Prix bord champs (Octobre 2022): Cacao 900 Fcfa, Kg;  Café  750 Fcfa Kg,  Hévéa 344 Fcfa; Anacarde 305 Fcfa

vendredi 9 décembre 2022
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Reportages

Reportages (38)

Embargo Cédéao//Risques sur les exportations du coton malien// Incertitudes à Abidjan et Dakar// Le port de Conakry se positionne pour capter 300 mille tonnes

vendredi, 14 janvier 2022 12:14 Written by

Dans  l’espace  de  la  Communauté  des Etats  de  l’Afrique de l’ouest,(Cédéao)envisageait la   réouverture     intégrale  des frontières, notamment les frontières terrestres dès  janvier  2022.    Des   frontières  qui  sont toujours  officiellement fermées depuis l’apparition des premiers de Covid-19  en Afrique de l’Ouest.  La  session ordinaire du Conseil des ministres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao)  tenue récemment   à Abuja au Nigeria, vers  la    fin  de  l’année  2021  avait  mis  la question de la réouverture des frontières au 1er janvier 2022. Il en  a été de même pour   l'harmonisation de la reconnaissance des tests Pcr sur la table alors que certaines d'entre elles sont restées fermées depuis plusieurs mois, à cause de la pandémie de Covid-19. Avec la  fermeture des frontières  maliennes,  au moins  cinq pays  voisins de  la Cédéao, consécutivement  à  l’ embargo de la Cédéao  du  10  janvier 2022, qui  en rajoute à la tablette  de  sanctions  contre la junte malienne,  certainement  l’on va vers  un report   de cette  « réouverture intégrale ».  Ou alors,  les  pays  membres  de  la Cédéao ayant faisant frontières  d’avec le Mali  vont prendre le   train en marche.  Et  pourtant,  dans l’optique  de cette réouverture intégrale, commerçants, transporteurs et  transitaires avaient   commencé à redéployer   à la grosse  batterie   pour  reprendre  d’assaut   les corridors ouest africains. Malheureusement,  les   de marchandises commandées  déjà   en parcs sous  douanes    dans les zones portuaires  ou  en   route vers le pays  de Soundjata, vont  devoir attendre que les  autorités maliennes et  ceux  de  la Cédéao  trouvent un compromis. Cette  attente,   des opérateurs  économiques  la voudraient moins longue,   car, elle   a  un  coût !
 Des  surcoûts  qui  risquent  de peser  lourds…
Evidemment, «  ces  sanctions de la  Cédéao   qui vont  visiblement   déglinguer davantage l’économie et  faire souffrir les populations  maliennes,  vont aussi  alourdir les charges des opérateurs  économiques qui seront  contraints d’entreposer  les  marchandises  dans des entrepôts.  Avec  pour conséquences, le paiement de lourds  surestaries dans  les ports  de  transits d’une part, et aux  transporteurs routiers »  Nous  explique   K.  L, un  expert en transports  maritimes. Compte tenu  du  fait  que les  chargeurs  maliens et  leurs  partenaires  ont  la  possibilité   d’utiliser   d’autres  ports notamment celui  de  la Guinée Conakry,  l’on va assister   aux    « détournements » de trafics   vers  le port de ce pays qui   n’ a certes pas   de grandes infrastructures comme  ceux  d’Abidjan et  de  Dakar, mais   qui  pourrait  profiter de l’occasion pour  se redimensionner, se  positionner davantage, pour capter  une  partie  du  trafic traditionnel destiné    aux ports ivoiriens  et sénégalais.  « La  Guinée Conakry  commerce déjà avec le  Mali.  L’axe  Conakry – Bamako n’est  pas entièrement  bitumé. Les   travaux en  cours, vont     connaitre un coup d’accélérateur. Un peu comme le Sénégal  a profité de la crise militaro-politique ivoirienne, qui a éclaté  en septembre2002, pour  s’ouvrir davantage aux opérateurs économiques maliens. Avec qui, il fait de bonnes affaires   depuis quelques années »  estime-t-il.  
Du  lobbying  pour  le  coton malien à Abidjan  
Dans  le  fret  malien  à  destination d’Abidjan pour l’export,  nous  avons en bonne place   les  fibres de  coton.   Qui,   ces 20 dernières    années,  fait l’objet d’une cour  assidue  de la  part  des  autorités  des ports    autonomes  d’Abidjan(  Paa) et  de  San Pedro.   Un fort tonnage  de  l’or blanc produit au Mali  qui transite  par les ports ivoiriens,   garanti   dans  le sens   inverse,  une remontée vers  Bamako, de gros tonnages  d’engrais et  de pesticides entre autres pour le  traitement  des champs  de coton, de riz et de maïs.   Selon     commodafrica, « En 2020/21, le Mali était le deuxième producteur ouest-africain de coton avec 1,4 million de balles,  derrière 1,5 million pour le Bénin »   Les  chiffres du Département américain de l’Agriculture,  souligne  que    « le Mali a fait un bond fantastique l’année dernière après une année de boycott, ses superficies cotonnières atteignant 795 000 hectares, soit une hausse de 382% sur la campagne précédente lorsque seulement 165 000 ha avaient été emblavés » Un trader   interrogé  par le  confrère indiqué  plus  en  question  que  « Face  à ces volumes et aux enjeux majeurs pour la région, on peut douter que le coton malien reste longtemps sous sanction. Le coton du Mali ne devrait pas être inquiété longtemps par les sanctions.  Je pense que le coton va être sorti des sanctions car la plus grande part est chargée d’Abidjan et de San Pedro et j’imagine mal la Côte d’Ivoire se passer de cette manne.  Il y a près de 300 000 tonnes  à exporter. A défaut, le Mali et le monde paysan sont à genoux. » Pense-t-il  que  les  sanctions de la Cédéao  tiendront longtemps ? La  réponse  du trader est  sans ambages : « Pour le moment, cela ne se ressent pas,  car il y a des quantités déjà évacuées dans les ports et la crise du fret aidant, tout est ralenti(…) Je ne pense pas que ces sanctions tiennent très longtemps car la main de la France est évidente et la cohésion de la Cédéao va se fracturer. » Aussi, les coûts  dans le    transport aérien  et les prix à la consommation des produits  de  grande consommation  seront  aussi impactés.  « Si la  crise devrait  s’inscrire  dans la durée  les compagnies de  transport  aérien seront    aussi impactées avec les retards  et   les annulations des vols. Avec les remboursements  en  cascade.    Cela   sera   difficile   à supporter par  les transporteurs  aériens  dont les activités  sont  négativement   impactées déjà  par la Covid-19. Aussi,  les  prix à la consommation de certains produits alimentaires (Sorgo,Mil et  Mais)  et le bétail sur pieds  pourraient grimper  sur les marchés ivoiriens  » Commente un gros  commerçant   basé     Adjamé.
  Bamba Mafoumgbé, In Le  Temps du  13 JANVIER 22 Nb :  le  titre est  de la  rédaction
 Légende photo :   (Photo  Port  d’Abidjan)  La  Côte d’Ivoire  risque    de perdre plus de 300 000 tonnes    de coton malien à l’ export 

Pollution//zone portuaire de Treichville// Accusés de tuer à petit feu les riverains, des cimentiers s’expliquent

mardi, 02 février 2021 13:09 Written by

Les entreprises de cimenterie Ciment bélier, de la société LafargeHolcim Côte d’Ivoire, Ciment cuirasse, de la Société de ciments d’Abidjan (SCA), Cim Ivoire de CIM Métal Group, et le quai minéralier concédé par l’Etat à la société Sea Invest, situées sur l’espace portuaire, posent un problème de pollution atmosphérique et de santé publique dans le District d’Abidjan. Reportage.
Boulevard portuaire dans la commune de Treichville, ce lundi 17 février 2020. Une épaisse poussière s’élève le long de la voie au passage des voitures. Il est pratiquement impossible d’y circuler les vitres baissées pour les véhicules et sans un cache-nez pour les piétons. La pollution atmosphérique est permanente en raison de l’implantation de trois entreprises de cimenterie mais surtout du quai minéralier dans la zone. Une réalité qui ne fait pas bon ménage avec les riverains, le Port Autonome d’Abidjan et même le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville.
En effet, les sociétés de cimenterie Ciment bélier, Ciment cuirasse, CimIvoire et le quai minéralier d’où l’on débarque le clinker, constituent une menace pour la santé des riverains, contraints d’inhaler les fines particules de poussières produites par le déchargement et le transport du clinker et des sacs de ciment. Certains jours même, on pourrait croire qu’il s’agit de brouillard tant la poussière est épaisse. Or cette pollution n’est pas inoffensive. Puisque les panneaux posés sur le mur des sociétés incriminées expliquent les dangers en invitant les travailleurs et les visiteurs à se munir d’un cache-nez. Ce lundi-là, nous avons aperçu de nombreux passants se boucher le nez au moment où ils empruntaient ce long boulevard. Les agents des sociétés eux, sont munis de cache-nez. Dès lors, se pose avec acuité, la question de la santé des riverains qui ne bénéficient pas de mesure de protection.
- Une pollution atmosphérique permanente
Après ce constat alarmant au cœur de la production, nous mettons le cap à la Cité du port qui jouxte ces entreprises. Le constat est aussi préoccupant. Dès que l’on franchit le portail principal, se trouve une école maternelle sur la gauche qui accueille les tout-petits. Ces enfants, (l’organisme fragile et en pleine croissance) inhalent, à longueur de journée, les fines particules de ciment. Qui pourra imaginer les dégâts que pourraient causer dans 5, 10 ou 20 ans, ces particules nocives, peut-être cancérigènes, dans leur organisme?
Ils pourraient alors développer des maladies que l’on ne liera pas nécessairement à cette poussière. Mais il n’y a pas que les tout-petits. A droite, en face de l’école maternelle, se trouve, des ‘’gargotes’’ où viennent se sustenter les riverains et des travailleurs de la communauté portuaire. Toutes ces gens se voient obligées de respirer cet air pollué qui s’invitent par le biais du vent au menu. «On sait que ce n’est pas bon pour notre santé mais on n’a pas le choix, ce sont les autorités qui ont installé ces entreprises-là. On fait donc avec», semble se résigner Kouassi Bruno. Mais le président des riverains de la Cité n’est pas de cet avis.
- Des cas de maladies signalés
Selon M. Traoré Hamed, l’installation des usines sur le site du Port menace la santé des riverains. «L’installation de ces cimenteries est un vrai problème pour les riverains que nous sommes. Et il faut dire que cette question a soulevé un débat à notre niveau. L’émission de poussière, de jour comme de nuit, nous gêne énormément. D’ailleurs, on enregistre de nombreux cas d’asthmatiques et des allergies», révèle-t-il. Et de poursuivre: «On s’est plaint auprès des sociétés de cimenterie et il n’y avait pas d’évolution jusqu’à ce que la nouvelle entreprise CimIvoire arrive et mette en place des installations qui ont permis la réduction des émissions. Cependant, les deux autres trainent les pieds et rechignent à suivre l’exemple de cette dernière». Le combat continue donc, selon M. Traoré, puisque les émissions sont toujours aussi incommodantes et nocives pour la santé.
Cette situation pose la responsabilité des pouvoirs publics. Comment a-t-on pu permettre à ces sociétés de s’installer dans cette zone, aux environs immédiats d’habitations, du Port Autonome d’Abidjan et du CHU de Treichville? La question prend tout son sens quand on sait que deux nouvelles zones industrielles ont été aménagées à Akoupé-Zeudji et sur l’autoroute du Nord au PK24 pour ces entreprises. Et même sur ces sites, si l’on en croit l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou, «les entreprises les plus polluantes comme les cimentiers sont éloignées des moins polluantes comme les brasseries, et des non polluantes».
- Les mis en cause réagissent
Si, pour Ciment bélier et Ciment Cuirasse, installées respectivement, en 1952 et 1965, on peut comprendre, puisqu’à cette époque lointaine, on avait peu connaissance des questions de pollution à Abidjan, pour CimIvoire, en revanche, opérationnelle depuis novembre 2018, beaucoup s’interrogent sur son implantation à cet endroit sérieusement. Toujours est-il que nous avons sollicité par courrier avec accusé de réception, l’avis des trois entreprises incriminées. LafargeHolcim Côte d’Ivoire et CimIvoire ont réagi.
Selon M. Paul Anet, directeur développement à LafargeHolcim, cette entreprise est bien consciente de la pollution qu’engendre la fabrication du ciment. C’est pourquoi l’entreprise travaille, selon lui, à réduire de 40% ses émissions de CO2 par tonne de ciment. «C’est un objectif réalisable grâce à l’amélioration de nos procédés, à la substitution des énergies fossiles par des combustibles alternatifs», explique-t-il. Selon ce dernier, l’entreprise mène également des actions en matière de santé, d’hygiène et de salubrité au profit des riverains. «Pour la cité du port, à titre d’exemple, nous avons mené des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière qui a touché plus d’une cinquantaine d’enseignants et plusieurs milliers d’élèves», a-t-il fait remarquer.
- L’inadéquation des installations du quai minéralier
Du côté de CimIvoire, la conscience d’être installée dans une zone portuaire a nécessité de la part de cette entreprise de gros efforts sur le plan de l’ingénierie que de la construction. L’obtention du feu vert des autorités pour s’installer sur ce site était soumise à des critères très stricts. «Nous fonctionnons en circuit fermé, pas d’émission de poussière et nous sommes à la pointe de la technologie sur le plan environnemental. Nous sommes dotés d’un broyeur d’une capacité de 360 tonnes/heure, soit le plus important de la sous-région», explique M. Essam Daoud, directeur général. Qui précise au passage que: «Notre autre particularité, est que nous sommes les seuls, à ce jour, à être connecté directement au quai minéralier du port d’Abidjan par des convoyeurs qui permettent d’acheminer le clinker directement vers les silos de stockages. Cela garantie une qualité irréprochable de stockage de la matière première réduisant par le même le flux de transport par camions et les émissions de poussières».
Une chose est certaine, si certaines entreprises incriminées comme LafargeHolcim Côte d’Ivoire mènent des activités en faveur des riverains, c’est bien parce qu’elles sont conscientes du danger que représente leurs activités dont le caractère polluant est de notoriété. C’est un peu comme la souris qui mord et souffle à la fois.
A la vérité si CimIvoire s’impose dans la zone par sa taille, elle parait également inattaquable sur le plan de sa technologie. Ce que reconnait d’ailleurs, M. Traoré Hamed, président des résidents de la cité du Port qui dit attendre des deux autres cimentiers des efforts dans ce sens. Seulement, en s’acharnant sur les cimentiers, les riverains semblent oublier le quai minéralier qui reste de loin le plus gros pollueur de l’espace portuaire.
De fait, les déchargements du clinker des navires au quai minéralier se font presqu’à ciel ouvert, laissant s’échapper des poussières de la matière première du ciment. Nous avons pu faire le constat et sommes en mesure d’affirmer que les procédés de déchargement du quai minéralier géré par l’entreprise Sea Invest ne sont pas en adéquation avec la protection de l’environnement. Or il se trouve que toutes les usines de ciments installés dans le pays viennent y charger le clinker. Ce qui semble expliquer la pollution permanente de la zone. Les cimentiers auront donc beau respecter les normes écologiques, tant que Sea Invest en charge de la manutention maintiendra le quai minéralier en l’état, il n’y aura aucune amélioration pour la qualité de l’environnement du Port Autonome d’Abidjan ni pour la santé des riverains. Là, semble se situer les responsabilités.
Source : www.informateur.info

