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Enquêtes (23)

Coopération// Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique (AGOA),// Une opportunité pour approfondir le commerce et les investissements entre les États-Unis et la Côte d'Ivoire

mercredi, 01 novembre 2023 17:07 Written by Admin

« Les États-Unis s'engagent pleinement en Afrique », comme l'a clairement affirmé le Président Joseph Biden lors du Sommet des dirigeants américains et africains en décembre dernier, et l'Ambassade des États-Unis en Côte d'Ivoire continue d'investir dans la prospérité ivoirienne en tant que partenaires et amis. La Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique (AGOA), promulguée en 2002, est au cœur de la politique économique et de l'engagement commercial des États-Unis avec l'Afrique.

Le mois dernier, j'ai eu l'opportunité de participer à la cérémonie de pose de la première pierre d'un projet de transport routier financé par les États-Unis à hauteur de 123 billions de francs CFA à Abidjan, via la Millennium Challenge Corporation, qui favorisera la croissance et le commerce accrus. Nous continuons à financer des projets dans l'industrie ivoirienne de la noix de cajou, des soins de santé et de l'entrepreneuriat féminin, investissant dans le peuple, la paix et la prospérité de nos amis ivoiriens et collaborant pour #CreerDesEmploiEnsembleUSACIV. Il s'agit d'investissements du peuple américain au profit du peuple ivoirien, et non de prêts.

Le succès du peuple de Côte d'Ivoire et celui des États-Unis sont inextricablement liés. Les États-Unis importent chaque année plus de 600 billions de francs CFA (1 milliard de dollars) de produits ivoiriens, et cette tendance continuera de croître à l'avenir. La Côte d'Ivoire est un partenaire clé pour les États-Unis, poursuivant une approche commune visant à promouvoir un commerce accessible, équitable, concurrentiel et résilient. Ensemble, nous protégerons la dignité de tous les travailleurs et la durabilité de notre planète.

L'AGOA est un élément essentiel pour concrétiser cette vision de prospérité partagée. Si vous gérez une entreprise en Côte d'Ivoire, je vous encourage à envisager l'AGOA pour augmenter vos ventes, former davantage d'employés et améliorer votre communauté. Depuis sa signature il y a plus de deux décennies, l'AGOA a fait une énorme différence pour des millions d'Africains en offrant un accès en franchise de droits au marché américain pour plus de 6 800 produits différents.

L'AGOA est un exemple de la façon dont nous pouvons utiliser le commerce comme une force pour le bien. Pour maintenir leur éligibilité, les pays doivent respecter plusieurs valeurs fondamentales pour des sociétés libres et équitables : l'État de droit, le respect des droits de l'homme, la lutte contre la corruption et la protection des droits des travailleurs. Nos deux grands pays partagent ces valeurs. L'AGOA est un outil transformationnel pour renforcer la prospérité inclusive en Afrique subsaharienne.

Ici, en Côte d'Ivoire, l'AGOA a un impact réel et positif sur la vie de milliers d'Ivoiriens en créant des emplois et de nouvelles opportunités économiques, notamment pour les femmes et les jeunes. Par exemple, le gouvernement des États-Unis a accordé 1,8 milliard de francs CFA à Red River Foods (une entreprise de transformation de noix de cajou basée aux États-Unis) pour investir dans l'industrie ivoirienne de la noix de cajou, ce qui contribuera à créer plus de 480 emplois. Red River Foods bénéficiera de l'exportation en franchise de droits de ses produits vers le marché américain grâce à l'AGOA. Grâce à l'AGOA, plus de 300 micros, petites et moyennes entreprises ont été formées par le bureau ivoirien de l'AGOA aux exigences d'exportation. Certaines de ces petites entreprises ont considérablement bénéficié de leur formation et sont désormais considérées comme des moyennes entreprises.

Nous nous engageons à élargir les opportunités pour les entreprises locales de former les Ivoiriens et d'exporter des biens de haute qualité et de grande valeur vers les États-Unis. Les outils politiques tels que l'AGOA sont destinés à être utilisés, testés et affinés au fil du temps, ce qui est le but principal du Forum de l'AGOA qui se tient cette semaine à Johannesburg, en Afrique du Sud. Chaque année, le représentant américain au commerce et les ministres du commerce de chaque pays participant à l'AGOA se réunissent pour faire le bilan de leur travail ensemble et trouver des opportunités pour en faire davantage.

Le Forum de l'AGOA offre une occasion d'évaluer les progrès réalisés à ce jour, de discuter de la possibilité d'améliorer l'AGOA pour mieux servir les Africains et les Américains, et sert de catalyseur pour réunir une communauté plus large. Les responsables gouvernementaux, les investisseurs du secteur privé, la société civile et les leaders syndicaux venant tous d'Afrique et des États-Unis se réunissent avec pour objectif commun d'utiliser le commerce pour créer de meilleures opportunités.

C'est un moment important pour l'engagement économique et commercial entre la Côte d'Ivoire et les États-Unis. J'attends avec impatience une conversation dynamique axée sur l'avenir - lors du

Un Editorial de l'Ambassadeur des Etats-Unis Jessica Davis Ba
Forum de l'AGOA, avec nos amis en Côte d'Ivoire et au-delà.

Abidjan, le 1er novembre 2023

Contribution//Intégrer la circularité de l’eau au cœur de l’action souveraine// Les révélations de l’analyste Frédéric Yo, (ESG La Française AM)

mardi, 10 octobre 2023 11:54 Written by Admin

La préservation de l’eau douce repose sur une combinaison de facteurs organisés autour des principes de l’économie circulaire : réduire, réutiliser, recycler.
L’eau est une ressource essentielle à la survie de toutes formes de vie sur terre. Mais sous les pressions de la démographie et du changement climatique les ressources en eau douce commencent à tarir. Plus de 2,3 milliards de personnes vivent dans des pays soumis au stress hydrique (la demande en eau dépasse les ressources disponibles), soit plus d’un tiers de la population mondiale. Les experts prévoient que d’ici 2025 près de 460 millions d’habitants en Afrique vivront dans des zones subissant un stress hydrique et 230 millions d'entre eux seront confrontés au manque d’eau. Des efforts sont constatés pour la mise en place de solutions, comme le recyclage de l’eau, mais il reste encore de nombreux obstacles à franchir.
LE RECYCLAGE DE L’EAU, UNE MISE EN PLACE QUI TARDE
La réutilisation des eaux usées, également connue sous le nom de récupération ou recyclage de l'eau, est de plus en plus reconnue comme une solution durable pour faire face à la crise mondiale de l'eau qui ne cesse de s'aggraver. Plutôt que de considérer les eaux usées comme un déchet à éliminer, elles peuvent être traitées et purifiées pour limiter la consommation d’eau douce. Ces eaux traitées peuvent être utilisées à des fins agricoles et industrielles, voir même pour la recharge des nappes phréatiques. Certains pays appliquent déjà ces méthodes à grande échelle. En Italie et en Espagne par exemple, respectivement 8% et 14% des eaux usées sont réutilisées. En Israël, ce chiffre grimpe à près de 85%.
Avec les effets du changement climatique, plusieurs régions à travers le monde voient leur accès à l’eau diminuer drastiquement. Les Nations Unies estiment même que la demande mondiale en eau douce dépassera l’offre de 40% d’ici 2030. En France, par exemple, une période record de 32 jours sans pluie a été enregistrée entre janvier et février 2023, retardant le remplissage des nappes phréatiques et impactant les ressources en eau disponibles. En Afrique du Sud, la forte sécheresse subie par le pays ente 2018 et 2021, combinée à l’augmentation de la population, a contribué à accentuer la crise.
Malgré les nombreux bénéfices qu’offre la réutilisation des eaux usées, sa mise en place tarde et relève majoritairement des pays les plus exposés à des situations de stress hydrique, les plus vulnérables en d’autres termes. Par exemple, en France seulement
1% des eaux usées sont renouvelées. Le pays est loin derrière l’Espagne et l’Italie, qui sont eux exposés à des sécheresses répétées. Autre ralentisseur, la réticence de la population quant à l’utilisation de l'eau recyclée. Néanmoins, plusieurs rapports révèlent que les eaux usées recyclées sont non seulement aussi sûres que l'eau potable traditionnelle, mais peuvent être moins toxiques que certaines sources d’eau douce exploitées. Une campagne de communication serait nécessaire pour traiter les objections et relever le doute. Enfin, le principal obstacle à la mise en place de méthodes de recyclage est sans équivoque le manque de technologie et d’expertise dans le domaine.
En règle générale, les eaux usées doivent être traitées en trois étapes pour éliminer les déchets et nutriments susceptibles de perturber le cycle de l'eau. Le pré-traitement comprend les procédés d'épuration physique et chimique, tandis que le traitement secondaire concerne l'épuration biologique des eaux usées. Après intervient le traitement tertiaire : les eaux usées sont converties en eau de bonne qualité qui peut être utilisée pour différentes finalités. Chacune de ces trois étapes requiert des technologies et des infrastructures bien précises, nécessitant des investissements financiers significatifs.
Face à ces barrières, les gouvernements ont leur rôle à jouer pour faciliter l’adoption de nouvelles pratiques. Offrir des incitations financières aux entreprises et municipalités, comme des subventions ou des financements à taux préférentiels, afin de leur permettre d’investir dans la réutilisation de l’eau, mettre en place des campagnes de sensibilisation pour informer le public sur les avantages du recyclage des eaux usées et pour éliminer les préjugés ou les malentendus concernant son utilisation sont autant de leviers à exploiter.
La préservation de l’eau douce repose sur une combinaison de facteurs organisés autour des principes de l’économie circulaire : réduire, réutiliser, recycler. Toutefois, la réutilisation ou le recyclage des eaux usées, une solution d’adaptation efficace pour permettre de faire face aux déficits des ressources, ne résoudra pas à elle seule tous les problèmes d'eau auxquels nous serons confrontés dans les décennies à venir. Des méthodes d’utilisation optimisées pour réduire notre consommation en eau sont nécessaires. Le secteur de l’agriculture, représentant plus de 70% des prélèvements d’eau dans le monde, reste prioritaire. Aussi, la réduction de la pollution de l’eau est un objectif connexe à atteindre. La contamination des eaux ayant pour effet de perturber le cycle de l’eau, a un impact négatif sur les ressources disponibles.
Intégrer la circularité au cœur de l’action souveraine est un des seuls espoirs pour préserver nos ressources naturelles. Pour atteindre son objectif de tripler les volumes d’eau réutilisée d’ici 2025 (19 000 m3 par jour en 2019), la France a décidé d’appliquer ces différents principes au travers de son Plan Eau annoncé en mars 2023, qui contient près de 50 mesures. L’objectif est de procurer des financements afin de pousser à la réutilisation et la sobriété hydrique. Une fois le cadre de soutien en place, il appartiendra aux consommateurs de faire le reste du chemin.
Frédéric Yo

Analyste ESG
Frédéric Yo, Analyste ESG à La Française AM, a près de deux ans d’expérience dans la gestion d’actifs. En 2021, Frédéric commence sa carrière chez Groupe Mirabaud en Suisse en tant qu’Analyste ESG. En 2023, il rejoint l’équipe de recherche extra-financière de La Française AM. Frédéric est titulaire de deux masters, un en Gestion de Patrimoine et un autre en Administration et Gestion des Affaires. Ancrée sur quatre pôles d’activité – Valeurs Mobilières, Immobilier, Solutions d’Investissements et Financement Direct de l’Économie – La Française déploie son modèle multi-affiliés depuis plus de 40 ans auprès d'une clientèle institutionnelle et patrimoniale, en France et à l’international. Forte de 566 collaborateurs, la Française gère plus de 66 milliards d’euros* d’actifs à travers ses implantations à Paris, Francfort, Genève, Stamford (CT, USA),Hong Kong, Londres, Luxembourg, Madrid, Milan, Séoul et Singapour.

