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lundi 24 juin 2024
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Gestion de la dette publique ivoirienne // Le fardeau s’alourdie de plus de 6573 milliards de Fcfa en 7ans

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Gestion de la  dette publique ivoirienne //   Le fardeau s’alourdie de plus de 6573 milliards de Fcfa en 7ans

Il n’est pas  faux de dire  que la Côte  d’Ivoire, depuis quelques années, est entrée dans une sorte  d’engrenage  de surendettement. Même si  les autorités ivoiriennes  disent régulièrement qu’il « s’agit  d’un endettement intelligent et soutenable », avec un taux  qui est passé de  46 à 48% sur une norme source sous régionale de 70% ( Uemoa).    Si  l’on tient compte de la dernière  déclaration de M. Amadou Gon, Premier ministre, ministre du Budget et  du portefeuille de l’Etat, le 13 avril 2019, lors d’une  séance de travail  avec  le tout nouveau président de la Banque mondiale, M. David Malpass, en marge des Assemblées de Printemps des institutions de Bretton woods Fonds à Washington.  S’agissant  de l’évolution fulgurante du niveau de la  dette ivoirienne ces dernières années, Abraham Agnekpo économiste et  expert financier à Abidjan nous apprend que« La dette publique est vertigineusement, et allègrement passée, sous la gouvernance Ouattara, d’environ 6156,5 milliards de Fcfa en 2012 à environ 12730 milliards de Fcfa  en 2018 (source  rapport de la 8ème revue page 21 et rapport 17/372 de décembre 2017 du Fmi) soit plus de cinq (5) fois le budget global de l’Etat de Côte d’Ivoire en 2010.  Cette dette publique s’est accrue, irrationnellement de +106,77% (sources rapport de la 8ème revue page 21 et rapport n° 17/372 page 24 du Fmi) entre 2012 et 2018 »   Que   le gouvernement  nous  dise que la Côte d’Ivoire  s’est engagée dans un schéma   d’endettement intelligent  certes mais , il ne faudrait pas  oublier  que la Côte d’Ivoire qui s’est retrouvée avec un taux  d’endettement de 36% est remontée à environ  46% puis 48% à ce jour comme indiqué plus haut.  Soit ! «  Si prendre crédit est doux, au moment de payer  c’est souvent difficile. Surtout qu’il va falloir tenir compte des cours du dollar et la facture risque très amère  »  Fait noter  notre  économique et  expert financier.   La  Côte d’Ivoire  a terminé l’année budgétaire  2014,  avec une  dette globale de  7804 milliards deFcfa.  Si l’on ajoute donc les 500 milliards de l’Eurobonds   de Février 2015, la dette ivoirienne  tournait  autour  de 8304 milliards de Fcfa au moins  en   début d’année2015. Par définition, un Eurobond  ou euro-obligation  est un titre de créance libellé dans une monnaie différente de celle du pays de l'émetteur. Avec les Eurobonds 2017 et 2018, la dette ivoirienne  à certaine encore  pris du poids et elle ne cessera de prendre du volume.    Il est à préciser  que   L’Eurobond de début juin 2017  situe la dette de la Côte d’Ivoire  plus  de  41,9%.  Quand sa dette représente 70% de son produit intérieur brut (Pib), selon la norme établie par l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa) tandis que sur le plan international, le seuil se situe à 49%.  Donc bien en-deçà du taux d’endettement communautaire. Ne  faudrait-il aller à pas modérés dans la course à l’endettement ?  Depuis quelques années, l’Etat de Côte d’Ivoire   est  entrée dans une course  à la mobilisation des ressources sur le marché international à travers  les Eurobonds dont  les taux  d’intérêts et le  niveau des stocks se chiffrent  en moins  de cinq ans, à  plus de 4 mille  milliards de Fcfa. Faut-il craindre un endettement massif de la Côte d’Ivoire ? Rappelons qu’  après, 2014, 2015 et 2017,  la Côte d’Ivoire est repartie    en  mars 2018, sur le marché international, pour mobiliser  des ressources en Euros.  Soit pour la  quatrième  fois sous  le Régime de Ouattara.  Ces  Eurobonds   lui ont permis  de non seulement    tester la qualité de  sa signature mais aussi  de  récolter  d’importantes ressources.  Pour l’ année 2018, l’Etat  de Côte d’Ivoire   recherchait   1 310 milliards Fcfa, soit près de 2 milliards d’euros,  sur les marchés financiers pour boucler son budget  qui  s’équilibre en ressources et en charges   à plus de  6 756  mille milliards de  Fcfa, en hausse de 4,8% par rapport au budget révisé de  2017, d’un montant de plus de  6 447 milliard de Fcfa  Fcfa.  Si le gouvernement ivoirien a eu   de réels motifs de  jubiler face au succès rencontrer  durant  les différentes sorties, il est à  faire  remarquer  que le compteur à ce niveau là  commence à tourner très fort et  la pullule risque d’être  amère, le temps  de remboursement arrivé pour   nos enfants.   Surtout que les taux d’intérêts appliqués à la Côte d’Ivoire diffèrent dans bien de cas  de ceux  appliqués  en la matière en Occident.  