 

 

 

Covid-19 : Approvisionnement des populations en vivres// Dans le quotidien des femmes des ‘marchés Gouro’ d’Adjamé

jeudi, 09 avril 2020 16:25 Written by

 Malgré la crise sanitaire  du Covid- 19,  les marchés  du vivrier  d’Abidjan continuent  d’être approvisionnés, par les sociétés   coopératives  animées par  des femmes : Les Létagonin.  Reportage  sur les deux  marchés  Gouro d’Adjamé…

Les Létagonin, femmes garçons ou  braves femmes en Gouro (ethnie du centre ouest de la Côte d’Ivoire), sont ces femmes- là qui approvisionnent  les marchés en vivriers dans grandes agglomérations de la Côte d’Ivoire. Connus sous l’appellation de marchés gouro, on en trouve  dans  plusieurs   communes   du District d’Abidjan voire  de l’intérieur du pays.  A  Adjamé, l’une   des communes les plus populeuses  de Côte  d’Ivoire,  durant la journée,   l’on trouve les  deux  plus grands  marchés  Gouro.   Entre couvre- feu et rumeurs de toutes sortes,    ces deux marchés ne sont  pas  fermés.  Même  si   la  Nouvelle   sociétés coopératives des commerçantes de vivriers,(  Nouvelle  Cocoprovi)  a fermé  son marché pour une désinfection et un  nettoyage  complet totale,  du  jeudi 26 mars au  samedi suivant, les activités commerciales et  les approvisionnements ont repris  le mardi  31 avril 2020.   Avec  sa   réouverture aux commerçantes et  aux populations. Passé ce temps  d’arrêt,  les deux marchés Gouro  d’Adjamé ont repris du service.   Vendeuses, ménagères et  petits voleurs à la tire    comme d’ordinaire sont au rendez- vous.   Même  si ce n’est pas la grande  affluence.  Nous  avons fait le constat le    vendredi 04 avril 2020.  Il  est 9heures. Le  soleil a  repris  irrémédiablement sa cours quotidienne vers l’ouest.  Nous sommes à l’entrée   du  siège de  la  nouvelle Société  Coopérative des commerçantes  du vivrier (Nouvelle Cocoprovi), propriétaire du marché gouro sis   au carrefour  Banfora-Adjamé Saint Michel. Devant l’imposant bâtiment  qui abrite le siège  de cette  société coopérative, il  est installé un dispositif  sanitaire : Un  seau à robinet  contenant  de l’eau javellisée  et  des flacons  de gel main hydro-alcoolisé.   A tous les visiteurs, le vigile de service les   enjoint  de se laver les mains avant  d’avoir accès  au bureau  de  Madame   Goley Lou Irie Yvonne,  la Pca de la  Nouvelle  Cocoprovi(  fondée par   feu Zamblé Lou Madeleine). La   ravissante    Goley Lou Irié,  qui nous reçoit   a    son   masque    bien  fixé  sur son visage et les gans  sur les deux mains reçoit visiteurs et collaborateurs n’a vraiment pas le temps de nous recevoir.
Pas facile  de faire respecter  les mesures barrières
Entre deux coups de fil, pour  s’assurer que les convois  de vivres en  provenance des zones de production de l’intérieur du pays,  vont arriver à temps,  elle nous explique les raisons  de la fermeture du marché  Gouro   de Saint Michel. « Dans le souci de lutter contre la pandémie mondiale du Covid 19 qui sévit actuellement, les femmes du marché gouro d’Adjamé, Nouvelle Cocoprovi, (…) ont  décidé  de fermer  du  dimanche 29 et lundi 30 mars 2020. Qui  ont été  consacrés à la désinfection et la dératisation du marché par les services d’hygiène du district d’Abidjan ».  Nous  explique-t-elle avant de nous confier à M. Djah  Alain, son assistant.  Après une  rapide balade   sur  le marché, nous serviteur  nous indique bien  que   ce n’est pas l’affluence des  grands jours.   Après la réouverture, nous  explique  M. Djah, « un service minimum est observé.  L’effectif des commerçantes  a été  réduit respectant la norme d’un mètre entre chaque étale comme  le gouvernement nous le conseille. Parmi toutes ces commerçantes, nous en avons  qui  occupent  deux voire trois places. A situation exceptionnelle, mesures  exceptionnelles.  On leur a dit que si vous avez deux places ou trois places  par exemple et que vous venez avec nos enfants  d’habitude,  qu’ils restent à la maison. Chaque  commerçante  dispose  d’une surface  d’un  mètre carré.  La  troisième mesure, est  qu’   il faut éviter que les commerçantes  se rapprochent les unes    des autres pour causer.  (…).  Le nombre d’entrées    a été   réduit à 4 au lieu des 12 entrées habituelles et  à chacune  d’elle nous avons  mis un kit de  lavage de main avec  du savon liquide, du gel hydro-alcoolique  et des vigiles  veillent  au grain(…). Tous  ceux  qui entrent doivent  se soumettre au lavage des mains(…) nous avons réduit  tous les mouvements  à l’essentiel surtout dans la main courante »  Constat ;  dans cet espace commerciale qui accueille plus   de 2500 personnes  par jour, les vieilles habitudes ont la peau dure. Devant  leurs étals, nous tombons  sur deux vendeuses en pleine causerie amicale  oubliant même de respecter l’une des mesures barrières : celle de un mètre entre deux personnes.  Très rapidement, elles sont rappelées à l’ordre.
 Vers  la  flambée des prix sur les marchés aux vivriers.
Il  est  11heures 30mn, nous mettons le cap sur l’autre marché  Gouro d’Adjamé- Roxy. Qui est géré par  la   Société  coopérative des marchés Gouro d’Abjamé,(  Comagoa). En  chemin, nous sommes frappés   par forte présence des femmes.  Assisses  devant leurs étals,   elles  vaquent à leurs occupations comme  d’habitude. Une forte odeur  de piment frais nous frappe les narines.   De l’autre côté,  une   semi-remorque chargée d’ignames   est en train   d’être  déchargée par une bande joyeuse  sans masques et autres moyens  de protection.   Le temps  de  fixer  des images, nous profitons de l’occasion   pour acheter  un peu de citrons.  Le  Kg  se négocie à 2000Fcfa  quand le demi est à  1000Fcfa.  C’est à prendre  ou à laisser.  Mais pourquoi  le citron  est tant prisé   ces dernier temps ?  Djeneba K.   La  trentaine environ, est    demi-grossiste basée dans la commune  d’Abobo.   Elle  s’active  à faire  le plein de son tricycle nous apprend : «   Il  parait  que le Thé au citron aide  à non seulement lutter contre le mal de gorge mais contre  le Coronavirus. C’est  ce  qui  se dit dans certains  milieux  chez nous à Abobo.   C’est pourquoi le  citron est  se fait de plus en plus rare.   Si   le Kg  se négocie à 2000 Fcfa,   chez les détaillants du quartier  la boule revient à 100Fcfa.Certains produits commencent à  se faire rares et il nous faut   faire face au charge des tricycles que nous louons ».  Sans blague.  Aussi,   il nous  a  été donné de constater une hausse  au niveau  du prix du sac   du riz  , du  Placally et  du Kilogramme  de la   de bœuf( Voir encadré).  Il est 12heures, le soleil est au zénith.  Dans notre randonnée, sous sommes parfois happés par les vendeurs  de masques en tout genre. Nous les esquivons tant bien que mal.  Il y en a pour tous les prix.500Fcfa, 1000Fcfa.   Un regard rapide ici et là,   achève  de convaincre  que      si   les dessous  des  tables des  vendeuses  en grande partie  des femmes Gouro, bété et malinké   sont bien propres , apparemment  nettoyés à l’eau,  et les couloirs très fluide,  ici aussi les mesures barrières notamment la distance  de un mètre entre deux personnes n’est pas respectée comme il se doit.  Mais pourquoi ? 12heures 30mn,  nous sommes  devant le siège   de la Comagoa.  Là aussi,  avant  d’y  accéder,  l’équipe de service pose sur notre visage le Thermo flash, 36° c’est bon. On  nous verse  du gel- main dans la paume droite avant de nous laisser entrer  dans le bureau de    M. Alexis Youan, Directeur général de la Comagoa.  A la première  question, il   est formel  quand il dit : «Nous n’avons pas attendu  l’appel du gouvernement pour procéder   à un nettoyage  de notre marché  occupé par plus de 2mille femmes en temps normal.  Parlant du Covid 19, nous l’avons négligée au départ et ne savons pas que ça allait avoir une telle proportion.  (…)  C’est une leçon  que dieu nous apprend. Nous avons commencé à placer le matériel  de lavage des mains lien avant.  En fonction de nos moyens, nous avons commencé à distribuer les gans, les masques à nos commerçantes et commerçants. Entre temps nous leur avons demandé de  s’en procurer. C’est par la suite que cette affaire de 1mètre est venue. Au début, nous  demandions à ceux qui venaient faire les achats  de se laver les mains avec  de l’eau javellisée et  du savon liquide.  Nous avons  demandé même  à nos membres de le faire.  Nous n’avons pas fermé, mais nous avons demandé à nos femmes de procéder à un balayage lourd sous leurs tables.  Nous avons également mis notre service d’entretien   à contribution ». Comme indiqué plus  haut,   un détour  sur   ces deux marchés que nous avons visités, tout comme    sur les marchés de quartier, l’on constate  une  flambée sur les prix à la consommation.  L’approvisionnement est devenu difficile.   Surtout  que nous sommes   dans le  mois de mars  et il n’y  a pas de pluie. « Les denrées  de premières nécessités se font rares parce que le sol est devenu dur. La banane, c’est   tout au plus trois mois.  Nous sommes  dans  une période exceptionnelle et  des produits de grandes consommations  sont devenus rares et très prisés ».  Nous explique M. Djah. Qui ne manque pas  d’ajouter  que le contexte  particulier lié au Covid 19  y est pour quelque chose.   Mais  comment   se fait l’approvisionnement du marché ?« Nous mettons une plateforme à la disposition des femmes. Si  vous prenez votre produit par exemple à Daloa, vous venez déposer. Les    grossistes ou  semi-grossistes  viennent récupérer  et ils   s’en vont. Le jeudi  02 avril 2020,  les deux  camions  qui sont arrivés   venaient de Daloa. Sur l’axe Daloa Abidjan, ceux qui  ont  de la marchandise,  s’appellent   et à chaque étape,  le camion prend la marchandise et ainsi de suite. Cela permet  de  partager les coûts de transports.(…) Une  remorque qui part   de Bouaflé à Abidjan,  c’est  400 mille Fcfa. Avec la rigueur du couvre- feu, les véhicules mettent plus de temps, pour arriver  sur  nos plateformes.  Ce qui visiblement a un coût .Sans  oublié   les avaries que doivent supporter les pauvres dames. Qui pourraient le répercuter sur le prix    à la consommation finale ». Cet avis  est partagé par M.  Alexis Youan, Directeur général de la  Société Coopérative des marchés gouro d’Adjamé. En nous recevant au siège de sa coopérative il précise : « Effectivement, étant donné que  des marchés ont été fermés notamment à Yopougon, nous observons  une certaine tension  sur les prix à la consommation.  Pour le moment le produit se fait rare en partie  à cause  de la saison sèche. Le vivrier  ne viennent plus assez.  Les  chargements   qui viennent  de l’intérieur du pays,  sont bloqués  en route ou  ne peuvent plus rentrer ici facilement. En outre, compte tenu de la situation, les gens ne travaillent plus assez.  Le peu de vivrier qui se trouvent en brousse,  ils ont  des difficultés pour aller  le chercher. Ici sur notre marché, normalement nos camions arrivent  toujours 24heures/24. Compte tenu du couvre-feu, il n’  y a plus assez  de livraisons. Les  camions  que nous utilisons d’ordinaire,  peuvent démarrer à 18heures pour arriver ici à 24 heures.  Même  les poids lourds  qui partent de Divo et Ndouci peuvent   se mettre en route à 18heures,  pour pointer ici à 22heures ». En guise  de souhait,  la plupart  des acteurs  de la chaine  d’approvisionnement interrogés  souhaitent  que  « le gouvernement  ouvre  un couloir humanitaire  pour les véhicules qui transportent les vivriers. Avec un macaron précis  comme au temps de la crise militaro-politique.  Cela permettrait  d’approvisionner régulièrement nos marchés. Plus ça devient cher, la population ne peuvent s’approvisionner comme il se doit. Des pères de familles étant au chômage».   Malgré  cette situation, les marchés de proximité continuent  d’être approvisionnés.  «  Ce n’est pas facile.  C’est ici  que  des femmes grossistes et demi- grossistes qui  sont  de véritables lèves-tôt,  viennent  s’approvisionner    pour aller   ravitailler  les marchés   de quartiers et  des villes  de la périphérie  Abidjanaise(…)».  Nous rapporte notre interlocuteur ;  M. Djah du  marché Gouro d’Adjamé- Saint Michel. En ce qui concerne  le soutien  annoncé par le gouvernement ivoirien au secteur du vivrier le Dg de la Comagoa  préconise : «Que  les  50 milliards de Fcfa annoncés  par le gouvernement partent  aux coopératives  et marchés  bénéficiaires  qui doivent être  recensées.  Que l’Office d’aide à la commercialisation  des vivriers( Ocpv) via le ministère du commerce  soit   responsabilisée. Car cette structure sert de pont entre les producteurs et les coopératives. L’Ocpv connait bien les producteurs et les coopératives» 
  Bamba Mafoumgbé,
 Légende photo : Une vue  des femmes  sur l’un  des  marchés Gouro d’Adjamé. Difficile  de respecter les mesures  barrières. ( In Le Temps du 8 avril 2020)
Encadré :    Banane, aubergines, manioc… les prix grimpent
 Au marché Gouro d’Adjamé- Roxy,  le Kg   de viande  de bœuf   se négociait au moment  de notre passage à 2500 Fcfa  contre  environ 2200Fcfa   par le passé. En ce qui concerne le sac de pâte   de manioc qui est produit  à Bonoua, et   servant  à faire le placally  qui  se négociait à  15  mille Fcfa n’a certes pas changé.  Mais la quantité a fortement diminué. Selon Dame   Kouzia vendeuse de riz locale  qui s’approvisionne à Tiassalé,  «  le sac  de 50 Kg de riz  local    se négocie pour l’instant à 30 mille Fcfa. Nous sommes obligées de  vendre à ce prix puisqu’à cause de Coronavirus, les populations n’ont pas  d’argent. Aussi, le transport commence à  grimper. Si dans  les prochains jours, le prix augmente  chez nos fournisseurs de Tiassalé,  nous serons  obligés de suivre la tendance ». Qu’en est –il du sac   prix  du sac  d’aubergine ? «  Le  sac d’aubergine,   qui était à 3000Fcfa,   se négocie désormais  entre 15 mille  voire même à  20mille Fcfa. C’est  de ce  commerce que nous vivons. Ça  ne marche pas trop  mais il faut gagner un peu  pour nourrir  nos familles et  approvisionner la population… La  situation est devenue plus avec la crise sanitaire du Covid-19 ». En ce  qui concerne   le coût du transport, le prix   de la location  d’une   remorque    sur la distance  de  Bouaflé à Abidjan c’est  400 mille Fcfa.  
 B. Mafoumgbé
 Légende photo : Les prix  commencent à flamber  les marchés…
Ces braves femmes  appelées Letagonin…De Madame   Zamblé  Lou,  fondatrice  de la Cocoprovi, en passant par  feu Madame Boty  Lou  Rosalie, ex- Pca  de Cocovico, à Madame Irié Lou Collette,  la Président   de la Fédération nationale  des sociétés coopératives  du vivrier de  Côte d’Ivoire,( Fenacoovici), pour ne citer que  celles-là,  sont de  femmes battantes  dont les noms riment avec l’existence des marchés Gouro en Côte d’Ivoire dont les origines remontent  aux années 1970. Ben structurés   ces marchés  sont   dédiés essentiellement à l’approvisionnement  du grand Abidjan  en bananes plantains, gombo, piment et aubergines,  sont  adossés à  des  sociétés coopératives  animées   par   des  braves femmes. On les appelle les Letagonin. Qui  signifie   en Gouro,  ‘femmes garçons’ ou ‘braves femmes’.   Au sein de la Fenacoovici, par exemple dont la présidente du Conseil  d’administration  est  Irie lou Collette, qui   compte  1800 membres dont 85% de femmes.  Pas seulement  des femmes  Gouro ou Gagou mais aussi   des femmes Senoufo, Malinké( voir encadré 2). Qui de jour et de nuis et malgré  les crises militaro-politiques  qui ont  secouées  la Côte d’Ivoire, elles ont  mis  tout en œuvre  pour approvisionner  nos marchés.  En Côte d’Ivoire, il n’y a pas eu de largage de vivres. La Côte d’Ivoire était en crise, mais ce n’était pas une crise alimentaire. Ce  qui a fait dire  à Marie Noëlle Koyara,  ex- ministre d’Etat ministre du Développement rural de la République centrafricaine( Rca) et ex- représentante résidente  de l’Organisation mondiale pour l’alimentation,( Fao) en Côte d’Ivoire, que : «En Côte d’Ivoire, il n’y a pas eu de largage de vivres. Pendant tout le temps que votre pays était en crise, il y avait à manger sur le marché. Quand bien même  que je sois de la Fao, je me suis beaucoup inspirée du cas pratiques de la crise ivoirienne. Cela m’a beaucoup aidé(…) ».  
Bamba Mafoumgbé

