise en garde et les différentes campagnes gouvernementales de sensibilisation, le phénomène continue.
La position des assureurs via leur faitière : l’ASA-CI
Dans un contexte où le nombre d’accidents de la circulation ne cesse de grimper, l’on est tenté de se demander si, en cas d’accident causé par feu de gaz butane, le sinistre est pris en charge, par les compagnies d’assurances en Côte d’Ivoire ? En dépit des campagnes de sensibilisation des services compétents du ministère ivoirien des Mines, de pétrole de l’énergie, la pratique a la peau dure et ne cesse  d’ulcérer le pays. Et pourtant ? Que ce soit aussi les textes gouvernementaux que ceux des professionnels du secteur des assurances, les choses sont claires : L’utilisation du gaz domestique dans le transport comme carburant est interdite. Chez les assureurs, en cas de sinistre, l’assurance ne vous dédommage pas. Prisca K, assureuse de son état dans une compagnie de la place est formelle : « C’est interdit ! Si l’assureur découvre que vous l’avez induit en erreur, après la signature du contrat, il est en droit d’ester le client fautif en justice et les sanctions sont lourdes. (Voir la réaction de l’Asa-ci.)
Au niveau de l’Association des sociétés d’assurances en Côte d’Ivoire( ASA-CI), la position est claire, en référence au courriel en réponse à une requête de la rédaction de www.afrikchallenges.info : « En Côte d'Ivoire, la loi autorise uniquement l'utilisation de l'essence et du diesel comme sources d'énergie pour les véhicules terrestres à moteur. L'utilisation du gaz butane comme carburant pour les véhicules terrestres à moteur est interdite par la loi. Cette interdiction référencée sous la loi n° 92-469 du 30 juillet 1992 vise à prévenir les risques graves liés à l'utilisation de ce combustible dans les véhicules. Tout contrevenant s'expose à des sanctions pénales, telles que des peines allant des amendes à l'emprisonnement. » (Voir encadré)
Face à ce constat alarmant, un appel urgent à l’action est nécessaire. Les autorités doivent impérativement prendre des mesures drastiques, déjà qu’existent des dispositions légales pour y faire face. Une réglementation stricte, accompagnée de contrôles rigoureux et de sanctions sévères pour les contrevenants, est indispensable pour éliminer ce fléau. Parallèlement, des alternatives plus sûres et viables doivent être proposées aux chauffeurs de taxi, telles que la conversion vers des carburants moins dangereux ou des incitations à l’utilisation de véhicules électriques. En côte d'ivoire, officiellement, le parc de véhicules électriques est pour l'instant estimé à 3.500 en 2025 avec un objectif de 150.000 à l'horizon 2030.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Les taxis  à Gagnoa roulent quasiment au gaz butane. ( PH : DR)
Encadré : La position de l’ASA-Ci
Que dit la loi sur l'usage du gaz domestique comme carburant dans le transport
En Côte d'Ivoire, la loi autorise uniquement l'utilisation de l'essence et du diesel comme sources d'énergie pour les véhicules terrestres à moteur.
L'utilisation du gaz butane comme carburant pour les véhicules terrestres à moteur est interdite par la loi. Cette interdiction référencée sous la loi n° 92-469 du 30 juillet 1992 vise à prévenir les risques graves liés à l'utilisation de ce combustible dans les véhicules. Tout contrevenant s'expose à des sanctions pénales, telles que des peines allant des amendes à l'emprisonnement.
En cas de sinistre le véhicule et l'accidenté sont-ils couverts ?
Bien entendu que si le fait générateur est lié à cette source d'énergie interdite, tous les sinistres qui en résulteront ne seront pas pris en charge par l'assureur.
Que conseillez-vous aux usagers qui utilisent ou qui voudraient utiliser le gaz domestique comme carburant ?
Sur ce sujet, nous disons que la sensibilisation doit être permanente. Nous sommes convaincus que les véhicules alimentés par cette source d'énergie inappropriée sont nombreux dans le domaine du transport des personnes.
Comment expliquez-vous la montée en puissance du phénomène aussi bien à Abidjan qu'à l'intérieur du pays ?
La montée en puissance de ce phénomène peut s'expliquer par l'absence de contrôle des autorités en charge de cette réglementation (Vérification lors des visites techniques, vérification des pièces des véhicules allant jusqu'au contrôle des accessoires dans le coffre).
Les véhicules électroniques une panacée ? Il y en a combien à ce jour en Côte d’Ivoire ?
Dans le cadre d'une initiative visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il faut préciser que toutes les Nations se sont engagées sur cette nouvelle voie. Les avantages économiques et écologiques des voitures électriques sont reconnus et l'industrie automobile est en pleine mutation pour faciliter le renouvellement du parc auto. En côte d'ivoire, le parc est pour l'instant estimé à 3.500 en 2025 avec un objectif de 150.000 à l'horizon 2030.
Bamba M.
Légende photo : Une vue d’un site de transvasement illicite en feu à Gagnoa( PH : DR)

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