 

Covid-19// Variants Delta, Omicron….// Ils mélangent les prévisions de reprises économiques

vendredi, 24 décembre 2021 16:21 Written by

En plus de l’impact de la pandémie à Coronavirus, sur  l’économie  mondiale, les variants du Covid-19, sont en train  de bouleverser toutes  prévisions de  croissance. Dossier…
 Un véritable  coup de gueule  de Cyril Ramaphosa, Président sud-africain, parlant du variant Omicron du Covid-19 qui sévit dans son pays. Lors  d’une visite  de travail,  le 2 décembre 2021 à Abidjan, le Chef de l’Etat sud- africain a dit que   les « interdictions de voyage qui ne sont basées sur aucune donnée scientifique ». Toute chose qui, selon lui, « impacte négativement le commerce, l’économie et le tourisme » C’est pourquoi, il a invité « tous ces pays qui ont pris cette décision d’interdiction de voyage » non sans les inviter  à reconsidérer leur position, et a demandé aux instances internationales de rendre les vaccins disponibles. De Marrakech, pôle touristique  mondiale par excellence  au Maroc, en passant par Durban en Afrique  du Sud  à  Abidjan, l’angoisse et le désespoir gagnent à nouveau voyagistes, hôteliers et le  secteur de la restauration.  Bref, tous les acteurs de la chaine des valeurs de l’industrie touristique  qui ont subi de plein fouet, l’impact  négatif  de la pandémie à Coronavirus  en début 2020  sont dans l’angoisse.  Le  variant Delta du Covid- 19 a  pesé pour beaucoup, dans le report  du Hadj 2021 dans le format habituel (Tourisme religieux),  le plus grand rassemblement annuel musulman en Terre sainte  d’Arabie Saoudite. Le deuxième report après celui de 2020 du fait de la pandémie sanitaire mondiale.  En moyenne, le hadj rapporte  entre 10 et 15 milliards de dollars par an. Soit plus de 5000 milliards à  7500milliards de Fcfa au Royaume saoudien.     À cette manne, il faut rajouter 4 à 5 milliards de dollars soit plus de 2 mille milliards à  2500 milliards de fcfa   apportés par les huit millions de pèlerins accomplissant la omra, un pèlerinage, non obligatoire, à La Mecque qui peut s’effectuer à n’importe quelle date de l’année (en dehors du hadj) et qui atteint un pic pendant le ramadan. Malheureusement, Covid-19, a mélangé toutes ces prévisions. Sans oublier les grands rassemblements artistiques et  sportifs,( Jeux Olympics, festival de Canne  qui ont soit été  reportés soit organisés à huit clos.    
 
Que dire de l’impact du variant  Omicron ?
 Du fait de l’apparition du  variant découvert en Afrique du Sud qui fait trembler le monde entier, les frontières de plusieurs pays se referment comme au début de l’année 2020. Ceux qui s’apprêtaient à les rouvrir renoncent à le faire. L’Afrique du Sud et ses pays voisins sont impuissants face à l’ostracisme dont ils sont de plus en plus victimes.  « Omicron a déjà des conséquences économiques. Le secteur de l'hôtellerie-restauration était déjà en grande souffrance, car directement impacté par les fermetures de frontières et autres restrictions prises depuis le début de la pandémie. En Côte d'Ivoire, aucun cas de variant n'a pour l'instant été détecté mais l'augmentation exponentielle des malades dans d'autres pays du continent inquiètent les gérants et patrons d'établissements » Rapporte  Radio France internationale,(Rfi) dans un reportage réalisé à Abidjan, sur le dossier. De l’avis de  Jean-Jacques Biandji, un  propriétaire de maquis  du quartier Blockhaus  l'Espace Port Royal, un restaurant qui draine près de 400 clients chaque jour en semaine. « La reprise est là(…) Mais le rebond de la pandémie et le nouveau variant Omicron lui font craindre le pire »  avant  de confier au  confrère de la radio française :   « Le nouveau variant peut couper les choses. Je crains un peu. On a repris à 70-80 %, mais avec le nouveau variant, si on doit encore fermer ce sera la catastrophe ». Quant à  Daniel Karbownik, le  directeur régional du groupe Accor pour l'Afrique de l'Ouest : « On commençait un petit peu à reprendre le cours des choses et on revenait à des niveaux qui s'approchaient à -15 voire- 10 % par rapport à 2019 et j'espère que ce nouveau variant ne va pas tout remettre en cause. Le risque, c'est que l'on retombe à une situation comme en 2020, et là, ce serait dramatique. Pour le reste, j'ai envie de dire "vaccinez-vous" et que très vite surtout l'Afrique puisse être dotée de toutes les doses de vaccin nécessaire pour vacciner les populations des différents pays d'Afrique ». Avec des pertes sèches de plus de 4000 milliards de dollars soit plus de 200 mille milliards  de Fcfa,   en 2021et plus de 70% de baisse de mobilité des touristes internationaux du fait des restrictions. Quid de la situation en Côte d’Ivoire ?   Les statistiques  de  l’Autorité nationale de l’aviation civile de Côte d’Ivoire (Anac), pour l’année 2020  ne sont  pas bonnes. Les chiffres  relatifs au niveau d’activité de l’industrie aérienne du pays en 2020,  révèlent une baisse remarquable du trafic aérien. Dans son rapport annuel de 2020 publié le vendredi 15 octobre 2021, l’organisme public garant de la sécurité aérienne et de la sûreté aéroportuaire indique que « le trafic passagers  2020 de l’aéroport Félix Houphouët Boigny (Fhb ) a chuté de 58,8%, comparé à 2019. Passant ainsi de 2 271 700 voyageurs à 935 130. Ce recul du niveau d’activité est attribué aux impacts de la crise sanitaire mondiale sur le secteur. Notamment aux restrictions de voyages en 2020 dont les conséquences se sont plus ressenties dans l’industrie aérienne ivoirienne durant le deuxième trimestre 2020, où le trafic passagers de l’aéroport Fhb qui frôlait la barre de 200 000 passagers par mois en période de fortes activités a fondu jusqu’à atteindre 2 156 passagers en avril 2020 » rapporte  l’Anac. Heureusement,  que  l’aéroport Fhb n’est pas fermé et les tests  Pcr se font sur  place  en   toute transparence et  pas de restrictions de voyager pour l'instant.   Toujours à Abidjan, Omicron, a  fait reporter sine die,  un important forum économique organisé par la  Banque africaine  de développement(Bad). En effet,  la  3è édition de l’Africa Investment Forum prévue se tenir du 1er décembre au 3 décembre 2021 sur les bords de la lagune Ebrié a été reportée à une date ultérieure.  « Avec l'augmentation des restrictions de voyage à l'échelle mondiale, en raison du nouveau variant du Covid-19 appelé Omicron, et les inquiétudes accrues en matière de santé et de sécurité, il est nécessaire, avec regret, de reporter l'événement. La santé et la sécurité de chacun passent avant toute autre considération », a  expliqué le Dr  Akinwumi Adesina.  Aussi, le président de la Bad a assuré que quand la situation sanitaire liée à la Covid-19 sera stable, l’événement sera organisé à Abidjan. Bien que l'Oms ait déconseillé l'adoption de restrictions de voyage, plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis et des États de l'Union européenne, ont fermé leurs portes aux voyageurs en provenance d'Afrique du Sud, du Botswana, du Swaziland, du Lesotho, du Mozambique, de la Namibie et du Zimbabwe par crainte de la propagation de la nouvelle variante du virus qui cause le Covid-19.  D'autres sont allés plus loin : Le Maroc a suspendu l'arrivée des vols internationaux pendant deux semaines et Israël a interdit l'entrée des étrangers sur son territoire.  Selon la Banque mondiale, le tourisme qui demeure le 3e secteur exportateur au monde et représente 1/10e du réservoir d’employabilité selon la Banque mondiale, en dépit du bémol qu’implique la crise pandémique de la Covid-19.  Malgré  tout,  il faut voyager.  
Des prévisions de croissance compromises  
 Cela  passe par une réouverture intégrale  des frontières, notamment les frontières terrestres qui sont toujours  officiellement fermées depuis l’apparition des premiers de Covid-19  en Afrique de l’Ouest. La  session ordinaire du Conseil des ministres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao)  tenue récemment   à Abuja au Nigeria, a mis la question de la réouverture des frontières au 1er janvier 2022 et de l'harmonisation de la reconnaissance des tests Pcr sur la table alors que certaines d'entre elles sont restées fermées depuis plusieurs mois à cause de la pandémie de Covid-19. Bref,   que ce soit aussi bien     Covid-19 que  ses variants sont  en train  de déjouer tous les pronostics. Par ailleurs,  le   Nigeria  dans  cette mouvance  a  décidé  de  suspendre les vols en provenance de la Grande-Bretagne, du Canada, de l'Argentine et de l’Arabie saoudite. L’annonce a été faite le dimanche 12 décembre 2021, par Hadi Sirika  ministre nigérian de l’Aviation.  « La mesure qui sera mise en œuvre cette semaine intervient en représailles à des mesures similaires qui ont ciblé Abuja, ces derniers jours. Comme plusieurs autres pays africains, le Nigeria a été placé sur la liste rouge de plusieurs pays européens et américains, en raison de l’apparition du variant Omicron de la covid-19 sur le continent »  rapporte la presse  locale.   Et pourtant,  «  après  s’être contractée  de 2,1% en 2020,le Produit intérieur brut réel africain devrait croitre de 3,4% en 2021, selon les anticipations du Fonds monétaire international(Fmi) et de 2,8% selon la Banque mondiale(Bm) dans son rapport de juin2021. Une reprise prévue devrait être s’appuyer notamment sur  une relance du tourisme, un rebond des  prix des Matières premières et la levée  des restrictions induites par la pandémie » indique l’ancien ministre,  l’ivoirien Adama Koné dans « Croissance économique en Afrique: Etat des lieux et perspectives à l'ère du coronavirus, l'expérience de la Côte d’Ivoire » Les  Edition Cerap, première, 2021
 
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. :  In LE TEMPS
Légende photo : ( photo aéroport Fhb) Allons –nous  un autre renforcement  des restrictions au niveaux des frontières à  travers le monde ?