Programme national de production de riz / / Plus 15 milliards de Fcfa injectés dans le projet improductif .L’entreprise Lucky Export et son Dg Ansu Bajla jugés défaillants// Yacouba Dembélé (Dg de l’ADERIZ) : « Tout le temps, ce sont des palabres av

lundi, 24 février 2020 21:52 Written by

Ça ne sent pas trop bon dans la mise en œuvre du Programme national de production de riz. Le 31 mars 2010, l’Inde a signé un accord de crédit d’un montant de 30 millions de dollars américains (Plus de 15 milliards de francs cfa) pour permettre à la Côte d’Ivoire de construire 30 unités de transformation du riz paddis, dans plusieurs localités du pays. Mais la construction de ces usines qui devait se faire en moins d’un an, traine encore, bien que l’entreprise indienne choisie ait perçu environ 88% du financement. Ce crédit qui devrait permettre à la Côte d’Ivoire de construire 30 unités de transformation du riz paddis, dans plusieurs localités du pays. Mais la construction de ces usines qui devait se faire en moins d’un an, traine encore, bien que l’entreprise indienne choisie ait perçu environ 88% du financement. Depuis, les choses sembles coincées et côté ivoirien, l’un des responsables approché a dit que la partie ivoirienne va bien finir avec ce dossier se rapportant au Programme national de production de riz. Un programme qui, faut-il le préciser a pris suffisamment du retard. Ce par la faute de Lucky Export, l’entreprise indienne dirigée par Ansu Bajla que le directeur général de l’Agence pour le développement de la filière riz a qualifié de « défaillante ». Vrai ou faux, pour en savoir davantage sur ce projet qui traine, avons approché l’Ambassade de l’Inde, à Abidjan Cocody. Ici, on nous apprendra que « Le projet est très en retard. C’est le projet entre la Côte d’Ivoire et l’Inde qui est le plus en retard, à ce jour. Il y a beaucoup de problèmes dessus ».A la question de savoir pourquoi ce grand retard, notre interlocuteur nous a orienté vers l’Autorité pour le développement de la filière Riz (Aderiz). Non sans nous indiqué que la partie ivoirienne devait identifier des sites dans les localités choisies pour la construction des 30 usines. L’inde se chargeait du financement y compris l’achat de 90 véhicules. Précision de taille : les usines devaient être construites en un an. Ce sont des usines préfabriquées. La société exécutrice, Lucky Export, est indienne. Les sous-traitances, sont des sociétés locales.
La réaction de Aderiz
La réaction du directeur général, Yacouba Dembélé est très claire quand il dit : « Nous avons bénéficié d’un financement d’Exim Bank Inde de 30 millions de dollars soit C’est un projet qui a commencé depuis 2010 soit plus de 15 milliards de Fcfa. Quand on a entamé le programme de 30 usines, on a fait un programme complet : l’usine, les bâtiments, le matériel roulant et tout avec ». Selon les explications du directeur général de l’Aderiz ce sont 30 usines de 5 tonnes par heure, c’est-à-dire 25 000 tonnes par an, qui doivent être construites. Malheureusement, à ce jour, « Sur 30, il y a 16 usines construites. Il va rester 14. Sur les 14, il y a, à peu près 5 ans autres qui sont à 80% finies ». « Lucky Export a été défaillante plusieurs fois parce que les chronogrammes n’ont pas été respectés » nous a-t-il précisé. Selon M. Yacouba Dembélé, la première difficulté rencontrée concerne les sites (terrains) où doivent être construites les usines. « Il y en a, jusqu’à 3 ans après, on n’a pas encore résolu le problème foncier. Parce qu’il faut au moins un hectare. Et on a fait ces usines pour qu’elles puissent grandir. Ce sont des usines qui font 25 000 tonnes par an, mais si la production augmente, celui qui gère n’a qu’à augmenter d’une chaine…Il met une chaine dessus et ça passe à 50 000 tonnes…L’Etat n’a pas de terrain », a-t-il dit, avant d’ajouter que le financement s’adresse uniquement à l’usine, les bâtiments et les véhicules : « Acquérir le terrain et le viabiliser, c’est l’Etat. Et vous connaissez le système de l’Etat de Côte d’Ivoire, les paiements sont en dent de scie. Jusqu’à présent, on n’a pas encore fini de payer la plupart, on n’a même pas fini de payer. Il y en a qu’on n’a pas commencé à payer. On est poursuivi, on a des dossiers en justice ». Mais quel était le rôle de Lucky Export ? Le Dg de l’Aderiz nous expliqué
Le directeur général de l’Aderiz explique que l’entreprise qui était chargée de réaliser les infrastructures, de construire les usines constitue le deuxième gros problème. « Cette entreprise, Lucky Export, elle a été défaillante plusieurs fois parce que les chronogrammes n’ont pas été respectés », et d’égrener ses déboires avec cette entreprise : « On a fait un chronogramme que Lucky n’a pas respecté. Vous ne pouvez pas savoir qu’est-ce qu’on a fait ici. Il a été choisi par rapport au code des marchés publics. Mais on a fait tout ce qu’on peut. Lucky, c’étaient des palabres tous les jours. On a même embauché des techniciens pour suivre les travaux, jour par jour. Parce qu’on tient à ce projet, on veut qu’il finisse vite. Plus vite il finira, plus vite les choses iront sur le terrain…Lucky nous a retardé sur le système de crédit. Tout le temps, ce sont des palabres avec lui. Moi, j’ai fait une mission en Inde, mes collaborateurs en ont fait 3. On est fatigué. On veut finir avec ce dossier »
M. Dembélé indique qu’au départ, « les équipes étaient petites. Il n’avait pas assez d’équipes. Faire 30 usines, dans un délai de 8 mois qui étaient prévus, il faut beaucoup d’équipes. Il n’a pas assez d’équipe. Et puis, ses équipes viennent et s’en vont. Donc j’étais obligé de monter le ton. Et j’ai fait une mission en Inde. J’ai rencontré la direction générale d’Exim-bank et puis le ministère des Affaires Etrangères qui suit ce dossier, avec Lucky, pour leur dire, moi, je souhaiterais que pour aller vite, qu’il y ait les deux équipes : les équipes ivoiriennes et les équipes indiennes. Et qu’en Côte d’Ivoire, il y a beaucoup d’usines et que ce sont les Ivoiriens qui les ont construites. Je ne comprends pas pourquoi, nous on peut faire et puis…C’est parce que c’est votre marché. Lucky peut prendre des entreprises ivoiriennes. J’ai obtenu cela. Et c’est quand j’ai obtenu cela que les travaux mêmes ont commencé à être accélérés. Les entreprises ivoiriennes sont en sous-traitance avec Lucky qui a le marché. Si Lucky n’est pas payé, elles ne peuvent être payées. Voilà un des éléments du grand retard de ce marché ». Mais comment cette entreprise jugée défaillante aujourd’hui a-t-elle été choisie et quels sont les critères qui ont milité en sa faveur ? «Le marché n’était adressé qu’aux entreprises indiennes.L’appel d’offre ne s’adressait qu’aux entreprises indiennes. C’est nous qui avons fait l’appel d’offre, le dépouillement, le choix par le biais du code des marchés publics. La Commission d’ouverture de jugement des offres (Cojo). Le comité était présidé par le ministère de l’Agriculture, qui était le ministère de tutelle. Il y avait l’Aderiz et le ministère du Budget. C’est ce comité qui a travaillé, qui a choisi Lucky Export. Les critères, c’était la qualité du matériel, le prix (le coût)».
Tous les travaux arrêtés depuis octobre 2018
Depuis octobre 2018, tous les travaux sont arrêtés parce que selon lui, la banque indienne a aussi présenté « des défaillances, notamment dans les procédures. Souvent, ils arrêtaient les paiements. Depuis octobre 2018, tous les travaux sont arrêtés. Pendant que des factures étaient en cours de paiement, ils ont tout arrêté. Parce qu’ils ont dit qu’ils ne sont pas surs que Lucky peut finir les travaux. Et que ce qu’ils ont payé, c’est plus que le coût des travaux ». Aussi, M. Dembélé souligne que les Indiens ne sont pas satisfaits. « Les Indiens disent que vous avez fait 16 usines, vous n’avez rien fait encore. Ils ont déjà payé 87%. Ils disent à ce niveau-là, tout doit être fini. Lucky dit que moi, j’ai fait ceci et j’ai fait cela. J’ai des travaux que j’ai faits, payez-moi ces travaux-là et je vais finir le reste du marché. Et ils sont en discussion entre eux depuis octobre 2018 ».
La réaction de Lucky Export…
Contacté au téléphone, Ansu Bajla, directeur de Lucky Export, n’a pas voulu nous répondre dans l’immédiat. Face à notre insistance il nous répondra le jeudi 13 février 2020, lors du lancement des activités de la Chambre de Commerce et d’industrie indienne, à l’Espace Event, aux II Plateaux. Où nous rencontrons enfin, Ansu Bajla. Au cours de nos échanges, il nous a fait savoir que 16 usines ont été construites et que le retard accusé était lié aux difficultés à trouver des sites. Nous avons souhaité avoir un rendez-vous avec lui, pour le lundi 17 février 2020 afin d’avoir des discussions plus approfondies. A l’heure du rendez-vous, il était injoignable. Plus tard, il nous dira : « Je voyagerai à nouveau cette semaine. Pouvez-vous, s’il vous plait, envoyez vos questions par e-mail et je peux vous envoyer la réponse. Merci ». Pour sa part, le directeur résident d’Exim Bank, Tyagi Puspesh, rencontré lui aussi à la cérémonie de lancement des activités de la Chambre de Commerce et d’industrie indienne, soutient que 88% du financement ont été donné à Lucky Export et que, lui, son travail consistait à libérer les fonds. Pas plus. Il n’a pas voulu donner d’autres détails.
Ayoko Mensah
Légende photo : Ici des débuts de construction d’usine laissées à l’abandon

Reportage/Université Fhb, 8 ans après sa réhabilitation// Dans la fournaise qui étouffe étudiants et enseignants…

jeudi, 24 octobre 2019 21:35 Written by

Si sa restauration et réhabilitation ont permis de mettre de l’ordre dans le cadre bâti du campus universitaire Felix Houphouët Boigny de Cocody, le couvert végétal a été négativement touché. Ce qui n’est pas sans conséquence dommageable sur le quotidien des étudiants et les enseignants. Reportage….

