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lundi 22 avril 2024
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Interview// Dr Adama Coulibaly (Dg Cca) : « Le Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl »

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Interview// Dr Adama Coulibaly (Dg Cca) :  « Le Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl »

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix de cajou, s’est hissé cette année à la place de deuxième exportateur mondial d’amande de cajou. Or qui dit transformation, dit valeur ajoutée mais aussi coques. Aujourd’hui, la coque est valorisée. Entretien avec Adama Coulibaly, directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde, à l’occasion du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA 2023- du 29 septembre au 8 octobre à Abidjan).

On a assisté à une montée en puissance de la transformation de la noix de cajou jusqu’au point où la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième exportateur mondial ? D’autres pistes sont exploitées pour la transformation de la noix de cajou ?

Oui. Nous sommes dans la dynamique de la transformation du cajou et vous savez que cela génère beaucoup de coques. Elles pourraient être nuisibles à l’environnement si le volume n’est pas maîtrisé. Si bien que la plupart des douze unités qui se sont installées n’avait pas prévu la transformation de la coque. Cela a commencé à poser des problèmes à certaines unités.

Nous sommes, au nom de l’État de Côte d’Ivoire, chargés de travailler sur un environnement favorable à la transformation. L’environnement de la transformation doit être un environnement sain, propre et rassurant. C’est dans cet esprit, que Conseil du coton et de l’anacarde a prévu de construire une usine de valorisation de la coque de cajou en Cnsl (Cashew Nut Shell Liquid) mais aussi en bien d’autres sous-produits comme les briquettes, comme source d’énergie dans la cuisine.

Où va se situer cette usine, quel est son coût ?

L’usine se situera à Yamoussoukro avec une capacité de 75 000 tonnes. L’investissement est de l’ordre de $12 millions. En 2024, les premiers tests de fonctionnement seront faits.

Pour nous c’est très important et nous avons également prévu sur les zones industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou un centre de valorisation des coques pour que les industriels qui vont s’installer sur ces zones ne soient pas gênés par les coques.

Je rappelle que nous sommes en train d’aménager 4 zones agro-industrielles dédiées à la transformation de la noix de cajou. La première, celle de Korhogo (7 unités industrielles vont s’installer), a été inaugurée samedi dernier (ndlr 29 septembre 2023). Puis celle de Bondoukou (4 unités) sera opérationnelle début 2024 et celle de Ségala (4 unités) au 1er trimestre 2024. Une sera aussi installée à Bouaké.
Sur chaque site nous avons prévu un centre de valorisation des coques. Le ratio est un kilo d’amande pour 4 kilos de coques pour 5 kilos de noix. Si on transforme 50 000 à 60 000 tonnes de cajou sur un site cela veut dire que l’on est au-delà de 40 000 à 50 000 tonnes de coques. Nous allons extraire du Cnsl, avoir des briquettes et tout cela dans un contexte de crise énergétique.

Outre le Cnsl comme biocombustible et ou pour l’industrie, d’autres développements sont prévus pour accroître la valeur ajoutée de la noix de cajou ?

Plus valoriser les amandes, utiliser les coques mais aussi les pommes avec au moins 4 millions de tonnes, en jus, en liqueur, en vinaigre, aliment de bétail et même en bioplastique.

La production va-t-elle suivre ?

Nous sommes à plus de 1 million de tonnes de noix de cajou brute et nous consommons tout au plus 250 000 tonnes. Nous avons de la marge. Et puis nous avons de petites plantations qui se créent. Surtout l’entretien des anciens vergers aujourd’hui avec la mise aux normes, les greffages, les sur greffages, etc. sont des techniques de plus en plus maîtrisées sur le terrain.

Le coton fait un peu pâle figure par rapport à l’anacarde ?

Nous sommes dans la dynamique de relancer l’industrie textile. Nous avons des candidats à l’investissement. C’est vrai que nous avons moins de visibilité que l’anacarde. Les perspectives commencent à se dessiner positivement. L’électricité est disponible et pas plus chère que dans beaucoup de pays.

Je milite à titre personnel pour l’intégration. Je ne pense pas qu’il faille avoir de la filature, du tissage, de la confection partout. Nous étions dans cette logique avec les investisseurs que nous avons rencontrés en 2019 pour que chacun profite de ses avantages comparatifs.

Le coton se cultivant aussi dans le Nord du pays comme l’anacarde, la compétition entre les deux cultures ne s’était-elle pas ravivée un peu plus ? Les cotonculteurs sont toujours motivés ?

Le prix varie. Après deux bonnes campagnes en 2021,2022, le prix de l’anacarde a chuté cette année avec une baisse du prix bord champs. Le coton est une culture annuelle, les cotonculteurs peuvent plus facilement passer sur une autre spéculation comme cela a été le cas sur le maïs, le maraîchage … Il faut continuer à les soutenir.
(Source : www.commodafrica.com)

 

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