 

 

 

Dossier //Audits et opérations mains propres dans les Epn// « Les seconds couteaux » risquent encore de payer…

dimanche, 28 novembre 2021 19:50 Written by


 Depuis   courant  juillet 2021,  une vague de limogeages  de  Directeurs généraux d’Etablissements publics nationaux( Epn), consécutive  à des audits et opérations mains propres est  en marche en  Côte d’Ivoire. Dossier
Juste après son  arrivée aux  affaires d’Etat, après avril 2011,  l’actuel Chef de l’Etat ivoirien Allassane Ouattara, a fait signer à son Premier ministre d’alors Guillaume Soro et  ses ministres, une charte d’éthique, de déontologie  et de bonne gouvernance. Plus d’un observateur, partenaires au développement et du secteur privé ont applaudi à tout rompre.  Malheureusement,   ce code  de bonne conduite a  été rangé au placard, pour ne pas dire « déchiré »par les premiers concernés.  Ont suivi par la suite,  plusieurs  scandales qui ont éclaboussé des ministres du gouvernement.  Citons entre autres :     « L’affaire de Satarem Grennsol » impliquant clairement la ministre Anne Désirée Ouloto.  Un marché qui  a été  annulé au finish par l’Agence Nationale des Marchés Publics,(Anrmp. Le  Directeur de cabinet adjoint de Mme le ministre, Anne Ouleto pourtant  soupçonné d’accointances avec l’entreprise  ISP Pangola, c’est le pauvre  Sekongo Laurent, qui  a été limogé par la ministre. Cet ancien    Meeciste nous a-t-on dit,  aurait pris des engagements et promis d’aider l’un des soumissionnaires. Nous  avons eu  «  l’affaire Celpaid » pour l’inscription en ligne dans les établissements scolaires publics »  d’autres parts. Il est bon d’indiquer que dans ce dernier dossier, sont cités nommément deux  barons du Rassemblement des Républicains( Rdr).  Citons Mamadou Sanogo, alors  ministre de la Construction et de l’Urbanisme, par ailleurs, propriétaire de Celpaid et  Kandia Camara, ministre de l’Education Nationale qui a passé  le juteux marché à son camarade de parti.  Au scandale précité, ajoutons celui portant sur le marché de réhabilitation des universités publiques de Côte d’Ivoire. D’un coût de 110 milliards  de Fcfa, au départ,  ce vaste marché  a été  aussi passé de gré à gré  avec la Société moderne de développement et de travaux de Côte d'Ivoire (Smdtci) de   Séklaoui.  Montant  de la facture globale d’environ  in fine, « plus 200 milliards de Fcfa selon Alassane Ouattara, le Chef de l’Etat ivoirien. (  Cf Frat- mat du 26 juin 2015) ».  Jusqu’à  ce jour, du moins officiellement, les résultats des audits et  enquêtes annoncées  n’ont pas été portés à la connaissance du contribuable ivoirien. Même si un second coûteau, le Daaf ( Meité Adama) de Cisse Bacongo, alors ministre de l’Enseignement supérieur,  Nous sommes en  2021, soit près de 10 ans après, le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi Jérôme, sur instruction   de Allassane Ouattara engage un  processus d’envergue  « d’audits et d’opération mains propres »  aux sommets des  81 établissements nationaux ( Epn) dont 27 sociétés  d’Etat à  capitaux publics  de l’Etat de Côte d’Ivoire. Depuis, juillet 2021,  la liste des Directeurs généraux suspendus ne  fait que s’allonger. Du Dg de l’Artci, en passant par celui  de  l’Agence de gestion foncières( Agef)  à ceux de la Société nationale d’opérations pétrolières en Côte d’ Ivoire( Petroci) et l’Autorité nationale de régulation de l’électricité en Côte d’Ivoire,(Anare-ci), ont été à la limite débarqués et les têtes continuent  de tomber.  Le Premier ministre Achi Patrick, lors de sa conférence de presse - bilan du 08 novembre2021 à l’auditorium de la Primature au Plateau, a    ceux qui estiment que le processus est lent et tatillon,   a rétorqué   que « le processus des audits est irréversible » et que « le chef de l’Etat ne reculera pas ». Une  sortie qui ressemble bien  à une opération qui vise à maintenir l’Epé de Damoclès, sur la tête  de ceux qui pensent être intouchables de la Case( Rdr), de se tenir à carreau.  Mais jusqu’à où peut aller ? Pourquoi maintenant alors qu’on a pas  fait  rendre gorge  aux  premiers cités dans des soupçons de malversation et  de corruption  dans  l’exercice de leurs charges  quotidiennes de gestions des affaires publiques ?  S’agit-il  pour Ouattara de contenter un tant soit peu le secteur privé et la communauté des bailleurs de fonds, qui grognent de plus en plus   en sourdine ? Ou pour gagner de précieux points aux prochains classements Doing business de la Banque mondiale et de l’Indice Mo Ibrahim de la Fondation  du même nom ?  Les deux tableaux sont plausibles.
 Contenter  l’Ue, le Mcc et le secteur privé…
En effet, en suspendant  le Professeur Yapi Ange Désiré,Dg de la  Nouvelle Pharmacie de la santé publique( Nouvelle Psp) ,  Diaby Lanciné, Dg du Fonds d’entretien routier( Fer) et  M.  Ouattara Youssouf,  Dg de l’Agence de Gestion et de développement des infrastructures industrielles (Agedi),  l’exécutif ivoirien voudrait aller à cela. Il ne faudrait pas  oublier  M. Coulibaly Lamine  précédemment,  directeur général de l’Agence de gestion foncière (Agef). Il a été suspendu en juin 2021. À ce jour, il est le seul en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).  Le  gouvernement de l’avis de certains observateurs, «  veut  envoyer  un signal fort à l’ Union européenne( Ue) impliquée dans la réhabilitation  de l’ex-pharmacie de santé publique ( Psp) devenue Nouvelle Psp, mais aussi les partenaires américains du Millenium  Millenium Challenge Account – Côte d’Ivoire (Mca-Côte d’Ivoire)  qui financent  des projets pilotés par le Fer  dans  le cadre du  « Programme Compact ».  Le programme Compact, issu de la signature d’un protocole d’accord portant sur un don de 525 millions de dollars Us , soit environ 310 milliards de Fcfa) du Gouvernement américain, s’inscrit dans la dynamique de mobilisation de ressources de l’Etat de Côte d’Ivoire à l’effet d’améliorer les conditions de vie des populations.   Ce  don   est  destiné  au financement de deux projets que sont : Le projet « skills employability and productivity » qui vise notamment la construction de 84 collèges de proximité, de 4 centres de formation professionnelle. Le projet « Abidjan Transport Project (Atp) » qui concerne notamment la réfection de 32 kilomètres de routes critiques à Abidjan, la construction d’aires stratégiques de stationnement et de mise en place d’un master en gestion des infrastructures routières ».   En ce qui concerne l’Agedi,  elle est cogérée par le secteur privé ivoirien qui  met la main à la poche pour   financer  des   investissements en principe , dans  des infrastructures industrielles  pilotés par l’Age« Nous a  voulu au  départ, que le Dg  soit désigné par appel à candidature, on ne nous a pas  suivi.   Nous avons attiré l’attention  du ministère du Commerce et  de l’Industrie  sur certaines déviations constatées, nous  n’avons pas été aussi  suivis… Nous en sommes là(…) »  nous avait confié un   membre du patronat ivoirien, juste avant la  suspension de l’ex- Dg  Ouattara Youssouf.  
Pour gagner  des points   au   Doing Business et  l’Indice Mo Ibrahim ?
 S’il s’agit d’une  opération de charme    pour  gagner des précieux points  aux  prochains classements  du Doing Business et l’indice Mo Ibrahim,  l’on peut dire que le signal est fort. Tant, l’initiative  est  au centre  de tous les débats   d’experts ou non  aussi bien  dans les formations politiques  que la presse, sur les bords de la  Lagune Ebrié. C’est bien de s’engager pour combattre la corruption, le mal gouvernance en Côte d’Ivoire, il faudra certainement plus loin en remontant la chaine de commandement.     Est-ce que se sont seulement  « les seconds couteaux » qui doivent toujours payer ? Il faut  changer la donne. En 2013,  le pays s’était  donné  pour objectif d’être parmi les 50 premières économies du classement à l’horizon 2020. Challenge qu’Abidjan n’  a pas réussi pour l’instant.  Même  si  du progrès a  été fait dans le  classement Doing Business de la Banque mondiale. L'édition 2019 du classement Doing Business établi par la Banque mondiale a été publiée le  mercredi 31 octobre 2018.  La Côte d’Ivoire est  passée  de la 139ème à la 122ème place des espaces où il fait bon de faire des affaires dans le monde. Enregistrant ainsi une progression de 17 rangs,  certes.   Attendons les  prochains classements de la Côte  d’Ivoire, dans le  Doing Business et   d’Indice Mo Ibrahim.  
 Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. In LE TEMPS DU 25 NOVEMBRE2021
 Légende photo : ( Photo Allassane Ouattara) Jusqu’ à où ira Allassane Ouattara, le Chef  de l’Etat ivoirien ?