Jeudi 17 octobre 2019, 10 h. Au portail sud du campus de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Les vigiles qui sont de faction, contrôlent comme ils peuvent l’entrée. Tous ceux qui entrent doivent montrer pattes blanches. Nous sommes en route, pour répondre à un rendez-vous pris quelques jours avant, avec un enseignant de l’Unité de formation et de recherche en Langue, littérature et civilisation, (Llc). Ce rendez-vous est d’ailleurs pour 12h. Les rayons du soleil nous frappent le visage à cette heure de la journée. En chemin nous constatons, le grand changement intervenu au niveau de l’environnement à la faveur de la réhabilitation intervenue juste après la fin de la crise postélectorale de 2011. La pelouse verdoyante replantée et des fleurs dégagent un parfum qui rend supportable la grande chaleur qu’il fait sur le campus universitaire Fhb de Cocody. A perte de vue, un vaste espace gazonné sans le moindre arbuste. Au niveau du Campus 2000, notre attention est attirée par une forte concentration de jeunes, tenant en mains, livres, cahiers et crayon à papier sous les palmiers. Renseignement pris, il s’agit d’étudiants en pleine révision. Ce, sous une vaste palmeraie qui ressemble bien à un champ, fraichement nettoyé à la machette. Cette palmeraie bien entretenue par le passé, a donné son nom d’ailleurs aux restaurants universitaires appelés «Le palmier». Une sorte d’abri en forme de case rustique et couverte de pailles. Malgré l’usure du temps, certaines cases résistent encore aux intempéries et des tenancières y proposent des plats pas vraiment à la portée de la bourse de tous les étudiants dont la plupart ne sont pas des boursiers. En dépit du souvenir que cela rappelle, nous revenons au sujet qui suscite notre curiosité : La forte présence de ces ‘essaimes’ d’étudiants qui, assis autour d’une table ou carrément à même le sol frais, viennent ici, non seulement pour profiter de l’air frais, mais aussi cogiter. Il se dit que c’est l’un des rares endroits bien ombragés qui semble propice à la concentration après la réhabilitation de l’université Félix Houphouët-Boigny début 2012. Alors que nous sifflotons une bouteille de soda, nous prenons soin d’approcher un groupe d’étudiants, certainement du Département d’espagnol. Au nombre de ceux-ci, Mlle Bian Lou Patricia, étudiante en troisième année de Licence au Département d’Espagnol. «Par rapport au cadre, on dirait que ça serrait mieux si le cadre du palmier était assainie. Nous constatons que les arbres manquent sur le Campus. Ici, ce n’est pas propre, mais nous faisons avec. Car là-bas au Département, nous n’avons pas assez de salles d’études. Nous préférons venir ici pour réviser dans la quiétude », lance-t-elle d’une voix timide. Idem pour Yao Nguessan Lima, étudiant en troisième année de Licence. Ce dernier, les yeux rivés sur une page d’un cahier qu’il tient en main, ajoute : « Sur le campus, nous n’avons plus d’espace vert boisé. C’est donc ici que nous convergeons tous. Il faut continuer de planter des arbres, pour remplacer les arbres qui ont été abattus à la faveur de la réhabilitation. Tous ceux que vous voyez là sont à la recherche d’un arbre pour s’abriter et étudier (…) ». Juste à côté, Mlle Coulibaly Assetou, étudiante en Licence 3 de Sciences physiques, 23 ans environs, arborant fièrement des lunettes d’intello, plongée dans ses cahiers, tente de nous répondre. A la question de savoir pourquoi elle se retrouve ici sous les palmiers pour étudier elle n rajoute. «C’est, dit-elle, l’un des rares sinon l’unique endroit du campus, qui est propice à la concentration et où il fait moins chaud ici. Nous somme à l’université Fhb de Cocody, il y a seulement trois ans. Mais, des grands frères nous ont rapporté que par le passé, il y avait beaucoup d’arbres sur le campus et il faisait moins chaud. Ce qui n’est pas le cas depuis sa réhabilitation. Nous avons aussi appris qu’à la faculté de Médecine, le bois qui s’y trouvait a été détruit. Il fait très chaud et nous n’avons pas assez de salles d’études. Donc, venir là pour étudier est mieux, même si le cadre n’est pas très salubre, ont fait avec». Il est 11h, il faut faire vite, pour ne pas rater notre rendez-vous. Nous voici devant le Forum ; un autre site mythique de l’Université Fhb de Cocody. Il grouille de monde. Tout autour dans un vacarme indescriptible, des étudiants assis sur des tables-bancs de fortune, revisitent des enseignements reçus précédemment. Il est 11h 30. Nous ne sommes pas loin de notre lieu de rendez-vous. Il fait de plus en plus chaud et la soif nous tenaille. Quelques pas et encore quelques pas. Nous voici à l’ex- Flash. Entre le Centre de recherche en communication,( Cercom) en passant par l’Institut de géographie tropical ( Igt), nous tombons sur une touffe de gros arbres et d’arbustes qui ont échappé aux tronçonneuses. Heureusement ! Après un petit temps de répit, nous frappons à la porte du bureau du Docteur Yao N. Il n’est pas là. Avec un pincement au cœur, nous décidons de revenir très prochainement rencontrer notre maître.

 

Des anciens étudiants nostalgiques..

 

Il est 12 h 15, tenaillé par la soif et la grande chaleur, nous décidons de marquer une pause sur le parvis de la présidence de l’Université. Avec une vue panoramique, entre deux gorgées d’eau, nous suivons les mouvements des étudiants, enseignants et autres visiteurs qui vont et arrivent dans un désordre, bien harmonieux parfois perturbé par le passage des navettes fonctionnant à l’énergie solaire. Que ne fut notre surprise ! Les arbres cinquantenaires sous lesquels, nous prenions du bon temps, durant nos années universitaires ont disparu. Ici, des étudiants fuyant la grande chaleur, sont venus s’abriter aux pieds du bâtiment abritant la présidence de l’Université. A dire vrai, les travaux de réhabilitation ont ‘défloré’ l’environnement. I. B, ancien membre d’une structure estudiantine affiliée à l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture(Unesco) qui n’en revient pas est d’avis avec nous. «Dans le cadre de nos activités socio- culturelles en 1992, nous avons planté beaucoup d’arbres sur le campus Universitaire de Cocody en collaboration avec la Société de développement des forêts( Sodefor). L’Association internationale des étudiants en sciences économiques (Aiesec) en avait fait autant. C’est dommage que ces arbres que nous avons plantés et qui contribuaient à l’équilibre de l’écosystème aient été détruits. C’est avec des larmes aux yeux qu’en passant par là en 2012, j’ai constaté qu’ils n’étaient plus là… Pourtant derrière ces arbres- là, se cachaient une vie et l’histoire de toute une génération d’étudiants», se souvient-il. Comme nous l’indiquions plus haut, l’Université Fhb de Cocody a connu une réhabilitation lourde dans le cadre du Programme de réhabilitation des universités publiques de Côte d’Ivoire. Mais cette réhabilitation n’a pas donné tous les résultats escomptés, en dépit de son coût exorbitant estimé aux bas mots, à plus de 110 milliards Fcfa pour les cinq universités publiques. Florent Kouamé, Doctorant à l’Unité de formation et de recherche Littérature langues et civilisation( Llc), de la même université se souvient. «C’était une université où on alliait à la fois, modernisme et héritage biologique. Qui respectait véritablement la faune et la flore. Ce qui donnait un environnement très plaisant à l’Université de Cocody à l’époque. Nous avions de gros arbres dans les encablures du stade de l’université, à l’entrée de l’université et derrière les amphithéâtres, des Facultés de Droit, de Sciences économiques et de gestion. Sans oublier l’Ufr de Mathématiques et sciences informatiques. Il y avait véritablement une flore très originale. Nous imaginons qu’à Ufr Ssmt et en Cbg-chimie géologie, nous avons la physiologie végétale… On travaille avec des plantes. Il y a également la botanique. Il ne faut pas créer un environnement seulement qui soit propre(…) les autres espaces permanemment occupés sur lesquels les étudiants passent, tout a été dégagé ! ». Puis, contenant à peine sa colère et très nostalgique, Florent Kouamé poursuit. «Ils ont déshabillé tout. Ils ont détruit tous ces jardins originaux qu’on a trouvés comme ça naturellement et qu’il fallait préserver. Tout a été abattu à la faveur de la réhabilitation de l’université Fhb de Cocody. On n’a même pas essayé de créer des passages pour que ces arbres soient préservés. On pouvait détruire quelques arbres, mais pas tous. Qu’on entre par le portail du côté de l’Ecole nationale de police(Enp), que par le Chu de Cocody, on doit affronter un soleil de plomb. Même s’il y a les bus solaires (pas en grand nombre), mais pour la flopée d’étudiants qui rentre régulièrement sur le campus, c’est difficile. C’est vrai que le soleil est bon pour la santé, mais quelque fois, il est source de maladies. Quand on rentre dans cet espace universitaire, ces gros arbres et l’ombrage qui incitaient à s’abriter pour siroter du jus de fruit en lisant un livre ou deviser avec des amis, ont disparu. Bref, l’université de Fhb de Cocody, ce temple du savoir a perdu de sa superbe de bois sacré». Avis partagé par Kamagaté A. Un ancien étudiant de la Faculté des sciences avant 2007 et fraichement recruté dans le cadre de la Couverture Maladie universelle( Cmu). Il nous exhibe son contrat qu’il vient de signer. La trentaine révolue, il reconnait qu’il fait très chaud sur le campus que par le passé. Il note le grand changement au titre de l’environnement. «Depuis quelques jours, nous nous sommes rendus sur le campus, mais nous avons du mal à nous retrouver. Il y a eu la réhabilitation et la restauration certes, mais nous constations qu’il y a beaucoup de choses qui manquent. Le couvert végétal surtout», fait-il savoir avant de se rappeler. «Quand nous étions ici, il y avait beaucoup d’arbres et autres palmiers cinquantenaires qui offraient de l’ombre aux étudiants, se souvient-il. Ils ont été abattus. Nous ne savons pas trop pourquoi ? Nous avons l’impression que nous sommes dans une nouvelle université. Ce qui n’est pas le cas. Il nous revient que la petit forêt qui se trouvait du côté de la Fac de médecine a été détruite. Ceux qui ont fait la réhabilitation de l’Université auraient dû faire des aménagements et garder le reste à l’identique. Cela donnerait davantage tout son sens à l’appellation Temple du savoir à notre université avec son symbole, le Wambêlê qui est de retour sur le campus. ( voir encadré)». Un avis qui n’est pas tout à fait partagé par Gbapo, étudiant en fin de cycle de comptabilité dans une grande école de la place qui partage une chambre avec son ami à la Cité Campus 2000. Il trouve le cadre très agréable et tombe sous le charme du cadre universitaire après la vaste réhabilitation. « Il fait désormais beau sur le campus. Faites un tour du côté des palmiers. C’était devenu un véritable bazar de produits prohibés, de débits de boisson en tout genre. Le bois qu’on trouvait du côté de la Faculté de médecine était dit-on devenu des chambres de passe à ciel ouvert. C’est là-bas que les syndicalistes se donnaient rendez-vous pour aller se taillader à la machette », dit-il en s’épongeant le visage à cause de la chaleur. Pourquoi n’avoir pas copié ce qui se passe juste à côté, dans le périmètre de l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée, (Ensea) ? Logée dans un cadre verdoyant, sous des arbres régulièrement élagués. Mais que dit la Présidence de l’Université ? Nous avons approché le service communication de l’Université de Cocody. Qui nous a orientés vers le Secrétaire général de l’Université qui était en mission hors du pays lors de notre passage. Mais que dit le schéma directeur de l’université Fhb ? Nous ne pouvons en dire plus ! Si les travaux ont été supervisés par le Bureau national d’Etudes techniques et de développement( Bnetd), on aurait associer un cabinet d’architecte. Ce qui n’a vraiment pas été le cas. L’architecte Abdoulaye Dieng, le président du Conseil national de l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire(Cnoa.ci ) tranche. «A notre connaissance, il n’y a pas eu de cabinet d’architectes ivoiriens associés à cette rénovation. Voyez plutôt avec le Bnetd(…) », coupe-t-il. L’université Félix-Houphouët-Boigny est établie dans un campus de 200 hectares situé au cœur de la commune de Cocody. Cette université fut, dans les années 70 et 80, réputée en Afrique de l'Ouest francophone pour ses nombreuses facultés. Fermée après la crise postélectorale, elle a fait l'objet d'une réhabilitation pour rouvrir ses portes en septembre 2012. Elle est toutefois accusée d'être mal gérée. Elle manque cruellement de matériel, de locaux, et n'est plus entretenue depuis son inauguration, menant ainsi ses installations vers un état de dégradation prématurée.