Ces Eurobonds  à taux  élevés qui risquent de faire mal Rappel des faits : Sous Kablan Duncan alors Premier ministre, le    deuxième  emprunt obligataire sur le marché financier international, a permis  de lever  1 milliard de Dollars , soit près de 500 milliards de Fcfa( Eurobonds 2015) au taux d’intérêt de 6, 25%  contre   de 375 milliards de Fcfa au taux d’intérêt de 5,375%( Eurobonds 2014),  pour une durée de dix ans courant aout 2015.  Au titre  de l’Eurobond 2017 donc  avec Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre , ministre du Budget et  du Portefeuille de l’Etat, l’opération a permis de lever 1 milliard 250 millions de dollars et 625 millions d’euros (environ 1.140 milliards de Francs Ccfa), à des maturités de respectivement 16 et 8 ans.  Son objectif était de recourir aux places financières internationales, afin d’obtenir des ressources devant venir en appui au financement du budget de l’Etat et notamment du Plan National de Développement (Pnd) 2016-2020. Dans une déclaration faite le 13 juin 2017,  à l’occasion de son retour d’une mission de mobilisation de ressources (Eurobond 2017)  le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a indiqué que le succès de l’opération est le témoignage de la confiance des marchés financiers internationaux dans le leadership du Président de la République Alassane Ouattara et dans la vision qu’il a pour le développement de la Côte d’Ivoire. Malheureusement,  pour l’Eurobond 2018,  Agc et sa délégation sont rentrés  sans tambour ni trompette. Pourquoi ce silence bruissant  de parole ?  Qu’est-ce qui a pu se passer  pour qu’on serve à la Côte d’Ivoire  bien évidemment du «  blé en abondance » ( argent) mais à  un taux oscillant entre 5,50 et 5,625% pour première tranche , d’une maturité de 11 ans allant jusqu’en 2030. Pendant que pour la deuxième tranche, La seconde tranche, elle, d’une durée de 29 ans, soit jusqu’en 2048, est proposé avec un rendement de 6,875 – 7%. Cette tranche est présentée par la presse économique internationale comme la plus longue maturité jamais émise pour une obligation en Euro par un pays d’Afrique subsaharienne et l’une des plus « rentables » émises par un Etat au cours de ces dernières années.  Pourquoi avoir  accepté un tel taux ? Disons- le  clairement le taux risque pays  appliqué à la Côte d’Ivoire,  est élevé. C’est à se demander si à  la prochaine émission nous n’allons  pas frôler  les 8% sur 14 ans.  Pour le Professeur Mamadou Koulibaly  de l’Université Felix Houphouet Boigny de Cocody qui  s’était prononcé sur la question  dans la mouvance  de l’Eurobond 2018 émis par la Côte d’Ivoire avait  expliqué :   « Et pourtant, ici en Côte d’Ivoire, on nous dit que tout va pour le mieux, il  y a de la croissance mais les populations sont de plus en plus  pauvres   et  le gouvernement retourne sur le marché international  pour s’endetter à un taux d’intérêt supérieur au 1er Eurobond souscrit en 2014.  De    5,375%  la Côte d’Ivoire   va s’endetter à 6,25%.  Le risque-pays est très élevé. Aussi, il faut ajouter que cet autre prêt arrive au moment où l’Euro   est dévalué tout comme le Fcfa par rapport au dollar.   »     A quelle sauce sera mangée  la Côte d’Ivoire  à l’heure du remboursement ? «  Si le dollar est faible tant mieux pour la Côte d’Ivoire. Dans le cas contraire, c’est le fardeau de la dette qui va  davantage s’alourdir(…) »    ajoute t-il.La Côte d’Ivoire qui a vécu à   un    moment donné  de son existence sur budget sécurisé peut-elle  accepter  un tel taux ?  Comparativement au taux appliqué  aux Eurobonds en Europe,  soulignons  que  la   Roumanie a en   Février 2018, a  mobilisé plus de 2 Milliards d’Euros soit 1310 milliards de  Fcfa  à  des  taux  de  2,5% et  3,375% respectivement pour les deux tranches. Pour 2019,  les  ressources attendues des interventions de l’Etat sur les marchés monétaire et financier se situeraient à 1 418,8 milliards, dont 1 115 milliards de Fcfa au titre de l’Eurobond. Abidjan va-t-il encore   s’endetter sur le marché international avec  des taux d’intérêts aussi élevés ? Nous attendons de voir.  En ce qui concerne   les  ressources des Comptes Spéciaux du Trésor, elles seraient collectées à hauteur de 657,0 milliards pour des prévisions de 638,1 milliards de Fcfa.   La loi  de finance 2019 indique  que le budget d’Etat pour la gestion 2019  indique que le  budget d’Etat 2019 s’équilibre en ressources et en charges à 7 334,3 milliards contre 6 756,3 milliards en 2018, soit une hausse de 8,6%. 

Bamba Mafoumgbé( In Lginfos du  16 avril 2019) Légende photo : Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre, ministre du Budget et  du portefeuille de l’Etat.  Va  lancer bientôt un autre Eurobond

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