Pr PRAO YAO SERAPHIN// « La France sabote le projet monétaire souverainiste de la CEDEAO(…) »

jeudi, 21 mai 2020 13:35 Written by

Le grand Sun Tzu disait que « la meilleure stratégie est celle qui permet d'atteindre ses objectifs sans avoir à se battre ». En tout cas, tout porte à croire que sous l’ère Macron, la France est décidé à maintenir ses positions dans toutefois apparaître impérialiste. L’adoption du projet de loi entérinant la transformation du franc CFA en ECO est un coup de maitre du gouvernement français. En réalité, c’est la suite logique de l’accord signé le 21 décembre 2019,  entre le président Alassane Ouattara, au nom des pays de l’UEMOA et le président français, Emmanuel Macron, à Abidjan. Les ennemis du développement du continent africain veulent faire croire qu’il s’agit d’une révolution copernicienne alors que dans les faits, c’est une simple stratégie pour contrôler indirectement les économies de l’UEMOA sans paraître impérialiste. Nous montrons à travers ces quelques lignes, que le nouvel accord est purement symbolique puisque la France continuera de contrôler les économies africaines au profit de ses entreprises.Le projet de loi du 20 mai 2020 est purement symbolique Depuis 1945, la France pille les fabuleuses ressources des Pays Africains de la Zone Franc (PAZF), par le truchement de plusieurs canaux, dont le canal monétaire de l’accord de coopération monétaire. Avec l’accord du 21 décembre 2019, rien ne change sinon un aménagement de l’ancien accord pour briser l’élan patriotique des Africains quant à la reconquête de leur souveraineté monétaire. Pour ce faire, Macron n’a pas oublié la célèbre pensée de Léopold Sédar Senghor, qui disait que « l’émotion est nègre mais la raison est hellène ». Changer le nom et quelques dispositions marginales suffiront par calmer ces pauvres Africains, telle était l’idée qui a milité en faveur de la signature de l’accord du 21 décembre 2019, du côté de la France. D’ailleurs, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur le perron de l'Elysée, est précise sur le sujet : « cette fin symbolique devait s'inscrire dans un renouvellement de la relation entre la France et l'Afrique et écrire une nouvelle page de notre histoire ». Pour celui qui a un minimum d’ingrédient intellectuel comprend sans effort, qu’il s’agit d’une arnaque monétaire de la France. Dans les faits, les trois changements dans cette réforme sont : le nom de FCFA qui devient ECO, l’arrêt des dépôts de la moitié de nos réserves de change auprès du Trésor français et le retrait des instances de gouvernance, des fonctionnaires français. En quoi est-ce que la décision de retrait d’un intrus de votre maison, doit constituer une prouesse de sa part ? Bien au contraire, de façon honteuse, la France reconnait qu’elle s’est immiscée dans les affaires monétaires des pays Africains sans invitation. De même, avec la pression des pays Africains et mêmes occidentaux (l’Italie et la Russie), la France est obligée de mettre fin à ce honteux pillage de nos réserves de change, à travers le dépôt de la moitié de nos réserves de change auprès du Trésor français. Cependant, la France va toujours contrôler les économies des pays de l’UEMOA avec l’accord du 21 décembre 2019.Le contrôle indirect des économies de la zone UEMOA par la France La France se retire des instances de gouvernance de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) sans retirer son influence sur les économies des pays Africains. Rappelons que jusqu'à présent, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque de France participaient aux deux réunions annuelles, dont l'une se déroulait à Paris. Comme pour interdire aux Africains, tout excès d’enthousiasme, le ministre des Affaires étrangères, de la France, Jean-Yves Le Drian, rappelle ceci : « le  rôle de la France évolue pour devenir celui d'un strict garant financier de la zone ». Qui peut nous convaincre de ce qu’un pays tiers peut apporter sa garantie à un autre sans contrepartie. C’est donc une façon subtile pour la France de contrôler les économies Africaines. D’ailleurs, le concept de « garantie » de convertibilité employé par les officiels français et les partisans de la relique coloniale est d’autant plus absurde que nous vivons depuis les années 1970 une ère post-Etalon or, où la monnaie émise par les États est de nature essentiellement fiduciaire. La valeur de la monnaie dépend du dynamisme de son économie et de l’acceptabilité des agents économiques. La France est supposée fournir toutes les devises nécessaires aux pays de la zone franc, pour leurs importations. Or, le fonctionnement de la BCEAO (et de la BEAC) est paramétré pour qu’une situation de manque de devises arrive le plus rarement possible, voire jamais. Dès que ses réserves de change atteignent un niveau critique, la banque centrale prend des mesures restrictives, comme la limitation des possibilités de financement des économies de la zone – pour reconstituer ses avoirs extérieurs. Grâce à ce mode de gestion, la garantie a été rarement activée pour les pays de l’UEMOA entre 1960 et aujourd’hui. En dehors de cette supposée garantie, la parité fixe pose encore un problème car la France continuera de jouer son rôle de garant pour cette monnaie qui maintiendra également une parité fixe avec l'euro (1 euro = 655,96 francs CFA). Cette parité fixe permet aux entreprises françaises en zone franc, d’éviter un risque de change, c’est-à-dire, une perte liée à une variation du taux de change. Etant donné que les pays Africains constituent un déversoir de produits manufacturés et un réservoir de matières premières, il faut créer les arrangements monétaires qui sécurisent les investissements français en Afrique. C’est donc l’objet du maintien de la parité fixe. Du moment que la parité fixe avec l’euro est maintenue, les réserves de change, serviront d’abord et avant tout à la défense de cette parité. Ces réformes ne rendent donc pas la BCEAO plus autonome : elle demeure une annexe de la Banque de France, rivée à la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Par-dessus tout, le projet de loi du 20 mai, en France, vise à saboter le projet monétaire souverainiste des pays de la CEDEAO. La vérité est que la France a peur de ce vaste projet des pays de la CEDEAO. On sait que le Nigeria, un pays anglophone est la première économie de la zone et le succès du projet est synonyme de la perte du pré carré français en Afrique de l’Ouest. En court-circuitant le projet d’intégration monétaire des pays de la CEDEAO, la France sait que les pays anglophones n’accepteront jamais cette vassalisation monétaire. Du coup, les pays de l’UEMOA resteront les seuls pays à utiliser l’ECO tout en restant dans une servitude monétaire sous le joug français. La preuve est que le franc CFA ne disparaît pas complètement : les six pays d'Afrique centrale (Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad), qui forment une zone monétaire distincte, continueront à l'utiliser.         En définitive, le projet de loi français est un épiphénomène et une reconnaissance honteuse du pillage des économies Africaines par la France. La crise du Covid-19 a montré la fragilité des Etats qui n’ont pas adopté une vision stratégique de l’industrialisation. Or, les pays africains ne sont même pas au stade de l’industrialisation. Il est urgent que ces pays utilisent pleinement tous les instruments à leur disposition pour aller très vite à l’industrialisation. La monnaie a sans aucun doute, un rôle primordial à jouer dans tout processus de développement. Les pays de l’UEMOA n’ont rien compris à ce niveau et c’est dommage. Entre le franc CFA et l’ECO version Macron, la différence n’est pas nette car, entre le cochon et le sanglier, la seule différence notable est que le premier est au village et le second en brousse. D’ailleurs, lorsqu’on a un litige avec le cochon, il ne faut pas appeler le sanglier comme témoin. Légende photo : Pr PRAO YAO SERAPHIN

Zone de libre- échange continentale africaine,( Zlecaf)// Décloisonner 107 frontières pour en faire un marché global

dimanche, 22 décembre 2019 08:32 Written by

En principe, à partir de Janvier 2020, la Zone de libre – échange continentale africaine( Zeclaf) devraient être opérationnel. En attendant zoom sur ce qui se passe aussi bien au niveau de l’Union africaine( Ua) et ses partenaires dont le Centre de commerce international( Cci). Dossier….

L’Afrique, c’est 107 frontières et un ensemble de petits Etats avec plus de 1,5 milliard de consommateurs. Qu’il va falloir unifier dans de la mise en place de la Zone de libre- échange continentale africaine, ( Zlecaf). Qui en principe devrait être opérationnel à partir de janvier 2020. Dans un continent où les tentatives d’intégration régionales n’ont pas connu de succès que peut donner la Zlecaf ? Selon les données de la Conférence des nations unies pour le commerce et le développement( Cnuced), pour la période 2015-2017, « la part du commerce intracontinental ne représente actuellement que 15 % en Afrique, contre environ 47 % en Amérique, 61 % en Asie et 67 % en Europe. Si l’accord de libre-échange est pleinement mis en œuvre à partir de Janvier 2020, le produit intérieur brut ( Bip),de la plupart des pays africains pourrait augmenter de 1 à 3 % une fois tous les droits de douane supprimés, selon les estimations de l’agence onusienne basée à Genève. Cette précision devrait interpeller les gouvernants africains à aller très vite dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine » (Voir encadré). Selon les experts, la zone de libre-échange africaine entraînera plus de compétitivité et permettra aux petites et moyennes entreprises, qui constituent 90% du tissu entrepreneurial africain, de participer au commerce à travers l’insertion dans ce marché continental. Pour Dorothy N. Tembo, Directrice exécutive adjointe du Centre de commerce international, ( Itc), « 54 pays sur 55 ont signé , il faut que les signataires ratifient les textes. On avait pensé que l’opérationnalisation de le Zlecaf allait avoir lieu lors du dernier sommet des Chefs d’Etat. Ça n’ a pas été le cas. C’est prévu pour Janvier 2020. Il est impératif que le secteur privé africain participe au débat sur l’accord de libre-échange afin d’exposer ses préoccupations». Si l’opérationnalisation de la Zlecaf intervient en Janvier 2020, le niveau des échanges intra-africains qui est à ce jour de plus de 10% pourrait atteindre les 24% en 2030. Un véritable challenge pour les décideurs africains. Malheureusement, le défi auquel est confronté le continent africain est qu’il compte trop de petits marchés, trop cloisonnés qui rendent le développement des chaines de valeurs et de production très compliqué, au détriment des petits producteurs qui restent confinés à des marchés plus petits.