 

Bamba Mafoumgbé, ( In le Temps du 23 octobre 19)

 

Légende photo : Ici des étudiants de l’Université Fhb en pleine concentration sous les palmiers(voir photo dans yacou, sekou, Kpassou

 

Encadré :

 

Wambêlê, le grand masque, est de retour sans son ‘bois sacré’

 

Provenant du pays Sénoufo, situé au nord de la Côte d’Ivoire, le Wambêlê est un masque biface qui renferme plusieurs mystères. C’est le symbole de l’université Fhb de Cocody. Supposé violent par certaines langues et des pasteurs, la statue de Wambêlê qui trônait dans les années 1990 à l’entrée du parking de la présidence de l’université, avait été déboulonnée. Son esprit selon des sources « était pour quelque chose dans la violence qui secouait le monde universitaire». Pour eux, «il et l’incarnation du diable et du fétichisme». Le Wambêlê appelé communément « Wanioug» est l’un des grands masques du peuple Sénoufo. Ce masque spécial et mystérieux est composé de deux faces opposées (biface) faisant sortir de la fumée. Les significations données par les sages sur cette formation de la tête sont diverses. Pour certains, il signifie : le bien qui affronte le mal. Pour d’autres, le passé et le présent constituent l’avenir d’un individu. Aussi spécial que mystérieux, porté par un initié du Poro, ce masque apparaît, le plus souvent, dans les cérémonies funéraires et les occasions spéciales. En effet, le Poro est une société secrète d’initiation des jeunes garçons d’une durée 90 jours dans la forêt sacrée. Au cours de son apparition, seuls les initiés de cette société et les sages peuvent assister à ses prestations. Cependant, sa vue, ses prestations sont strictement interdites aux femmes (sauf les vielles) sous peine de stérilité, ménopause précoce ou la mort. Le Wambêlê est aussi un masque protecteur. Il est rattaché à un génie protecteur qui préserve celui qui le consulte du sort, du mauvais œil, de la sorcellerie. Mais quand il se sent pris au piège (défié), il peut lancer des sorts, de la foudre et même tuer l’individu qui viole ses interdits. Particulier, il est différent des autres masques Sénoufo. Cependant, avec la modernité, aujourd’hui, le mystère autour du Wambêlê et du Poro existe-t-il toujours ? Après une décennie d’absence, Wambêlê est de retour depuis 2012, dans ‘le Temple du savoir’ de Cocody. Mais pas sous ses gros arbres ; sorte de bois sacré qui a été aussi tué…

 

B. Mafoumgbé

Légende photo : La statue du Wambêlê à l’entrée du parking de la présidence de l’Université Fhb de Cocody( In Le Temps du 23 octobre 2019)

 

Coulibaly Sangafowa Mamadou( Minader) // Filière café-cacao // « Les efforts du gouvernement ont permis d’améliorer significativement la part du paysan »

jeudi, 11 juillet 2019 18:04 Written by

  La cérémonie de présentation du 9ème rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire qui a eu lieu ce jeudi 11 juillet 2019,  a été l’occasion pour le ministre ivoirien de l’Agriculture et du développement rural,  M. Coulibaly Sangafowa Mamadou, de faire quelques commentaires sur ledit document. Propos liminaire… « Monsieur   le   Ministre   de   l’Economie   et   des   Finances,   représentant   Monsieur   le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat ;Madame la Directrice des opérations de la Banque Mondiale pour la Côte d’Ivoire ;Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;Mesdames, Messieurs, Je voudrais avant tout propos, exprimer ma profonde gratitude à Monsieur le Premier Ministre, Chef  du  Gouvernement, Ministre du Budget  et  du Portefeuille de l’Etat,  pour l’insigne honneur qu’il me fait en me désignant pour conduire les discussions au sein du panel organisé à l’occasion de la cérémonie de présentation du 9ème rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique de notre pays, dans lequel je serai représenté par le Directeur Général du Conseil Café-Cacao. Mesdames et Messieurs,  Je voudrais d’entrée dire que je suis un assidu de la présentation des rapports périodiques de la Banque Mondiale sur la situation économique de notre pays. Cela   s’explique   bien   sûr   par   le   fait   que   je   suis   détenteur   d’un   des   portefeuilles économiques du gouvernement. Mais je me dois de reconnaître que c’est surtout la qualité des rapports et celle de leurs présentations qui expliquent mon assiduité. Le présent rapport n’a pas failli à cette réputation. Dès lors, je me suis trouvé face à un choix cornélien lorsque, frappé par un deuil, il m’a fallu arbitrer entre ma présence parmi vous ce matin et ma présence parmi les miens en famille. Ce choix était d’autant plus difficile à faire que le neuvième rapport portait essentiellement sur le secteur agricole et particulièrement sur la filière Café Cacao dans le contexte actuel de cette filière. Si en définitive je me suis excusé auprès des miens pour être des vôtres ce matin, c’est aussi parce que je voulais saisir l’opportunité de cette cérémonie pour rendre hommage au Directeur sortant des Opérations de la Banque Mondiale, Monsieur Pierre LAPORTE dont l’intérêt pour le secteur agricole de notre pays ne nous a jamais fait défaut et aussi saluer Madame Coralie GEVERS, la nouvelle Directrice des Opérations pour tout l’intérêt qu’elle voudra bien réserver à ce secteur clé de notre économie. Permettez   que   j’en   profite   pour   saluer   l’expertise   de   Monsieur   Jacques   Morisset, Coordonnateur   sectoriel   macroéconomie   de   la   Banque   mondiale   en   Côte   d’Ivoire.   La qualité   de   ses   analyses   m’a   toujours   impressionné.   Au   moment   où   il   nous   quitte,   je voudrais saluer le Haut cadre international et l’ami de la Côte d’Ivoire qu’il est. Mesdames et Messieurs, Pour en venir au sujet qui nous rassemble ce matin, je dois dire que suite à la présentation du   rapport  qu’il   vient  de   faire,  j’ai   éprouvé   le  besoin   de  faire   quelques   remarques   et commentaires juste avant le panel. Je remercie l’organisateur principal de ce qu’il convient désormais d’appeler un rituel (BM&RCI), pour avoir accédé à ma requête de faire des commentaires sur  le  rapport avant  le  panel. J’en  profite  d’ailleurs pour  saluer le Haut commis de l’Etat qu’il est comme on en trouve rarement de nos jours dans notre pays. Je veux   parler   du   Directeur   de   Cabinet   du   Premier   Ministre,   Monsieur   Ahoutou   Koffi Emmanuel. En ce qui concerne le diagnostic sur le secteur agricole et particulièrement sur la filière Café Cacao, nous le partageons largement. Cependant, je   voudrais  faire observer  que  ce diagnostic  ne met  pas  suffisamment en évidence les performances du secteur agricole des sept dernières années. Contrairement au 6ème rapport qui avait conclu que la croissance économique enregistrée par notre pays en 2017 a été largement portée par le secteur agricole. En effet, les productions végétales toutes catégories confondues sont passées en volume d’environ 17 millions de tonnes à environ 25 millions de tonnes entre 2012 et 2018 soit une croissance de 68%. En valeur, les revenus globaux des producteurs ont, quant à eux doublés sur la même période. Passant d’environ 3000 milliards á 6000 milliards de FCFA. Ce  sont   ces  résultats   qui  ont   permis  à  notre   pays  d’enregistrer   la  plus  forte   balance commerciale agricole excédentaire du continent africain devant l’Afrique du Sud en 2018.Selon une publication des experts des matières premières. Le fait que sur cette période la contribution du secteur agricole au PIB soit restée modeste (21 et 22,7%) par rapport aux secteurs secondaire et tertiaire est plutôt un bon signe et pourrait être le fait d’une modernisation progressive de notre économie prenant appui sur le secteur primaire agricole. En tout cas, c’est ainsi que l’ancien Directeur des Opérations de la Banque Mondiale, Monsieur   Madani   TALL   a   interprété   de   tels   signaux   lors   du   groupe   consultatif   sur   le financement de notre PND1 à Paris en 2012.C’est d’ailleurs un signe caractéristique des économies des pays émergents notamment ceux d’Asie, parmi lesquels notre pays aspire à compter.  Un autre chiffre dans le rapport qui est un élément indicatif de cette tendance, c’est celuide la part des emplois agricoles dans la population active qui est tombée à 51% contre 60à 70% aux lendemains des indépendances. Ce   qui   veut   dire   que   nous produisons   plus   avec   moins   de   personnes   et   qu’il   y’a   un transfert des emplois du secteur primaire vers les secteurs secondaire et tertiaire. Mesdames et Messieurs, Se fondant sur le diagnostic spécifique de la filière Café Cacao, le rapport nous propose trois pistes de réflexion dont je partage la pertinence. Il s’agit:- de mettre en place un système fiable de prévision de production à court et à moyen termes ;- de prendre des mesures permettant à la Côte d’Ivoire de capter une plus grande part des ressources générées par l’économie cacaoyère mondiale ;- de prendre des mesures pour assurer une meilleure répartition de la valeur ajoutée parmi les acteurs de la filière, en vue d’améliorer le revenu des producteurs. Ces pistes de réflexion m’inspirent quelques commentaires qui, je l’espère, contribueront à alimenter les échanges lors du panel et bien au-delà de celui-ci. Pour   la   première   piste   de   réflexion,   il   est   proposé   que   la   Côte   d’Ivoire   se   dote   d’un système de prévision qui donne des indications sur la production de la campagne à venir et sur l’évolution de la production à moyen terme pour une meilleure gestion de la filière. C’est une nécessité à tout point de vue et sur laquelle un travail est en cours au niveau du Conseil du Café Cacao. Toutefois, un tel système ne pourra être pleinement profitable à tous que s’il contribue à la transparence du marché. Or, en aval, aucun effort n’est consenti pour rendre disponibles à temps les données sur les stocks et les prévisions de broyage à court et moyen terme. En l’absence de ces données qui permettent d’anticiper la demande de façon plus précise, le risque est qu’un tel système de prévision serve au final à alimenter la spéculation au détriment des producteurs. Les   mesures proposées par la   deuxième  piste   de   réflexion   pour  permettre  à  la   Côte d’Ivoire   de   capter   une   plus   grande   part   des   ressources   générées   par   l’économie cacaoyère   mondiale,   concernent   entre   autres,   l’amélioration   de   la   productivité,   la diversification   agricole,   les   produits   à   haute   valeur   ajoutée   (produits   de   niche)l’amélioration de la politique fiscale sur les ventes et la transformation industrielle. En dehors de la transformation industrielle et des produits de niche, la contribution des autres mesures à l’amélioration des ressources captées par notre pays dans l’économie cacaoyère mondiale n’est pas évidente. A   titre   d’exemple,   si   l’amélioration   de   la   productivité   permet   d’accroître   le   volume   de production  et par conséquent une  augmentation  de la  valeur  absolue  des revenus du producteur, elle n’a aucun effet sur l’équité recherchée dans la répartition des richesses générées dans la chaîne des valeurs du Cacao.  Pour ce qui est de la fiscalité sur les ventes du cacao, à l’issue de la dernière réforme de la filière, elle a été plafonnée à 22%. Depuis la mise en œuvre de cette réforme, le taux maximum   n’a   été   appliqué   qu’au   cours   de   la   campagne   2015-2016   et   sur   la   récolte principale de la campagne 2016-2017 ; sur les autres campagnes, le taux s’est situé entre16 et 18%. Si   ces   efforts   du   gouvernement   qui   seront   poursuivis   ont   permis   d’améliorer significativement la  part  du  paysan dans  les  revenus  captés  par le  pays,  ils  n’ont  eu aucune incidence sur la part captée par le pays au niveau international. S’agissant de la transformation industrielle, nous sommes d’avis que celle-ci contribuera de façon significative à l’exploitation de l’immense potentiel économique de la filière Cacao par notre pays. Pour autant que cette transformation aille jusqu’aux produits finis et qu’elle implique les producteurs et le secteur privé local. Mais comment y arriver ?  La question reste ouverte dans ce rapport. Mesdames et Messieurs, Pour terminer, je voudrais dire que ce rapport vient à propos et est pertinent tant dans ses analyses que dans ses suggestions. La plupart de ses recommandations font déjà l’objet d’analyses si ce n’est de mise en œuvre au niveau des départements ministériels et services compétents tel que le Conseil Café-Cacao. D’autres   recommandations   telles   que   celles   liées   au   respect   des   normes   sociales   et environnementales ainsi que sur l’amélioration de la gouvernance de la filière méritent qu’on y accorde un plus grand intérêt et ce, en étroite collaboration avec nos partenaires dont principalement la Banque Mondiale. Toutefois, au terme de ce rapport, la question fondamentale sur l’équité dans la répartition des  ressources  générées  dans  l’économie   cacaoyère  mondiale  reste   entière.  Dans la mesure où, ce ne sont pas les efforts en cours pour améliorer la part du producteur dans la partie congrue captée par les pays producteurs qui sortiront nos parents paysans de la pauvreté pour, d’abord les emmener aux portes du paradis et ensuite les faire entrer dans celui-ci, donc dans la prospérité. Mais c’est bien l’amélioration significative de cette part elle-même qui changera la donne. C’est tout l’objet de la déclaration d’Abidjan du 26 mars 2018. Cette déclaration est la traduction de la vision commune de Leurs Excellences NANA AKUFO-ADDO du Ghana et ALASSANE OUATTARA de Côte d’Ivoire. C’est   dans   le   cadre   de   la   mise   en   œuvre   de   cette   déclaration,   qu’à   l’initiative   des structures de gestion de cette filière dans les deux pays, les acteurs mondiaux du Cacao se sont retrouvés à ACCRA le 11 juin dernier puis à ABIDJAN le 3 juillet 2019. Si cette rencontre a  permis de faire des progrès, il  reste  encore  des  efforts  à faire  de  part  et d’autre. Telle est ma contribution aux échanges de ce matin.Je vous remercie de votre aimable attention » 

Reportage /Mendicité et exploitation des enfants// Dans le quotidien des enfants Talibé d’Abobo

mercredi, 10 juillet 2019 00:00 Written by

Le phénomène des enfants mendiants communément appelés enfants talibé prend de l’ampleur dans le District d’Abidjan.. Reportage dans le quotidien de ceux d’Abobo. Où des fondateurs d’écoles confessionnelles islamiques donnent leurs recettes de lutte le fléau…

 

Ce Vendredi 15 mars 2019. Il est 8heures 05. Nous sommes dans les environs de l’école primaire privée Institut Han du Sous quartier d’Abobo- Dokoui. Comme chaque matin, des parents vont été reviennent d’accompagner leurs enfants qui reçoivent dans cette école, des cours de la maternelle au Cours moyen2,(Cm2). A notre sortie, nous sommes accostés par des enfants dont l’âge varie entre 7 et 10 ans. Le plus grand dit se prénommer Allassane. Le visage crasseux, les mains couvertes de gale, tous tiennent en main, un Walaha, une sorte d’ardoise traditionnelle utilisée dans les écoles coraniques. Sur ces supports en bois, sont griffonnées des écritures arabes que nous ne pouvons décoder. A eux, nous remettons quelques jetons. Soudain, Allassane, le plus âgé de la bande, les remis au plus corpulent d’entre eux qui tenait très bien en main des billets de banques craquants. Du coup, dans une symphonie, ils se mettent à réciter pour notre équipe de reportage, des versets coraniques non sans terminer le reste en malinké :«Allah isso, Alladémballo (…) » Traduction : « Que dieu vous en donnent plus et que vos enfants grandissent bien(…)» Il est 8heures 20mn. Allassane et ses autres petits camarades ne sont pas prêts à nous lâcher. Ces touts petits, pardon ces enfants Talibés, (Les Talibé se promènent toujours avec leur petite boîte de conserve ou bassine qu'ils tendent à tous les passants. c'est un disciple ou un élève qui apprend le coran. Ces garçons ont entre trois et quatorze ans.) qui n’ont certainement pas eu la chance d’aller à l’école occidentale sont bien organisés. Tous les jeudis et vendredis matin, ils arpentent certaines ruelles d’Abobo, pour faire la manche. Alorsqu’ils continuent de psalmodier les versets coraniques dont eux seuls connaissent la signification et la portée, nous nous décidons de voir de près, « l’ardoise » de l’un d’entre eux. Nous y trouvons soigneusement écrit un contact téléphonique que nous n’aurons pas la chance de prendre. L’un d’entre eux qui suivait nos faits et gestes, a eu le temps de le cacher et donner l’alerte aux autres à décamper. Mais c’est le contact de qui ? De leurs parents ou de leur école coranique ? Nous ne pouvons en dire plus. Nous décidons alors de creuser plus, pour repérer ‘le gros singe’ qui, sous le couvert de la religion, se cache derrière cette autre forme de mendicité pour ne pas dire exploitation des enfants. Alors question de savoir vous venez d’où ? Le chef du groupe qui ne comprend pas français demande à un autre : « Akodi(…) » ? et Sinaly( Non d’emprunt) me répond : « Ecole coranique Abobo Sans Manqué. On vient ici tous les jeudi et les vendredi » Rendez- vous est donc pris le jeudi suivant. C’est –à dire le jeudi 21 mars 2019 et il est 8 heures. Nous voici au carrefour ‘ premier feu’ du Dokui ; un autre repère d’Alassane et ses autres camarades Talibé. .

