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lundi 22 avril 2024
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Littérature//Eugene Zadi, auteur de, « L’âme cassée »// « J’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses »

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Littérature//Eugene Zadi, auteur de, « L’âme cassée »//     « J’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses »

Le journaliste et directeur d’entreprise, Eugene Zadi, vient de publier aux éditions l’Harmattan, « L’âme cassée » recueil de 39 poèmes qui a été présenté officiellement le 22 novembre à la librairie Carrefour Siloé d’Abidjan.


”L’âme cassée” est le titre de votre recueil de poèmes. Avec quel autre titre a-t-il été en compétition avant de l’emporter ?


EZ: Il y a quelques titres auxquels j’avais pensé mais dès lors que j’ai trouvé « l’âme cassé », j’ai su
Aussitôt que c’était le bon titre.

Ce texte dans son atmosphère n’est pas loin des « quatrains du dégoût » de Zadi Zaourou, il
exhale la déception de l’homme. Est-ce volontaire ou atavique


EZ : Une chose est certaine, l’influence du poète Zadi Zaourou est manifeste dans ma poésie. Mais, comme je l’ai dit ailleurs, j’ai vécu des situations extrêmement violentes et douloureuses sans relâche durant ces dernières années. Lorsque les ennuis arrivent, ils volent en escadrille disait en substance Jacques Chirac mais aujourd’hui, je me sens mieux. J’ai une réelle paix intérieure même si les
cicatrices des épreuves sont encore légion en mon âme et sur mon corps.

S’agissant du caractère atavique que vous évoquez, il ne peut être que le tribut de deux valeurs -
misent à mal de nos jours qui caractérisent ma famille. Il s’agit de l’empathie et de la générosité.
L’empathie, c’est cette capacité à se mettre à la place d’autrui et à ressentir réellement sa souffrance et sa peine.

Autant mes parents que mes ainés, Marcel, Bernard, Louis etc. ils ont toujours secouru et
donné à autrui qui souffre, celui qui est tout simplement dans le besoin et cela sans compter sans
compter et sans discriminer. Ce sont deux valeurs qui produisent malheureusement ingratitude et trahison. Il faut pourtant vivre et croire en l’homme puisque de nombreux et nombreuses anonymes sont des femmes et des hommes de bien.

Faites-vous confiance en l’Homme en général, à la femme politique ?

EZ : Faire confiance en l’Homme en général ? Qu’est-ce qui est possible s’il est impossible de se faire confiance entre collègues, camarades ou amis et parfois même entre frères et sœurs ? La vie serait impossible du fait du règne de la méfiance, de la suspicion voir de la paranoïa. En réalité, la vraie problématique, c’est celle de la prudence. Il faut rentrer et vivre en relation avec l’autre en étant prudent, je dirai même très prudent. D’ailleurs St Mathieu le conseille vivement dans la bible lorsqu’il écrit : « je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des
serpents » … Il faut donc faire confiance sans se livrer, faire confiance en étant réfléchi, faire
confiance tout en prenant des précautions. A cela, j’ajoute qu’il faut apprendre et apprendre vite de ses erreurs, de ses fautes et se doter d’une véritable capacité à se remettre en cause.

 

Si vous vous parez de cette armure qui prend sa source dans la sagesse et l’humilité, vous devriez pouvoir faire confiance sans grand risque. L’ennui est que l’on apprend tout cela dans les épreuves.
Quant à savoir si une femme politique est digne de confiance par à l’homme politique, je dirais que l’homme et la femme ont une différence de perception et d’approche des situations du fait de la différence de sensibilité.

Je suis tenté de penser que c’est à peu près tout ce qui pourrait rassurer dans le commerce avec la femme politique sur le terrain politique. Oublier que la femme politique reste et demeure un Homme politique est dangereux car l’instinct politique domine le genre à mon avis, mais je peux me tromper. Je reste cependant persuadé que quiconque fait une confusion à ce niveau prend des risques.

En revanche, les choses sont totalement différentes en matière de gestion où les femmes sont
beaucoup plus rigoureuses et moins dépensières que les hommes. Dans le couple, il me semble nécessaire voire primordiale que la confiance règne. Dans le cas contraire, je ne sais pas ce que le couple pourrait construire de solide et de durable. Evidemment, et je reste toujours prudent, c’est l’exception qui confirme la règle.

Pourquoi cette couverture avec une fenêtre entrouverte ?

EZ : Lorsque j’ai mis le point final à mon recueil, j’ai demandé à ma fille, Nahikey Zadi qui a fait des
études de publicité à Bordeaux de lire le recueil afin qu’elle me propose une couverture. A la deuxième tentative, j’ai été pleinement satisfait. C’est elle qui peut donc donner l’explication mais pour moi, c’est un vent de liberté après des années de confinement moral et de rudes épreuves qui se caractérisent par la vitre brisée. Cela dit, il appartient au lecteur de faire son interprétation en toute liberté selon son ressenti.


A quoi faites-vous allusion dans le poème « le tabouret » ?


EZ : C’est un mot qui était en vogue en Côte d’Ivoire et qui balise encore aujourd’hui la morale politique. Il m’a juste inspiré

Interview réalisée par BRIGITTE GUIRATHE
In FRATMAT N° 17668 du 20-11-2023

 

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