Investir dans les Tics et l’agro-business

Pour Madame Arancha Gonzalés, la Directrice exécutive du Centre international du Commerce, « il est indispensable que l’Afrique s’active sur le dossier de construction des infrastructures avec un accent sur les infrastructures de production énergétique. Un peu comme l’Éthiopie. En effet Addis-Abeba dispose aujourd’hui de 4000 Mw et vise 10 000 Mw d’ici 2025. Cette manne énergétique constitue le poumon de l’industrialisation en cours dans le pays. Plus, un pays dispose d’énergie, plus les coûts sont bas, plus il attire les capitaux industriels ». A la faveur de la dernière semaine de l’industrialisation qui a eu lieu du 18 au 22 novembre 2019 à Addis –Abeba(Ethiopie) autour du thème : « Commerce et investir dans une seule Afrique », la Directrice Exécutive du Cci a invité les dirigeants africains à joindre l’acte à la parole après de nombreuses années de discours mais aussi invité les pays africains à œuvrer afin de créer de la valeur. Car, il faut aider l’Afrique à s’industrialiser et aider les pays africains à développer leurs économies. « Au cours des 50 ans dernières années les pays qui n’ont pas diversifier leurs économies, n’ont pas beaucoup bénéficié des remontées des cours. Avec le nouvel accord, de nouvelles institutions seront créées. Il y aura des reformes à faire. Le commerce doit être intégré à l’économie d’une manière générale ». Et la place du secteur privé dans tout ça ? Il est impératif que le secteur privé participe à fin de monter ses contraintes et les medias y ont un grand rôle dans le partage de l’information. Mais dans quels secteurs d’activités les pays africains doivent davantage investir dans le développement des services. Pour absorber une partie des 12 millions de candidats qui arrivent annuellement sur le marché africain de l’emploi. Principale raison pour laquelle, elle invite le continent à davantage s’intéresser au secteur des services qui regorge d’un important potentiel en termes d’emplois. En outre, elle propose un investissement substantiel dans l’économie numérique question de permettre un changement radical de l’écosystème de l’économie africaine. « D’ici 2025 le secteur du numérique peut permettre la création de 3 millions d’emplois en Afrique » a-t-elle indiqué. Selon M. Mutchanga, Commissaire à l’industrie et au commerce à l’Ua, c’est en juillet 2020 que vont débuter les échanges commerciaux au sein de la Zlecaf. « Le secteur privé y a un grand rôle à jouer sur la présentation des produits. Notamment sur le packaging, la qualité. Il a été mise en place une Platte- forme dans les négociations pour booster nos échanges. Avec une implication efficiente des jeunes et des femmes entrepreneurs. Un accent particulier sera mis sur le développement du digital en Afrique » a –t-il dit. Justement, parlons de l’avenir du digital et des Tics en Afrique. Ashish Takkat, le Ceo de Maraphones, une entreprise opérant dans la fabrication de téléphones mobiles( Smartphones) estime qu’il faut aller vite et croire aux potentiels de l’Afrique. «La Zlecaf sera un avantage pour nous. Nous sommes des consommateurs de téléphone portable. Mais nous n’apportons pas de valeur ajoutée. Il y en a qui font des assemblages sur le continent. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Pour fabriquer 3 mille portables, nous avons besoin de 3 mille composantes. Nous devons pouvoir raconter notre propre histoire » a dit M. Ashish. Non sans ajouter que la structure qu’il dirige est en train d’œuvrer dans ce sens au Rwanda et en Afrique du Sud. « Dans les deux pays, nous employons 400personnes avec une bonne partie de femmes, soit 60% de notre effectif. Bientôt nous allons ouvrir une filiale au Nigeria. Nous avons exporté vers 43 pays nos portables. L’Asie n’a pas l’exclusivité de l’exportation vers les pays africains ». Il est à rappeler que l’usine de Kigali, a coûté 24 millions de dollars soit plus de 12 milliards de Fcfa et devrait produire 1.200 smartphones par jour au départ, avec pour objectif d'atteindre 1,5 million par an. Celle qui a ouvert en Afrique du Sud devrait aller dans le même sens. « Nous sommes le tout premier fabricant de smartphones en Afrique. Kigali, qui a coûté 24 millions de dollars soit environ 12 milliards de Fcfa et devrait produire 1.200 smartphones par jour au départ, avec pour objectif d'atteindre 1,5 million par an » explique Ashish Takkat

…. l’énergie et les transports aussi.

Investir dans l’agro-business, pourrait aider l’Afrique non seulement, à nourrir sa nombreuse population mais davantage moderniser et mécaniser son agriculture. Sur ce point, Eng Haui Sombol, le Ceo Islamic Trade finance révèle que sur 75 millions de dollars soit 37,500 milliards de Fcfa mis en place par la structure qu’il dirige sont destinés aux agriculteurs africains. « L’Intégration et la solidarité font partie de notre environnement. Nous investissons 200 mille dollars soit plus de 100 millions de Fcfa à plus de 500 milliards de Fcfa par an en Afrique dans le secteur de l’agriculture et énergie. Nous sommes très contents de savoir que l’Afrique c’est le présent. Nous finançons les filières cotonnières en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso » Face à l’immensité des besoins des populations africaines, la Banque africaine de développement ( Bad) est en action. Ainsi, grâce aux investissements que la Banque africaine de développement (Bad) a effectués en 2015, 1,2 million d’utilisateurs des transports publics ont gagné en mobilité tandis que plus de 18 millions de personnes ont profité de meilleures infrastructures routières, et près de 200 000 emplois vont être créés dans le secteur des Tics. Ces conclusions ont été présentées dans le rapport annuel de la Bad sur ses investissements dans le secteur des transports et des Tic, publié le 1er juillet 2016. La même source ajoute que l’année 2015, « la Banque africaine de développement ( Bad) a investi pour plus de 2 milliards de dollars Eu soit environ mille milliards de Fcfa dans un total de 17 projets dans transports et les Tic. C’est moitié plus que ce que la Banque s’était fixé pour objectif ; ce qui s’explique notamment par l’ouverture d’une fenêtre d’accès aux financements Bad pour des pays auparavant éligibles au seul Fonds africain de développement (Fad), ainsi que par le recours croissant au co-financement via des fonds comme l’Africa Growing Together Fund (Agtf) » Quid des prochaines années ? « Au cours des prochaines années, l’impact de ces projets devrait être particulièrement important, contribuant à l’intégration régionale, libérant le potentiel agricole et facilitant l’industrialisation de l’Afrique », fait observer Amadou Oumarou, directeur du Département transport et Tics au sein de la Bad

Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., envoyé spécial à Addis- Abeba(Ethiopie)(  In Le Temps  du 20 décembre 19

Légende photo : Les africains doivent investir davantage des projets structurants comme l’aéroport international Bolle d’Addis Abeba

 

Contribution// Au pays de la complaisance et du bafouement

dimanche, 20 octobre 2019 21:19 Written by

 Le lundi 9 septembre 2019, M .Venance KONAN, dans un papier paru dans le quotidien Fraternité Matin No 16417 intitulé « vide spirituel », interpelle les ivoiriens sur la présence des ordures, du désordre urbanistique et des camps de prière partout.Si la démarche de M .Venance KONAN est salutaire, à quoi devrait-il s’attendre dans un pays où la complaisance et le bafouement sont présents dans le comportement des ivoiriens comme la saleté, le désordre urbanistique, l’incivisme.Il y a environ deux semaines, je me rendais à Jacqueville et au niveau de la station menant à la Manutention Africaine, j’ai assisté à une scène humiliante. Ce jour là, une dame avec son bébé, descend d’un gbaka et tend un billet de 500fcfa à l’apprenti. Ce dernier furieux de constater que la pauvre dame n’avait pas la monnaie exacte, va lui arracher violemment ses bagages pour les jeter à terre, tout en la couvrant d’injures, parce qu’elle lui a fait perdre du temps. La pauvre, humiliée, et toute en pleurs,  a dû abandonner sa monnaie au délinquant.Une autre fois encore, en plein centre d’affaires au Plateau, une honnête dame s’est faite agressée par un délinquant en présence de tous, automobilistes, policiers et autres passants. Au pays de la complaisance et du bafouement, les corps habillés ne sont plus respectés, les enseignants sont moqués. Dans les administrations, banques, etc., les personnes âgées sont traitées comme de vulgaires individus, sans aucun respect. C’est la totale ! Lorsque M. Venance Konan attire notre attention sur le vide spirituel des ivoiriens, il n’a pas tord. Mais dans les pays où règnent l’ordre urbanistique, la propreté, le respect des lois et des textes, la foi est-elle pour quelque chose ?Ce qui manque à ce pays, c’est la dis-ci-pline !Cela passe par la vérité, le rétablissement de l’autorité publique et celle de la justice, de l’égalité de tous devant des textes impersonnels.Que dire d’un Ministre de la république, qui, dans la continuité de son prédécesseur et malgré les instructions du Premier Ministre, s’obstine à ne pas payer ce qui est dû aux Conseillers Techniques ? Comment voulez vous que l’on respecte nos institutions et ceux qui les incarne si ces derniers se comportent mal et bafouent le citoyen lambda ? C’est bizarre tout ça ! Comment comprendre de tels agissements ?

 


Si nous voulons construire une nation forte et respectée, le jeu démocratique doit être de mise pour permettre de renouveler les énergies, les compétences et les expériences.Nos institutions doivent être impersonnelles. Le clientélisme nous dessert. Parce que, lorsqu’on donne des responsabilités importantes à des incompétents, il faut s’attendre au retour du bâton, la corruption, la perte des valeurs, la destruction de notre nation, la présence des ordures, le désordre urbanistique et des camps de prière partout!Cher Venance KONAN, tu as certes dit vrai mais commençons par le départ. Remettons tout à plat.Tant que nous serons complaisants, il faudra s’attendre au bafouement des règles les plus élémentaires comme le bon voisinage, l’hygiène, le respect mutuel, le respect du code de la route, le respect des textes, le bien vivre ensemble (Diomandé, 2018).
DIOMANDE Moussa Elias Farakhan dmoussaeliasf@yahoo. Citoyen Ivoirien

Débrouillardise et petits commerces en Côte d’Ivoire // Sur les traces des travailleurs saisonniers nigériens à Abidjan