Quand les enfants talibé nous font faux bond.

Ce matin, nous n’avons pas de chance. Mais diantre où sont t-ils entrés ? Malgré le rendez-vous manqué, nous ne démordons pas. Il est 09 heures, nous retournons à notre base ; la Rédaction. En échangeant avec T. Tahirou, le vigile de service, sur le sujet, celui-ci nous apprendra que pour les retrouver, il faut aller Abobo Samaké, précisément au « carrefour les 3 cocotiers ».Et T. Tahirou de nous donner plus de détails sur la localisation de l’école Coranique tenue par Sarba. Qui tient non loin dudit carrefour, une école coranique. « Une fois au carrefour les 3 cocotiers, il faudra demander après Sarba. Quelqu’un va t’amener jusqu’à lui »nous apprendra T. Tahirou. Après quelques mois de replis stratégique, nous remettons le cœur à l’ouvrage pour ce mois de juillet 2019. Après avoir glané quelques petites précisions, nous voici à l’Institut Islamique Cheick Issa Sarba. Il est 9 heures ce vendredi 05 juillet 2019, une fine pluie arrose le sous quartier Samaké. Après des renseignements, nous voici non loin de notre objectif. Des garnements en uniforme violet et sac à dos nous indiquent bien que nous ne sommes pas loin de notre objectif. Devant nous, une ruelle dégradée et très boueuse. Nous sommes bien dans ‘le vieux Abobo’. Ici et là, les élèves de cette école s’activent à préparer le site qui va accueillir la grande prière du vendredi dans une cours avec une bâtisse peinte en vert et très propre. Notre interlocuteur, un sexagénaire habillé en boubou blanc et aux cheveux grisonnants va nous introduire chez l’Imam Sarba Lamine. Après les salamalek, l’Imam Sarba Lamine nous dira : « Ici c’est la zaouïa mère ( Mosquée des Tidjanie) qui fait partie de l’Institut islamique Cheick Issa Sarba d’Abobo Samaké. Du nom Feu Cheick issa Sarba, l’un de nos premiers responsables arrivés avant 1960 en Côte d’Ivoire. L’institut était d’abord implanté à Adjamé et par la suite, il a été implanté sur le site actuel. Si vous voulez en savoir davantage, nous vous demandons de repasser demain samedi 06 juillet 2019. Pour que nous puissions vous introduire après de notre grand Cheick Abdoul Aziz Sarba. Lui, pourra vous en parler davantage et vous donner notre position sur le phénomène de la mendicité » En chemin pour le rendez-vous, nous décidons de marquer une halte, prendre quelques baignés de maïs et échanger avec des riverains de cette école. La vendeuse qui s’ouvre à nous, nous dira : « Ces enfants dont vous parlez, ne sont pas de l’école de Sarba. Allez voir un peu plus loin, il y a une école où on fait le Dougoumakalan( apprentissage du coran à domicile(…) où les élèves utilisent les walaha(…) » Nous maintenons le cap sur notre rendez-vous comme prévu à 8heures 00 ce samedi 06 juillet 2019. Une fois sur place, notre guide va nous présenter au Cheick Abdoul Aziz Sarba, un monsieur à forte corpulence qui parait vivre dans une aisance apparente. Il nous reçoit dans un petit bureau propre climatisé, bien meublé de fauteuils modestes et soigneusement bien placé. Avec un sol couvert de tapis riche. En quelques mots, le Cheick nous donne rendez-vous à nouveau à l’Ecole privé confessionnel Halil Ibrahim( l’une des écoles du institut) située au sous quartier Pk 18, à la lisière de la Forêt du Banco. Ici et ce jour, il y a fête. Les pensionnaires qui suivent le programme scolaire ivoirien et des cours en arabe reçoivent leurs bulletins de notes et des prix pour les meilleurs avant de partir en vacances. Pourquoi après l’enseignement unique de l’Arabe, dans les écoles privées confessionnelles de l’Institut islamique Check Issa Sarba, le fondateur a décidé de mettre le cap sur l’ouverture sur le programme scolaire ivoirien ? Seul fondateur de cette école peut nous en dire plus. ( Voir encadré 1) Mais où se cachent les enfants talibé dont nous avons perdu les traces ? Nous continuons de nous interroger(…) Mais une chose est certaine, les enfants Talibé existent bien aussi bien à Abobo que dans bien localités de la Côte d’Ivoire. Dans certaines localités du nord de la Côte d’Ivoire, notamment à Korhogo, le phénomène a encore de beaux jours devant lui. Selon le confrère Doumbia Mamadou, dit Doumbess, journaliste et expert sur la question d’exploitation et la traite des enfants, « ces enfants sont ténus et exploité par des personnes tapis dans l’ombre. Qui exploitent ces enfants à travers une forme de mendicité qui ne dit pas son nom. Il faut dénoncer ce genre de pratique transfrontalière contre laquelle, il est difficile de lutter… » ( Voir encadré 2)

Bamba Mafoumgbé,( In Lginfos du 9 juillet 19)

Légende photo : le phénomène des enfants talibé a encore de beaux jours devant lui dans certaines localités de la Côte d’Ivoire (voir photo dans yacou, sekou, Eric Pkassou)

Encadré 1 : L’enseignement général de base, une recette contre le phénomène des petits mendiants

Depuis quelques années, plusieurs établissements privés confessionnels dans le District d’Abidjan et à l’intérieur du pays ont décidé de s’ouvrir sur l’enseignement de la langue arabe et le programme éducatif ivoirien. Avec un système d’encadrement bien structuré. Ici les élèves ont la chance d’apprendre en plus donc de l’Arabe, le français. A Abobo, une des communes les plus populeuses du District d’Abidjan, où le phénomène de la mendicité (enfants mendiants) a encore de beau jour devant lui, les écoles coraniques de types anciens n’ont certes pas disparu, mais des fondateurs ont mis le cap sur la modernisation du contenu de l’enseignement, avec une forte dose de social. Ce pour aider les économiquement faibles à aller à l’école. Entre autres école privées confessionnelles citons celles de l’Institut islamique Cheick Issa Sarba. Qui dispose d’une école avec environ 1000élèves qui suivent les cours franco-arabe. Les pensionnaires sont rigoureusement encadrés et suivis. Pas question de les laisser aller s’adonner à la mendicité dans les rues. En plus, le groupe s’est enrichi deux autres écoles : Le Groupe scolaire Osman Nuri Topbas et l’Epc Halil Ibrahim avec un programme d’enseignement général reconnu par l’Etat ivoirien et qui donne davantage de chances aux apprenants de pouvoir s’insérer la vie active. Le Cheick Adoul Aziz Sarba a qui nous avons pu arracher un mot sur le phénomène des petits mendiants est formel quand il dit : « Depuis bien longtemps, notre institut a décidé de de faire la promotion de l’Islam mais aussi de lutter contre la pauvreté. C’est pourquoi à travers l’Ong Assab, nous offrons des prises en charges aux orphelins qui sont dans nos écoles. Ceci pour leur donner la chance de pouvoir poursuivre le cursus scolaire sans encombre. S’agissant du phénomène des petits mendiants qu’on trouve dans les rues, il faut le combattre et la meilleure façon de lutter contre, c’est de mettre les enseignants dans les meilleurs conditions de travail avec bon traitement, pour qu’ils puissent s’investir davantage dans le renforcement de l’encadrement des enfants. A qui, ils donneraient ainsi, une bonne formation de base. Nous mettons un point d’honneur sur ce volet de notre stratégie d’encadrement et de formation »

Bamba M.

Encadré2 : Un autre phénomène transnational qu’il faut combattre…

Dans la partie nord de la Côte d’Ivoire, notamment à Korhogo, le phénomène des talibés est très visible dans la ville. Selon des habitants de cette ville interrogés par des correspondants locaux de presse, « ces tout-petits vivent et apprennent à lire le coran, dans des conditions difficiles. Les maîtres dorment dans des chambres et les enfants s'entassent au salon. Nous leur avons promis quelques pièces d'argent avant qu’ils n’acceptent de nous parler » Selon ce que ces confrères nous ont rapporté, des enfants rencontrés à Korhogo ont dit qu’ils sont venus d’Abidjan « C'est mon petit frère. Nous sommes venus d'Abidjan. C'est notre père qui nous a envoyés à Korhogo pour faire « Dougoumankala » (pour suivre l'enseignement coranique à domicile) »(…) Leurs parents les ont envoyés dans cette localité pour la même raison. A la question de savoir qui est leur maître, Abou redevint silencieux, se contentant d'indiquer de la main qu'ils sont au quartier résidentiel 2. Ils sont tous Maliens. Que faire pour aussi bien lutter ou défaut contenir autre phénomène transnational qui est devenu au fil des années, un véritable serpent de mer aux contours flous ? En Côte d’Ivoire, le gouvernement a décidé de ne pas rester inactif. Dans le cadre de sa politique de protection de l’enfant et pour une meilleure prise en charge des enfants vulnérables, le Ministère de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité a mis en place un programme. Il s’agit du Programme de protection des enfants et adolescents vulnérables, (Ppea). En collaboration avec la représentation ivoirienne de l’Unicef. En mars 2017, à Korhogo, un atelier de renforcement de capacités et de sensibilisation en matière de protection des enfants talibés. Cet atelier a rassemblé les travailleurs sociaux, les acteurs et les intervenants communautaires de la protection de l’enfant des régions du Poro, de la Bagoué, du Tchologo et du Hambol. Il visait à accroitre les compétences des travailleurs sociaux et animateurs communautaires dans la prévention des risques auxquels sont exposés les enfants talibés. Ainsi, il a été préconisé entre autres : La sensibilisation des familles et des maîtres coraniques aux droits fondamentaux de l’enfant, principalement celui d’aller à l’école. L’association enseignement coranique et formation professionnelle pour assurer l’avenir des talibés. Une action conjointe de la police et la justice pour lutter contre la mendicité des enfants et exiger de bonnes conditions matérielles et sanitaires des écoles talibés. Par ailleurs, une étude réalisée sur les enfants Talibés et les écoles coraniques propose des mesures à mettre en œuvre pour réduire l’exploitation et les abus que subit cette catégorie d’enfants dans ce système scolaire informel en Côte d’Ivoire. Les résultats et recommandations de l’étude conduite par les Ong Interpeace et Indigo Côte d’Ivoire, avec l’appui de l’Unicef, à la demande du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, ont été restitués, il y a quelques années à Bouaké et qui a mis en exergue les enjeux et les perspectives du phénomène. L’Etat doit faciliter l’accès des enfants «Talibés» à l’enseignement général, assurer leur protection contre les différentes formes de violences. Par ailleurs, au Sénégal, des Ong continuent de donner de la voix. Dans un rapport publié en juin 2019, des Organisations non gouvernementales( Ong) ont dépeint les conditions de vie difficile des talibés. Au Sénégal, un rapport publié courant juin 2019 par une plate-forme d’Ong montre qu’il s’agit d’un fléau transnational. Entre autres Ong ayant participé à la production dudit rapport, citons l’organisation britannique Human right watch et la Plateforme pour la promotion et la protection des droits humains (Ppdh).Constitué d’un réseau d’Ong sénégalaises, ont publié un rapport intitulé « Sénégal, des abus incontrôlés dans des écoles coraniques ». Selon ce document de 81 pages, 100.000 enfants talibés, élèves et pensionnaires des écoles coraniques vivant dans des daaras (écoles coraniques) à travers le Sénégal sont contraints par leurs marabouts à la mendicité. Pire, ils subissent des abus de toute sorte, note le rapport qui décompte « dans 8 des 14 régions du Sénégal, [dont] 61 cas de passages à tabac ou d’abus physiques, 15 cas de viols, tentatives de viols ou abus sexuels, 14 cas d’enfants séquestrés, attachés ou enchaînés dans des daaras, et un recours généralisé à la mendicité forcée ». Pour rédiger ce document, les Ong ont mené plus de 150 interviews, dont celles de 88 « talibés » ou anciens « talibés », de 23 maîtres coraniques et de travailleurs sociaux, experts et responsables gouvernementaux. Contrairement à ce que prétextent les marabouts de ces écoles coraniques, la pratique de la mendicité et comme les mauvais traitements infligés aux enfants ne sont pas recommandées par l’islam, soulignent des responsables musulmans. « L’islam enseigne que la mendicité des enfants est à bannir. L’enfant doit être pris en charge par ses parents. C’est dans ce cadre que le prophète Mohammed disait, quand il était à Médine, qu’il était le tuteur de tout enfant qui n’a pas de parents dans la ville », explique Mouhamadou Kanté, imam de la mosquée de Point E, à Dakar. Il y a 16.800 écoles coraniques et près de 2 millions d’enfants « talibés » au Sénégal. Mamadou Wone, coordonnateur de la Plateforme pour la promotion et la protection des droits humains, co-signataire du rapport indiqué plus haut, s’insurge contre ce qu’il qualifie de « pur trafic et d’exploitation d’enfants par des gens qui se cachent derrière la religion ». « C’est une mafia qui profite de notre religiosité pour soutirer facilement de l’argent, faire travailler des enfants, sans aucun contrôle social », relève ce sociologue de formation, par ailleurs ancien fonctionnaire de l’Unicef. À ses yeux, cette brèche dans laquelle s’engouffrent certains marabouts est liée au fait que les sénégalais donnent beaucoup d’argent en guise d’aumône pour des pratiques mystiques. « Il y a une sorte de syncrétisme entre la foi religieuse et les pratiques mystiques avec l’aide des charlatans », explique-t-il encore. Selon lui, il existe même des réseaux criminels de trafic d’enfants issus du Sénégal mais aussi des pays limitrophes comme la Guinée-Bissau. Une loi datant de 2005, et jusque-là inappliquée, prévoit 2 à 5 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 500.000 francs Fca pour ceux qui pousseraient des enfants à la mendicité.