mercredi, 28 août 2019 22:48 Written by

Tentés par l’aventure et l’envie de faire fortune, ils sont nombreux les  aventuriers  africains qui arrivent en Côte d’Ivoire par la route.  Parmi ceux-ci, il y a  les   ressortissants  nigériens vendeurs et  de colas et  tenanciers  de rôtisseries communément  appelées Choukouya. Enquête…  Chétifs  comme des enfants souffrant  de la  malnutrition et parfois habillés quasiment en aillons, ils arpentent tous les jours,  les grandes  artères et ruelles d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, à la recherche d’éventuels clients. A qui,  ces petits débrouillards venus du Sahel   proposent leurs produits. Eux,  ce sont les petits nigériens, vendeurs de colas et de consommables électroménagers. Ces petits commerçants  dont l’âge oscille entre 15 et  20 ans  sont pour  la plupart d’origine nigérienne. Ils sont    de jeunes   Haoussa  et des Zerma qui viennent  plus précisément de Tahoua.  Zone  presque désertique située  dans le Nord- Ouest du Niger. Leur activité principale, à Abidjan tourne autour du   petit  commerce ambulant de noix de  colas et  de petits colas.  Soigneusement disposées sur un  morceau de sac jute imbibé d’eau fraîche et le tout sur un plateau posé sur la main droite. (C’est selon).  Des grosses noix de colas blanches en passant par   celles de couleur rouge aux noisettes de petits colas fraîche  ou  séchées. En tous cas,  il y en a de tous les goûts et pour  toutes bourses. L’un d’entre eux, accosté à Adjamé 220 logements, se nomme Aguibou. Il a  16 ans environ et est  de nationalité  nigérienne, natif de la région de  Zinder,  située   au Centre-est du pays  et faisant frontière avec le Nigeria voisin.  Aguibou vit  depuis quelques années à Abobo, une commune populeuse située dans la partie Nord d’Abidjan. Aguibou a décidé de s’associer à d’autres petits compatriotes.  Avec lesquels, il va  s’approvisionner à   Anyama ‘la cité de la Cola’  située plus au Nord du District d’Abidjan. «  Au lieu d’aller me ravitailler à Adjamé.,  moi je vais prendre mes noix de colas à Anyama. Ensemble,  nous achetons un panier de 50 kg à 65 mille Fcfa. Après la vente au détail nous arrivons  à atteindre facilement les 85 mille Fcfa.  Après la soustraction des différentes charges, nous mettons de côté  notre bénéfice et retournons nous ravitailler à nouveau à Anyama » explique-t-il,   avec son plateau  de noix  de  cola  sur la main. Autre  vendeur, autre explication. Salifou Moussa, 19 ans est arrivé en  Côte d’Ivoire depuis environ deux ans.   Les dents jaunies à fosse de croquer de cola,  squelettique  et les cheveux ébouriffés témoignent de l’effort qu’il fournit  dans la quête de la pitance journalière. A l’image de ses compatriotes, Salifou  se rend quant à lui,  régulièrement à  Adjamé non loin du grand marché, plus  précisément au « Black Market » (marché noir) pour  s’approvisionner  dans  ses produits du cru. « J’ai 19 ans    et je  suis originaire de Maradi au Niger.  C’est en  début 2016  que je suis arrivé en Côte d’Ivoire. Avec le secret espoir  de me faire de l’argent et retourner au pays pour aider mes parents et me marier.  Pour l’instant,  n’ayant pas trouvé mieux, je  suis dans le petit commerce de   colas, des petits colas et de  datte  », se confie-t-il, le visage sensiblement  tuméfié par la fatigue.  Pour gagner combien ? « Très tôt chaque matin, j’achète  des  noix  de cola à 1100Fcfa le kg,  un autre de datte et un autre de petit colas que je viens placer sur le marché auprès des consommateurs de la commune de Cocody. Ce,  à 50Fcfa la noix. Ainsi  à la fin de la journée,  rien que sur les noix  de   cola, j’arrive à recouvrer  mon prix d’achat, mais aussi je réalise un petit bénéfice de 600 Fcfa à 800Fcfa », soutient Salifou, l’air très frileux. Pour sa part, Moumouni Abdoulaye, originaire du Niger, de la  région  de  Tahoua,  la quinzaine  révolue  est quant à lui aussi  vendeur de cola  ambulant à Abidjan.  Il y   est arrivé pour la première fois, en  2018  grâce  à  un compatriote  qui à l’époque était vendeur  de « Garba » au sous quartier  « Adjamé 220 logements » dans la commune d’Adjamé.  Chaque matin, l’adolescent  Marouane, habillé d’un tricot polo aux couleurs de l’équipe nationale de football de son pays natal, ‘Les mena du Niger’ va  s’approvisionner   dans un magasin de cola, non loin de son lieu d’habitation. Très fier  et derrière un sourire que cachent ses yeux de  gazelle perdue dans la savane, il nous apprend un peu plus. «Chaque jour, je vais acheter au moins deux kilogrammes de colas  dont le kg oscille entre  1500 et 1400 Fcfa que j’arrive à placer en moins de deux jours sur le marché. Avec le petit bénéfice dégagé, j’arrive à me nourrir et envoyer un peu d’argent à ma mère restée au pays quand j’y retourne au  par moment. »Mais que viennent-ils chercher en Côte d’Ivoire ? Les propos de  Arouna, la vingtaine à peine, baragouinant  à peine la langue de Molière  et   opérant  dans la même filière  donne  plus de précisions quand il dit : «  Il  y a  seulement 15 mois que je suis arrivé en  Côte d’Ivoire, précisément à Abidjan. Sur conseil d’un  cousin  retourné au pays, mon père  s’est engagé à payer   le frais  de transport  qui s’élève à  45 mille Fcfa,  de  Tahoua à Abidjan via Niamey.  Comme ce cousin, je suis venus non seulement   à l’aventure mais aussi  me faire de l’argent et retourner doter ma fiancée restée au pays. Mais pour l’instant, je n’ai trouvé mieux que vendre des noix de colas que j’achète régulièrement dans un grand magasin  situé dans le sous quartier d’Adjamé où j’habite ».Une activité qui ne semble pas être facile à mener, selon lui. « Pas vraiment. C’est difficile. Très difficile. Quand nous finissons de nous approvisionner dans les noix dont le prix du kg varie en fonction de la qualité et de la couleur, il faut parcourir des dizaines de kilomètres d’Adjamé en passant par  la Riviera  jusqu’à Akouédo pour  écouler nos marchandises. C’est très pénible mais,  ça vaut mieux que voler… », nous  indique Oumar, lui aussi originaire de Tahoua. Par ailleurs compagnie de route de  Arouna que nous avons rencontré au Rond- Point de la Riviera II dans la commune de Cocody. Dans le petit commerce ambulant, des consommables d’appareil électroménagers aussi…Outre  ce créneau   de revendeurs de cola au détail, ces petits nigériens se  retrouvent également dans l’univers de vente de consommables d’appareils électroménagers.  Des télécommandes en passant par  les antennes pour des  postes    téléviseurs,   au fer à repasser, ces petits  commerçants offrent  pour toutes les bourses. Malheureusement, ces produits vendus à prix très abordables sont pour la  plupart de mauvaises qualités.  Ils sont nombreux les Abidjanais à avoir acheté ces consommables  et qui ont été déçus par la suite,  par la mauvaise qualité. Au nombre des victimes, T. M., employé  de bureau dans une entreprise de communication  de la place. Très déçu,  Eugène D., un professionnel  de la communication âgé   de plus de  quarante   ans révèle : «  J’ai  acheté  au moins trois fois  des télécommandes avec ces petits  vendeurs ambulants, mais à chaque fois elles n’ont pas fonctionné ». Avant d’être plus incisif : « Ce sont des arnaqueurs… ». Mais qui se cachent derrière ces petits travailleurs saisonniers  qu’on trouve dans les rues de certaines  capitales de la sous- région ? Existe-t-il une filière de placement de ‘petits esclaves  nigériens’ ? Sur les activités de ces petits travailleurs saisonniers,  les   données du Bureau international du travail (Bit) ne donnent pas assez de  détails mais  en dit plus tout de même.  Aux dires de  M.  Sigui  Mokié Hyacinthe, alors administrateur national de Programme au Bit ( Bit/Ipec), «  une enquête de 2010 indique  que  près de 9 000 enfants seraient victimes de traite en Côte d'Ivoire et 37 359 seraient contraints à travailler.  Par ailleurs, le rapport  en question  ne parle pas spécifiquement des enfants  Ahoussa. ( voir encadré)  Aboki,  Garbadrome  et revendeurs dans les boutiques au détail… ces petites chasses-gardées.En  attendant de prospérer comme les  gros vendeurs de bois de construction, de fer  à béton et autres  matériaux  pour  bâtiment  dont ils ont  à la  limite le monopole dans certaines villes ivoiriennes, d’autres ressortissants nigériens  estimés à un million,  tiennent  pour certains,  des  café chaud et  des points de ventes d’attiéké dont  les noms  riment avec leur nationalité. Il s’agit des Aboki et des Garbadromes. Quant  à ces  ressortissants nigériens, qui exploitent jalousement le segment de vente d’Attiéké( semoule de Manioc cuite à la vapeur) au thon grillé   dans les « garbadrome »,  et de cafétéria populaire communément appelés ‘ Aboki’. En outre,  nous avons ceux qui prospèrent dans la  vente de bois de construction, de tôles, de fer à bêton  et de vente d’oignon  avec le célèbre ‘ violet de Galmi ‘( Oignon  produit exclusivement au Niger et dont le brevet est déposé à l’Office africaine de la propriété intellectuelles, (Oapi). Désormais,  il faut compter avec ceux qui enregistrent  des  percées ailleurs. Notamment   la constitution  d’un réseau de détaillants avec des boutiquiers d’ethnie Ahoussa et  très interconnectés. Sans oublier la gestion des rôtisseries traditionnelles qu’ils maîtrisent  à volonté avec le fameux choukouya bien  épicé et très bien apprécié par les consommateurs ivoiriens.  Le  Choukouya ?   Ce  sont ces grillades de viande (poulet, bœuf…) bien assaisonnées, incroyablement bonnes et confectionné   par  des rôtisseurs artisanaux  nigériens. Là aussi,  selon   des confidences à nous faites par   le journaliste- formateur Zio Moussa, «  le commerce du Choukouya en Côte d’Ivoire  rapporte  à la filière qui prend ses racines  au Niger,  plus de 9 milliards de Fcfa  à ce dernier pays cité.  Ces chiffres  datent de dix ans (…) ». Donc, il  faut  les  revoir à la hausse en tenant compte de la croissance rapide de la population, de l’évolution des habitudes alimentaires et  du développement de l’industrie de la nuit  en Côte d’Ivoire depuis quelques années.    Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.( In Lginfos du 27 aout 2019, 22heures 43mn) Légende photo : Les rôtisseries traditionnelles   de Choukouya rapportent gros aux acteurs de cette filière transnationale    Encadré : Aller à  l’aventure ; un   phénomène culturel… Aussi, l’éclairage de  M. Alkassoum Atahirou, cadre  nigérien et  le représentant du Conseil Nigérien des Utilisateurs des transports publics( Cnut) nous donne davantage de précision sur  ce phénomène transfrontalier. «Ces  enfants sont  majoritairement originaire de Tahoua,  région du Nord –Ouest  de notre pays. Au Niger,  les ressortissants de Tahoua,  une zone presque désertique, sont reconnus comme de grands aventuriers qu’on retrouve  en grande majorité en Côte d’Ivoire,  en Afrique Centrale au Cameroun et au Gabon   mais aussi en Lybie ( de Kadaffi) La plupart des gens de Tahoua qui sont en Côte d’Ivoire, sont riches et ont fait fortune ici », fait-t-il  savoir. Avant de révéler  que c’est un phénomène culturel.  «Plus qu’une pratique passagère, c’est un phénomène  culturel  qui ne date pas de maintenant. Ceux  qui sont venus  à Abidjan et qui ont fait fortune sont des modèles pour ceux qui sont  restés au pays. La célèbre cantatrice Zabiya Houssey  Bonbon   qui est venue faire une tournée à Abidjan, incite, dans ses chansons,  les Nigériens à   venir y faire fortune », soutient notre interlocuteur. Tout comme ces  petits acteurs du commerce informel qui vivent  à Abidjan chez des parents et dans  des maisons de fortunes dans les quartiers précaires,  nous avons les  travailleurs saisonniers et les  vendeurs dans les boutiques au détail qui pullulent dans  des  quartiers du District d’Abidjan.  B. Mafoumgbé   Légende  photo :  La  vente de Choukouya rapporte gros aux acteurs de  cette filière transnationale         

Agro-industrie/ De la production à l’industrialisation de la cola en Ci// Dans le secret d’une filière très rentable et peu explorée…

vendredi, 23 août 2019 15:32 Written by

La noix de colas, est l’un des produits du cru dont la production, l’industrialisation et l’exportation rapportent gros aux acteurs de cette jeune filière qui ne cesse de se développer au fil des années. Mieux, Dame cola très sociable est dans une phase d’industrialisation active. Enquête…
La Côte d’Ivoire en plus d’être le premier pays producteur mondial de cacao avec environ 2 millions de tonnes, occupe également le même rang mondial avec la Cola, pour une production annuelle de 260 mille tonnes de noix fraiches. En 2016 dont, la Côte d’Ivoire a exporté plus de 200 mille tonnes de belles noix fraiches. Selon les chiffres officiels publiés en 2019, la filière a occupé plus de 2 mille producteurs et a généré au moins plus 78 milliards de Fcfa de chiffre d’affaires. Mieux des sources nous indiquent plus de 100 milliards de Fcfa de chiffre d’affaires. Le prix d’achat moyen du kilogramme est de 400 Fcfa. Rappelons que le colatier est un arbre typiquement africain, cultivé dans de nombreux pays du continent africain comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Cameroun mais aussi ailleurs comme en Jamaïque. Le colatier peut atteindre jusqu’à 20 m de hauteur, ses fruits sont constitués de 3 à 5 follicules dans lesquels sont logées des noix dont la couleur varie du rouge foncé au blanc crème, en passant par le rose. Mais pendant combien de temps, la Côte d’Ivoire, va –t-elle continuer à se comporter en importateur nette de noix brutes et donc de pourvoyeuses de Matières premières pour les transformateurs implantés en Europe et aux Etats unis d’Amérique( Usa). Dans ce dernier pays, nous dit-on, la noix de cola rouge foncée est très prisée.

La Cola : Ce produit aux atouts insoupçonnés

Les noix d’origine Côte d’Ivoire sont très prisées dans la pharmacie moderne, dans l’industrie textile (confection de la teinture), dans la cosmétologie. La noix de cola est utilisée aussi dans l’agroalimentaire, du fait de sa forte teneur en caféine, la noix de cola est utilisée pour la fabrication de boissons gazeuses, tonifiantes et énergisantes, de vins et de liqueurs. Egalement, la cola entre dans la composition de médicaments produits par la pharmacopée africaine qui traitent certaines maladies (toux, fontanelle, diarrhée, etc.). Par ailleurs, dans la zone soudano-sahéliennes à dominance musulmane,la cola exerce des fonctions sociales, culturelles et religieuses importantes. Elle a longtemps été considérée comme un produit de cueillette, les producteurs se contentant d’exploiter des arbres spontanés trouvés lors de la création des plantations de cacao et de café. Une option qui a désormais changée.

 

L’avènement des marchés nouveaux ; comme socle d’un tissue industriel local en devenir.

Aujourd’hui, avec l’avènement sur les marchés de nouveaux produits à base d’extraits de la noix de cola et l’exploitation abusive des forêts avec pour corollaire la disparition des colatiers spontanés, on assiste à la création de plantations de colaterais, la culture se substituant à la seule cueillette. La colaculture a toujours fait vivre bon nombre d’Ivoiriens et constitue une source de revenue substantielle pour de nombreuses familles. Depuis près d’une dizaine d’années, la culture de la cola en Côte d'Ivoire connaît une véritable révolution et un engouement réel dans le monde paysan, avec un nombre croissant de producteurs ivoiriens et des plantations allant jusqu’à 10 hectares d’un seul tenant. Autrefois produit de cueillette, l’on note un intérêt croissant des producteurs qui mettent, de plus en plus, en place des plantations de colatier en culture pure. La plupart de ces plantations se concentrent dans cinq principales régions : les Régions des Lagunes (Sikensi), de l’Agneby-Tiassa (Azaguié, Agboville), de l’Indénié (Abengourou et Bettié), du Sud-Comoé (Mafféré et Bianouan) et du Bas Sassandra (San-Pédro).Selon des informations recueillies sur le site du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole,( Firca), « la filière ivoirienne de la cola est en plein dans l’organisation. Avec la cohésion au sein des acteurs très dynamiques mais qui ont jusque-là travaillé dans le désordre dans une filière pourtant très porteuse. Pourvu qu’on y mette de l’ordre. Partie de l’informel, l’interprofession de la Filière Cola de Côte d’Ivoire, ‘Intercola’ (Interprofession Cola) a été reconnu par décret n° 2018-716 du 12 septembre 2018. Son président du Conseil d’administration est M. Abou Cola. Qui est au four et au moulin avec les administrateurs, pour parler d’une même voix et asseoir solidement cette jeune filière »Désormais, les informations sur l’état de santé de la filière est difficile à obtenir. Toutes aussi précieuses que la tranche de Goulèh ou cola(Bété) durant la période de soudure dans nos contrées. Nous avons l’amer constat lors de notre enquête sur le terrain. Le Professeur Biego Henri, le Directeur exécutif de l’Intercola ne peut parler à la presse, sans autorisation du Conseil d’Administration. Ne disposant pas de programme de développement soutenue par l’Etat, la filière est confrontée à des difficultés tant au niveau de la production, de la transformation que de la commercialisation. Nos investigations et compilation de fonds documentaires nous ont permis de savoir que « la filière Cola ne faisant pas partie des filières cotisantes, le financement de ses projets se fait sur la Caisse de Solidarité du Firca. Ainsi, de 2009 à 2018, plus 425 millions de Fcfa ont été mis à disposition pour réaliser les projets aux profits de la filière Cola. Dans l’objectif de contribuer à son développement, le Firca a en accord avec les acteurs,a financé des actions/projets aux profits de la filière Cola dans les domaines des études d’accompagnement, de la recherche appliquée et du renforcement des capacités des acteurs ». Ainsi, des projets sont en cours de réalisation. Notamment des projets de recherche en vue de l’amélioration de l’itinéraire technique du colatier d’une part, et l’amélioration et la création variétale du colatier et d’autre part. Sans oublier l’appuis aux Organisations professionnelles agricoles( Opa). Ce n’est pas tout. Tout est mis en œuvre pour l’opérationnalisation de l’Intercola ainsi que l’appui à la mise en place d’un système de commercialisation et de cotisations professionnelles.
Seulement dix mille tonnes de noix transformées localement par an.
A travers ce projet, chaque année, le Firca mène des actions au profit de la filière Cola dans l’objectif de contribuer à son organisation, de l’aider ainsi à sortir de l’informel et de la rendre plus performante. Il s’agit de la formation des dirigeants à la gestion coopérative, du financement de tournées d’investiture des délégués régionaux et départementaux et de l’Assemblée générale constitutive de l’organisation interprofessionnelle Cola. L’ensemble de ces actions, conjuguées avec celles des acteurs de la filière, ont permis d’obtenir la reconnaissance par le gouvernement ivoirien de l’Intercola par décret n° 2018-716 du 12 septembre 2018. En vue de l’opérationnalisation de l’Intercola et de la mise en place d’un cadre formel de mobilisation des ressources suite à sa reconnaissance, les actions du Firca en direction de la filière Cola portent sur : Appui pour la mise en place de dix (10) représentations régionales de l’Intercola par le financement d’une tournée d’information et de sensibilisation des producteurs et des commerçants-exportateurs dans les zones de production et de transit de la cola pour permettre une adhésion et une forte implication des acteurs. Ces représentations auront pour rôles, d’appuyer le développement de la filière et d’assurer le suivi de la commercialisation intérieure, ainsi que les flux de cola à l’export. Le Firca a élaboré et introduit un décret portant institution de la cotisation professionnelle sur le kilogramme de noix de cola sur la période quinquennale 2019-2023, à la suite de concertations avec les acteurs de la filière, conformément à la procédure en la matière. Les efforts entrepris pour la production de la noix de cola ont propulsé les exportations de cette filière et le pays est devenu un leader africain en la matière. Il y a de fortes chances que le Coca-Cola ou le Pepsi que nous buvons résulte de la noix de cola récoltée en Côte d’Ivoire. Si ce n’est déjà fait. Élément essentiel dans l’économie du pays, la noix de cola est croqué partout en Afrique subsaharienne. Jadis, cette noix était tellement prisée, qu’elle était considérée comme une monnaie. Elle est réputée pour donner de la vigueur et de l’énergie. Nos investigations nous indiquent que la transformation locale est au stade embryonnaire. Une seule entreprise basée à Abidjan a décidé de s’engager dans la transformation locale et ne traite que 10 mille tonnes de noix brutes par an : Il s’agit de l’ Africaine d’échanges commerciaux,( Afreco) dont le Président n’est autre Jean Claude Gombert. Se confiant à des confrères, il a dit que «La Côte d’Ivoire est le premier pays exportateur de noix de cola. C’est une activité qui se perd dans la nuit des temps. Elle est séculaire voire millénaire. C’est une activité qui intervient entre les producteurs au sud en forêt et les consommateurs au nord en savane et depuis toujours » La production ivoirienne de noix de Cola attire les grands groupes comme Coca-Cola. Sur la période de 2010 à 2020, le géant américain aura investi 17 milliards de dollars soit plus de 8500 milliards de Fcfa sur le continent africain. «Ce niveau d’investissement est la preuve de notre confiance et de notre engagement en Afrique». Estime le président du Groupe Coca-Cola pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, Brian Smith lors d’une visite en septembre 2017 à Abidjan. La Côte d’Ivoire passe à la vitesse supérieure. La filière cola en Côte d’Ivoire a décidé de s’organiser afin de booster ses opérations de production, de collecte, de stockage, de transformation, de commercialisation et de rentabilité.( voir encadré 1) Produit à forte symbolique d’intégration en Afrique de l’Ouest, le nom Cola était en compétition avec Afriki et Eco pour donner son nom à la future monnaie unique de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest,( Cedeao). L’Eco a été retenu par les experts.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Légende photo : Une vue d’un centre de traitement de noix de cola après la cueillette ténu par plusieurs dizaines de femmes ( In Lginfos du 22 aout 2019)
Encadré : Des résultats significatifs malgré le manque de financement