Bamba M.
( In Lginfos 9 juillet 19

 

 

 

Dégradation de la côtière et des voies d’accès à San pedro// Le cri de cœur des opérateurs économiques …

mercredi, 22 mai 2019 17:09 Written by

San Pedro ou la ‘Station balnéaire’ tant prisée par les navigateurs. San Pedro, ville qui abrite le premier port mondial d’exportation de fèves de cacao est difficile d’accès depuis au moins quatre ans. Ce qui impacte négativement les activités économique. Dossier…
San pedro est difficile d’accès. Aussi bien par la Côtière que par les autres voies dont celles en provenance de Grand – Bereby et de Soubré. Par où les produits agricoles comme le cacao, le caoutchouc, l’huile de palme, le coton malien et la noix de cajou arrivent dans le périmètre portuaire. Pour être entreposés avant exportation. Pendant qu’au titre des Matières premières qui sont débarqués, nous avons le Clinker et du blé pour la fabrication respectivement du ciment et de la farine par les industriels locaux. Aussi, de l’engrais et un peu de riz sont débarqués au port de San Pedro. Ces produits sont par la suite acheminés par la route vers le marché local (ciment) et des pays frontaliers dont le Mali en ce qui concerne l’engrais. Justement pour l’acheminement de ces produits, il faut emprunter des routes très dégradées par endroit. Ce qui visiblement obère les charges d’exploitation des filiales des chargeurs et de transitaires installés dans cette ville. Qui, il faut le reconnaitre dispose des voix urbaines de bonnes qualités depuis quelques années. Malheureusement, cela ne suffit vraiment pas pour faire porter à San Pedro, ses habits de deuxième poumon économique de la Côte d’Ivoire avec son port en eau profonde, ses nombreuses potentialités touristiques et agro-industrielles. En mission à San pedro à la faveur du Sea port day 2019 qui ont eu lieu le 16 mai 2019. Nous avons partagé avec les opérateurs économiques et autres usagers, la galère sur l’axe Abidjan- Divo- Gagnoa- Soubré- San Pedro, long de plus de 500 kilomètres que nous avons parcours en 10heures le 15 mai 2019. Désormais c’est le passage obligé pour rallier deux villes stratégiques : Abidjan- San pedro. Un tronçon très dégradé par endroit, malgré les travaux de ‘Point à temps’,(bouchage des nids de poule). Surtout entre Gagnoa - Soubré - Meagui et San-Pedro. De Gagnoa à Soubré, la route est dégradée à tel point que pour 70 km, on en a pour deux heures de temps. Ça, ce n’est pas normal. Car, c’est la porte d’entrée du cacao au Port de San Pedro.
Le cri de cœur des populations et des opérateurs économiques.
Ce n’est pas tout ! « A cause de la dégradation de la côtière, Il faut désormais le grand tour en passant par Gagnoa. La Côtière est trop gâtée. Il vaut mieux faire le grand tour, si tu ne veux pas casser ta voiture ou faire une panne et s’offrir aux coupeurs de route qui sévissent par endroit sur cet axe malgré la présence régulière de détachement mobile des forces de l’ordre » nous a indiqué F. Koné, chauffeur de gros camion que nous avons rencontré dans le périmètre portuaire, en train de siroter sa tasse de thé. Faire le grand tour au lieu des 320 km par la Côtière, a un impact sur le panier de la ménagère. Avec les répercutions par les commerçants du surcoût du transport des marchandises destinées à l’approvisionnement des marchés de la consommation de San Pedro. Dame Kla commerçante au « marché de la Cité », ne cache pas sa colère quand elle dit : « A cause de la dégradation de la côtière, le transport est devenu plus cher. Il faut débourser désormais au moins 6500Fcfa pour le ticket de voyage. Sans oublier le coût de transport du fret. Alors que sur la côtière on payait tout au plus 6000Fcfa et en moins de quatre heures on était à San pedro. Ce n’est pas normal ! Pour ne pas perdre, nous sommes obligés de répercuter ça sur le prix à la consommation finale » Au niveau de la communauté portuaire dont les affaires des membres souffrent, les coups de gueule de manquent. M. Patrick Wodié, le représentant de la Société ivoirienne de manutention et de transit( Simat)t à San pedro ne dit pas le contraire. « La situation qui prévaut sur la côtière est un réel problème pour nous. Car cela impacte négativement notre approvisionnement des produits vers les sites au niveau des magasins et des usines. Cette situation entraine une réduction de l’acheminement du produit des zones villageoises jusqu’au port. En tant que transitaire, dès lors que vous n’avez pas assez de produit à manutentionner, cela vous crée déjà un manque à gagner. En termes d’utilisation du personnel que vous payez régulièrement sans avoir du produit dans vos entrepôts. C’est 40% de nos activités que nous perdons. Au niveau de la Côtière, cela fait près de quatre ans que nous connaissons ce problème. A tel point que lors d’une visite président en 2015, il avait été annoncé une réfection de cette voie- là. Malheureusement, nous sommes toujours en attente et nous attendons toujours » La complainte des acteurs du secteur maritime est portée par M. Diarrassouba Valassiné, président de la Fédération maritimes de Côte d’Ivoire,( Federmar) quand il dit : « San pedro, n’est pas enclavée mais difficile d’accès. Peut-être que si la communication était beaucoup plus facile, on n’aurait pu améliorer les synergies entre Abidjan et San pedro. Nous pensons que ce sont des choses qui vont s’améliorer avec le temps. Nous en voulons pour preuve l’engouement que toutes les structures basées dans la capitale économique ont pour San pedro. Elles commencent à acquérir des terrains ici dans l’optique de ce qui va venir. Notre souhait est que la côtière soit revue et corrigée. Nos membres ont une grande confiance dans le futur de cette ville portuaire. »
L’espoir est permis(…)
Par ailleurs, Madame Dosso Maimouna, sénatrice de la Région du Bas-Sassandra et membre de la communauté portuaire de San Pedro qui se réjouie de l’avancement des travaux inscrits dans le cadre de certains projets dans la zone portuaire, souhaite tout simplement que dans l’optique de la réhabilitation de la côtière, une autoroute soit construite avec un bitume beaucoup plus renforcé à cause des camions poids lourds. « Nos attentes sont nombreuses. Nous pensons qu’avec cette visite de monsieur le Ministre, des infrastructures comme le quai minéralier verront le jour. Il a également parlé du chemin de fer qui va relier San-pedro à Man. Déjà nous avons le Nickel qui vient de Touba. C’est difficilement que les camions atteignent San pedro. Avec boulevard central, nous avons du bitume sur cet axe qui est emprunté constamment par les poids lourds. C’est très régulièrement que cette voie est dégradée. Nous espérons que ça sera fait avec une épaisseur assez forte pour permettre aux camions de circuler sans problème. La côtière est un gros problème pour nous. San Pedro c’est un pôle touristique » Dit-elle. Aussi, elle n’ a pas manqué de nous révéler qu’ actuellement, « les taux de remplissage c’est à peine 40% parce que les gens ont du mal à rallier notre ville. Réhabiliter cette voie voire faire l’autoroute, c’est soulager San pedro et sa population(…) » Pour M. Kato Emmanuel, Chef de canton Gbapé nord dans la sous –préfecture de Doba, « l’Etat fait certes des efforts mais, nous prions dieu pour que la côtière soit réhabituée. Ça nous prend beaucoup de temps en passant par Gagnoa ». Que dit M. Marcel Hilaire Lamizana, Dg du Port autonome de San Pedro dont les activités portuaires se trouvent ainsi négativement impactées par la dégradation des voies d’accès à la cité portuaire. Pour lui, « L’occasion nous est donnée de partager en réalité ce que nous réalisons sur le terrain ici à San pedro. Il s’agissait pour le ministre, de vérifier entre ce que nous disons et ce que nous faisons. C’est une réalité. Nous croyons qu’il s’agit d’une excellente occasion qui nous a été proposée. Nous avons pu présenter à monsieur le ministre, l’ensemble des résultats auxquels nous sommes parvenus depuis 2011. L’ensemble des performances que nous avons pu réaliser, l’ensemble des difficultés également auxquelles nous faisons face. Profiter de la présence de monsieur le ministre, pour nous projeter avec les projets de modernisation du port de San pedro » Mais qu’est-ce qui est prévu concrètement ? A cette préoccupation M. Marcel Hilaire Lamizana ajoute que « le gouvernement a décidé dans le cadre de la modernisation, que les travaux d’extension démarrent à partir de cette année2019. Avec un terminal à conteneur d’une grande capacité, un terminal industriel polyvalent adéquat pour pouvoir traiter les cimentiers qui commencent à prendre de l’ampleur. Traiter entre autres les engrais et toute sorte de Matières premières non alimentaire. En ce qui concerne le financement, tout va dépendre de la consistance du projet que nous réalisons dans le cadre d’un partenariat public privé( Ppp). La part qui reviendra à l’Etat de Côte d’Ivoire devra tourner autour de 300 milliards de Fcfa » C’est bien beau d’annoncer ces projets d’envergure mais, on ne peut parler de modernisation et d’extension du port de San Pedro sans parler de la côtière et des difficultés d’accès au port. Sur ce point, le Dg du Pasp rassure. Il dit reprendre à son compte le cri de cœur des opérateurs économiques et des populations avant d’ajouter : « L’occasion a été donnée à monsieur le ministre d’éclairer l’ensemble de la communauté portuaire sur les actions qui sont menées de façon concrète par le gouvernement. Les études de faisabilités sont faites, les marchés ont été quasiment attribués pour les différents tronçons en ce qui concerne la côtière. Donc c’est quelque chose qui devra se faire incessamment. Nous sommes tous pressés mais au Port autonome de San pedro nous sommes plus pressés de voir ces différents axes être réhabiliter pour avoir une meilleure fluidité au niveau du trafic » En attendant, la Côtière qui a mal depuis sa construction ( voir encadré 2) est à l’abandon et il n’y a que ceux qui les usagers allant à Fresco et Sassandra qui l’empruntent.
Bamba Mafoumgbé, ( In Lginfos du 21 mai 2019)
Envoyé spécial à San pedro
Légende photo : Une vue du port de San pedro. Avec un réseau routier d’excellente qualité, il devrait davantage gagner en compétitivité
Encadré 1 :
Où est l’autoroute promise par Ouattara ?
Et pourtant, Allassane Ouattara, le Chef de l’Etat ivoirien avait fait la promesse en 2015, lors d’une visite d’Etat, de construire autoroute reliant Abidjan à San-Pedro, avant 2020. Nous sommes quasiment à moins de deux ans de 2020 et les automobilistes tout comme leurs passagers qui paient le lourd tribu de la dégradation de la côtière, attendent toujours la concrétisation de cette promesse gouvernementale. Le projet d’autoroute annoncé pour la Côtière devrait nécessiter la mobilisation de plus de 740 milliards de Fcfa. Nous sommes à moins de fin 2020. Rien de concret sur le tronçon de la côtière. Pi aucune des voies qui conduisent à San Pedro n’est facilement praticable. La côtière censée apportée une solution au réseau routier dégradant, n’est plus que l’ombre d’elle-même. La voie est restée à l’abandon. Au point où l’on se demande bien si les autorités ivoiriennes ont une politique des infrastructures routières pour le deuxième poumon économique du pays.
B. Mafoumgbé, envoyé spécial
Encadré 2 : Les confidences d’un ingénieur des Tp

En 2007, ils étaient nombreux les usagers et autres opérateurs économiques qui avaient applaudi des deux mains , l’annonce de la réhabilitation de « la Côtière », qui n’est autre que la partie ivoirienne d’une route transafricaine qui va dit-on du Nigeria jusqu’ en Mauritanie. La côtière était redevenue praticable sur les 368 Km allant d’Abidjan-San Pedro via Dabou, Grand Lahou, Fresco et Sassandra. La réhabilitation de La Côtière, démarrée en décembre 2007 et la fin de ce vaste chantier routier confié à l’entreprise Sonitra devrait prendre fin en 2008. La société Sonitra, qui conduisait les travaux de réfection de cette voie naguère très redoutée par les automobilistes et les passagers, a même terminé et livré le tronçon allant du corridor de Sassandra à celui de Fresco, distant d’environ 70 kilomètres. Les travaux avaient même atteint l’axe Fresco – Grand-Lahou, long de 75 kilomètres environ. Les gros engins (bulldozers, Caterpillars et autres machines de travaux publics) ont même enlevé des pans entiers du vieux bitume usagé et fortement dégradé, remblayé les nids de poules et autres "peaux de serpents" qui avaient fait de larges trous béants sur la voie. Il ne restait plus que le revêtement de ces parties de la chaussée avec le bitumage qui est en cours sur ce trajet. Même sans le bitume sur ce tronçon (corridor de Fresco – corridor de Grand-Lahou), la route était correctement praticable. Avec la réparation de La Côtière, le trajet pouvait se faire en moins de cinq heures. Et en ce qui concerne les poids lourds, ils n’avaient plus la hantise de renverser à coup sûr leurs chargements dans les ravins. Selon des experts ivoiriens, après sa construction et ouverture à la circulation, sous le régime Henri Konan Bédié, La Côtière devrait faire régulièrement faire l’objet d’entretien lourd. Ce pour stabiliser le sol. Un ingénieur des Travaux publics qui a bien voulu gardé l’anonymat et qui en sait beaucoup sur le projet nous apprend : « Dans le cadre de ce projet en question, il ne faut pas mettre en cause catégoriquement les ingénieurs ivoiriens. Felix Houphouët Boigny voulait que cette route passe dans les villages de La Côtière. Les ingénieurs lui ont proposé de la construire plus en amont pour que l’ouvrage puisse être solide. Le vieux a dit non. Il fallait travailler selon sa vision. Les ingénieurs ont engagé les travaux en faisant passer la route un peu hors des villes comme Fresco, Sassandra et autres. Aussi, on ne devrait pas poser immédiatement l’enrobé. Il fallait faire des remblais, traitant la boue en dessous du sol en conséquence et faire une route en terre. A entretenir régulièrement sur des années. ( …) Pour cela, il faut des travaux d’entretien lourd dont le coût annuel devrait osciller entre 800 millions de Fcfa 1 milliard de Fcfa. C’était possible parce que le pays avait de l’argent…(….) » Mais hélas, le résultat est là. La Côtière n’existe que de nom aujourd’hui. Ainsi, passé le petit temps de confort et de joie des astres du volant, les usagers ont déchanté comme indiqué plus haut. Avec le retour en force des coupeurs de routes compte tenu de la dégradation très avancée de cette route internationale qui part d’Abidjan jusqu’à la frontière avec le Liberia, en passant par Grand-Béréby, Tabou et Grabo n’est plus utilisée comme par le passé. Avec cette dégradation, il n’est pas faux de dire que cela a un impact sur le tourisme. Car, ‘ La Côtière’ donne à découvrir le très beau paysage de forêt naturelle, les plantations industrielles de palmiers et d’hévéa. ‘La Côtière’, donne aussi accès vers les belles plages de San pedro, et Grand Bereby avec Monogaga. Heureusement que Aire Côte d’Ivoire est là. Mais combien sont-il à avoir le pourvoir s’offrir un billet d’avion ?
T. N( in Lginfos du 21 mai 19)
Légende photo : La côtière n’est plus que l’ombre d’elle- même ;