Une filière agricole ne pouvant être dynamique et compétitive, sans l’appui de la recherche, un partenariat avec le Centre nationale pour la recherche agronomique( Cnra) est en cours et soutenu par le Firca via sa caisse de solidarité. Ainsi, 05 fiches techniques de technologies éprouvées ont été produites en vue d’améliorer la productivité des vergers par des techniques culturales adaptées au colatier. Il a été également initié un projet de pré- germination des semences de colatier avec la technique de levée de la dormance. Mais aussi et surtout d’opérations de récolte et post-récolte de la Cola. Des actions sont en cours pour la mise à disposition de matériel végétal performant. Les résultats intermédiaires obtenus à ce jour sont encourageants et laissent entrevoir que 301 accessions paysannes avec de bonnes performances agronomiques collectées et multipliées par bouturage en vue de renforcer le potentiel génétique du colatier en Côte d’ivoire. Après la destruction du site expérimental et de recherche du Cnra sur la Cola de Bingerville, une station du Cnra à Divo a pris le relais. Ici, il est mis en place une collection de 1 ha à Divo avec 77 accessions, de deux collections à Man (0,75ha) avec 79 accessions et une collection à Abengourou (1 ha) avec 49 accessions. Pour aider les colaculteurs à avoir plus de débouchés à l’export notamment vers les pays de l’Union Européenne (espace aux directives et normes alimentaires très rigoureuses), un bio-pesticide (Top Bio) inhibant efficacement la croissance des moisissures avec une faible toxicité a été proposé pour réduire les pertes post-récoltes. « Des barquettes en polystyrène ont été proposées pour améliorer le conditionnement en lieu et place des paniers en rotin. Un diagramme révisé du processus de traitement de la noix de cola suivant la norme Brc a été proposé aux acteurs que nous sommes. Mais…. » Nous a indiqué un colaculteur basé à Sikensi. Un Plan stratégique de développement (Psd) 2017-2020 de la filière Cola servant de boussole au développement de la filière a été élaboré, à la suite d’un bilan diagnostic établi en 2009. Ce Psd 2017-2020 comporte un portefeuille de 25 projets/actions projets dans les domaines de l’organisation de la filière, de la production, de la commercialisation, du financement, de la Conservation et de la Transformation. Un cadre formel d’organisation de la collecte, de la commercialisation et de l’exportation de la noix de cola à partir d’une analyse pertinente du système de commercialisation existant a été proposé à la suite d’étude du système de commercialisation intérieure des précieuses noix de Cola.

Bamba M.
Légende photo : Une plantation de colatier grâce au concours de la recherche agronomique
( In LGINFOS DU 22 AOUT 19)

 

 

 

 

 

Légende photo :

 

Cacao : Ram Etwareea( Journaliste,analyste économique et financier)// « Les deux pays subiront des pressions(…) »

mardi, 18 juin 2019 08:32 Written by

Juste après l’annonce de cette décision dite ‘ historique’ entre les deux pays, (Côte d’Ivoire et Ghana), nous avons interrogé des experts africains et suisse sur la viabilité et la mise œuvre d’une telle mesure devant laquelle les industriels chocolatiers ne resteront pas inactifs. Le confrère Ram Etewareea Journaliste, analyste (Economie et Finance) au quotidien suisse, Le Temps dit sans ambages : « Avec une telle décision, les deux pays risquent de se faire emmerder politiquement par les Etats où se trouvent les grands acheteurs (Suisse, Etats-Unis, France, Allemagne, Italie). Ce sont les capitales qui vont chanter la litanie de laisser les marchés faire. Les deux pays subiront des pressions monstres afin qu'ils reviennent sur leur décision. Ces Etats ne vont pas hésiter à faire du chantage en menaçant de couper dans l'aide publique » Avant d’ajouter qu’il n'est pas impossible que leurs exportations d'autres produits subissent des tracasseries à la douane en Europe et aux Etats-Unis.

Face à ces pressions, il sera difficile de tenir.

Aussi, notre confrère n’hésite pas d’ajouter que « les acheteurs vont aussi croiser le fer. Ils feront quelques gestes d'apaisement (mais gare aux promesses) mais sur le fond, ils vont tester les deux Etats dont les caisses ne sont pas solides. Ils devront payer les agriculteurs et ensuite, s'organiser pour stocker ce qu'ils ne mettent pas sur le marché. Cela demande des infrastructures et de l'expertise. Ce n'est pas dit que les deux pays en possèdent. Les acheteurs, eux, ont les reins solides » En claire, grâce à leurs énormes stocks, ils peuvent assurer sans acheter des fèves pendant une période relativement longue. « Les Etats et les acheteurs font presser l'un des deux pays en plus, celui qui est le maillon faible. Diviser pour régner, c'est une vieille arme. Prends l'exemple des producteurs de pétrole » dit-il. Prenant exemple sur la division au sein de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole(Opep) il ajoute : « L’Opep produit une masse critique pour peser sur les prix, mais la division en son sein ou encore l'un ou l'autre pays, le maillon faible ne joue pas le jeu jusqu'au bout. N'oublie pas que ce n'est pas la première fois que les producteurs de cacao tentent un forcing. Je me réjouis de voir jusqu'où le Ghana et la Côte d'Ivoire vont tenir » Pour un autre analyste et expert des Matières premières basé au Ghana et que nous avons pu joindre par téléphone, estime que la décision est certes historique et que les deux pays ont bien joué que la disponibilité de cacao sur le marché mondial. « Le marché est bien approvisionné actuellement. Donc les importateurs ne paniquent pas. Ils vont s'approvisionner en flux tendus pour ne pas avoir à porter les stocks qui coûtent chers. Les deux pays font 60 % de l'offre. Mais il y a possibilité de se voir offrir du cacao des 40 % du reste des producteurs. Bref ça va marcher une campagne mais pas deux. Trop de difficultés de trésoreries dans les deux pays. La côté 'ivoire est en train de négocier une rallonge budgétaire pour boucler son budget 2019. Les ministères vont réduire leur budget de 25% à cause des contreperformances de la douane et des impôts... Donc le système sera difficilement tenable à ce niveau de prix planché encore trop élevé(…) » Devraient-il associer d’autres pays producteurs africains et américains à leur stratégie ?A cette question, notre personne ressource affirme : « S'ils avaient associé ou le Cameroun ou le Nigeria ou les deux pays Cameroun et le Nigeria voire l’ Equateur , retenu le prix de référence bord champ Côte d'Ivoire ajusté de 5à 10% c'était tenable sur deux ans » Quid des aspects politiques d’une telle décision. Il dit voir les américains et les britanniques, un peu les allemands parler de laisser les forces du marché agir. Sur le fond technique, le marché qui a bien rebondit à l'annonce de la stratégie, va s’ajuster à la baisse dans moins de trois mois. Les importateurs ont assez de cacao.il ne sert à rien pour eux de se précipiter pour acheter à terme(…) Ils laisseront les producteurs porter les stocks(…) Ça coûte cher. En termes de loyer magasin, tiers détention, Agios bancaires, traitement phytosanitaire combien de temps on pourra tenir après octobre dès que la campagne sera ouverte. Le Conseil du Café- cacao n'a plus d'argent. Le Ghana croule sous une dette qui fait 70% de son Produit intérieur brut( Pib) après avoir bénéficié d'un Ppte en 2004. Plus de 1, 3 million de fcfa la tonne, c’est certes bon, c’est prenable pour le Ghana et non pour la Côte d’Ivoire. C’est limite pour la Côte d’ivoire surtout dont la parafiscalité sur chaque kilogramme de cacao est plus lourde qu’au Ghana. L’or brun représente 10 % du produit intérieur brut (Pib) de la Côte d’Ivoire, à peine moins pour le Ghana. A noter qu’en Côte d’Ivoire, le taux de transformation du cacao est de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao transforme environ 30% de sa production. L’accroissement de son volume de transformation à 50% devrait générer près de 100 000 emplois directs. En ce qui concerne le café, à ce jour, le taux de transformation oscille entre 20 et 25 % de la production Le produit de cette transformation est exporté en café en poudre. . Mettons l’accent sur la transformation locale pour dépendre moins des yoyos du marché mondial. Pour l’instant, il ne faudrait pas être rabat-joie. Attendons de voir.

B. Mafoumgbé( In Lginfos du 17 juin 19)

Légende photo : Pendant combien de temps, les pays producteurs africains devraient continuer d’être des exportateurs de fèves de cacao.( Voir photo de cacao au port d’Abidjan

Encadré

En pleine crise du cacao, les chocolatiers ont récolté plus 1750 milliards de Fcfa

 

 


Depuis des décennies, le cacao fait l’objet de débats, de politiques, d’accords internationaux, de contrats physiques ou financiers. Les Aztèques et les Mayas avaient vu juste en utilisant, dès les années 1960, la fève comme pièce de monnaie. Une pièce de référence. Aujourd’hui encore, le cacao figure comme l’une des grandes matières premières mondiales, cotées en bourses à l’instar de produits stratégiques comme l’or, le pétrole, le dollar ou encore les Bons du Trésor américain. Une fève dont le prix évolue, certes, selon ses propres fondamentaux de marché en fonction de l’offre et de la demande, mais aussi au gré des humeurs, rumeurs et intuitions des investisseurs, spéculatifs ou non. Un prix du cacao d’autant plus volatil qu’il est coté sur les marchés financiers de Londres et de New York, permettant aux intervenants sur les marchés de jongler entre les deux, d’arbitrer, en fonction des seuls taux de change…. Sans oublier l’impact des seuils de déclenchement, la baisse suscitant, automatiquement, la baisse. A l’heure de la durabilité, de la préoccupation croissante du consommateur, des Ong, des groupes de lobbying à l’égard de l’impact des cultures sur l’environnement, sur le travail des enfants, sur l’utilisation d’intrants chimiques, sur le respect sociétal, à l’heure aussi où en Europe, on s’inquiète des migrations, de ces jeunes qui rêvent d’un monde autre, de vivre bien, de gagner de l’argent, de vivre en ville plutôt que transpirer dans les champs, on commence à entendre peut-être pas encore à écouter, ceux qui veulent replacer le cacaoculteur au centre de la problématique de la filière, de la fève à la barre de chocolat. Vous avez dit Chocolat ! Les analystes et experts sont d’accord pour dire que les abymes dans lesquels la chute des prix en 2016-2017 a plongé les pays producteurs ont conduit ces derniers, une fois de plus, à réfléchir à autre chose, d’autres mécanismes, d’autres logiques de marché, d’autres alliances. Ce, d’autant plus, que, comme l’a rappelé l’ex- directeur exécutif de l’Organisation internationale du Cacao,( Icco) l’ivoirien Jean-Marc Anga, il y a de cela quelques années, « la grave zone de turbulences n’a pas été vécue de la même façon par les différents acteurs de la filière. Ainsi, entre 2015 et 2017, le prix moyen de la barre de chocolat est passé de 14,22 dollars,( soit plus de 7110 Fcfa) à 14,75 dollars( 7375 Fcfa)tandis que le prix du kilo de fèves de cacao payé au producteur a chuté en moyenne de 3,20 dollars ( soit plus 1600Fcfa à 2,01 dollars, ( soit 1005Fcfa) Cet écart a permis à l’industrie des produits du cacao et du chocolat d’engranger 3,5 milliards, soit 1750 milliards de Fcfa »

 

B. Mafoumgbé( In Lginfos du 17 juin 19)

 

 


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