 

Affaire reportage « Cacao : des enfants pris au piège » Le Dg du Conseil café-cacao sommé de s’expliquer

mardi, 15 janvier 2019 10:56 Written by

 Affaire   reportage « Cacao : des enfants pris au piège »   Le Dg du Conseil café-cacao sommé de   s’expliquer  « L’affaire enfants esclaves dans la cacaoculture en Côte d’Ivoire » a été agitée comme un chiffon rouge pour diaboliser  dans les années 2000, la Côte d’Ivoire ; premier producteur mondial  cacao. Un pays  comme les Etats Unis d’Amérique,( Usa) où il existe  de forte communauté de consommateurs de chocolat   ont même  menacé à la limite de boycotter le chocolat produit à partir du cacao ivoirien voire en interdire son entrée   au  marché américain. Ce sous le prétexte que « le chocolat d’origine Côte d’Ivoire est produit par     de petits esclaves ». Mais à la vérité, il s’agissait   d’un autre front  de l’immense cabale contre le Pouvoir Laurent Gbagbo.  Il a fallu  que   le Chef de l’Etat ivoirien d’alors, monte lui-même au créneau  auprès de lobbies américains, pour retourner  la situation en sa faveur.  En  montrant clairement  le côté socialisant et culturel du travail des enfants en Afrique. Comme c’est bien le cas durant les vacances scolaires  et universitaires  durant lesquelles,  les enfants  accompagnent leurs parents   soit à couper du riz ou à aider participer aux cabossages  du  cacao. Qui sont parfois de véritables moments de fête bien arrosés par du jus de cacao bien sucré.  A force d’explication et avec force d’arguments,  Laurent Gbagbo et des experts ivoiriens ont fini par faire comprendre aux détracteurs de la Côte  d’Ivoire ( surtout son cacao)  que même si les pires formes de travail des  enfants  existent  dans l’agriculture  et qu’il  faut lutter contre, «  l’exploitation  des petits  esclaves dans la cacaoculture ivoirienne »   n’existe pas . Depuis, la  fameuse campagne   c’est tassée. Des années sont passées,  Gbagbo n’est plus aux affaires,  la lutte  contre  le travail des enfants  est devenu un véritable fonds de commerce  voire un créneau porteur  dans lequel  des pays producteurs comme la  Côte d’Ivoire et des multinationales investissent  de forces sommes. Notamment à travers la construction d’écoles, la réhabilitation d’écoles existantes dans les zones de production de cacao. En tout cas depuis  près de 6ans, les campagnes de sensibilisation  et de lutte contre ce fléau ne manquent pas. Alors qu’on  croyait que la Côte d’Ivoire  avait réussi définitivement  à  rabattre le caquet à  ce genre de campagne  dégradante comme il en existe parfois   sur  l’huile de palme raffinée africaine,  un reportage  dans les plantations de cacaoyers où il existerait des enfants esclaves burkinabé fait  des vagues. Il y a quelques jours en effet, ils étaient nombreux dont les téléspectateurs de l’espace francophone qui   attendaient de suivre sur leur petit écran de bout en bout,  l'émission d'Envoyé Spécial sur France 2  sur  un dossier sensible le jeudi 10 janvier 2019.  Nos sources et ceux qui ont pu visionner  le reportage en question sur Youtub nous apprennent  qu’il est rapporté que  des burkinabé  du reste nombreux  dans les zones de production de cacao  qui «  vendent leurs enfants pour travailler dans les plantations  de cacao en Côte d'Ivoire sont mûs par la pauvreté » Aussi, il nous revient que la diffusion du  fameux reportage  a  été coupée au  moment où  les téléspectateurs  étaient branchés. Mais  qui a donné l’ordre d’en  surprendre la diffusion ? Personne n’était au courant. Même pas Élise Lucet, la présentatrice de l’émission, et Paul Moreira l’auteur de l’enquête.  Une chose est certaine, le  10 janvier 2019, la diffusion sur France 2 d’un reportage d’ «Envoyé spécial » sur le travail des enfants dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire a été « brutalement » interrompue dans certains pays africains.  Quelques jours après, les langues se délient en fin de compte. L’interruption de cette enquête intitulée « Cacao : des enfants pris au piège » a vite été relayée sur les réseaux sociaux et a créé la polémique. Beaucoup ont de suite crié à  la « censure » et pointé du doigt les autorités locales mais aussi Canal + Afrique, propriétaire du bouquet sur lequel est diffusé France 2 en Afrique. Selon le site d’information en ligne www.jeuneafrique.com, beaucoup ont crié à la censure mais Premières Lignes, la société de production, a déclaré être responsable de la non-diffusion de cette enquête pour « protéger des sources » De quelles  sources s’agit-il et à qui profiterait le crime s’il y a ,  étant donné que  ce n’est pas la première fois que ce genre de documentaire soit diffusé sur  de chaine de télévision à grande audience ? Si canal+Afrique  est en train de s’en laver les mains, il nous revient avec précision que  l’affaire  a touché le sommet du Régime ivoirien. Qui  selon des sources  très crédibles auraient  donné des instructions  fermes  Koné Yves Brahima, le  Directeur général du Conseil du café-cacao, de produire rapidement un démenti formel,  sur cette affaire qui continue de faire des vagues. Rappelons qu’il y a de cela environ deux ans, une chaine française avec le soutien  d’une Ong opérant dans la protection de l’environnement a  produit un grand documentaire  sur la cacaoculture et la déforestation.  Le rapport  publié en septembre 2017  par   l’Ong internationale « Mighty earth » intitulé « La déforestation amère du chocolat » Ledit rapport  accablait  les sociétés du secteur du chocolat d’être à la base de la déforestation en Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana, deux importants producteurs du cacao dans le monde.  Selon sa directrice et de campagne, Etelle Higonnet, qui a bénéficié de la collaboration du coordonnateur du Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (Raidh) lors de la conférence, de nombreux parcs nationaux et d’aires protégées du pays ont été défrichés au profit de la cacaoculture était arrivé à la conclusion que :  « Le  cacao est la première cause de la déforestation en Côte d’Ivoire. De 1990 à 2015, ce sont 85% de la forêt qui ont disparu »   Par  la suite, le gouvernement ivoirien avait pondu un communiqué  dans lequel  il prenait   des engagements forts en vue d’une cacaoculture durable avec ‘zéro déforestation’. Aussi curieux que cela puisse paraitre, la diffusion ou non de ce reportage intervient au moment où les deux premiers producteurs africains de cacao : La Côte d’Ivoire sont en plein dans l’élaboration et le peaufinage  d’une stratégie commune de mise à marché de leur cacao dont les cours  ont subit depuis ces deux dernières campagne  une chute  d’environ 50% sur le marché mondial.  En pleine crise du  cacao, les chocolatiers ont récolté plus  de 1750 milliards de Fcfa. De l’avis  d’un expert, «  la grave zone de turbulences n’a pas été vécue de la même façon par les différents acteurs de la filière. Ainsi, entre 2015 et 2017, le prix moyen de la barre de chocolat est passé de 14,22 dollars,( soit plus de  7110 Fcfa) à  14,75  dollars( 7375 Fcfa)tandis que le prix du kilo de fèves de cacao payé au producteur a chuté en moyenne de 3,20 dollars ( soit plus   1600Fcfa  à  2,01 dollars, ( soit  1005Fcfa)  Cet écart a permis à l’industrie des produits du cacao et du chocolat d’engranger 3,5 milliards, soit 1750 milliards de Fcfa »  Bamba Mafoumgbé, Légende photo :       Encore   une  autre campagne de dénigrement contre l’économie cacaoyère ivoirienne ?

Agriculture et autosuffisance alimentaire // Le fonio pourrait booster l’économie malienne

mercredi, 09 janvier 2019 10:11 Written by

Afin de lutter contre la malnutrition et le chômage, l’association Helvetas et des chercheurs maliens veulent créer un marché dédié à cette céréale autrefois plébiscitée contre la famine. La charrette, tirée par un âne au trot, entre dans un petit village malien près du Burkina Faso. Le vent se lève. Bientôt, il tourbillonnera et amènera un de ces orages secs qui emportent les premières couches de la terre. La pluie tant attendue tombera enfin, mais matraquera le sol sec sans s’infiltrer. Les hommes courent décharger la charrette remplie à ras bord de ce qui semble être un tas de paille ou de mauvaises herbes. Pourquoi se donner tant de mal? Ici, tout le monde sait qu’il s’agit du fonio, une légumineuse qui permet de se nourrir et de générer un revenu. L’une des seules options, en réalité, sur ces sols épuisés par le coton ou frappés par le changement climatique. Cette graine indigène pourrait répondre à deux des problèmes principaux du Mali: le chômage et la malnutrition qui, selon l’Unicef, tuent bien plus que les balles. Pourtant, en 2016, la production de fonio était de près de 25 000 tonnes seulement, une paille comparée aux plus de 8 millions de tonnes de céréales récoltées dans le pays.
Les économistes classent le fonio comme une semence «sous-utilisée», c’est-à-dire plantée par des millions d’Africains mais peu ou pas encouragée par les politiques publiques qui subventionnent en revanche «l’or blanc», le coton et les engrais chimiques qui l’accompagnent. Le fonio et autres semences sous-utilisées sont des graines de solutions ignorées, alors que la famine connaît une recrudescence sur le continent. Ignorées par tous? Non! Parmi les irréductibles, et en première ligne depuis huit ans, on trouve l’organisation suisse Helvetas.On est passé d’une économie de subsistance à une économie de marché Arrivée à la direction d’Helvetas au Mali il y a trois ans, Sylvaine Rieg explique qu’elle ne travaille que sur des «niches», des problèmes non couverts, et sur le long terme (dix-douze ans). L’organisation est financée par la Coopération suisse mais surtout par des particuliers (héritages, dons). Pourquoi choisir le fonio comme levier économique? «On est passé d’une économie de subsistance à une économie de marché pour acheter des choses dont les Maliens ont maintenant besoin. Ils vendent au maximum et préfèrent parfois cela à manger. Pourtant, la faim invisible est énorme», répond-elle. Les équipes d’Helvetas avaient remarqué, il y a huit ans, que le traditionnel fonio, anciennement plébiscité pendant les famines, était délaissé, considéré comme «la céréale du pauvre», et vu comme exigeant un travail trop pénible au champ et pour la cuisinière. «On a cherché les contraintes du système, et investi uniquement là où un changement systémique pourrait être atteint», explique Sylvaine Rieg.
Neuf minutes au lieu de cinq heuresConcrètement, cela s’est traduit par un investissement de 66 580 690 francs Cfa (117 000 francs) depuis 2008 qui a permis, entre autres, un partenariat de recherche et développement avec un constructeur privé pour inventer une nouvelle machine et la création d’un marché. Le projet s’étend sur une superficie de 2364 hectares et touche 2257 agriculteurs dont 735 femmes. Presque en hurlant pour couvrir le bruit de la décortiqueuse, Amos Traore, vice-président de l’Union des agriculteurs du Cercle de Tominian, calcule: «Cette machine met neuf minutes là où une femme mettait cinq heures pour séparer les graines à la main. C’était très pénible, le fonio ressemble à des grains de sable!» Pour l’acquisition de la semence, pas de multinationale à l’horizon. Elle se récupère dans les champs, s’obtient grâce au troc ou à un prix dérisoire (entre 200 et 400 francs CFA le kilo, soit 35 à 70 centimes). Les agriculteurs disent en acheter au semencier local tous les trois ans en moyenne. Quant au salaire pour une journée de travail dans les champs, il est de 1000 francs CFA, soit 1,75 franc. La machine, elle, coûte 1,5 million de francs CFA, soit 2640 francs.
Aux agriculteurs de jouerL’engouement pour le fonio, qui ressemble, une fois transformé, à de la semoule, est visible dans les étals du pays. C’est la céréale qui se vend au meilleur prix, désormais jusqu’à 1500 francs CFA (2,64 francs) par kilo, «précuit» ou mélangé à une sauce arachide. Ceci dit, Sylvaine reste prudente: «Il faut que ça fonctionne comme dans la vraie vie, pas comme dans un projet. On a subventionné les premières unités de production pour démontrer que ça marche, maintenant on travaille sur l’accès à des crédits pour que les agriculteurs investissent dans ces machines qui doivent être rentables.» La dernière machine développée en partenariat avec Helvetas arrivera dans la région de San (est du pays) en novembre prochain. Après, ce sera aux agriculteurs de jouer. Et il ne faudra pas trop qu’ils comptent sur l’Etat malien. Harouna Coulibaly, agro-environnementaliste à l’Institut d’économie rurale (IER), travaille aussi depuis des années à valoriser le fonio auprès des autorités de son pays, notamment en vantant ses vertus contre le diabète et l’absence de pesticide: «Ce n’est pas vraiment dans leur philosophie ou en accord avec leurs indicateurs.» Selon lui, des machines étaient bien prévues dans le Papam, le Projet d’accroissement de la productivité agricole au Mali, mais elles ne se sont jamais matérialisées. «La Banque mondiale vire l’argent au gouvernement et puis…», conclut-il. Le Ministère de l’agriculture n’a pas souhaité répondre à notre demande d’interview. Pourtant, l’enjeu est de taille dans un pays où plus de 60% des actifs travaillent dans le secteur agricole, et 80% en milieu rural. 

            Source :      www.letemps.ch

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